LE GRAND FRÈRE
ÉooUABO. — Voyons, voyons...
Amédée. — Mais si, mais si, vous êtes un chic type, là, un \Tai! Mm, j'aime ça les chic types!
Edouard. — {compUtement ahuri par cette amabilUé) Vous êtes trop gentil!...
I^ouisETTt;. — (remarqunnt non eane effroi lee privenanctê de ton frère et croyant à une *' salé blague") Amédée, tu mets Edouard dans l'embarras !
Amédée. — Pas le moins du monde! Je ne lui ai jamais dit ça parce que je n'en ai pas trouvé l'occasion. Voilà!
ft^DouABD. — Ce cher Ainétiée!
Kmédék. — Ce cher Edouard!
{i'n tempe)
VuÉDÉE.— Ah! ça, Louisettc, nous avons commis une erreur impardonnable! Nou« recevons Edouard vi nouA n'avou» ni gbcrs ni gâteaux, ni rien du tout!.. .Je suis allé faire un tour à la cuisine, il n'y a rien!
l^uiHRTTC. — Tu es sûr dt? ce que tu dis?
Amédée. — Je viens de le constater moi-raônu*.
IxjriMKTTE. — <)h! c'eut ' ^^rint! Mon cher
Edouard, je ne sait» ' mVxcuiier au-
près de vouM...
Amédée. — Ta m ta la!.. . fc«l«'u..i>t *ii mutcuuipagner jusqu'à 1» pharmacie du coin.
I>oi;i8rrTK. — Mai« non. mais non! Tu peux y aller tout ««ulî
126 LB GRAND FRIkE
Édouabd. — (empressé) Si vous voulez que je..' Amédée. — Nous y allons tous les deux!
LouisETTE. — Voyons Amédée, ee n'«»t \mn prw-
siblc...
AMéDÉE. — {bas, à Louisettc) N mr^isn- |)as: lu
sais que maman no vont pa.«» que je te laisse
seule avec lui.
L0UI8ETTE. — (bas, à son Jrcre) (»!;' i|( wv r,: !■ h! Amédée. — {mhne jeu) Et si, peii.lani », ^ .i. a\ minutes, elle entrait subitement, c'est moi, qui
serais attrapé!
LouisETTE. — {même jeu) C'est vrai...
Amédée. — Vous venes, n'est-ce pas, Druiuont?
C'est l'affaire d'un instant.
L0UI8ETTE. — Prenez un parapluie!
Edouard. — Merci, mademoiselle Louisette...
merci! J'ai bien chaud.. .c'est effrayant comme
j'ai chaud!
Amédée. — {le poussant dehors) Oui, oui. Dépé-
chons-nous!...
{Ils sortent. Arrives au coin où «0 trouot la pharmacie Sodium: ^'Remèdes, Glaces, Parfums, Chocolats", ils s'arrêtent. Edouard veut êntnr dans le magasin.)
Amédée. — Un instant, mon cher Edouard!
Edouard. — Vous n'entrez pas?
Amédée. — Non.
Edouard. — Vous allez demeurer sur le trottoir?
Amédéb. — Non.
LE GRAND FRÈRK 127
Edouard. — Mais...
Amédée. — Mon cher Edouard, voub ne voua imaginei pas que j'ai réuasi à vous faire sortir de la maison dans le simple but de faire l'achat de glacea et de gâteaux?
Édouahd. — Cependant...
Améobe. — Non. VouM ailes comprendre. Je suis chargé par mes part'iits de monter la garde dans le salon, chaque fois que vous venea rendre visite à Louisette. .
Edouard. — Monter la garde?
Amédée. — Parfaitement. Vous ru* voudries pas, qu'une foi» délivré de cotte corvée, je vous ramène chca moi pour recommencer une surveillance qui me liarbe?
Edouard. — Vous ne voules pas retourner?
Amédée. — Non.
Edouard. — Alors, je vais retourner seul!
Amédée.— Voufl ne fcrcs pas ça! Je vous emmène bien gentiment prendre un bock au Café d* la f'ivandirre, et nous irons terminer la soirée aux Jardins Éf^yptirns\
Edouard.— 10» Louisette?
Amédée« — J'avoue que c'est un peu délicat... V ' xmves pas lui raconter une his-
I demain, vous êtes le dernier
i. - idiot*!
1 i".i \îMt ' ' lou!
.\mki>kk. \ de phraiH'it! Suives-moi,
mon cher Edouard.
128 Ll GRAND PRÈRE
(// /« force à prendre un taxi.)
liOiîisETTE.— ' ' nt la pendule du italon)
Voilà une i iu'ils sont partis! Une heure
pour aller chercher des giteaux et des glaces h la pharnmcio qui est tout près!... C'est aaseï curieux!... Am^-déc m'a affirmé qu'il reviendrait au bout de quelques minutes. Est-ce qu'il leur serait arrivé un accident?... J'ai un peu soif!
(Elle va dans la cuisine, outre une armoire pour prendre un verre et découvre en même temp$ let glaces, les gâteaux, cachés au fond de Varmoire)
Par exemple Î...UI1! c'est <^ï>ouvantable, c'est atroce, c'est à devenir folle !...Amédée s'est moqué de moi! Il a emmené mon Edouard, mon cher petit Edouard!!
{Elle se met à pleurer, prenant à témoin de son malheur tous les objets de la cuisine.
{Onu krures.)
Monsieur et Madame Ronckonoi t •^urui.
Ils trouvent Louisette seule, assise sur un eanapét lisant le **Guide des Amoureux."
Madame ItoNCHONOT. — Bonsoir, fillette! Tu as passé \me bonne soirée?
{Silence)
LE GRAND fHÈRE 129
MoKsiKUR RoNCBONOT. — Et Auiédéc ? Il est allé reconduire le jeune Dnimont?
Louiarrre.— ({ef yeux êecs, (m lèwres tnauoaùes)
Oui... oui... c'est ça! Il est «lié reeooduire le jeune
Druniont !