LE BAROMÈTRE
Monsieur. — {liêant le titre) "L* cosmographie cbei toi" ou "l'Art de connaître les phénomènes terrestres, à l'usage des gens du monde."
{Il ouvre U livre à la table de» moHèree,)
"Éclipses... Saisons... Température!" Nous y voilà!...
(se mêlant à étudier le chapitre en çueetùm)
Dame, au ocdlège, je n'étais pas un champion d'astronomie!...
(Puis, rejeUxid le Umt avec dégoût).
Toute cette science-là ne vaut pas le diable!.. Parles-moi d'un baromètre qui indiquerait les variations d'humeur de nos femmes!... Ça, ça t'en boucherait un coin mon vieux " Edison!"
Le lobby de l'hôtel PUisanee. Il y a un peu de tout: deux cheminées, un eomptoir pour les mBgftf*"^. un bureau de pwie.
BOB| est aasts dans un énorme fauteuil, les yeux rivés sur un journal qu'il ne lit pas. Il est seuL On entend l'orchestre, à côté, qui fait le plus de tapage possible pour entraîner les danseurs et easser les oretUes de ceux qui ne dansent pas. Bob est un garçon très vieux pour son Age, ei qui croit que le titre de "blasé" va bien arec ses dix-neuf ans.
Fbm>, l'ami de Bob, guère plus âgé, entre dans le AoO, et se dirige vers le bureau de poste.
FuD. — Il y a des lettres pour moi?
La buraliste. — Le courrier de oe soir, n'flsl pas
arrivé, monsieur. Nous l'attendons bientAi... Fbbd.— MereL.. (m rêUntmarU) Tiens, Bobt Qu'est-
ee que tu fais là?
Bob.— Tu vois: je lis!
Fred. — {rieananl) Quel intelleetud tu fâiti
Bob. — Je t'en prie, ne blague pas... C'est tout te qu'U y a d'intéressant, ce soir!
Fred. — {s'asBeyant) Et nos danseuses?
Bob. — Puisque je te dis que ce journal est la seule chose intéressante...
Fred. — Alors, les jeunes filles et toi: brouillés?
BoB. — Non, mais c'est-À-dire qu'elles me tapent sur les nerfs.
Fred. — C'est très grave! (Tirant $on Hvi) Une cigarette ?
BoB. — (en prenant une) Merci... Tu comprends pourquoi je flâne ici au lieu d'être avec ces demoiselles...
Fred. — (qui allume Us cigarettes) Mais c'est de la trahison ce que tu fais. Toi, le plus élégant de nos danseurs...
BoB. — Qui est-ce qui dit ça?
Fred. — Mais, tout le monde! Tiens, tout-à-l'heure, j'étais avec Lueilc de Beaupré et nous te regardions danser. Elle ne tarissait pas à ton sujet... Voilà pourquoi je m'étonne de te voir ici. Tu es donc blasé ?
BoB. — Un peu! Je reproche aux jeunes filles d'être toujours les mêmes. Il n'y a que le costume qui varie. (// lance quelques bouffées et reprend sur un ton qui veiU paraître dodoral et sérieux.) Dans le cercle dcsjeunes filles qui habitent cet hôtel, je distingue trois classes: les indépendantes» les sensibles et les insensibles....
Fred. — Distinction subtile! {U rit.)
Bo ' ' z les premières tu trouveras de U co- -, des poses étudiées, des phrtses qui doivent être toujours les mêmes: ceUes^à ont le don de m'irriter plus que les Mitres 1 La eatégorie des sensibles, c'est-à-dire des jeunes filles faciles et sans réserve, offre peu d'attrait à cause de ses libertés et de ses allures nonchalantes. Phis on les fréquente, plus on regrette la tenue irréprochable et sévère des premières... Quant aux insensibles, elles sont fermées à tout projet sentimental, à toute amitié amoureuse. Ce sont des jeunes filles qui trouvent ridicule tout ce qu'on leur dit. Il y en a qui ne se gênent pas pour nous le jeter à la figure. Alors, tu vois: tout aux extrêmes! Pas de sage milieu!... Que la jeune fille change et je me dérangecail En at> tendant...
FsBD. — Tu lis le journal? Eh bien, veux-tu que je te dise T Ça t'embête de lire ça!
Bon. — MoiT pas du tout!
Frkd.— Parbleu! Ce n'est pas malin à deviner. Tu ne danses pas parée qu'on t'a fait quelque chose...
BoB. — Je te jure, Fred...
Fbkd. — Et ton air blasé, tu crois que c'est naturel, toi?
Bob. — Mais oui!
Frbd. — Non, mon vieux, il y a autre ehose. Four que toi. l'ami des jeunes filles, tu aies eooçu oet>
te Antipathie soudaine, il faut qu'il se soit . quelque chose de diablement sérieux entre elles et toi. Tiens, je parie que c'est Marthe... Aht ne dis pas le contraire, je lis ça dans tee yeux t.. . C'est vrai, n'est-ce pas?
Bob. — Quoi donc?
Fred. — Ce que je dis ?
Bob.— Peut-être I...
Fbxd. — (triomphant) Là, j'en étaie lArl Allons, mon vieux, ne prononce pas d'injures semblables contre les jeune filles: Marthe pourrait t'entendrel
BoB. — Mais je ne demanderais pas mieux! Si tu savais...
Fred. — Laisse-moi donc tranquille! Tu l'aimes toujours.
BoB. — {haussant les épaules) Oh!...
Fred. — Si! Tu l'aimes toujours; mais tu es trop orgueilleux pour l'avouer. Tu es très tiégant, tu plais beaucoup et tu as rencontré une charmante enfant qui t'a fait des niches... Allons, avoue-le!
BoB. — Tu dis des sottises...
Fred. — Je dis la vérité... Ce n'est pas sérieux, cette colère ?
Bob. — Tu te trompes, c'est définitif!
Frsd. — Oui, c'est toujours... définitif! Et dès dunain, tu seras le premier à lui sourire.
Bob. — Ça, non!
Fbkd. — Va, je te connaû, mon vieux! Tu e« plus épris que tu en as l'air.
BoD. — Eh bien, oui, là! Je l'aime, Marthe. C'est plus fort que moi... Tu ne sais pas ce qui m'arrive? Je ne te l'ai pas dit tantôt; je voulais garder ça pour moi, c'est trop bétel
Frkd. — Voyons... Marthe te taquine?
Bob. — Elle fait mieux: elle se laisse comiiser par Handson. Conçois-tu ça? Alors, moi, je l'aurais choyée, je l'aurais aimée, et je me ferais faire la barbe par ce monsieur parce qu'il joue bien au goli et qu'il a un habit de soirée ?... Et puis, il est agaçant ce HaodsonI II n'a aucun tact. Je ne puis plus être un seul instant avec Marthe. L'autre jour, tu te souviens 7 il nous guettait sur la grève. Mais de quel droit se permet-il d'agir ainsi?
Frcd. — Du droit que eroient avoir tous eeux qui aiment!
BoB. — Mais, sacrebleu, moi aussi j'aime Marthe! Je ne vais pas les déranger lorsqu'ils sont ensemble.
Frcd. — Veux-tu que je te dise T Tu es trop chic! Patiente: dans quelques jours, Marthe s'apercevra de sa bévue...
BoB. — Si tu disais vrail
Fbsd. — Vois-tu, mon vieux, Marthe est un petit être adorable qui réclame bien haut sa liberté...
Bob. — Elis ne crie pas toujours juste!
50 CONPIDRNCIS
Fred. — Possible! Mais vâ»-tu lui en faire un crime? Toi, qui t'indignes contre ce faux amour-propre de Marthe, as-tu songé à tout ce qu'il y avait de susceptibilité cbcs une femme? Mon cher, cette jeune fille que rien ne blesse te reprochera de le lui dire! Une autre dont le sport est de se faire aimer du dernier venu sera froiaséa de l'apprendre! Que veux tu, c'est ainsil
Bob. — Vive le vieux pécheur dans sa cabanel
Frxd. — (riant) Ainsi c'est là que tu en es rendu) II est encore temps de te sortir de là!... Et lur* tout, ne va pas faire la bêtise de te donner raison, ne va pas croire que tu es dans ton droit. Non, mon vieux, non! Tu as tort, tu as sérieusement tort! Ce n'est pas à notre âge qu'il faut mépriser les jeunes filles et leurs caprices. Plus tard, je ne dis pas, quand tes cheveux seront devenus blancs et ton front tout ridé. Mais à présent que tout sourit à ta jeunesse, que tout obéit à ton enthousiasme, il ne faut pas combattre en toi ces élans de tendresse pour y établir le dégoût et la misanthropie!
BoB. — Soit. Mais comment peux-tu espérer un accord entre Marthe et moi, alors que tous les hens sont brisés et qu'il ne reste plus entre noua qu'un abtme d'orgueil ?
Fbed. — C'est effrayant comme tu < ,v d» vmu jm ssimiatel Tu as une façon de rcmlri' irrt'pitrubU-i^ les plus simples malentendus. Je ne te demande pes d'abdiquer complètement devant Marthe;
non, ce qu'il faut ce sont des oonoeirions, un tout petit peu de concessions...
Bob. — Tu crois que ça réussit?
Fred.— Parbleu! C'est très simple. D'abord, que veut Marthe? Ton amour? Ce n'est pas assez. Ton coeur ? Elle serait bien folle d'y prétendre. Ce qu'elle veut, c'est ta volonté, ta volonté soumise à la sienne : elle veut ses moindres caprices, ses moindres désirs exécutés. Voilà œ qu'elle veut!
Bob. — El comme je ne suis prêt ni à supplier, ni à faire le bon chien aux pieds d'une perBonne que j'estime inférieure, ça va bien!...
FUBD. — Que tu es désagréable! Voilà bien la stisc« ' de monsieur qui entra en cause, main-
tti.-.
Bob. — ^J'entends qu'on la respeetel
FsBD. — Mais je demande pas mieux! Seulement, sois bon garçon, avoue tes torts et signe la paix.
Bob. — D'abord, je ne crois pas aux traités...
Fred.— La belle affaire! Et qui est-ce qui te parle de ffignar un contrat?
Bob.— Toi!
Fbbd. — Moi ?
Bob.— Sans doute! J'étais blasé, éooairé de eette vie de pantins que nous menons ici, je voulaia p! r et, toi, tu es venu, tu m'as dit:
' < rit tu en es là? Secoue-toi, aie de
Il n< IL' . reviens-en !..." Tu me proposes ensuite de m'iucliner devant Marthe, de respecter son
52 CONPIDENCIS
amour-propre, et de reprendre le ocutb ordinaire de mes occupations sociales. Tu crois que ee n'est pas un contrat que je fais avec la société T
Frsd. — Mon pauvre vieux, en cela tu ne faia que retourner au bon sensi
Bob. — Appelle ça comme tu voudras, donne-lui de grands noms, moi, je suis avide de liberté, j'ai hAte de briser mes chafnes, de m'âancer hors de ma prison!
Fred. — Diable! Où veux-tu aller comme ça?
BoB. — Je ne sais pas. Je voudrais une maison, une modeste petite maison avec un bon tott qui fume, un champ bien clôturé, des animaux en pâturage, enfin de l'air, le grand air de la campagne!
Fred. — Ici, est-ce que tu n'es pas à la campagne 7
Bob. — Non, je n'y suis pas. Cet hôtel? Une villégiature ? un endroit de repos ? Allons donc! Tu vois bien que c'est du faux, du trucage Ça? la campagne? Est-on perdu au fond des bois ici? respire-t-on l'odeur caressante des sapins? Non. C'est ici le comfort, le luxe, la continuation de notre vie mondaine. C'est une campagne pour rire, un endroit de repos où l'on danse jusqu'à minuit, où l'on â&ne jusqu'à deux heures, et où l'on rentre dans sa chambre fatigué, éreinté, prêt à recommencer le lendemain! Ça? la campagne? Un hôtel qui reçoit toute la société de Montréal, en sorte que l'on retrouve
CONnDB!«CE8 53
id dee penonnei qu'on avait habitude de voir touales joun?
Fbsd. — Alors, pourquoi e»-tu venu ici?
Bob. — Eii-oe que je mus? Bifaman trouve l'endroit idéal pour étaler ses toilettes, pape, la villégiature épatante pour faire du sport... et moi, est-ce qu'on songe à moi, là-dedans? Ejstcc qu'on ne s'aperçoit pas que je reviendrai en septembre le teint plus pâle et les membres plus fatigués. On se dit: "Bah! Ça va l'amuser, ce petit: il adore le grand monde!"... Et voilà eomment on raisonne aujourd'hui!
Fbsd. — Je ne te con naissais pas ees idéea4à. J'avais toujours cru que tu t'amusais...
Bob. — Oh! cette vie-là est ai gaie; die nous grise malgré nous. Mais il arrive un temps où l'on n'en veut plus, où l'on préfère une existence phis simple... J'en ai causé avec papa,oe matin. n se peut fort bien que je te quitte avant la fin de l'été.
Fbsd. — (ironique) Tu t'en vas dans ta petite maison au tott qui fume?
Boa. — Oui, mon cher. J'ai trouvé un endroit charmant, un peu sauvage...
(On mtUmd Marike, quietiàta tKhertk» dé Bob)
Mabthb. — {au déhon) Où étes-vous, Bob? Je
vous clierehe depuis une heure ?
BoB. — (snlroCfMml Frod à VexUrieur) Là, tu vois ?
On ne peut pas être un instant tranquille!
(La scène se passe dans une petite phaimacie de faubourg. C'est une maison de confiance qui a fourni des remèdes à plusieurs générations et dont le propriétaire. Monsieur Sodium, est un vénérable citoyen à cheveux blancs. Il a pour l'aider son fils, jeune étudiant en pharmacie, d'une vingtaine d'années, au visage imberbe, s'épanouissant comme le pantin d'une boite à surprise.)
Madame VnrnucPLAT. — {au jeune kommê) Beau
t^mfm, n'est-ce paa?
Le jsitnb Sodium. — Ravissant, madame. Nous
avons eu un hiver si doux!...
M A DAMS ViKTREPLAT. — Pcnses-vousî Aussî, je
crains que nous ayons un mois de mai bien
froid...
Le jeune Sodium. — C'est aussi mon avis. Que
vous faut-tl, ce matin madame Ventreplat? de
la erème de beauté ou du rouge-brunette ? Madame VnrrBsrLAT.— De la poudre. Oh!
Maifl quelque choM de fin, une odeur cxquûef... Tenes, donnes-moi de la poudre sentant le petit Mbél..
Le jeune Sodium. — Hum... je ne sais paa ri je pourrai vous trouver cette nuance! En ce moment, nous avons "Vierge intertaîne" et "Violette de Maisoxneuve"
Madame Ventreplat. — {Aprla utu hisilntion). Je pencho pour "Vikroe incertainf."... Montrez moi.
(Le jeune Sodium et''! i ' mtla dame plusieurs bottes entre lesquelles madame VerUrejdat héeite longtemps.)
{A l'autre comptoir, Sodium père engage la conversation avec Jos. Beef. — Jos. Betf repréoentê ici la bète noire des pharmaciens. C*est une figure banale: des yeux qui disent la détresse de l'âme quand vous lui expliquez quelque chose qu'il ne comprend pas, une bouche pâteuse, une articulation molle. Br^, de tous les fâcheux f certes le plus embêtant.)
Sodium père. — Et vous, mon brave, vous dérireiT
Jos. Beep. — Ben, monsieur rpharmacicn, j'vas vous dire: il me faudrait un stimulant. Vous n'avez pas une bouteille longue comme ça, avec une étiquette rouge?
Sodium pèse. — Saves-vous le nom de ce remède ?
Jos. Beep. — Je ne m'en souviens plus; mais mon
LA jAMBC ff
beau-frère en a pris c't'automne et puia ça lai a
fait bea du bien!...
Sodium pIre. — Mais enfin, vous deves vous rap-
pder le nom à peu près ?
Jos. BESP. — C'était une fiole longue ccHnine ça,
vous saves ben ? H y avait une tête de sauvage
sur la bouteiUe... Voyons, vous connaisses ça,
vous?
Sodium père. — (exaspéré). Sacré tonnerre! je
vous dis que non!
Jos. Bebp. — (entité). Vous saves ben? Une
petite bouteille longue OMUine ça...
Sodium pàas. — (levant let ffeux sen une demicrt rangée de "Page and Shaw*e" ei prenani U àd à témoin) Oh!
(Une jeune fiUe Umide M'approche du jeune Sodium.)
La IBUWB Sodium. — (quittant madame Ventreplat et ee penchant nre la nouvelle venue avec un sourire de hrigand). Pour vous, nuuleiiioiselle ?
La jeune pille timide. — Du parfum, s'il-vous-
plait...
Sodium pilb. — (dont le teint est très empourpré).
Quel parfum, mademoiselle?
La jeune pillb timide. — (asseynJUet de vois). Du "Kia me."
Sodium fils.— (conailfe). Ah?
La jeune fille timide. — {tnourarUe). S'il-vou»pl&it, monsieur...
SoDiDM FILS. — Bien, mademoiselle. Nous avons plusieurs sortes de "Kiss Me". Nous avons le "Kiss Me" en bouteille d'une once et en bouteille de trois onces.
La jeune riLLB timide. — {baiê»ant leê yeux).
Donnez-moi le "Kiss Me" en bouteille d'ane
once...
Sodium fils. — (JaisarU le paquet). C'est tout,
mademoiselle ?
La jeune fille timide. — C'est tout, monsieur!... (A ce momenl, il se fait un grand bruit danê la rue. Les gens $e maeeent au bord du troUoir tandis qu'un homme entre comme un fou datu la pharmacie. Branie-has général. On s*ew^ presse.)
Le monsieur. — Vite, vite, au nom du ciel, soignesmoi!...
Sodium père. — Qu'est-ce qu'il y a T
Le monsieur. — (JaisarU une pantomine) La jambe! la jambe!!...
Sodium père. — La jambe?
Le monsieur. — Oui, la jambe!... Vit«, mettw moi quelque chose...
Sodium pIre. — (d son fils). W& me chercher l'arnica. (Au monsieur qui se lamente). C'est la jambe ?
Lb MOKSisxnu — Oui, oui! la jambe!... Un chien qui m'a mordu tantôt... Ah! c'est affreux! Je suis empoisonné! Oh! Oh! Oh!...
{Il a un eommeneement de criée nerveueê, Cspendant le jeune Sodium est revenu avec Varmea).
Sodium pisE. — Je vais vous soigner: du calme!
On vous a mordu à la jambe?
Le monsieur. — Oui, oui! la jambe! la jambe!!... Sodium PERE. — Mais enfin laquelle T la jambe
droite ou la jambe gitucheT
Lb monsieur. — Au fait, c'est vrai: laquelle T... {Aprèt une hêsUtUion). Je ne sais plus! Oh! mon Dieu, mon Dieu! Je ne sais plus quelle jambe!...
(Mime crue ^ue UmtâL)
Sodium pIrx. — Voyons, voyons ne vous frappes pas ! Ce n'est pas grave, vous ailes voir, suf^t de panser la plaie...
IjB monsibur. — (Au comble du descêpoir). Oui, mais je ne sais plus quelle jambe l„ Oh! Oh! Ohl que c'est donc embêtant, que c'est donc embêtant!... (pouteofU un cri) Ah! j'y sak! c'est la jambe gaoehe.
Sodium pIrb. — Bieo, bien. U faut mettre la peau à nu. Clément, donne-moi l'arnica et aide-le à
60 LA JAMIB
Le yoNSiiUR. — {T(nU U Umps que Vophation dure). Oh! Ohl vous me faites malt... Oh! Oh! Oh!...
(Sodium père examine la jambe).
Sodium pIre. — Dites donc, vous n'avez rien!... Le monsieur. — (Ahuri). Comment, je n'ai rien!
Comment? Je viens d'être mordu et je n'ai
rien? Oh! Oh! Oh!...
(Il reprend «a criée nerveuêe.)
Sodium père. — Eh bien, mais... alors, c'est la
jambe droite!
Le monsieur. — Oui, c'est ça! la jambe! la jambe
droite!...
(On lui diehauese le pied droit).
Sodium piRs. — Mais il n'y a rien non plus!!!
Le uosaiEVRiSubitement calmé). Non? il n'y a rien?... Ah bien, tant mieux! J'en ai eu une peur!...
(Et il 8orl eane même eonger à rem/éUre me
duiueeures).
CE QUE VEULENT LES JEUNES FILLES Solange