EVA
Cinq heures et demie, daat un tÊOrrocm où va le meilleur monde. Solange et son amie Eva sont A une petite table, près du mur, toutes deux faiUement éclairées par une lampe ayee abatjour rose.
Des jeunes filks arrivent du dehors accompagnéfs de jeunes élégants étranglés dans leur faux-eol dernier cri. Des rires fusent de partout, et parmi ce froissement de jupes, ce bruit de tassss remuées, voici es C|iie l'on entend.
Solange — Hector doit venir, ce soir.
Eta.— Hector?
Solange. — Hector Leblond.
Eva. — Ahl oui, celui que tu traînes partout, avec qui tu étais hier à l'Impérial?
Solange.— Il est gentil, hein?
Eva. — Peuh!... il n'est pas mal. Moi je n'aims pas les blonds.
SoLANon.— Pourquoi ? Ils sont très bien je t'assure!...
62 CB QUE VEULENT LBS JVUlflS riLLBS
EvA. — Oui, tu difl ça parce que, en ce momanii c'est un blond...
Solange. — Et toi parce que c'est un brun?
EvA. — Non, un roux!
Solange. — (lut ver$ant du thi) Hou! bout... que c^est laid!
EvA — C'est un roux tirant sur le brun... Tu sais bien? comme les cheveux de Gilda Darthy...
Solange — Oh! dis donc, c'est leur couleur naturelle au moins ?
EvA. — Tu penses, ma chère I...
Solange. — Je le connais ?
EvA. — Non, je ne crois pas...
Solange. — Mais si... attends... il s'appelle Arthur.
EvA. — Ah! mon Dieu! qui te l'a dit?
Solange. — (riant) Mais personne, chérie! Seul^ ment, j'ai du flair,... je suis femme!...
EvA — Et moi donc!.. .femme autant que toi!...
Solange. — Tu dois le faire rager ton roux?
EvA — Et ton blond ? Tu dois le rendre insupportable?
Solange. — Il ne m'en aime que davantage!
EvA. — Le mien aussi!
Ensemble. — Ah! les hommes! on les connaît!
Solange. — {sirotant son thi) Moi, j'aime ka hommes froids...
EvA. — ^Tiens! pourquoi?
Solange — Pkrce que le m^rito est plus grand lorsque je réussis à me faire aimer d'eux!
Eva. — Alors, tu n'aimes paa les conquêtes faciles T