ACTE I, SCENE VII
JUAN , À pari.
Elle me Fait trembler.
ISABELLE
Francisco , toi affaire-*?
Votre frère est entre cher nos révérends père»? FRANCISCO.
Oui , sénora.
ISABELLE
Tant mieux».. et vous, pauvre Félit ,
Votre mère va mieux, m'a conté Béa tri*
FÉLIX
Gmce à vous, sénora.
ISABELLE , il Farruck, qui semble l'éviter.
Pourquoi Farruck le Maure S'éloigue-t-il de moi ? Venez... plus près encore. MIGUEL.
Est-il heureux, Farruck!... connaît-il son hnnheot ?
ISABELLE , à Farruck.
V oulrz-vons me servir ?
FAEItOCR.
Cest pour moi trop d’honneur.
ISABELLE
Vous Aemblex malheureux?
FARRUCK.
Non, je suis misérable.
SCAN.
On dirait qu’un remords le poursuit rt l’accable. FARRUCK , regardant Juan.
Je ne dis me» péchés qu’à Dieu seul qui m'absout. ISABELLE , à part.
( Haut.)
Quel homme singulier! Que voudriez-vou*?
Pardonnez, sénora, je l'avais oublié...
Voici bientôt dix ans que la mort l’a saisie.
ISABELLE
Et qui causa sa mort?... on dit...
FARRUCK.
Ma jalousie.
Ma chère sénora, vos soins sont superflu».
ISABELLE , à Juan.
Que jugez-vous de lui ?
Lui, brute, et rien de plus.
Il m’intéresse fort.
Mais ne demande rien.
ISABELLE
Mais encor.
FARRUCK , à part.
Quel manège
Pour séduire un esclave! oh! je connais le piège.
ISABELLE. [senls?
Pourquoi repoussez- vous nies bienfaits , mes pré- II* pourraient adoucir, Farruck, des maux cuisants.
FARRUCK.
Qui peut s'en souvenir, lorsque je les oublie ! ISABELLE.
Vous avez, m’a-t-on dit, une enfant fort jolie? Son âge?
FARRUCK.
Quatorze ans.
Le vôtre?
FARRCCE.
Trente-trois.
JUAN
Il ne perd pas de temps eu paroles, je vois.
ISAREI I.E.
Je voudrais bien , don Juan, connaître à fond son JUAN. [a me.
Ali ! demandez-lui donc ce qu'il Fit de sa femme. ISABELLE.
Votre femme, j propos? vous Fûtes marié?
Mais c’est un vrai sauvage;
De lui parler encor vous auriez le courage?
Voyez son regard dur.
ISABELLE
Je veux l’apprivoiser.
(A Farruck.)
J'adopte votre fille.
FAIIRUCE, turprii et adouci
On ne peut s'opposer...
(A part.)
Qu’elle est belle eo effet ! que sa taille est divine! Près d'elle tin feu secret dévore ma poitrine... Kloignons-uou*.
ISABELLE
Restez; un poids cruel, affreux Semble vous oppresser, et se peint dans vos yen* ! Celte ardeur à celer tous sentiments honnêtes. Vous fait apercevoir plus méchant que vous n'éte*. Sous l’étoile fatale à jamais abattu , Rougiriez-vous, Farruck, d’un reste de* vérin? FARRUCE.
Le maître, sénora, doit-il demander compte A l’esclave flétri, de vertus ou de boute?
ISABELLE
Mais de vos sentiments , Farruck, souvenez-vous Que vous êtes à Dieu comptable comme tous.
FARRUCE.
Moi ! puis-je le penser, et pour le misérable Tel arrêt, sénora, «Tait-il équitable?
Est il donc criminel, quand envers son prochain destin l’a jrrivé du bonheur d'être humain ?
Sénora, si le crime est aux grands inutile.
Il est trop nécessaire à la classe servile :
Cest la ressource unie à tout sort rigoureux ,
Et la seule toujours fidèle aux malheureux.
ISABELLE
i Farruck, un noir poison circule dans vos veines, ! Contre lui , je le vois, mes paroles sont vaines;
S’il est des malheureux que la nécessité Puisse vraiment réduire à cette extrémité U vaut mieux se tromper en croyant le contraire ; Plus que la vérité l’erreur est salutaire.
( File laisse tomber ion éventail ; Juan se baisse pour le ramasser; Farruck le prévient brusquement.)
Pourquoi ce regard sec, ce front plein d’Apref-* ?