‹ Farruck le Maure drame en trois actes et en versChapitre 30 sur 42 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JD AN, ISABELLE.

JUAN

Venez-vous, bonne sœur, respirer à loisir?

ISABELLE , arec indifférence.

Je vais où me conduit un incertain désir.

JUAN

Je me souviens d’un temps , bien loin , il faut le dire , Où ma sœur Isabelle exprimait un sourire En voyant ses amis.

ISABELLE

Ab! Juan, ce temps n’est plus!

De ma bouche à jamais tous sourires sont exclus. Sans doute j’outrageai la vengeance divine...

Et je ne souris plus depuis qu’en ma poitrine Le ciel pour me punir mit un germe de mort !

JUAN

Ah ! dona, dona, peut-être en faisant quelque effort Sou ririez- vous encor... la , je vous en supplie. Souriez-moi !... bon Dieu , que vous êtes jolie!

S’il vous voyait, Alphonse !...

ISABELLE

Alphonse... ah ! oui, vraiment, Depuis un an pour lui je souris rarement.

JUAN

Cest vrai, depuis un an avec vive amertume Vous vous plaignez toujours d'un mal qui vous con.

[ sume.

Oh! quel soir que celui témoin de tant d’effroi. Où, pâle, échevelée, expirante de froid.

Vous parûtes à nous , et puis sans connaissance Vous tombâtes soudain...

tSABELLB.

Ah! silence, silence!

Ne ra’en parlez jamais... ce soir, sans mon trépas. Une seconde fois ne se passerait pas !

JUAN

Je conçois, chère sœur, que votre ame frissonne Au nom d’un scélérat... mais qu’elle me pardonne, Ma chère sœur, doit-elle avoir peur désormais D'un homme... mort?

ISABELLE

Alors ne m’en parlez jamais!

JUAN

Je respecte vos vœux, et tout bas votre frère Gémira d’un chagrin qu’il ne pourra distraire. Pourtant s'il est un cœur généreux , sans détours.

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