SCÈNE VI
ISABELLE, «rule.
Oui, je veux déposer dans le saint tribunal L’aven que je retiens , et qui nourrit mon mal.
Sous un vrai repentir, quand le péché s’efface,
On peut mourir alors, le Seigneur a fait grâce.
J’ai trop tardé, peut-être?... O quel abattement ! Ainsi doit se passer pour moi chaque moment... Dieu se venge , et de Dieu la vengeance est sacrée. Ah! l'infâme attentat qui m’a déshonorée,
J'en suis pure... mais... mais... à la face du ciel,
J’ai fait à mon époux un serment criminel...
J’ai parjuré ma foi... dans les devoirs de femme; Mon premier pas .grand Dieu ! fut dans la route in- Mon époux abusé , m’a dit : Ta pureté [fàme.
M’est un garant certain de ma félicité...
Ma pureté, mon Dieu! quand, honteuse, avilie,
A sa loyale main j’unis ma main flétrie !
J’ai trompé mon époux ; son amour et sa foi Me sont plus que supplice et sarcasme pour moi ! J’ai trompé mon époux ! c’est là ce qui n»e tue !
Sous le sceau de l’opprobre à jamais abattue,
Je verrai le mépris s’attacher à mes pas;
Je fuirai mon époux, et n'oserai pas
Voir le ciel face à face ! avilie à inoi-méme ,
J'invoquerai la mort comme le bien suprême ;
'riais , redoutant l’enfer, le supplice étemel ,
Maudite de ce Dieu dont j’adore fautel Par un affreux remords iijnmois poursuivie,
Je craindrai de mourir en détestant la vie!
( Elle tombe la face contre l'auiel . et prie ea pleurant )