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de Saint-Maurice, Curé de ladite église, Officiai métropolitain et Prévôt du Collège de Saint-Maurice, âgé de bl ans; il était l'auteur de /'Histoire de TÉglise de Vienne , natif de la paroisse de Saint-Savin, près de Bourgoin, et mon frère bien-aimé,
Charvet (Pierre), curé de Saint-André-le-Bas» »
Tout détail nous manque sur la fin de la carrière de Charvet; mais nous avons été assez heureux pour découvrir son Testament , notarié , dont voici la copie textuelle :
Pardevant le notaire royal de la ville de Vienne soussigné, cejourd'hui trentième novembre mil sept cent septanteun, après midy.
Fut présent Messire Claude Charvet, prêtre archidiacre de l'Église primatiale de Saint-Maurice de Vienne , officiai métropolitain du diocèse dudit Vienne , lequel se trouvant atteint d'une maladie corporelle, bien libre néanmoins de tous ses sens, parole, mémoire et entendement ainsi qu'il a paru à moy notaire et aux témoins bas-nommés, voulant disposer de ses biens, a fait et dicté à moy notaire, en la présence et assistance des témoins, son testament nuncupatif et ordonnance de dernière volonté nuncupative ainsi qu'il suit:
Premièrement a fait le Saint-Signe de la Croix sur sa personne, a recommandé son âme à Dieu et a élu la sépulture de son corps dans ladite église de Saint-Maurice, s'en rapportant pour ses œuvres pies et frais funéraires à la discrétion et volonté de son héritier bas-nommé.
Donne et lègue à Marguerite Astier , sa domestique , la somme de cent livres , payable dès après son décès, outre et sans préjudice des gages qui lui seront dûs.
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Et au résidu de tous et un chacun ses biens droits, noms, raisons et actions en quoiqu 'ils consistent ou puissent consister, il a fait, créé, nommé et institué pow son héritier universel M. M* Claude Charvet ( 1 ) , avocat au baillage de Vienne, son neveu et filleul, fils de M. M*. François Charvet, avocat au parlement de cette province, par lequel il veut sa succession être recueillie en payant ses legs, œuvres pies , frai^ fu/néraires , dettes.
Ceci étant son dernier testament nwncupatifet ordonnance de dernière volonté qu'il veut valoir par forme de testament nuncupatif, codicilCy donation à cause de mort et par tous autres meilleurs moyens que disposition de dernière volonté peut et doit mieux valoir.
Dont et de tout quoy il a requis acte à lui fait et octroyé à Vienne, dans une des chambres de la maison d'habitation dudit sieur testateur y quartier de Fuissin, paroisse de Saint- Georges, où lecture a été faite audit sieur testateur en présence desdits témoins de mot à m^t et dans tout son entier , après laquelle lecture faite et par ledit testateur bien ouye , il a déclaré persister en ses dispositions par lui dictées à moi notaire, en la p^ésence desdits témoins pour être exécutes selon leur forme et teneur.
Dont pareillement acte, ce fut ainsi fait dicté, lu, publié et récité, lieu, jour et an susdits, en la présence de M^ François Bernard, prêtre, chevalier de ladite église; de M^ Toussair4 Jean Tixier , prêtre archidiacre de la même église; sieur Edouard Louis Tixier, receveur des décimes du diocèse', de M^Annet Delaloy, procureur aux cours de Vienne;
(l) Il est évident qu'il s'agit de Claude Charvet dont le testateur avait été le parrain.
de sieur Michel Rondet, négociant en ladite ville , et de sieur Jean-François GelaSy fils de sieur Joseph Gelas y marchand bolangeVy tous habitants audit Vienne^ témoins requis^ signés avec ledit testateur.
Signés: Charvet, testateur; Tixier^ archidiacre; Tiœier^ receveur ; Bernard Delaloy ; Rondet; Gelas; Armanety notaire.
Contrôlé et insinué à Vienne, le 2b janvier 1772. Reçu soixante -dix-neuf sols. R. iO sols. Lefeb vre .
D'après M. Mermet (1) Charvet habitait une maison à lui appartenante, située en face de la fontaine de la place Jouvenet, paroisse de Sainl-André-le-Haut (2); une lettre, du 31 décembre 1763, écrite à l'abbé Vital Deville, et publiée par M. Collombet (3), confirme ce fait. Le testament qu'on vient de lire établit qu'un mois et demi avant sa mort, Charvet avait son habitation dans une maison située au quartier de Fuissin, paroisse de Saint-Georges (4). Charvet étant déjà malade , à
(1) Histoire de Vienne, tome 3, page 430.
(2) Suivant la tradition, cotte maison serait celle qui porte aujourd'hui le n» 12 et se trouve à l'ouest de la fontaine.
(3) Histoire de la Sainte Église de Vienne, tome III, page 479.
(4) C'est, sans aucun doute , la maison faisant partie de la dotation de la chapelle de Sainte-Catherine, dont Claude Charvet était titulaire. Nous la trouvons désignée, ainsi qu'il suit, dans le Parcellaire de la ville de Vienne, dressé en 1718 (tome 1, f» 271, n» 1106) : « Maison qui despend de la chappelle de Saincte Catherine, fondée dans la grand' église par feu Pierre Biol, sise à la paroisse Saint-Georges, jointe la maison et pressoir à huisle de sieur Amable Venet du matin ; une petite place du matin et de bize ; maison de Pierre Brillard du matin ; rue marquise du vent ; rue tendant de la porte de Murianne à celle d'Avignon du soir ; autre maison dudit Brillard et celle de M® George David de bize, contenant 122 toyses et demy. »
l'époque de son testament, nous sommes autorisé à croire qu'il est décédé sur la paroisse de Saint-Georges, Tune des sept paroisses que comptait alors la ville de Vienne.
Son acte de décès prouve qu'il a été enterré par le Chapitre de Saint-Maurice^ mais nous n'avons aucun renseignement sur le lieu de l'inhumation ni sur la cérémonie des obsèques. Notre auteur ayant élu luimême sa sépulture dans l'église de Saint-Maurice, l'on doit supposer qu'il a été inhumé dans les Cloîtres , lieu où le clergé était enterré à cette époque.
Nous nous trouvons ici en présence d'une contradiction : si nous admettons que Claude Charvet est décédé sur la paroisse de Saint-Georges, et qu'il ait été inhumé dans les Cloîtres de Saint-Maurice, comment se fait-il que son acte de décès soit inscrit sur les registres de Saint- André-le-Bas ? Ne serait-on pas tenté d'admettre, ou que cette dérogation aux usages de l'État Civil est due à l'influence de Pierre Charvet, ou que Claude Charvet, peu de jours avant sa mort, a été transporté chez son frère.
Nous ne pouvons que former des conjectures à cet égard.
Notre Notice sur Charvet est plutôt un résumé de faits, une analyse de titres, qu'une œuvre littéraire. Les Biographes qui nous ont précédé, n'ayant rien fourni de positif et de nouveau , nous avons pensé qu'il valait beaucoup mieux produire des documents authentiques et inédits que d'accumuler inutilement des dissertations et des phrases.
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Le manuscrit des Fastes de la Ville de Vienne (1) forme un volume grand in-4®, de 234 pages, divisé en plusieurs parties; il ne porte aucune date; nous présumons cependant qu'il fut rédigé de 1761 à 1772, c'est-à-dire durant l'intervalle qui s'écoula entre la publication de VHistoire de la Sainte Église de Vienne et la mort de l'auteur.
Il est écrit en entier de la main de Claude Gharvet, et ne contient que 'quelques rares annotations d'une écriture étrangère, qui doit être celle de son frère Pierre, avec lequel il a été quelquefois confondu.
Il ne sera peut-être pas sans intérêt de raconter quelles phases ce manuscrit a subies , par quelles mains il a passé, et comment, après maintes vicissitudes, il est arrivé à la Bibliothèque de Vienne.
Claude Charvet avait laissé tous ses manuscrits à Pierre Charvet , son frère ; celui-ci les légua à M. le marquis Rigaud de Serezin, qui les transmit à son gendre, M. le comte de Loras, avec une précieuse collection de médailles d'or, d'argent et de bronze de tous les modules, qui avait été commencée par le Président de Valbonnays, auteur des Mémoires pour servir à l'Histoire de Dauphiné. Ce riche médaillier et les manuscrits de Charvet sont aujourd'hui en la possession de M. le marquis Auberjon de Murinais, marié à Henriette de Loras, héritière des biens de celte antique famille, qui s'est éteinte en sa. personne.
(1) Ce manuscrit, complètement inédit, a été publié par nous, pour la !»•• fois, dans le Journal de Vienne. Voir la collection du 31 mars 1867 au 8 novembre 1868.