‹ Fastes de la ville de Vienne, publ. avec des notesChapitre 25 sur 56 · CONCILES DE VIENNE · texte numérisé non relu

CONCILES DE VIENNE

Le 15 septembre 517, concile tenu à Epaone, dans le comté d'Albon , au diocèse de Vienne. Vingt-cinq archevêques ou évêques, tous du royaume de Bourgogne, assemblés par la permission du roi Sigismond, firent quarante canons pour rétablir la discipline. Saint Avit, archevêque de Vienne, y présida.

L'an 892, concile tenu à Vienne, par ordre du pape Formose. Ses deux légats y présidèrent. On y fit quatre ou cinq canons contre les usurpateurs des biens d'église, contre les meurtriers des clercs.

L'an 1060 et le 31 janvier, concile tenu à Vienne par Etienne, légat. On n'a que trois canons de ce concile, qui regardent la simonie et l'incontinence des clercs.

L'an 1112 et le 16 de septembre, concile tenu à Vienne par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne et légat. On y décida que l'investiture des bénéfices, reçue d'une main laïque, était une hérésie. On condamna le privilège extorqué par Henry, roi des Allemands, au sujet des investitures; les évêques l'anathématisèrent et le séparèrent du sein de l'Eglise jusqu'à une pleine satisfaction.

L'an 1199, concile tenu à Vienne , par Pierre de Gapoue, légat, qui avait assemblé, peu de jours aupa-

ravant, à Dijon, quatre archevêques et dix-huit évêques, pour traiter du mariage de Philippe-Auguste avec la reine Ingelburge ; mais le roi en ayant appelé au pape, le légat ne décida rien. Il sortit de Dijon et vint à Vienne, ville libre, avec plusieurs évêques, entre lesquels il y en avait de France. Il y publia l'interdit sur toutes les terres de l'obéissance du roi, avec ordre à tous les prélats de l'observer, sous peine de suspense.

L'an 1289, concile provincial tenu à Vienne, par Guillaume de Valence, archevêque de cette ville. Jean de Genève, évêque de Valence et de Die; Hugues de La Tour, évêque de Viviers; Guillaume de Conflens, évêque de Genève; Guillaume de Sassenage, évêque de Grenoble, et le procureur d'Aimar, évêque de Maurienne, tous suffragants de Vienne, y assistèrent, avec Aimon de Montagni, abbé de Sain t- Antoine ; Guillaume, abbé de Saint-Ruff; Jocerand de la Chapelle, abbé de Saint-Pierre ; Guillaume de Mirabel , abbé de Saint- André-le-Bas ; l'abbé de Saint-Chef, l'abbé de Saou ou Sou, au diocèse de Valence; l'abbé de Gruas, au diocèse de Viviers; Tabbé de l'Abondance, au diocèse de Genève; les députés de sept églises cathédrales et de toutes les collégiales de la province. On y fit soixante-six canons de discipline.

L'an 1311, quinzième concile général tenu à Vienne. Le pape Clément V y présida; Briand de Lavieu était pour lors archevêque de Vienne. Plus de trois cents évêques, outre les abbés et les prieurs, assistèrent à ce concile. Le roi Philippe-le-Bel vint à Vienne, accom-, pagné de son frère Charles de Valois et de ses trois fils, Louis, roi de Navarre, Philippe et Charles. Le pape

y publia la suppression de l'ordre militaire des Templiers, dans la seconde session, tenue le trois avril 1312. Il confirma la fêle du Saint-Sacrement, instituée par Urbain IV, et la célébra avec la plus grande pompe. Il porta en procession le Saint-Sacrement dans un ostensoir transparent, étant sous un riche dais porté par le roi Philippe-le-Bel, son frère, et par ses deux fils. La ville avait fait construire une magnifique chapelle ou reposoir dans la place de l'Orme , où est à présent la Table- Ronde ; le pape s'y arrêta et donna la bénédiction aux assistants avec la sainte Eucharistie.

La ville de Vienne, pour conserver la mémoire de cette auguste cérémonie, quitta l'aigle éployée qu'elle avait pour armoiries, et prit un orme portant dans ses branches un calice surmonté d'une grande hostie ou formule ronde de pain azyme, comme celles que l'on consacre à la messe.

VIENNA SUBTERRANEA (O

ELOaiUM

PER NiCOLAUM GhORIER , NATUM VlENN^E , DIE 9 MENSIS SEPTEMBRIS (2), ANNO 1612, MORTUDM GrATIANOPOLI, DIE 14 ADGUSTI, ANNO 1692 : VIXIT ANN. 80, DEMPTIS24 DIEBTJS.

Sta spectator, et vide quid non vides.

Vides Viennam, nec Viennam vides.

Latet urbs una sub altéra.

Et major est Vienna sepulta quàm viva. Galcas urbem dùm incedis per urbem; Jacent sub pedibus tuis arma et trophœa, Et tu, dùm ambulas,^de trophœis triumphas.

(1) Cette partie du manuscrit de Gharvet a été publiée dans la Revue de Vienne (année 1839, tome m, p. 226). Elle fut accompagnée d'une traduction, par M. Delorme, que nous reproduisons à la suite.

(2) Ghorier n'est pas né le 9 septembre, mais bien le 9 octobre, ainsi qu'il résulte de l'extrait du registre des baptêmes de la paroisse de Saint-André- le-Bas pendant l'année 1612.

Extrait du registre des baptêmes de la paroisse de Saint-André-le-Bas

pendant Vannée 1612 :

« Le 9 octobre, fut baptisé le lils de M^ Jehan Ghorier, procureur de « Vienne, nommé Nicolas. Le parrain a esté M. Nicolas Loup, prestre a habitué de Saint-Maurice; la marraine a esté damoyzelle Marie Beraud.

« Signé : Ducrest, curé. »

Suspende tamen gressum, et moUiûs ambula; Jacent hic équités romani, hic senatores, hic consules. Gave ne laedas mortuos quos timeres vivos.

Audi aliquid majus.

Jacent sub hâc colle Deorum templa, et Dii ipsi. Jacet sub hoc cespite Mars, sub illo Jupiter, sub isto Pallas, Time hastam Martis et Palladis, et fulmen Jovis. Imô ride deos qui nunquàm dii fuere.

Deus non est qui esse desinit ; Et qui ad nihilum rediere fuere nihil.

Aspice quinque arces subterraneas et sublimes. Pars adhùc aliqua eminet, major pars latet.

Tuebantur intégras Viennam ab hostiljus, et penè ab avibus. Nunc ibi bubones habitant ubi olim milites.

Ostendit lamen ruina qualis urbs fuerit; Tutam se putabat intrà Galliam Roma si servaret Viennam. Tuebantur quinque legiones Viennam, et Vienna Romam.

Aspice hortos Viennenses. Sunt omnes pensiles. Babylonios ars extruebat istos ruina.

Crescunt ex casu arcium et ruina templorum; Imo crescunt ex Diis ipsis.

Olim allia fuere Dii, nunc Dii sunt allia.

Vides bas vineas : jacet sub illis sepultus Bacchus. Crescunt racemi ex cineribus Dii sui ; Et qui olîm vina bibebat, nunc ipse bibitur.

Et Gères quoque supposita est his segetibus ; Et qui olim frumenta serebat, nunc ipsa seritur.

Aspice tôt urnas olim plenas, nunc vacuas.

Implevit banc eques opibus, hanc senator, banc consul.

Timuerunt post mortem paupertatem,

Nec sciverunt omnem cinerem esse pauperem.

Vides hsec numismala aurea, haec argentea;

Impressit se illi senator, huic consul, huic csesar;

Victuros se putarunt dùm imago viveret.

Vivit imago, et prototypus periit.

Eruuntur hodiè ex Viennâ subterraneâ novae opes,

Ditior est Vienna sepulta quàm viva;

Et si extarentsimul omnesopessepultœ, Viennam emerent.

Aspice aquœductus, olîm integros, nunc interruptos. Victores terrarum Romani , ut aquas vincerent, fecere

[captivas.

Includebant pretioso carcere ut captivitatem amarent ; Deducebantperarcustriumphalesutcaptivœtriumpharent; Et amantes libertatis aquae ruperunt carcerem etiam

[pretiosum.

Et malunt perhumum serpere quàmperaerem triumphare.

Descende, et Viennam inferiorem vide nec vide. Haec ampla planities olim urbs erat, nunc urbis cadaver est. Hsec pyramis, olimcentrum Viennae, nunc extra circulum Crescebant homines ubi nunc segetes crescunt ; [est. Et plures tune cives erant quàm hodiè spicae.

Aspice ultra Rhodanum alteram Viennam et unam. Olim hic aquila fuit ubi columba est.

Fuisse illic urbem probant rudera urbis; Ibi olim Vienna stetit ubi cecidit.

Hic fluvius olîm urbem unam dividebat in duas ; Et quod Tiberinus erat Romae, hoc Viennae Rhodanus erat. Olîm Vienna duplex provincia;

Olim duplox provincia Vicnna crat.

011m Vienna Romaî similis, et Roma Vicnnne similis fuit. Ulramque dividebat fluvius, utramquo jungobal; lltraquo totidem montes habiiit. totidem arces. Periit quod stabile erat, quod Huit non periit.

Ex iis agnosce Viennaî potentiam :

Timuit Viennam Annibal, Annibalem Vienna non timuit; Poierant transitum prohibcro duo fratres, nisi de regi-

[minc écriassent ; Adjuvit Brancum Annibal, Brancus Annibalem; Deduxit ad Alpes, Alpium dominus; Vicit Italiam Annibal, fecit Vienna victorem. Fefellero Viennam Allobroges, non vicere ; Ut facerent reginam Allobrogum fecere captivam. Exul Vienna Lugdunum cum Planco condidit ; Et primi cives Lugduni fiiere Viennenses.

Ex eo collige antiquitatem Vienn».

Fuit Vienna cdm Lugdunum non fuit; Antocessit Romulum et Remum et matrem Lupam ; Invcnerunt Viennam Allobroges, non fundavcrunt. Ne quatre ortum Vienna;.

Antiquissima vix habent origincni.

Prima laus antiquitatis est carere principiis; Altéra laus, habero principia, sed nesciro.

Scit Vienna se incepisse, nescit quandô incoperit; Noc débet ortum sui Venerio exuli, nec mulieri. Nescit initium sui, ignorât exitum.

Id unum scit, se nullam futuram, cùm nulla urbs erit.

Abi speclalor, dixi quid ex Vienna non videris. Dicam, cùm redibis, quid videre possis.

En 1715, le sieur Noël fit imprimer cet éloge, avec une traduction en vers français fort mauvais, chez Giroud fils, à Grenoble. Il y a joint l'éloge de la Sainte-Nappe, composé par le même auteur, adressé à MM. les doyen et chapitre de Saint-Pierre-de- Vienne. Noël y a joint aussi une traduction en vers français, et deux lettres de M. de Nantes à M. de Ringard, sur l'antiquité et sainteté de Vienne. Tout ce petit recueil est dédié à madame de Ferriol, comtesse du Pont-de-Veyle (1).

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