‹ Fastes de la ville de Vienne, publ. avec des notesChapitre 4 sur 56 · XXIJ · texte numérisé non relu

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Comment les Fastes de la Ville de Vienne furent-ils détachés des autres manuscrits? C'est ce que nous ignorons. Ce qu'il y a de certain , c'est que notre manuscrit tomba en la possession d'un ancien habitant deVienne» qui, au commencement du siècle, était allé s'établir à Lyon, et qu'il fut vendu, dans cette ville, aux enchères publiques, le 15 novembre 1839 (1).

L'acquisition en fut faite par M. Girard, alors libraire à Vienne , qui le céda à la Bibliothèque de Vienne moyennant sçs déboursés (283 fr.), n'ayant pas voulu faire une spéculation , mais bien rendre à son pays un monument historique.

De 1839 à 1854, le manuscrit figure dans la Bibliothèque de la ville. Malheureusement l'incendie du 5 janvier 1854, qui dévora tant de livres et d'objets précieux, atteignit aussi le manuscrit de Charvet.

Ce trésor pourtant n^était pas complètement détruit, mais les feuilles parties mouillées, parties brûlées, parties déchirées, se trouvaient disséminées çà et là. Il s'agissait de les recueillir dans les décombres fumant encore et parmi les débris abandonnés aux revendeurs.

M. Girard entreprit ce difficile sauvetage, et après avoir réuni et coordonné les feuillets dispersés du manuscrit, îl parvint, en les ajustant et en les remontant sur des châssis de papier, à reconstituer pour ainsi dire le volume primitif.

Puis ce travail de patience complètement achevé, c'est M. Girard qui, de nouveau, offre, gratuitement, le ma-

(1) Gataloffue Suiffet, n» 214.

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nuscrit à la Bibliothèque de Vienne, où il est aujourd'hui rentré.

Beaucoup de feuillets ont été endommagés vers les bords supérieurs ; quelques-uns même n'existent plus, et le texte n*a été rétabli, pour une partie, qu'à l'aide d'heureuses communications (1); ce qu'il y a de certain, c'est que nous avons comblé, autant que possible^ beaucoup de lacunes, et que nous croyons avoir fait une publication à peu près complète.

D'après M. Colomb de Batines (2),* il aurait existé deux copies également autographes des Fastes de la Ville de Yierme, l'une chez M. le marquis de Rigaud de Serezin, à Vienne, l'autre mise en vente à Lyon et achetée par M. Girard : l'une serait le premier jet de l'auteur, l'autre la mise au net. Rien ne confirme cette assertion* La copie que possède la Bibliothèque de Vienne parait assez correcte, et contient un certain nombre de ' dessins et de figures (3).

Le manuscrit de Gharvet, quoique inédit^ a été mis à contribution par beaucoup d'écrivains, qui se sont appropriés les documents qu'il avait amassés, sans prendre toujours la peine de citer la source d'où il les avait tirés.

Gharvet a, sans doute, commis plusieurs erreurs qu'il

(1) Nous devons à Tobligeance de M. Alfred de Terrebasse, et de M. Gariel , bibliothécaire de la ville de Grenoble , la communication de copies et documents qui nous ont servi à rétablir des parties endommagées ou détruites.

(2) Journal de Vienne, 30 novembre 1839.

(3) Ces dessins et figures laissant beaucoup à désirer et n*ayant pas une véritable importance, nous n'avons pas cru devoir les reproduire.

n'aurait pas manqué de corriger si la mort lui eut laissé le temps de publier son ouvrage. Nous avons cru de notre devoir de respecter complètement le texte, et les quelques notes que nous avons ajoutées, ne font qu'expliquer ou modifier quelques négligences , sans rien changer ni au fond ni à la forme.

* Notre publication, faite rapidement dans un journal , tirée à part en volume au fur et à mesure, laissera sans doute à désirer. D'autres moins inhabiles auraient pu l'accompagner de notes plus judicieuses et plus savantes, de renseignements plus authentiques et plus complets. Nous n'avons pas espéré vaincre les difficultés qui se présentaient , ni accomplir, d'une manière parfaite , un travail au-dessus de nos forces; nous n'avons eu qu'un seul but: c'est de conserver et de mettre au jour des documents précieux pour l'histoire de la ville de Vienne.

E.-J. Savigné.

Vienne, 28 septembre 1S68.

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