‹ Fastes de la ville de Vienne, publ. avec des notesChapitre 8 sur 56 · I-VIBRIVS EVTICHES · texte numérisé non relu

I-VIBRIVS EVTICHES

llIIlIviR AVGVSTALIS

CONIYGl SANCTISSIM^

L'an de Rome 759, et de Jésus-Ghrist, le huitième, Archélaûs fut rélégué à Vienne (a). Je ne daterai plus les faits que de l'ère chrétienne.

Sous l'empire de Tibère, Vienne fut élevée au plus

(a) An de Rome 736, avant J.- G. 16.

(b) ArchelaUs , nono sut principalûs anno^ in exsilium peUitur Viennam GaUix civitatem. Joseph. Antiq. Jud. llb. 17. cap 19. Id, de beUo Judaico, Lib. 2. cap. U.

haut point d'honneur qu'une ville pouvait alors ambitionner ; elle fut déclarée cité romaine. Les cités romaines se gouvernaient sur le modèle de Rome; ainsi l'on ne peut douter qu'au moins, dès ce moment, Vienne n'ait eu un sénat et des consuls que dans les cités on nommait duumvirs.

L HELVIVS BIS SviR VIEN

NENSIVM

Cette inscription, rapportée par De Rubis dans son Histoire véritable de la ville de Lyon, était à l'entrée de l'église de Saint-Etienne. On y voit que la même personne pouvait être plusieurs fois élevée au consulat. On tirait les duumvirs de l'illustre corps des décurions qui composaient le sénat. On les appelait les duumvirs parce que on n*en élisait que deux pour gouverner la ville, comme Rome était gouvernée par deux consuls. Mais à Rome on élisait les consuls tous les ans, au lieu que dans les cités on n'élisait les duumvirs que de cinq ans en cinq ans. Le sénat de Vienne était encore très-nombreux et très-florissant dans le cinquième siècle, et il paraît que son autorité était grande puisque sa^nt Avit, archevêque de cette ville, nous apprend, dans son homélie des Rogations, que saint Mamert, voulant y instituer ces prières et ces processions, craignait beaucoup l'opposition du Sénat (a).

L'an de J.-Gh. 37, et 40 selon Tillemont, sous l'em-

(a) Pulabatur a quihusdam senatus viennensis, cujus tune lemporis numerosis illustribus curia florebat, inventis non posse addicif cum vix adquiesceret legitimis inclinari,

S. Avitus, Homil. de rogalionib, ex editione Sirmond, Paris, 1644.

pire de Caligula, Pilate fut destitué par Vitellius, gouverneur de Syrie. La tradition de Vienne est qu'il fut rélégué dans cette ville où l'excès de ses malheurs le réduisit à se tuer lui-même. On vient de démolir une tour, reste des anciennes fortifications de Vienne, située au bord du Rhône,* dans la place de Mauconseil, d'où l'on croit que Pilate se précipita dans le Rhône, parce que le cours du Rhône, auprès de cette tour était agité, plein de tourbillons et passait pour périlleux ; mais ces tourbillons et celte agitation étaient causés par des pointes de rochers qui brisaient le cours de l'eau. D'autres croient que Pilate se précipita dans un gouffre du mont Pila où naissent la plupart des orages qui désolent les campagnes, des environs. Un troisième sentiment veut que l'église de Notre-Dame de la Vie ait été le tombeau de Pilate. Ghorier rapporte qu'on avait peint sur la frise de ce monument cette inscription qui ne parait plus :

HOC EST POMŒRIVM PILATI (a)

On voit bien des lieux qui portent le nom de Pilate, Pila, Pilât; le vulgaire croit qu'ils sont ainsi nommés à cause du séjour que Pilate y a fait, mais il y a grande apparence qu'ils tirent leur nom de leur forme pyramidale, ou de ce qu'ils ont appartenu à un secrétaire de Humbert second, dernier dauphin, qui s'appelait Pilati. Les traditions populaires qui ont pris leur origine dans les siècles d'ignorance et de crédulité, sont ordinairement

(a) Cette inscription a fait croire à plusieurs que ce monument était le mausolée de Pilate et qu'il cachait de grandes richesses. Un fou offrit de construire à ses frais la moitié du quai de Vienne, si on voulait lui donner ce monument pour le démolir et le fouiller.

de mauvais garants de la vérité. Cependant il ne faut pas les rejeter toutes. Pi/a, en langue romane, signifie une chose élevée en talus et applatie au sommet comme la pile d'un pont. Les Romains appelaient pilx les défilés ou passages à travers des montagnes. PilssCaucasiœ, pilœ AlbanicB, Tav/ri pilx.

A l'égard du mont Pila qui est au-delà du Rhône, à trois ou quatre lieues de Vienne, les sentiments sont fort variés. Les uns l'appellent mons Pileatm, montagne à bonnet ou à chapeau, parce que la principale est terminée par un couronnement de rochers qui ressemble à un bonnet. Les autres l'appellent mon^ Pila, parce qu'il est terminé par une espèce de boule ou de ballon. D'autres enfin croient qu'il tire son nom du ïnot Pilâtes, espèce de pierre blanche dont parle Catulle. Pourquoi n'a-t-on pas dit que cette montagne était consacrée à Castor et Pollux que les anciens appelaient /*ra^re^ p^*fca^/.

Il y a tout lieu de croire que Vienne ne fut déclarée cité romaine, par Tibère, qu'après le premier consulat de Valérius Asiaticus dont je ne trouve l'époque nulle part, apparemment parce qu'il ne fut que consul substitué (1). Je rapporterai ici tout de suite ce qui concerne ce célèbre Viennois.

Valérius Asiaticus, né à Vienne, était puisamment riche, et tenait à tout ce qu'il y avait de plus grand dans la Gaule. Il eut beaucoup de part à la faveur de Tibère qui l'honora du consulat. On voyait à Vienne, sa patrie,

(t) D'après les fastes consulaires, Valérius Asiaticus fut consul substitué l'an 43 du Christ, et consul ordinaire, l'an 46.

une troupe de comédiens qui se faisaient gloire de porter son nom et qui s'étaient élevé un tombeau commun (a).

SCAENICI ASIATICTANI

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