‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule (volume 2)Chapitre 15 sur 140 · I/ÉVANGÉLISATION · texte numérisé non relu

I/ÉVANGÉLISATION

chrétien se manifestent au IVe siècle. La vallée Pennine honorait dès lors, à Agaunum (Tamaiae Nantuatium), un grand souvenir à la fois martyrologique et militaire. En 377, le pays était assez christianisé pour que le gouverneur de la province pût faire graver le monogramme du Christ sur l'inscription dédicatoire d'un monument public (1). L'évêque d'Octodurus (Martigny) assistait, quatre ans plus tard (381), au concile d'Aquilée.

En ce qui regarde l'évangélisation des Alpes Cottiennes, nous sommes dépourvus de tout renseignement. Les vallées de Maurienne et de Briançon ressortissaient au siècle suivant, avec toute la province, au siège épiscopal de Turin, dont la date est inconnue, mais qui n'apparaît pas avant le Ve siècle.

Quant aux Alpes Maritimes, c'est surtout par la mer que ces districts communiquaient avec l'extérieur. C'est de Nice, en effet, que leur vint le christianisme. Nice avait une église organisée dès le temps du premier concile d'Arles (314). Vers le milieu du IVe siècle, il en sortit des missionnaires, les saints Marcellin, Domnin et Vincent, auxquels les églises d'Embrun et de Digne doivent leur fondation. Aucune tradition, même légendaire, ne s'est conservée sur l'origine des six sièges compris dans l'ancienne province. Il y a lieu de croire, toutefois, que, lors du concile de Riez (439), chacune des huit cités avait son évêque (2).

Deux de ces sièges, ceux de Rigomagus et de Salinae, disparurent dans la suite, à une date incertaine (3).

(1) C. I. L., t. XII, n° 138. Inscription trouvée à Sion.

(2) Cf. ci-dessus, p. 29, n. 2.

(3) On ne saurait affirmer que quelques-uns de leurs titulaires n'aient pas siégé aux conciles de la province d'Arles au temps de saint Césaire. Au concile provincial de 554, dix-huit évéques furent présents ou représentés. La province en possédait alors 24 ou 22 (Uzès exclu), suivant que l'on compte ou non les deux cités en question. Les sièges de ces évéques sont tous connus; un seul, celui d'Emeterius, reste incertain. Il n'est nullement sûr que l'on doive y voir un évéque de Rigomagus ou de Salinae; il pourrait tout aussi bien être revendiqué pour les sièges de Trois -Châteaux,

Il est vraisemblable que, dès les dernières années du IVe siècle, chacune des cités existantes avait son église et son évêque. Pour un bon nombre, cela est attesté directement. Dans le tableau suivant, je reproduis le texte de la Notice des Gaules pour les cinq provinces considérées ici, en le complétant par l'indication des localités épiscopales qui n'y figurent point. Les noms de celles-ci sont imprimés en italique, accompagnés du qualificatif locus, civitas, castrum, etc.. qu'ils portent dans les plus anciens textes où il en est question. J'y joins l'énumération des sièges épiscopaux d'Italie et d'Espagne qui furent rattachés, passagèrement ou non, aux métropoles gallicanes, depuis le VIe siècle et le VIIIe. En regard de chacun de ces noms figure la date du plus ancien document où l'évêché se trouve mentionné. Quand il a été possible de déterminer, avec quelque approximation, la date de la fondation du siège, c'est cette date qui est marquée, mais elle e-st accompagnée d'un astérisque.

VlENNENSIS.

metrop. civ. Viennensium v. 250*.

civ. Genavensium v. 400.

civ. Gratianopolitana v. 381*.

civ. Albensium IVe s*.

civ. Deensium 325.

civ. Valentinorum 374.

civ. Tricastinorum 517.

civ. Vasensium 314.

civ. Arausicorum 314.

civ. Cabellicorum 396.

Marseille, Riez, Embrun. On ne trouve pas d'évéque de nos deux sièges aux conciles nationaux de 541 et 549 où figurèrent en grand nombre les prélats de la province d'Arles. — Severianus , évèque d'Eturamine, c'est-à-dire probablement de Rigomagus, figura encore, en 450, parmi les prélats qui sollicitèrent le rétablissement de la métropole d'Arles. Depuis lors, il n'y a aucun document certain de la persistance de ce siège et de celui de Salinae.

l'évangélisation. 79

civ. Avennicorum 439.

civ. Arelatensium 254.

civ. Massiliensium 314.

civ. Carpentoratensis 439.

locus Telonensis 439.

portas Nicaensis 314.

Narbonensis prima.

metrop. civ. Narbonensium v. 250*.

civ. Tolosatium v. 250*.

civ. Beterrensium 418.

civ. Nemausensium 396.

civ. Lutevensium 422.

castrum Uceiiense 442.

civ. Agathensis 506.

ecclesia Elenensis 571 .

ecclesia Carcassonensis 589.

ecclesia Magalonensis , 589.

viens Arisitensis 572.

Narbonensis secunda.

metrop. civ. Aquensium v. 408.

civ. Aptensium 314.

civ. Regensium , 439.

civ. Foroiuliensium 374.

civ. Vappincensium 517.

civ. Segesteriorum v. 500.

civ. Antipolitana 442.

Alpes Maritimae.

metrop. civ. Ebrodunensium v. 365*.

civ. Diniensium v. 370*.

civ. Rigomagensium 442.

civ. Saliniensium 439.

civ. Sanitiensium 506.

civ. Glannativa 541.

civ. Cemenelensium 439.

civ. Vintiensium 439.

Alpes Graiae et Poenixae.

civ. Ceutronura 450.

civ. Vallensium 381.

Dioecesis Italica.

ecclesia Mauriennatis v. 575*.

civ. Augustana 450.

Dioecesis Hispaniarum.

Urgellum.

Ausona.

Barcino (Egara).

Gerunda (Empuriae) .

Peu d'années après la rédaction de la Notitia Galliarum commença l'occupation de l'ancienne Narbonnaise par les barbares Goths et Burgondes. Les premiers, cantonnés, dès 419, dans l'ouest de l'Aquitaine, obtinrent en même temps la cité de Toulouse, qui fut la première résidence de leurs rois. En 443, les Burgondes s'installèrent dans la Sapaudia, c'est-à-dire, sans doute, dans le territoire de Genève (1). De ces deux points extrêmes, l'occupation barbare s'avança dans la direction du Rhône et de la métro pôle d'Arles. Les Goths entrèrent à Narbonne en 462, grâce à la trahison du gouverneur, le comte Agrippinus (CZ). En 463, on voit les Burgondes se mêler aux affaires ecclésiastiques de Die, ce qui suppose qu'antérieurement ils

(1) Il faut noter aussi, vers ce temps (440), l'établissement d'une colonie d'Alains dans les campagnes de Valence; elle y commit, deux ans après, des violences fort graves contre les propriétaires gallo-romains {Chronique de i52 [Prosper Tiro], édit. Mommsen, p. 660).

(2) Chronique d'Idace.

DIVISIONS POLITIQUES APRES l'eMPIRE ROMAIN. 81

avaient occupé Grenoble (1). Les années suivantes ils firent de grands progrès; cependant Vaison tenait encore en 474 (2). A la chute définitive de l'empire, en 476 ou en 480, le roi des Goths, Euric, s'installa à Arles. Il avait alors sous son autorité, outre les trois Aquitaines, toute la Narbonnaise Ire, plus la cité des Helviens, c'est-à-dire toute la rive droite du Rhône ; de plus, les parties méridionales de la Viennoise, delà IIe Narbonnaise et des Alpes Maritimes ; la Durance formait la limite de ce côté. Aux Burgondes était échu le reste du pays compris entre le Rhône et les Alpes (3).

Ces arrangements furent troublés par la guerre de 507, entre les Francs, alliés aux Burgondes, et les Goths d'Alaric II. Indépendamment de l'Aquitaine, les Francs acquirent alors la cité de Toulouse, les Burgondes celle des Helviens (4).

D'autre part, le régime romain fut rétabli en Provence

(1) L'un des continuateurs de Prosper (Conlin. Havniensis) marque à l'année 457 : « Gundiocus rex Burgundionum cum gente et omni praesidio, annuente sibi Theuderico ac Gothis, intra Galliam ingressus, societate et amicitia Gothorura functus. »

(?) Sidoine, Ep. V, G.

(3) Pour ce qui va suivre, je renvoie, en général, au livre de M. Longnon, Géographie de la Gaule au sixième siècle. Si, sur certains points, mes con" clusions diffèrent de celles de mon savant confrère, cela tient à ce que je n'ai point fait usage : 1° du colloque de Lyon, de 499, cette pièce ayant été démontrée fausse postérieurement à la publication de M. Longnon (J. Havet, dans la Bibliothèque de VEcole des chartes, t. XLVI, 1885, p. '205 et suiv.); 2° du concilium Arvernense de 549, qui n'a pas plus de valeur que le document précédent; 3° de certaines compositions hagiographiques peu propres, eu égard à leur date, à fournir des renseignements précis dans des questions comme celles-ci.

(4) Peut-être aussi celle d'Uzès. L'évêque d'Uzès figure, en 50G, au concile d'Agde; on ne le voit pas, en 517, au concile d'Epaone, ce qui donnerait à croire que son diocèse n'avait pas encore été annexé au royaume burgonde. Il n'apparaît dans les conciles francs qu'en 541, en même temps que les évoques de Provence jusque-là soumis aux rois d'Italie Entre 5UG et 541, on n'a aucun indice sérieux sur l'attribution politique de ce pays, de sorte qu'il est difficile de dire de quelles mains les Francs l'ont reçu, si c'est des Wisigoths, ou des Ostrogoths, ou des Burgondes. — La guerre de 507 valut aussi aux Burgondes une occupation plus complète de la cité

parle roi Thëodoric, et son domaine, d'abord restreint aux cités situées au sud de la Durance, fut étendu, en 523, jusqu'à la Drôme, de sorte que les cités burgondes les plus méridionales étaient alors celles de Die, Valence et Viviers.

En 534, le royaume burgonde passa aux mains des Francs ; en 536, ils béritèrent aussi de la province romaine. Depuis lors, ils furent les maîtres de toute l'ancienne Gaule, sauf la partie de la Narbonnaise Ire qui demeura sous l'autorité des rois wisigotbs d'Espagne, c'est-à-dire les anciennes cités de Narbonne, Lodève (1), Béziers et Nimes. C'est ce qu'on appela la Septimanie (2). Elle suivit les destinées de l'Espagne, jusqu'à l'invasion musulmane du VIIIe siècle. Les Sarrasins parurent, en 720 , au delà des Pyrénées , depuis lors jusqu'en 759, ils furent presque toujours en état de guerre avec les Francs. En 759, Pépin le Bref prit Narbonne et porta sa frontière jusqu'aux Pyrénées. Mais l'ancienne province wisigothique conserva son individualité; sous les noms de Septimanie ou de Gotbie, elle forma une circonscription spéciale de l'empire franc et plus tard du royaume de France. Au delà des montagnes, les conquêtes de Charlemagne et de Louis le Pieux amenèrent la fondation de la marcbe de Barcelone, où se trouvèrent comprises les anciennes cites d'Urgel, Ausona, Empuriae, Gerunda, Egara et Barcelone. Cette province transpyrénéenne doit être mentionnée ici, car elle entra, pour un temps, dans l'orbite ecclésiastique de Narbonne.

Le groupe formé au delà du Rbône par les provinces de Viennoise, de Narbonnaise IIe, des Alpes Grées et Pennines, des Alpes Maritimes, s'arrondit, vers 575, par l'annexion de l'ancienne province des Alpes Cottiennes et de

(1) Lodève fut quelque temps soumise aux Francs ; son évoque assista, en 535, au concile austrasien de Clermont. En 589 et depuis il figure régulièrement aux conciles d'Espagne.

(2) Ce nom se trouve déjà, et pour désigner le pays ou nous sommes, dans Sidoine, Ep.t III, 1.

la cité d'Aoste. De ce côté, l'empire franc déborda un peu le faîte des Alpes (1).

Les partages successifs entre les princes mérovingiens introduisirent ici, à certains moments, quelques différences dans l'appartenance politique. La civitas Helviorum passa, dès 534, au royaume d'Austrasie ; elle demeura, dans les partages subséquents , annexée au groupe des provinces que ce royaume possédait au delà de la Loire et dont l'Auvergne formait le centre. Il en fut de même d'Uzès, soit alors, soit depuis 536, ou encore depuis la mort de Clotaire (561). Ces deux cités ou diocèses sont sur la rive droite du Rhône. La rive gauche, autant qu'il est possible de s'en assurer (2), passa tout entière, en 534 et en 536,

(1) A partir de ce temps-là, les notices des provinces italiennes, tout en conservant le nom des Alpes Cottiae, le transportent à un pays différent, à la région sud-ouest de la Ligurie administrative du quatrième et du cinquième siècle, c'est-à-dire à la vraie Ligurie ancienne. Paul Diacre suit ce système, mais il avait des racines anciennes, que P. Fabre a fort bien mises en évidence dans son mémoire sur le patrimoine des Alpes Cottiennes (Mélanges de l'Ecole de Rome, t. IV, 1884, p. 402 et suiv.) et que Mommsen [Aucl. ant., t. IX, p. 536) a eu tort de négliger.

(2) En ce qui regarde le partage de 534, Marius d'Avenches y fait intervenir Clotaire : « Childebertus, Chlotarius et Theudebertus Burgundiam obtinucrunt, et fugato Godomaro rege, regnum ipsius diviserunt. » Mais Grégoire de Tours nous a conservé le souvenir d'une campagne de Childebert et de Théodebert contre Clotaire {Hist. Fr., III, '28); il représente (III, 24, 31) Cbildebert comme très intime avec Théodebert, très mal disposé, au contraire, pour Clotaire. Il n'est pas possible de prouver qu'aucune cité burgonde (pour Vienne, voir plus loin) ait été soumise à Clotaire avant qu'il n'eût hérité de l'Austrasie (555) et du royaume de Paris (558). Childebcrt céda, en 534, plusieurs cités importantes à Théodebert (Bourges, Sens [ville], Auxerre); de plus, il lui laissa s'adjuger, dans le partage de la Burgondie, les cités d'Autun, Chalon-sur-Saône, Langres, Avenches, Viviers, probablement encore celles de Nevers et de Besançon. En lui attribuant le reste du royaume conquis, c'est à peine si on lui fait part égale. M. Longnon (loc. cit., p. 231) assigne à tort le Valais à Théodebert, en se fondant sur la présence de l'évéque Grammatius au concile austrasien de Clermont (535); Grammatius était évèque de Vindonissa et non du Valais. — En 536, Clotaire ect, il est vrai, mentionné par les historiens grecs comme ayant traité avec Vitigés; mais Grégoire de Tours (III, 31) rapporte que l'argent versé par les Goths fut partagé entre Childebcrt et Théodebert, et que Clotaire n'en toucha rien; il ne dit mot des provinces; je suis bien porté à croire qu'il en fut d'elles comme de l'argent. Théodebert s'attribua les provinces rhétiques et poussa ses conquêtes jusqu'en Norique et en Pannonie;

aux mains de Childebert, fils de Clovis. Clotaire y régna ensuite (558 561), puis Gontran (561-592).

Au temps de Gontran, toutefois, le royaume d'Austrasie s'étendait jusqu'en Provence, où il possédait Avignon, Aix et la moitié de Marseille (1).

Cette extension austrasienne , ce dédoublement de la Provence entre deux obédiences politiques, se reproduisit ensuite, chaque fois qu'il y eut en même temps un roi d'Austrasie et un roi de Bourgogne, c'est-à-dire de 595 à 61 "2, de 639 à 656, de 663 à 678. Depuis 678 jusqu'en 855, toutes les provinces entre les Cévennes et les Alpes de-

le lot de Childebert eût été maigre si on ne lui eût pas donné toute la Provence. — Théodebert et Childebert sont les seuls rois de ce temps que l'on voie en rapports avec l'Italie ; le premier se mêle activement à la guerre gothique; le second traite avec le pape pour les affaires du vicariat d'Arles. Il était sûrement le souverain d'Arles et de Lyon; aucune cité de la rive gauche du Rhône n'est indiquée, dans un document sérieux, comme relevant de Théodebert ou de Clotaire. Si celui-ci a gagné quelque chose aux acquisitions faites par les Francs en 534 et en 536, c'est, sans doute, par voie de compensation : il était aisé de l'avantager en Aquitaine ou même ailleurs.

(I) Marseille était partagée {Hist. Fr., IV, 44; VI, 2, 11, 31, 33; et le partage s'étendait vraisemblablement à la ville et au port lui-même. La ville d'Avignon était austrasienne {Hist. Fr., IV, 31); VI, 1), mais une partie du pays appartenait au royaume de Gontran (VI, 43, 45). L'ôvêque d'Aix était sujet de Sigebert (61. conf., 60). Toulon relevait sûrement de Gontran; son évoque assista, en 573, au concile de Paris, où ne figura aucun prélat austrasien (on n'en peut dire autant du concile de Màcon, en 585). Pour Fréjus, que M. Longnon attribue à l'Austrasie, il n'y a aucune raison de le faire, si ce n'est que son évêque ne figure à aucun des conciles de Gontran : cela n'est pas suffisant. Pour Vence, le texte allégué {Hist. Fr., IX, 24) n'est pas non plus très concluant. L'évéque d'Agde, Pbronimius, abandonne le pays wisigoth pour se réfugier auprès du roi d'Austrasie, Childebert II; neuf ans après, en 588, le siège de Vence étant devenu vacant, il y est nommé rege largienle. Est-il sûr qu'il s'agisse ici du même roi que dans la phrase précédente, et, en cas d'affirmative, ne peut-on pas admettre que le crédit de Childebert II auprès de son oncle, avec lequel il était alors très bien, ait suffi pour lui permettre de caser dans le royaume de Gontran un prélat persécuté en Septimanie pour son dévouement à la nation franque ? En tout cas, on voit très bien pourquoi les Austrasiens tenaient à Marseille, ainsi qu'aux territoires d'Aix et d'Avignon, qui reliaient ce grand port à Uzès et à leurs domaines d'Aquitaine; mais on ne voit nullement pourquoi ils auraient recherché la possession de Vence, petit canton alpin, sans valeur propre et séparé de leur territoire par des cités sûrement bourguignonnes, Antibes, Glandève, Riez, etc.

meurèrent soumises aux mêmes princes mérovingiens puis à Pépin le Bref, Charlemagne , Louis le Pieux, Lothaire. A la mort de celui-ci, le groupe principal passa à l'un de ses fils, Charles de Provence. Cependant, il y eut, sur le pourtour occidental et septentrional , quelques changements d'attributions. Aoste fut rattachée, en 855, au royaume d'Italie (Louis II); Genève et Sion furent un moment (855-859) annexées à celui de Lolhaire II ; Tarantaise, qui appartint aussi, de 855 à 858, à Lothaire II, rentra, en 858, dans le domaine du roi Charles. Celui-ci étant mort en 863, ses états passèrent à son frère Louis II, sauf Uzès, Viviers, Vienne et le pays de Sermorens (Voiron), démembré de Grenoble; ces contrées tombèrent aux mains de Lothaire II, puis, en 870, de Charles le Chauve. Celui-ci ayant hérité, en 875, de son neveu Louis II, l'union se reconstitua. Mais elle ne prit sa forme définitive qu'à partir de la proclamation de Boson comme roi de Provence à l'assemblée de Mantaille, le 15 octobre 879.

Les trois cités de Genève, du Valais et d'Aosle restèrent, il est vrai, aux mains de Charles le Gros et firent partie, depuis 888, du royaume de Bourgogne (regnum lurense) ; mais dans le reste des provinces alpines et dans l'ancienne Gallia Narbonensis, jusqu'à Uzès et Arles, on reconnut l'autorité du nouveau souverain.

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