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INFORMATIONS LOCALES SUR L ORIGINE DES ÉGLISES

Après avoir expliqué le procédé par ces quelques exemples, je vais passer en revue les diocèses de l'ancienne Gaule, tant ceux qui ont des catalogues en bon état que ceux qui n'en ont pas, en indiquant pour chacun d'eux l'état des informations sur la chronologie des origines. Les noms des églises qui ont conservé de bonnes listes épiscopales sont marqués d'une astérisque.

*Lyon.

Le premier évêque la liste, saint Pothin, mourut plus que nonagénaire en 177 (1). On peut donc reporter jusqu'au milieu du IIe siècle, au moins, les origines de l'église de Lyon.

Autun.

Le plus ancien évêque que l'on connaisse est Reticius, qui siégea aux conciles de Rome en 313 et d'Arles en 314.

*Langres,

Le troisième évoque, saint Didier, est présenté par la tradition du pays comme une victime de l'invasion vandale (407?). Son nom figurait dans le document de 346 (2).

(1) Eusèbe, H. E., V, 1, 29.

(2) Ces deux données sont difficiles à concilier; mais la vie du saint,

Six noms figurent sur la liste entre le nom de Didier et celui cVAprunculus , qui quitta, vers l'année 480, le siège de Langres pour celui de Clermont (1). — Le siège de Langres aura été fondé vers le commencement du IVe siècle.

Chalon.

Mâcon.

Ces deux localités sont mentionnées dans la Notice des Gaules non comme cités, mais comme castra. Un Donatianus Cabillonorum figurait dans le document de 346. Après lui, le premier évêque de Chalon dont on ait connaissance apparaît vers l'année 470 (2) ; pour Mâcon, il faut descendre jusqu'au VIe siècle.

* Rouen (3).

Le deuxième évêque de Rouen siégeait au concile d'Arles en 314. Le premier, Mellonus, ne peut être de beaucoup antérieur à l'an 300.

Bayeux.

Avr anches.

Evreux.

Séez.

Lisieux.

Coutances.

Les listes épiscopales de ces six diocèses sont tout à fait incomplètes et fautives. Dans toute cette région, les plus

écrite au commencement du Vile siècle (Acta SS., 23 mai, t. V, p. 245), a pu confondre l'invasion vandale avec une incursion plus ancienne, comme le IVe siècle en vit plusieurs.

(1) Greg. Tur., Hist. Franc, II, 23, 3G; III, 2, cf. Mommsen, M. Germ. script, antiquissimi, t. VIII, p. xlix.

(2) Sidoine Apoll., ep. IV, 25.

(3) La liste épiscopale de Rouen a été publiée récemment par M. l'abbé Sauvage, dans les Analecta Bollandiana, t. VIII, p. 406 et suiv.

10 FASTES ÉPISCOPAUX DE i/ ANCIENNE GAULE.

anciens évêques auxquels il soit possible d'assigner une date sont du VIe siècle (1).

* Tours.

Saint Martin, ordonné en 372, n'avait eu que deux prédécesseurs. Lidoire avait siégé avant lui pendant trentetrois ans ; Grégoire de Tours le fait commencer son épiscopat en 337 ou 338. Avant cette date, il place d'abord une vacance de trente-sept ans, ce qui le conduit à l'an 300 environ, puis il attribue, avec quelque hésitation, cinquante ans d'épiscopat au premier évêque, saint Gatien. Grâce à ces chiffres, il rejoint la date 250, qu'il considère, probablement à tort, comme résultant d'une tradition (2).

Le Mans.

Le plus ancien évêque dont la date soit bien assurée est Victurius, qui assista au concile d'Angers en 453 (3).

Rennes.

Le siège de Rennes n'a pas d'attestation antérieure au milieu du Ve siècle (4).

* Angers.

Le premier évêque, Defensor, siégeait encore en 372 (5).

* Nantes.

Le septième évêque de Nantes, Desiderius, était contem-

(1) La liste de Coutances, plus longue que les autres, ne nomme que deux évêques avant Leonatus (Leontianus), qui assista, en 511, au concile d'Orléans.

(2) Sur ceci, voyez mon mémoire Catalogues èpiscopaux de la province de Tours, p. 22 et suiv.; cf. t. II, p. 332.

(3) Ibid., p. 50; cf. t. II, p 369 et suiv.

(4) Ibid., p. 86 et 340.

(5) Ci-dessus, p. 7.

porain du concile d'Angers de 453 (1). La liste en arrière est à peine assez longue pour atteindre le commencement du règne de Constantin (2).

Civitas Coriosopitum (Quimper).

Pas de titulaire connu avant l'immigration bretonne de la fin du Ve siècle.

Vannes.

Le premier évêque connu, Patemus, fut ordonné peu après l'année 461 (3).

Civitas Ossismorum (Sl-Pol de Léon).

Pas de renseignements précis antérieurement à l'immigration bretonne (4).

*Sens.

En 346, l'église de Sens avait déjà son quatrième évêque. Il résulte d'une lettre de Sidoine Apollinaire (VII , 5) que vers l'année 475 elle en était à son treizième , Agrœcius. Les origines atteignent donc aisément le commencement du IVe siècle; on pourrait même remonter un peu au delà.

* Chartres.

Le troisième évêque, Valentinus, est un contemporain

(1) Coll. concil. Galliae, t. I, p. 573; Catalogues, p. G9; t. II, p. 35$.

(2) Sur l'objection qui résulterait de la passion des saints Kogaticn et Donatien, voyez Catalogues, p. 71; t. II, p. 3G0.

(3) Concile de Vannes (v. 465).

(4) Les trois derniers sièges, Quimper, Vannes, civ* Ossismorum, étaient très probablement occupés en 453. Sur ce point, voy. Catalogues, p. 86, n. 1 ; t. II, p. 246. La Notice des Gaules mentionne ici une civitas Diablinlum, qui fut de bonne heure unie à celle du Mans. On n'en connaît aucun évoque (Ibid., p. 85).

de saint Martin (1). Le diocèse remonte donc au temps de Constantin environ, comme celui de Tours (2).

* Aux erre.

Valerianus Auùissiodorensium, le troisième évêque, paraît en 346. Saint Amator, le cinquième, mourut en 418. Il est donc peu probable que la série épiscopale remonte au delà du IVe siècle. Le premier évêque, Peregrinns, est, il est vrai, honoré comme martyr. Mais certaines circonstances de sa légende donnent lieu de croire qu'il fut victime d'un tumulte populaire dans une localité rurale. Un tel fait a fort bien pu se produire sous les empereurs chrétiens.

* Troyes.

Le deuxième évêque, Optatianus , figure dans le document de 346. Le huitième, saint Loup, fut installé en 426(3).

* Orléans.

Il a été dit ci-dessus que le premier évêque d'Orléans, Declopetus, apposa sa signature à un document de l'année 346.

* Paris.

Le sixième évêque de Paris, Victorinus, figure dans le document de 346. Heraclius, qui siégea en 511 au concile d'Orléans, est le quinzième évêque.

M eaux.

Aucun évêque sûrement attesté avant le VIe siècle (4).

(1) Sulpice Sévère, Dial, III, 2.

(2) Le Catalogue de Chartres a été publié récemment par M. René Mcrlet. Chartres, Garnier, 1889.

(3) Acta SS. iul., t. VII, p. 63.

(4) Ici je néglige le diocèse de Nevers, pour la raison indiquée ci-dessus, p. 4, n. 1.

* Trêves.

Le quatrième évèque, Agrœcius, assista, en 314, au concile d'Arles. L'église de Trêves doit remonter au milieu du IIIe siècle environ.

*Metz.

Victor, quatrième ou cinquième évèque de Metz, nous est connu par le document de 346. De plus, la tradition locale, qui fait du treizième évèque, saint Auctor, un contemporain d'Attila, permet de le placer au temps des invasions du Ve siècle. L'église de Metz paraît remonter au déclin du IIIe siècle.

* Tout.

Le cinquième évèque, Auspicius, figure, vers l'année 472, dans la correspondance de Sidoine Apollinaire (IV, 17; VII, 10). Le premier, Mansuetus, ne peut donc être que du IVe siècle.

* Verdun.

Le premier évèque, Sanctinus, figure parmi les signataires du document de 346. Au cinquième évèque, la série verdunoise rencontre une autre indication chronologique qui correspond au déclin du Ve siècle : Pohjchronius, évèque de Verdun, est mentionné dans la vie de saint Loup de Troyes comme son disciple immédiat (1).

* Reims.

Eglise du IIIe siècle : le quatrième évèque figura au concile d'Arles en 314.

(1) Acta SS. iulii, t. VII, p. 70.

Soissons.

Une tradition recueillie par Flodoard (1) présente les deux premiers évêques de Reims comme ayant été aussi évêques de Soissons. S'il en est ainsi, l'organisation autonome de cette dernière église remonterait aux environs de l'an 300.

*Châlons.

Le neuvième évêque, Amandinus, assistait, en 461, au concile de Tours. Cette donnée permettrait de remonter à peu près à la même antiquité qu\à Soissons.

Civ. Veromanduorum (Noyon).

J'ai dit plus haut que la liste épiscopale de Noyon soulève quelques doutes pour le commencement. L'évêque Sophronius, qui assista, en 511, au concile d'Orléans, y figure au neuvième rang, si l'on néglige les noms des trois confesseurs Hilaire, Martin, Germain, par lesquels la liste commence, au douzième, si on les compte. En tout état de cause, cette liste ne permet pas de dépasser, en remontant, le commencement du IVe siècle.

Arras.

Cambrai.

Tournai.

On ne connaît, pour ces cités, ravagées de bonne heure parles Francs, aucun évêque antérieur au VIe siècle, si ce n'est Superior, qualifié d'episcopus Nerviorum dans le document de 346.

* Senlis.

A Senlis, comme à Noyon, l'évêque qui figure au concile de 511 est le neuvième de sa série.

(1) Hist. Rem., I, 3.

*Beauvais.

Le catalogue de Beauvais, que les auteurs du Gallia christiana ont eu entre les mains, était peut être incomplet. En tout cas, le premier évêque de cette série qui soit daté est Marinus, qui se rencontre de 632 à 660 ; c'est le treizième de la liste.

Amiens.

Un Eulogius Ambianorum figure parmi les signataires du document de 346. Vient ensuite Edibius (511).

Térouanne.

Boulogne.

Aucun renseignement bien net avant le VIIe siècle. L'évêque de Rouen, saint Victrice, avait évangélisé, vers la fin du IVe siècle (1), le pays des Morini (Térouanne). Il est difficile de dire si cette mission fut la première et quel rapport elle peut avoir avec l'organisation des diocèses de cette région (2).

Mayence.

Martinus, évêque de Mayence, est mentionné dans le document de 346. Après lui, le plus ancien évêque datable est Sidonius, connu par Fortunat (II, 11, 12; IX, 9); il vivait dans la seconde moitié du VIe siècle.

Strasbourg .

Amandus episcopus Argentinensium paraît en 346. Après lui, Ansoald, qui figura, en 614, au concile de Paris, est le plus ancien évêque daté.

(1) Paulin, Ep. 19; Migne, P. L., t. LXI, p. 238.

(2) Je néglige, dans cette province, le diocèse de Laon, qui fut démembré de celui de Reims, par saint Rémi, dit-on. En tout cas, on n'en connaît aucun évêque antérieur au VIe siècle.

Spire.

J esses Nemetum, en 346. Puis Hildéric (614).

W ovins.

Victor Vangionum en 346 ; puis l'évêque de 614, Berthulfus.

Cologne.

Les catalogues, tous incomplets, s'accordent à indiquer Maternus comme le premier évêque. Il fut invité aux conciles de Rome et d'Arles, en 313 et 314. Un Maternus se rencontre au troisième rang, sur la liste de Trêves : il est probable que c'est le même personnage.

Ton grès.

Maternus figure aussi en tête du catalogue de Tongres, lequel est fort suspect, non de lacunes, mais d'interpolations. Il y a tout lieu de croire que l'église de Trêves, au IIIe siècle, étendait son action, non seulement sur la civitas Trevirorum, mais sur la Germanie inférieure, où se trouvaient les cités de Cologne et de Tongres. Au commencement du IVe siècle, l'évêque Maternus, après s'être donné un successeur pour la cité de Trêves, se sera consacré lui-même aux régions septentrionales. Après lui seulement aura eu lieu la fondation d'une église spéciale pour la cité de Tongres. L'évêque saint Servais était déjà en fonctions en 346.

Besançon.

Pancharius (riaxaroc ?) Vcrsontionensium , en 346. Après lui, le plus ancien titulaire de ce siège qui soit sûrement connu en dehors du catalogue (1) est Chelidonius, contemporain de saint Hilaire d'Arles (v. 445).

(1) Voy. plus haut, p. 5, ce qu'il faut penser de l'autorité de ce catalogue.

Civ. Equestrium (Belley).

Le premier évêque certain, Vincentius, assistait, en 552, au concile de Paris.

Civ. Helvetiorum (Windisch (1), Avenches, Lausanne).

Pas d'évêque connu avant Bubulcus, qui siégea, en 517, au concile d'Epaone.

Baie.

Justinianus Rauricorum, en 346. Après lui, le plus ancien évêque bien certain est mentionné dans la vie de saint Gall (c. 26), à propos d'un événement de l'année 614.

Tarantaise.

L'évêché apparaît pour la première fois dans la lettre du pape saint Léon, portant délimitation entre les juridictions métropolitaines de Vienne et d'Arles (2). Cette lettre est de l'année 450.

Civitas Vallensium (Octodurum, Sion).

Théodore, évêque d'Octodurum, le premier que l'on connaisse, assista, en 381, au concile d'Aquilée.

^Vienne.

L'évêque Verus, quatrième de la série, figura au concile d'Arles en 314. Le siège a donc été fondé dans le courant du IIIe siècle.

Genève.

Le premier évêque connu est Isaac, dont parle saint Eu-

(1) Sur les vicissitudes de ce siège épiscopal, voyez ce que j'ai exposé dans le Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1888, p. 193.

(2) Jaffé, 450.

cher de Lyon dans le prologue de la passion des martyrs d'Agaune. D'après ce qu'il en dit, Isaac a dû vivre aux environs de l'an 400.

*Grenoble.

Domninus, premier évêque de Grenoble, assista, en 381, au concile d'Aquilée.

*Civ. Albensium (Viviers).

Venantius, neuvième évêque de Viviers, d'après le catalogue, assista aux conciles d'Epaone en 517 et d'Auvergne en 535. Autant qu'on en peut juger par cette indication, le siège remonterait au IVe siècle.

Die.

Un évêque de Die, Nicasius, assista au concile de Nicée, en 325.

Faïence.

Le plus ancien évêque de Valence dont on ait le nom est Émilien, qui assista au concile tenu en 374 dans sa ville épiscopale et qui, antérieurement à cette date, prit part à l'ordination du premier évêque d'Embrun, saint Marcellin (1).

Civ. Tricastinorum (Saint-Paul-Trois-Châteaux).

L'histoire ancienne de ce siège est très obscure. On ne trouve pas de date certaine et précise avant le concile d'Epaone, en 517, où figure l'évêque Florentins.

Vaison.

Siège existant en 314 : l'évêque Daphnus assista au concile d'Arles.

(1) Vie de saint Marcellin, Acta SS. april., t. II, p. 751 (20 avril).

Orange.

Même observation : l'église d'Orange fut représentée au concile d'Arles.

Cavaillon.

Asclepius, évêque de Cavaillon, assista aux conciles de Riez (439) et d'Orange (441). Avant lui on place un saint Genialis, premier évêque; c'est peut-être l'évêque de ce nom qui assista au concile de Nimes en 396.

Avignon.

Nectarius est le plus ancien évêque d'Avignon dont on ait connaissance; il assistait au concile de Riez (439).

Arles.

L'église d'Arles était déjà organisée au milieu du IIIe siècle. Un évêque Marcianus est mentionné dans la correspondance (1) de saint Cyprien comme ayant suivi le parti de Novatien (vers 254). Ce n'était pas le premier évêque d'Arles : dés le commencement du Ve siècle , la tradition reconnaissait ce titre à saint Trophime.

Marseille.

Le premier connu des évêques de Marseille, Oresius, assista au concile d'Arles en 314.

Carp entras.

Carpentras n'est pas mentionnée dans la Notice des Gaules ; il est sûr toutefois que cette localité avait eu rang de cité sous le haut empire. Son église n'apparaît pas avant le concile de Riez (439), auquel l'évêque Constantianus se fit

(1) Cypr., Ep. 68.

représenter; mais il est possible que la fondation du siège remontât au temps où la cité fonctionnait, c'est-à-dire au delà du Ve siècle.

Toulon.

Toulon n'eut jamais rang de cité. Son évêque Augustalis, le premier que l'on connaisse, assista aux conciles de Riez (439), d'Orange (441) et de Vaison (442). Dans ces deux derniers conciles le siège de ce prélat est désigné par l'expression loco Telonensi, tandis que les autres évoques emploient la formule civitate.

Nice.

L'église de Nice fut représentée au concile d'Arles, en 314. Nice, n'étant qu'une dépendance de Marseille, n'est pas mentionnée dans la Notice des Gaules. Au concile, les représentants de Tévêque se disent, non ex civitate, mais ex portu Nicaensi.

"Bourges.

La plus ancienne date que l'on puisse marquer sur la liste épiscopale de Bourges est celle du concile d'Angers (453), où figura le douzième évêque, Léon. Grégoire de Tours assigne à la fondation de l'église de Bourges une date postérieure à la mission des sept évêques. Cette donnée, quoique un peu vague, s'accorde cependant avec les indications de la liste pour écarter toute idée d'une antiquité plus haute que le déclin du IIIe siècle (1).

Civ. Arvernorum (Clermont).

La suite des premiers évêques d'Auvergne nous est

(1) Grégoire n'est pas bien net en ce qui concerne Bourges. Dans l'Hisloire des Francs (I, 31), il attribue la fondation de cette église à « des disciples » des sept évêques; dans le De gloria. confessorum, c. 79, il nomme saint Ursin, le fait ordonner et envoyer en Gaule, a discipulis apostolorum, expression qui, dans l'espèce, ne peut désigner que le pape.

connue par Grégoire de Tours. Le quatrième, saint Illidius (Allyre), mourut en 384 ou 385 (1). Il est difficile de croire que le premier, saint Austremoine , remonte beaucoup au delà de l'an 300, s'il y remonte. Grégoire le nomme parmi les sept évoques envoyés en 250; mais ici, comme pour saint Gatien de Tours, sa chronologie se heurte aux indications de la série épiscopale.

Rodez.

Il n'est pas question de l'église de Rodez avant le Ve siècle. Dans une lettre écrite vers l'année 475 (VII, 6), Sidoine la range parmi celles que les Goths laissaient privées d'évêques. On ne saurait dire si saint Amans, le plus ancien évêque de Rodez qui soit connu, est antérieur ou postérieur à ce temps-là. S'il est antérieur, ce n'est sûrement pas de beaucoup, car sa vie le représente comme ayant précédé de peu d'années l'évêque Quintien, lequel est du commencement du VIe siècle (2).

Albi.

Le plus ancien évêque dont on ait connaissance est Diogenianus, mentionné dans un texte du commencement du Ve siècle, que Grégoire de Tours cite dans son Histoire des Francs (II, 13).

Cahors.

Un évêque de Cahors, Alithius, est nommé dans le texte dont je viens de parler. La tradition locale présente comme premier évêque un saint Genulphas, lequel aurait reçu sa mission du pape Sixte II (3).

(1) Vitae PP., II, 1 ; cf. Hist. Fr., I, 46.

(2) M. Germ. scr. antiquissimi, t. IV, part. '2, p. 6'2.

(3) Voir les vies de ce saint publiées par les Bollandistes au 17 janvier , voir aussi l'inscription de Saint- Genou, publiée par M. Palustre dans le Bulletin monumental de 1889, p. 67.

Limoges.

Saint Martial, fondateur de l'église de Limoges, est un des sept ëvéques de Grégoire. On a vu que ce fait ne comporte pas une date bien précise. Il n'est plus question ensuite de l'église de Limoges jusqu'au temps de Sidoine Apollinaire (VII, 6).

Civ. Gabalum (M en de).

Cette église fut représentée au concile d'Arles, en 314. Le martyre de l'évêque saint Privât autoriserait peut-être à remonter plus haut, s'il était mieux daté; mais on ne sait s'il doit être placé au IIP siècle ou au Ve ; encore cette dernière date est-elle beaucoup plus probable que l'autre.

Civ. Vellavorum (Le Puy).

Il s'est conservé au Puy une liste épiscopale , mais en très mauvais état. Le plus ancien évèque pour lequel on ait une date, Aurelius, siégeait en 591 (1) ; c'est le treizième ; mais, encore une fois, la liste n'est pas sure.

Bordeaux.

L'évêque Orientalis assista au concile d'Arles, en 314. C'est le premier, ou tout au plus le second évêque de Bordeaux. Ceci résulte, non d'une liste épiscopale, mais d'un passage de Fortunat où il est dit que l'évêque Léonce II était le treizième de sa série. Or, avant Léonce II, on connaît déjà trois évêques du VIe siècle, deux ou trois (2) du Ve, deux du IVe, dont Orientalis. Il est difficile de croire qu'il n'y en ait pas eu quatre autres à répartir entre le IVe et le Ve siècle. De cette façon, la série épiscopale de Bordeaux ne peut guère avoir commencé avant l'année 300.

(1) Grégoire, Hist. Fr., X, 25.

(2) Suivant que l'on compte ou non saint Seurin.

Agen.

Phœbadiusy évêque d'Agen dès l'année 357, est le plus ancien que l'on connaisse pour ce siège.

Angoulême.

Un évêque Dynamius , du premier tiers environ du Ve siècle, est mentionné dans un texte contemporain, cité par Grégoire de Tours (Hist. Fr., II, 13). La tradition conserve le nom d'un saint Ausone , massacré par les Vandales peu avant Dynamius.

Saintes.

Le plus ancien évêque de date certaine est Pierre, qui siégea en 511 au concile d'Orléans. Mais on connaît le nom du premier évêque, saint Eutrope. S'il fallait ajouter foi à ce que dit Grégoire de Tours, il est vrai avec un fertur (1), Eutrope aurait été ordonné et envoyé en Gaule par saint Clément de Rome. Saintes est la seule église pour laquelle Grégoire revendique une antiquité aussi démesurée. Il est vrai qu'il enlève lui-même toute autorité à son dire en ajoutant que nul ne connaissait l'histoire de saint Eutrope avant la translation de ses reliques, laquelle arriva vers 590.

Poitiers.

Saint Hilaire était évêque de Poitiers en 355. La liste épiscopale de cette église lui donne huit prédécesseurs : mais j'ai dit plus haut qu'elle est, pour cette partie, sujette à caution. Il convient d'ajouter que la tradition ne présente nullement saint Hilaire comme le premier évêque de Poitiers.

Périgueux.

Un évêque de ce siège, Patemus, fut déposé, vers l'an-

(1) Glor. mart., c. 55.

24 FASTES ÉPISCOPAUX DE i/ ANCIENNE GAULE.

née 361, pour cause d'hérésie (1). La tradition locale, constatée dès le IXe siècle, réclame un autre fondateur, saint Front, dont la date est indéterminée.

Eauze.

L'évêque d'Eauze Mamertinus assista au concile d'Arles, en 314.

Dax.

Aucun évêque certain avant Gratianus, qui siégea au concile d'Agde, en 506.

Lectoure.

Même situation. En 506, l'évêque s'appelait Vigilius (concile d'Agde).

Civ. Convenarum (Saint-Bertrand de Comminges).

Cette église est au nombre de celles dont Sidoine (Ep. VII, 6) déplore l'abandon. Le premier évêque connu, Suavis, est aussi de 506.

Civ. Consoranorum (Saint-Lizier).

Le premier évêque, Valerius, est mentionné par Grégoire de Tours (2), sans indication de date. Après lui vient Glycerius (saint Lizier), l'évêque qui prit part au concile d'Agde (506).

Civ. Benarnensium (Lescar).

Aucun évêque certain avant Galactorius , qui siégea au concile d'Agde (506).

(1) Sulpice Sévère, Chron., II, 45.

(2) Gl. conf., 83.

Civ. Aturensium (Aire).

Même cas. L'évêque de 506 s'appelait Marcellus.

Bazas.

Un récit de Grégoire de Tours (1), relatif à l'invasion vandale du commencement du Ve siècle, fait mention de l'évêque de Bazas sans que son nom soit indiqué.

Tarbes.

On ne connaît aucun évoque avant celui de 506, Aper.

Oloron.

Même cas; l'évêque de 506 s'appelait Gratus.

Civ. Boatium.

On n'en connaît qu'un évêque, dont le nom, ....idius, s'est à moitié conservé dans un débris d'inscription du commencement du Ve siècle environ (2).

Auch.

Il est bien difficile de déterminer exactement l'époque du premier évêque connu, saint Orientius ; mais il y a tout lieu de croire qu'il n'est pas antérieur au commencement du Ve siècle (3).

Narbonne.

Le premier évêque, saint Paul, est un des sept de Grégoire de Tours. Encore que la date que Grégoire assigne

(1) Gl. mart., 12.

(2) Comptes rendus de VAcad. des Inscr., 1905, p. 73. Inscription trouvée à Andernos (Gironde).

(3) Corpus script, eccl . lat., t. XVI, p. 193 et suiv.

à tout le groupe soit très vraisemblable pour ce qui regarde la capitale de l'ancienne Gallia ISarbonensis, il faut reconnaître qu'elle n'est confirmée par aucun autre document.

Toulouse.

La passion de saint Saturnin assigne la date de 250 (1) au début de la mission de cet évêque, le fondateur de l'église de Toulouse. Il est peu probable que l'on ait conservé un souvenir aussi exact de l'année où il commença ses travaux apostoliques. On est porté à croire que la date doit plutôt se rapporter au martyre de Saturnin et que la fondation de l'église de Toulouse est antérieure de quelques années à l'an 250.

Béziers.

Paulinus, évêque de Béziers, est mentionné en 419 dans la Chronique d'Idace. La légende de saint Paul de Narbonne lui attribue à lui-même la fondation de l'église de Béziers, qui aurait été gouvernée après lui par saint Aphrodise.

Nîmes.

Il se tint un concile à Nimes [in ecclesia Nemausensi) en 396. On ne sait qui était alors évêque de cette cité. Le premier évêque certain est celui qui siégeait au concile d'Agde en 506, Sedatus.

Lodève.

Le siège de Lodève est mentionné dans une lettre pon-

(H C'est aussi la date acceptée par Grégoire de Tours (Hist. Fr., I, 30). Dans son De Gloria mavtyrum,c. 47, il s'exprime d'une façon plus vague : a6 apostolorum discipulis ordinatus. Ici encore (cf. ci-dessus, p. 20, note U par discipuli apostolorum il faut entendre les papes. Quand on voudrait admettre que Grégoire se contredit, il est clair qu'il faudrait, entre ses deux façons de parler, sacrifier la plus vague à la plus précise. Je ne crois pas, quant à moi, qu'il y ait contradiction.

de l'origine des diocèses épiscopaux. 27

tificale de 422, à propos d'une' ordination d'évêque célébrée indûment par le métropolitain d'Arles (1).

Uzès.

Cette localité est marquée comme simple castrum dans la Notice des Gaules. L'évêque apparaît dès l'année 442, au concile de Vaison (Constanlius).

Agde.

Agde, non plus que les évêchés suivants, ne figure dans la notice. Il y avait un évèque d'Agde en 506, Sophronius.

Elne (Perpignan).

Maguelonne (Montpellier).

Carcassonne.

Ces trois évêchés n'apparaissent que dans la seconde moitié du VIe siècle; le premier est mentionné en 571 dans la chronique de Jean de Biclar ; des deux autres on ne connaît aucun titulaire avant ceux qui siégèrent au concile de Tolède, en 589.

Aix.

On ne connaît aucun évèque d'Aix antérieur au Ve siècle ; le plus ancien dont on ait le nom est Lazare, qui fut évincé de son siège en 412.

Apt.

L'église d'Apt était représentée au concile d'Arles en

Riez.

L'évêque Maxime, qui siégeait au concile tenu en 439

(1) Jaffé, 362.

dans sa ville épiscopale, est le plus ancien que l'on connaisse.

Fréjus.

Le concile de Valence (374) fournit un document de l'existence du siège de Fréjus au IVe siècle. On n'a rien de plus ancien.

Gap.

On ne connaît aucun évêque de Gap qui soit certainement antérieur au concile d'Epaone (517), où siégea Constantius.

Sisteron.

On ne connaît aucun évêque de ce siège avant Jean, dont il est question dans la vie de saint Marius (1) comme d'un contemporain du roi Gondebaud (f 516).

Antibes.

Le plus ancien évêque connu, Armentarius, apparaît au concile de Vaison, en 442.

Embrun.

Saint Marcellin, premier évêque d'Embrun, fut, nous dit son biographe (2), ordonné par saint Eusèbe de Verceil, c'est-à-dire, suivant toute vraisemblance, peu après l'année 362, en tout cas, peu avant l'année 355.

Digne.

Le même auteur nous renseigne sur les origines de l'église de Digne, qui doit sa fondation à deux disciples de saint Marcellin, saint Domnin et saint Vincent, et

(1) Migne, P. L., t. LXXX, p. 27.

(2) Acta SS. april., t. II, p. 751.

par suite ne remonte qu'au troisième quart environ du IVe siècle.

Civ. Rigomagensium.

J'ai identifié (1) cette cité avec la civitas Etur aminé (Thorame, Basses-Alpes), dont l'évêque, Severianus, assista au concile de Vaison, en 442. C'est le seul évêque que l'on connaisse pour ce siège, qui fut sans doute supprimé peu après.

Civ. Salinensium (Castellane).

Même situation. Un évêque, le seul connu, Claudins, assista au concile de Riez en 439 et se fît représenter, en 441 et 442, à ceux d'Orange et de Vaison. Le siège disparaît ensuite.

Senez.

Le premier évêque dont on ait le nom, Marcellus, assista au concile d'Agde en 506. Mais il résulte, je crois, des conciles de Riez, Orange et Vaison que chacune des cités de la province des Alpes-Maritimes avait un évêque en 439 (2).

(1) Mémoires de la Société des antiquaires de France (1882), t. XLIII, p. 37.

(2) En réunissant les signatures des conciles d'Orange et de Vaison, on voit que six diocèses sur huit y ont été représentés. D'autre part, deux évèques de la même province avaient été, au concile de Riez, l'objet d'un blâme des plus énergiques ; il leur avait été interdit de prendre part aux ordinations épiscopales et d'assister aux conciles. Il est à présumer que ces deux prélats sont précisément ceux qui manquent, les années suivantes, aux conciles de la province d'Arles. Si les six autres étaient tous connus, on pourrait indiquer avec précision les sièges des deux abstenants; malheureusement, pour l'un des évéques alpins du concile de Vaison, le nom de la cité a disparu de la liste des signatures, de sorte qu'il y a incertitude entre les trois sièges de Senez, Digne et Glandève. Deux de ces évéques, ceux de Senez et de Digne, ou ceux de Digne et de Glandève, ou ceux de Senez et de Glandève, sont probablement les auteurs de l'ordination irrégulière d'Armentarius d'Embrun, cassée par le concile de Riez, et les abstenants des conciles d'Orange et de Vaison.

Glandève.

Même situation, sauf que le premier évêque connu est celui qui, en 541, se fît représenter au quatrième concile d'Orléans.

Cimiez.

Aucun renseignement avant le temps du concile de Riez (439), auquel assista saint Valérien, évêque de Cimiez.

Vencè.

Le plus ancien évêque certain et daté est Severus, qui siégea aussi au concile de Riez.

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