Saint Georges du Yelay
Ni le martyrologe d'Adon, ni la première légende de saint Front ne nous disent ce que devint le prêtre Georges, le compagnon ressuscité du premier évêque de Périgueux. La seconde légende de saint Front raconte qu'il avait été désigné par saint Pierre pour le siège du Velay. C'était, du reste, un ancien disciple de l'apôtre, venu avec lui de Palestine à Rome. Cette seconde légende de saint Front se réfère expressément, pour ce qui regarde saint Georges, à une légende spéciale : ut supra in legenda b. Georgii continetur.
Le texte de cette dernière légende a dû être peu copié, car je ne vois pas que les nouveaux Bollandistes en aient signalé aucun manuscrit. Nous l'avons cependant, imprimé par Du Bosquet, à la suite de la vieille légende de saint Front. Saint Georges y est représenté comme un des soixante-douze disciples de Notre-Seigneur. Il vint de Jérusalem à Rome avec saint Pierre et saint Front. L'apôtre
SAINT AUSONE D'ANGOULEME. 135
les consacra évoques tous les deux. Suit le prodige de la résurrection, pour lequel on assigne une localité : quoddam oppidum iuxta lacum Volsini. Les deux évêques arrivent ensuite en Aquitaine, où ils fondent l'église de la civitas Vêtu la dans le « comté » de Velay. Front y laisse son compagnon et part pour Périgueux. Ici se place l'épisode de l'apparition de la Vierge sur le mont Anis. Puis le narrateur amène, sans détails, la mort de saint Georges, qui est enterré à civitas Vetula, appelée plus tard villa s. Pauliani, du nom d'un saint évêque qui y reçut aussi la sépulture. Le tombeau de saint Georges était dans une église de la sainte Vierge, celui de saint Paulien dans une église placée sous son propre vocable. Plus tard, à ce qu'on dit, le corps de saint Georges aurait été transporté au Puy, par l'évêque Norbert, et déposé dans une église à son nom. C'est du moins ce que racontent les chanoines de Saint-Georges. Mais cela est contesté par ceux de Saint- Paulien, qui n'admettent pas la translation. Le légendaire ne prend pas parti.
Tel était l'état des « traditions » au moment où la légende fut écrite. Ce moment, comme je l'ai dit, n'est pas facile à déterminer. La façon dont on y parle de la translation de saint Georges suppose que l'épiscopat de Norbert est déjà loin clans le passé. Je ne voudrais pas fixer avant le XIe siècle la limite supérieure de la date à déterminer.