Madalbertus
42. — Ado. — Assista, en 769, au concile de Rome. Il siégeait encore (8) au temps du concile de Francfort (794), et atteignit sans doute l'année 798.
43. — Eldoinus. — Neveu du précédent. On sait par la chronique d'Adon de Vienne qu'il gouverna quelque temps l'église de Lyon, sans être évêque [non episcopus) et qu'il se retira au monastère de Lérins.
44. — Laidradus. — Bavarois d'origine, il jouit de bonne heure de l'amitié d'Alcuin (9). Il fut désigné en 798 pour le siège de Lyon. Avant d'être ordonné, il fut adjoint à l'évéque d'Orléans Théodulfe pour remplir en Septimanie
(1) Vie de saint Ansbert, Anal. SolL, t. I, p. 186.
(2) Bibl. de VÉc. des Chartes, t. LV, p. 40, 325.
(3) Sa vie (fragment) est dans les Acta SS. au 14 avril.
(4) Pardessus, 410.
(5) Ibid., 431.
(6) Bédé, Hist. eccl, V, 9.
(7) Acta SS. febr.} t. II, p. 357. Cf. ci-dessus, p. 38.
(8) Adon, Chron.
(9) Alcuin, ep. 10 (Dùmmler).
et en Provence une miision politique et religieuse (1). L'année suivante (799), déjà consacré évêque, il fut chargé d'aller à Urgel décider l'évêque du lieu, Félix, à se présenter devant Charlemagne; il retourna en 800 dans le même pays pour convertir les adoptianistes (2). On a de lui quatre lettres, dont la plus intéressante est un rapport adressé à Charlemagne sur son administration épiscopale (3). Il signa, en 811, le testament de l'empereur. Au commencement du règne suivant, en 814 ou 815, on le trouve mentionné, comme commissaire royal, dans une charte délivrée à l'évêque de Mâcon (4). Il se démit peu après (5) et se retira dans le monastère de Saint-Médard de Soissons. Son obit est marqué au 28 décembre dans le Nécrologe de Saint-Jean de Lyon (6).
45. — Agobardus. — Chorévêque (7) du précédent, choisi par lui et ordonné, lui vivant, par trois évêques (804), Agobard lui succéda en 816 (8), non sans opposition. On sait qu'il fut un des écrivains les plus distingués de son temps et qu'il joua un grand rôle dans les querelles entre Louis le Pieux et ses fils. Son attitude lui valut un exil momentané (834-837) pendant lequel il fut remplacé par Amalaire le liturgiste. 11 mourut le 6 juin 840 (9), à Saintes, où il était arrivé dans l'entourage de l'empereur (10).
46. — Amolo. — Diacre du précédent. Ordonné le 16 janvier 841 (11). Mentionné plusieurs fois dans la correspondance de Loup de Ferrières. Il nous reste de lui quelques lettres et opuscules, notamment sur le sujet de la
(1) Alcuin, ep. 137, 141. Théodulfe, M. G., Poel. Carol., t. I, p. 496.
(2) Alcuin, ep. 1G5, 172, 194, 199, 200, 201, 208.
(3) M. G. Scv. Ep., t. IV, p. 542.
(4) Bôhmer-Mùhlb., 542.
(5) Inilio Imperii Ludovici (Chronique d'Adon).
(6) Guigue, Obituarium Lugd. ecclesiae, p. 169.
(7) Adon, I. c, qui proteste contre cette promotion.
(8) Annales Lugd. M. G. Scr., t. I, p. 110.
(9) Ann. Lugd., I. c.
(10) In expeditione regia (Adon).
(11) Ann. Lugd., I. c. ►
prédestination et l'affaire de Gotteschalk (1). Un diplôme de Lothaire, en date du 31 mars, mais d'année incertaine, lui fut adressé (2). Mort en 852, le 31 mars (3).
47. — Remigius. — Il était depuis peu évoque de Lyon lorsque l'empereur Lothaire lui délivra le premier de ses diplômes, le 12 septembre 852(4). Souvent mentionné dans les actes et les récits du temps. On sait qu'il prit, dans l'affaire de Gotteschalk, une position tout contraire à celle de son prédécesseur et qu'il lutta avec la plus grande énergie contre Hincmar et ses partisans (5). Sa dernière trace se trouve dans la signature qu'il apposa au privilège pour Tournus, en 875. — Obit, 28 octobre (6).
48. — Aurelianus. — Sa signature figure aussi au bas du privilège de Tournus ; elle a été ajoutée après coup, comme celle de son successeur Guy. Eu juin 876, il assista au concile de Ponthion, et, depuis lors, il est assez souvent question de lui , jusqu'au concile de Chalon, tenu le 1er mai 894. — Obit, 4 juillet (7).
49. — Alwala. — Mentionné dans un diplôme de Louis l'Aveugle, en 895 (8). Il y a, sur le terme de son épiscopat, conflit entre les diplômes. Il est sûr qu'il dépassa l'année 900. — Obit, le 10 avril (9).
(1) Migne, P. L., t. CXVI, p. 77 et suiv.
(2) Bôhmer-Mùhlb., 1116.
(3) Guigue, Obit., p. 30.
(4) Bôhmer-Mùhlb., p. 1122.
(5) Cependant les livres publiés sous son nom et écrits de son temps au nom de l'église de Lyon (Migne, P. L., t. CXXI, p. 985 et suiv.) semblent avoir été rédigés par un autre (Weiszàcker, Jahrbûcher fur deutsche Théologie, t. IV, p. 572; cf. Schrôrs, Hinhmar, p. 129).
(G) Obituar., p. 145.
(7) Obifuar., p. 63.
(8) Severt, Chronologia... Lugdunensis archiepiscopalus, Lyon, 1C08, p. 61. La date du diplôme, dont Severt ne donne d'ailleurs qu'un extrait, est incohérente. Elle mentionne l'année 895 et l'an I de l'empire de Louis l'Aveugle, lequel ne fut sacré empereur qu'en 901.
(9) Obituar., p. 35.
Grégoire de Tours parle, dans son De Gloria Confessorum (72-75), du cimetière d'Autun et de quelques-uns des anciens évéques de [cette importante église. Il avait vu dans le cimetière les tombeaux de deux d'entre eux, Cassien et Simplicius ; le premier était très vénéré des fidèles; l'autre, était celui d'un évêque que son peuple avait follement accusé d'adultère.
Après ces renseignements, donnés à propos des monuments funéraires, Grégoire passe à un récit relatif à l'évêque Reticius,, puis il donne un fragment de série épiscopale : à Reticius succéda Cassien; à Cassien, Hegemonius; à Hegemonius, Simplicius. Sur celui-ci, il connaît une histoire (c. 75), analogue à celle qu'il vient de raconter de Reticius, et un récit populaire (c. 76), relatif à l'idole de Bérécynthe et à son conflit avec le saint. Grégoire n'a pas coutume de rapporter ainsi les successions épiscopales des anciens temps; il ne le fait que pour les églises de Tours et d'Auvergne, avec lesquelles il eut des relations très spéciales. D'autre part, l'histoire de Simplicius et de sa femme (c. 75) se retrouve dans une Vita Simplicii récemment et incom^ plètement étudiée (1). Les rapports entre ce texte et celui de Grégoire ne sont pas encore tirés au clair (2). J'inclinerais à croire, pour ma part, que Grégoire s'est servi
(1) Boll., Cal. Bruxellensis, t. I, p. 127, d'après le ms. 206 de Bruxelles (XIII* s.)î Cat. Parisiensis, t. I, p. 476, d'après le ms. 5278 de Paris (XIII* s.); Anal. Boll., t. XXVI, p. 37, d'après le ms. Palatinus 420, de Vienne (IXe s.): Krusch, Neues Archiv, t. XXXIII, p. 18.
(2) Le P. G. Vielhaber, qui a signalé le ms. de Vienne, le dit meilleur que les deux autres et considère son texte comme ayant été sous les yeux de Grégoire de Tours. M. Krusch croit au rapport contraire; il rapproche les deux textes en un passage qui semble bien justifier son opinion. Toutefois il faudrait être bien sûr que l'original de la Vita, si diversement reproduit dans les mss., est exactement reproduit dans le plus ancien d'entre eux. Si le biographe dérive de Grégoire de Tours, pourquoi a-t-il négligé l'épisode de Bérécynthe?
d'un petit livre sur les anciens évoques d'Autun, ou tout au moins d'un livre où l'on racontait des histoires de chasteté conjugale sur Reticius et sur Simplicius, en notant qu'entre ces deux évoques il y en avait eu deux autres, Cassianus et Hegemonius (1). Grégoire, en ce qui regarde Simplicius, dépend peut-être de deux traditions; tout au moins peut-on dire que l'expression d'adultère, dont il se sert d'abord (73) pour caractériser les imputations relatives à Simplicius, n'a rien avoir avec ce qu'il raconte ensuite (75).
En partant de ces considérations, on obtient la succession Reticius, Cassianus, Hegemonius, Simplicius. Le premier terme est fixé chronologiquement, Reticius ayant figuré à deux conciles, en 313 et 314. Quand au dernier, le document de 346 nous fournit un évêque d'Autun appelé Simplicius ; mais la vie de saint Amator d'Auxerre, document de la fin du VIe siècle, nous en fournit un autre, qui aurait siégé en 418. D'autre part, le martyrologe hiéronymien nous présente deux Simplicius, dont les anniversaires tombaient au 24 juin et au 19 novembre. Le premier de ces deux anniversaires, est un anniversaire funèbre, depositiOy l'autre n'est pas caractérisé. On pourrait, en somme, admettre les deux Simplicius.
Le martyrologe hiéronymien, dans sa rédaction gallicane (findu VIe siècle), enregistre, outre les quatre ou cinqévêques
(1) Dans le ms. de Vienne de la Vita Simplicii, Hegemonius, dont les deux autres ne parlent pas, se présente d'une façon bien singulière, en interrompant le récit : Interea Simplilius meritorum splendore ac doctrine luce conspicuus, Egemunius fuere me/lius, summi sacerdolii liluli apice sublimatur (Krusch. t. c). M. Krusch corrige fuere en fere et fait dire à l'hagiographe que Simplicius était une moitié d'Hegcmonius. Ce sens est bien peu naturel. Je crois plutôt que, dans ce passage, évidemment altéré, il y avait une référence à la situation de Simplicius par rapport à l'un de ses prédécesseurs, Reticius ou Cassien, quelque chose comme [post Relicium , post quem Cassianus et] Egemunius fuere medi[i], ou [post Cassianum, post quem] Hegemonius fu[it] médius. La restitution est hardie; mais les manuscrits sont si divergents, si pleins de lacunes, quo bien des accidents sont supposables. Les mots Egemunius fuere médius manquent aux mss. de Bruxelles et de Taris. Peut-être aussi y a-t-il ici une glose marginale très ancienne.
176 FASTES ÉPISCOPAUX DE i/ANCIENNE GAULE.
du De gloria Confessorum, cinq évêques de date inconnue : Leontius (1er et 6 juillet) (1), Evantius [12 septembre], Piminus (1er novembre) (2), Proculus (4 novembre), Amator (*26 novembre) (3). Il en mentionne encore six autres, de la fin du Ve siècle au déclin du VIe. Le dernier nommé, est Syagrius, dont l'ordination seule, arrivée en 561, est marquée.
Au XIIIe siècle, Robert de Torigny, ne pouvant se procurer un catalogue des évêques d'Autun, se borna à insérer dans son recueil la liste suivante : •
Haec sunt nomina cpiscoporum Augustodunensium. Adelgarius. Ratbertus.
Gualo. 5 Stephanus.
S. Leodegarius. Herivcius.
Les deux premiers sont de la fin du IXe siècle, le troisième du VIIe, les deux suivants du XIIe, le dernier du Xe.
Les auteurs du Gallia Christian a mentionnent à diverses reprises des catalogues autunois qui ne leur inspirent aucune confiance, un entre autres, peint sur les murs de la sacristie de la cathédrale. Ils en donnent (4) le spécimen suivant, peu rassurant en effet : Racho (614), Nectarius (549), Eupardus , Remigius , Âgrippinus (533), Auspicius (627), Lefastus (v. 600], Flavinianus (v. 500), Odolricus , Syagrius (561).