‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule: Provinces du Sud-est, Volume 1Chapitre 19 sur 141 · LES PROVINCES ALPINES · texte numérisé non relu

LES PROVINCES ALPINES

chef-lieu était (1) à Embrun, Ebrodunum ou Eburodunum^ qualifié de xwfxti par Strabon, mais qui reçut plus tard une organisation municipale (2). Plus haut encore, près des sources de la Durance, on trouvait un autre municipe, Brigantio (Briançon). Ptolémée le groupe avec Suse et attribue ces deux localités aux Ségusiens (3). Sous le haut empire, Embrun et Briançon appartenaient à la province des Alpes Cottiennes, dont le centre était à Suse, sur le versant italien. Il est bien probable que cette province comprenait aussi la vallée de Maurienne, où Ton place, sans en être bien sûr, le territoire des Medulli. Depuis Dioclétien, Embrun , avec le territoire des Caturiges, fut annexé à la province des Alpes Maritimes (4); il est douteux qu'il en ait été de même pour Briançon (5). La Maurienne, en tout cas, relevait, au commencement du VI* siècle, de Tévôché de Turin , tout comme la ville de Suse et le reste de la province des Alpes Cottiennes, Ce fait montre que la limite occidentale de la province ne fut pas reportée systématiquement au sommet des Alpes. Il y a lieu de croire que,

(!) Ptol., III, 1, 39.

(2) C. /. L,, t. V. n» 7259 ; t. XII, n* 84. Dans la première de ces inscriptions, la civitas Ebroduniensis est nommée; l'autre a été trouvée à Embrun même. 0*autres inscriptions (t. XII, 81, 82, 83) mentionnent simplement la cité on ses magistrats; le n? 78 porte CI VIT . CATVR. Ainsi, on employait tantôt le nom du cheMieu, tantôt celui de la cité indigène.

(3) Loc, ciL : c Kaxw^iytùs év xaXç Tpaiaiç "ÀXiceaiv 'E6op68owov, leyovaiavâv Iv rpaiatc 'AXice(7tv Ityo^aiov, BpiYocvriov. » L'attribution des trois localités aux Alpes Orées est considérée par Mommsen, et, je crois, avec raison, comme une erreur de copiste (C. /. L., t. V, p. 810). Toutefois M. de Mantey«r (La Provence du I*' au Xll* siècle, p. 8) pense que le rattachement eut lieu en réalité et qu'il dura jusqu'au delà de l'année 333.

(4) C. /. L., t. XII, n* 78.

(5) L'inscription n» 94 du Corpus est en trop mauvais état pour être concluante. Elle comprenait deux fragments d'une table de bronze dont la date et la provenance sont inconnues. Il est peu probable que le Constan,.. qui s'y trouve nommé soit un empereur. La province des Alpes Maritimes y est marquée dans un endroit; on y lit aussi le nom Brigantioiiis; mais est-il «ûr que ce soit celui de notre Briançon? Il ne faut pas oublier l'ordo Brig,,. dont il va être question ci-dessous. Quand il serait prouvé que ce monument est du quatrième siècle, qu'il a été trouvé à Briançon et qu'il mentionnait cette localité, on pourrait encore se demander s'il la mentionnait comme appartenant à la province des Alpes Maritimes.

Hanfi la vallée de la Duraiice, comme dans celle de TArc, descendait notablement au-dessous du faîte , et que içon s'y trouvait comprise (1).

loi qu'il en soit , les municipalités d'Embrun et de içon ne tardèrent pas à disparaître; ces deux localités ient plus, en 333, que de simples mansiones,

suppression ne fut pas définitive en ce qui concerne run. La cité fui réorganisée avant la fin du IV* siècle; 3btint même le rang de métropole des Alpes Maritimes, Tie on le voit dans la Notice des Gaules, i temps de Ptolémée, la province des Alpes Maritimes 3renait, sur le versant gaulois, quatre cités : celles de lum (Vence), de Salinae (Castellane) , de Cemenelum iez), et de Saniiium (Seriez). Ce nombre fut modifié lis. A Briançonnet, dans Tancien diocèse de Glandcve,

trouvé des inscriptions (2) du temps de Valérien et rélien, gravées au nom d'un ordo Brig. La finale de om est inconnue (3) ; mais il y a lieu de croire que I organisation municipale s'est continuée dans la civi- Uannaiiva de la Notice. Celle-ci mentionne encore une 3 cité, la civitas Rigomagensium, dont la situation prén'est pas établie d'une manière bien sûre. Si, comme Hit M. Longnon (4), cette civitas doit être identifiée

Le diocèse de Mauricnne, qui comprit, outre le val de Suse, tout co îstait des Alpes Cottiennes à Toccidont des Alpes, s'étendit d'abord 'à Rama, ancienne station (mulaiio) de la voie romaine entre Embrun lançon, à peu prés à mi-distance. Ceci résulte d*un document (Billiet, \ire sur les premiers évêques de Mauriprine, p. 35) relatif aux limites diocèse. Il y est dit que du temps de Tévéque Leporius (v. 650), pour ner les conflits entre les cvéques d'Embrun et de Maurienne, le duc par commission royale, 6t planter une borne à un mille de la ciui/aippelée Rama. Or, il n'y a pas, dans cette région, d'autre Rama que tion postale (J. Roman, Tableau historique du déparlemenl des Haupes, l. I, p. XI). Sur l'âge et l'autorité du document, v. de Manteyer, ovencBy p. 182 et suiv.

:, /. L., t. XII, 57, 58.

Une inscription de provenance suspecte {ibid.y 60; cf. Add.) donnerait le croire qu'il faut développer en Drig\oma]gensium. Le mieux est de enir de toute restitution.

Mélanges Renier, p. 395 et suiv.

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