‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule: Provinces du Sud-est, Volume 1Chapitre 20 sur 141 · L*ÉVANGÉLISATION · texte numérisé non relu

L*ÉVANGÉLISATION

avec la vallée de Barcelonnette, il y aurait lieu d'en faire remonter Torigine jusqu^au !!• siècle, en lui rattachant une inscription de ce pays qui mentionne un duumvir (1). Je crois plutôt que son chef-lieu doit être placé à Thorame, dans la vallée voisine : un évéque de ce lieu, se qualifiant episcopus civitatis Eturamine, assista au concile de Vaison, en 442 (2).

A ces citéSj au nombre de six, il en fut ajouté deux autres avant la fin du IV* siècle, celle d'Embrun, détachée des Alpes Cottiennes, comme il vient d'être dit, et celle de Digne, démembrée de la Narbonnaise.

Les provinces que je viens de décrire ne furent pas toutes classées par Dioclétien dans la même circonscription diocésaine. On sait que Tancienne Gaule forma, à partir de la fin du III® siècle, deux ressorts diocésains, celui du pracfectus praetorio Galliaruniy en résidence à Trêves, et celui du vicarius V provinciarum (ou VII prov.), en résidence à Vienne. Au premier de ces deux ressorts appartenait la petite province des Alpes Grées et Pennines; les autres faisaient partie du diocèse des V (ou VII) provinces. Quant aux Alpes Cottiennes, elles furent attribuées au diocèse d'Italie; aussi ne figurent-elles point dans la Notice des Gaules.

l'évangélisation

En dehors de tout témoignage positif, il serait déjà vraisemblable que le pays voisin du Rhône a été évangélisé de bonne heure. Les relations commerciales de Marseille

(1) C. /. L„ t. XII, 82. L'inscription marque la tribu.

(2) M. Longnon pense que ce pourrait être l'évéque de Sonez. C'est un peut-être. D'autre part, il signale un pagus ou vallis Rigomagensis dans le testament d'Abbon (726), et l'identifie avec la vallée de Barcelonnette. M. de Manteyer (La Provencey p. 172) a démontré que la vallée de Barcelonnette figure bien dans ce document, mais sous un autre nom; quant au pagus Rigomagensis, il le retrouve dans le pays de Ghorges.

ïnt à toute la Méditerranée. S*il n'est pas possible r, comme ayant une valeur traditionnelle quelconégendes relatives à sainte Madeleine et à d'autres jes soi-disant émigrés de Palestine en Provence, urel de supposer que, parmi tant de navires qui ux temps les plus anciens du christianisme, jeter ms le port de Marseille, il s'en est trouvé qui aurqué des évangélistes. Au milieu du II* siècle, il Lyon et à Vienne un assez grand nombre de , qui paraissent avoir formé d'abord une seule église. La région maritime nous ofiFre deux moqui semblent bien remonter à des temps tout iens, une inscription actuellement conservée à (1), et un sarcophage trouvé à laGayole, dans les I territoire d'Aix (2). On peut considérer comme le les églises d'Arles, Toulouse, Vienne, exismilieu du III« siècle, et il est probable qu'elles pas les seules. Les souvenirs martyrologiques re nt Saturnin de Toulouse, saint Ferréol de Vienne, es d'Arles, saint Victor de Marseille, con.statent iu IIP siècle, ou. au plus tard, des premières an- V«. Au concile d'Arles de 314 furent représenîglises de Vienne, Vaison, Orange, Apt, Arles, Nice; un évêque de Die assista, en 325, au concée. 11 est bien probable que, pour la plupart, les nérées un siècle après dans la Notice avaient dès glises et des évoques. Ceci, cependant, doit s'enl'ancienne Gaule narbonnaise, et non point des alpines, dont l'évangélisation ne semble pas rehaut.

s Alpes gauloises, deux centres de rayonnement

t. XII, n* 489; Leblant, n* 548 a; reproduction très soignée i do l'abbé Albanés, Armoriai et Sigillographie des évéques

p. 4. Cependant, il n'est pas absolument sûr que cette inscripravée à Marseille même.

, Sarcophages chrétiens de la Gaule^ p. 157, pi. lîx, 1. L'insapportée.

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chrétien se manifestent au !¥• siècle. La vallée Pennîne honorait dès lors, à Agaunum {Tarnaiae Nantuatium), un grand souvenir à la fois martyrologique et militaire. En 377, le pays était assez christianisé pour que le gouverneur de la province pût faire graver le monogramme du Christ sur rinscription dédicatoire d'un monument public (1). L*évéque d*Octoduru$ (Martigny) assistait, quatre ans plus tard (381), au concile d'Aquilée.

En ce qui regarde Tévangélisation des Alpes Cottiennes, nous sommes dépourvus de tout renseignement. Les vallées de Maurienne et de Briançon ressortissaient au siècle suivant, avec toute la province, au siège épiscopal de Turin, dont la date est inconnue, mais qui n'apparaît pas avant le V* siècle.

Quant aux Alpes Maritimes, c'est surtout par la mer que ces districts communiquaient avec Textérieur. C'est de Nice, en effet, que leur vint le christianisme. Nice avait une église organisée dès le temps du premier concile d'Arles (314). Vers le milieu du IV* siècle, il en sortit des missionnaires, les saints Marcellin, Domnin et Vincent, auxquels les églises d'Embrun et de Digne doivent leur fondation. Aucune tradition, môme légendaire, ne s'est conservée sur l'origine des six sièges compris dans l'ancienne province. Il y a lieu de croire, toutefois, que, lors du concile de Riez (439), chacune des huit cités avait son évoque (2).

Deux de ces sièges, ceux de Rigomagus et de Salinae^ disparurent dans la suite, à une date incertaine (3).

(1) C. /. L.. t. XII, n* 138. Inscription trouvée à Sion.

(2) Cf. ci-dessus, p. 29, n. 2.

(3) On ne saurait affirmer que quelques-uns de leurs titulaires niaient pas siégé aux conciles de la province d'Arles au temps de saint Césaire. Au concile provincial de 554, dix-huit évéques furent présents ou r«> présentés. La province en possédait alors 24 ou 22 (Uzés exclu], suivant que Ton compte ou non les deux cités en question Les sièges de ces évéques sont tous connus; un seul, celui d'Emeterius, reste incertain. l\ n*est nullement sûr que Ton doive y voir un évéque de Rigomagus ou de Sah'nae; il pourrait tout aussi bien être revendiqué pour les sièges do Trois -Châteaux,

Il est vraisemblable que, dès les dernières années du IV* siècle, chacune des cités existantes avait son église et son évoque. Pour un bon nombre, cela est attesté directement. Dans le tableau suivant, je reproduis le texte de la Notice des Gaules pour les cinq provinces considérées ici, en le complétant par l'indication des localités épiscopales qui n'y figurent point. Les noms de celles-ci sont impri- \ en italique, accompagnés du qualificatif locu^^ civitas, lurnj etc.. qu'ils portent dans les plus anciens textes il en est question. J'y joins Ténuméralion des sièges îcopaux d'Italie et d'Espagne qui furent rattachés, pasèrement ou non, aux métropoles gallicanes, depuis le siècle et le VIII*. En regard de chacun de ces noms ire la date du plus ancien document où Tévéché se ive mentionné. Quand il a été possible de déterminer, c quelque approximation, la date de la fondation du ;e, c'est cette date qui est marquée, mais elle est Dmpagnée d'un astérisque.

''lENNENSlS.

metrop. civ. Viennensium v. 250*.

civ. Genavensium. . .• v. 400.

civ. Gratianopolitana v. 381*.

civ. Albensium IV* s*.

civ. Deensium 325.

civ. Valentinorum 374.

civ. Tricastinorum 517.

civ. Vasensium 314.

civ. Arausicorum 314.

civ. Cabellicorum 396.

seille, Riez, Embrun. On ne trouve pas d'évéque de nos deux sièges aux liles nationaux de 541 et 549 où figurèrent en grand nombre les prélats a province d'Arles. — Severianus, évéque d'E/uramine, c'est-à-dire lablement de Rigom&gus, figura encore, en 450, parmi les prélats qui citèrent le rétablissement de la métropole d'Arles. Depuis lors, il n'y icun document certain de la persistance de ce siège et de celui de nae.

l'évangélisation. 79

civ. Avennicorum . 439.

civ. Arelatensium 254.

civ. Massiliensium 314.

ciu. Carpentoratensis 439.

loctAS Telonensis 439.

portus Nicaensis 314.

Narbonensis prima.

metrop. civ. Narbonensium v. 250*.

civ. Tolosatium v. 250*.

civ. Beterrensiuin 418.

civ. Nemausensium 396.

civ. Lutevensium 422.

castrura Ucetiense 442.

civ, Agathensis 506.

ecclesia ELenensis 571 .

ecclesia Carcassonensis 589.

ecclesia Magalonensis 589.

vicus Arisitensis 572.

Narbonensis secunda.

metrop. civ. Aquensium v. 408.

civ. Aplensium 314.

civ. Regensium 439.

civ. Foroiuliensium 374.

civ. Vappincensium ^ 517.

civ. Segesteriorum v. 500.

civ. Anlipolitana 442.

Alpes Maritimae,

metrop. civ. Ebrodunensium v. 365*.

civ. Diniensium v. 370*.

civ. Rigomagensium 442.

civ. Saliniensium 439.

civ. Sanitieusium 506.

civ. Glaiinativa 541 .

80 FASTES ÉPISGOPAUX DE l'aNCIENNE GAULE.

civ. Cemenelensium 439.

civ. Vintiensium 439.

Alpes Graiae et Poeninae.

civ. Ceutronum 450.

civ. Vallensium 381.

DiOEGBSIS ItALIGA.

ecclesia Mauriennatis v. 575*.

civ. Augustana 450.

DiOECESIS HiSPANIARUM.

Vrgellum.

Ausona.

Barcino (Egara), Gerunda (Empuriae).

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