‹ Fath al-QaribChapitre 21 sur 42 · SB "^^ ;^ I # "Ô Ô · texte numérisé non relu

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L'i m a m attend jusqu'à ce qu'elles aient fini , après quoi elles remennent et Vint à m prononce avec elles la salutation finale. Ce procédé a été suivi par le Prophète (Que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa bénédiction!) à la bataille de Dsât ar-Riqâ'. Le nom de Dsât ar-Riqâ' a été donné à Pendroit, parce que les troupes musulmanes y ont dû raccommoder (en arabe raqa'a) leurs drapeaux. Toutefois, selon plusieurs savants, ce nom aurait une autre origine.

En deuwième lieu, il se peut que T armée ennemie arrive du côté de la qihlak^ et qu'aucune disposition du terrain ne la dérobe aux regards des Musulmans. A supposer encore que, dans ces circonstances, les Musulmans n'aient pas besoin de toutes leurs forces pour tenir tête à l'ennemi. Alors rimâm doit disposer ses troupes sur deux rangs ou davantage. // commence par prier avec tous ses soldats. Au moment où la prosternation doit s* exécuter par Timâm dans la première rak'ah, un des deux rangs se prosterné avec lui les deux fois r%lementaires ; mais Vautre reste debout et de garde. Les prosternations de l'imâm terminées^ le rang qui est resté de garde se prosterne à son tour^ et continue la prière sous la direction de timâm. Le tac ha hhod doit être accompli par l'imâm avec les deux rangs ensemble, de même que la salutation finale. Cette manière de prier a été introduite par le Prophète (Que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa bénédiction!) à la bataille de 'Osfan, village situé sur la route des pèlerins d'Egypte, à deux journées de marche de la Mecque. Le nom de cet endroit s'exqlique parce que le village est sous la domination (en arabe 'asf) des torrents qui y confluent.

En troisième lieu^ la loi prévoit le cas qu'au temps prescrit pour une prière y on se trouve dans un péril imminent et au milieu d*un combat. Ces paroles signifient qu'on se

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tax)uve au milieu d'une mêlée, de manière à ce que les combattants se prennent corps-à-corps, et qu*on ne puisse d'aucune façon se soustraire au combat, c^est-à-dire que le cavalier ne puisse pas descendre de sa monture ni le fantassin sortir des rangs. Alors la prière est accomplie par chaque soldat comme les circonstances le permettent, à /wW, c'est-à-dire en marchant, ou à cheval^ dans la direction de la ciblai ou non. Les fidèles qui se trouvent dans les circonstances dont nous nous occupons , ont même la faculté d'interrompre leur prière par autant d'actes étrangers à la cérémonie que la nécessité exige, par exemple ils peuvent continuer à frapper les ennemis.

Section XFII.

Des vêtements. La loi dé/end aux hommes de porter des habits de soie et des bagues d^or. Cette prohibition implique même la soie gr^e, mais elle est en revanche limitée au cas où l'acte incriminé serait commis volontairement et sans excase l^le. L'emploi de la soie comme tapis ou couverture et, en général, tout autre emploi de la soie, est également défendu à l'homme; il peut seulement porter des habits de soie en cas de nécessité, par exemple en cas de chaleur ou de froid excessifs. L'auteur ajoute : mais cette prohibition ne regarde pas les femmes, qui peuvent non seulement porter des habits de soie, mais encore s'en servir comme tapis.

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etc. Un tuteur peut aussi habiller de soie le mineur confié à ses soins, même après l'âge de sept ans. La quantité de For qu'on porte est indifférente: une petite quantité et une grande sont également défendues. S'il s'agit d'un tissus composé en partie de soie écrue^ c'est-à-dire de soie en général, et en partie, c'est-à-dire pour l'autre partie, de coton ou de lin ou d'une autre matière textile, il est permis aux hommes de s'en Aabillèr, à condition que la soie nait point la prépondérance sur l'autre matière. Ainsi, on peut l^klement se servir de tissus où le coton etc. a la prépondérance, et même, selon la meilleure doctrine, de tissus où les fils de soie et les autres fils se balancent.

Bection XVIII.

Des cérémonies funéraires, savoir de l'ablution du cadavre, du linceul, de la prière pour le repos de l'âme et de l'enterrement. La loi prescrit en guise d'obligation solidaire à regard d^un défunt musulman, excepté les pèlerins qui sont morts à l'état d'ihrâm et les martyrs, quatre choses: r ablution du cadavre, F acte de F envelopper dans un linceulf la prière pour le repos de son âme, et F enterrement. Dans le cas où il n'y aurait qu'une seule personne qui soit instruite du décès, les quatre devoirs ci-dessus lui incombent comme une obligation individuelle. Quant au cadavre d'un infidèle, il est défendu de prier pour le repos de son âme: à cet égard la loi ne distingue point entre les infidèles non soumis, et les infidèles sujets d'un prince musulman; mais il est permis de laver le cadavre d'un infidèle quelconque, et il est même formellement prescrit d'envelopper le cadavre d'un infidèle, sujet d'un prince musulman, dans un linceul, et de l'enterrer. Ces deux actes sont facultatifs par rapport au cadavre d'un infidèle non soumis ou d'un apostat. En enveloppant dans un linceul

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le cadavre d'un pèlerin mort à l'état d'îhrâm, on doit prendre soin de ne point couvrir sa tête, et, s'il s'agit d'une femme, de laisser sa face à découvert. Enfin on ne prie pas pour le repos de l'âme d'un martyr, prescription que l'auteur formule dans ces termes \ Il y a deux espèces de cadavres exempts de V ablution et de la prière funéraires: savoir

1** ceux des martyrs tombés en combattant les mécréants. On appelle «nnartyr» le Musulman mort dans la guerre contre les infidèles et par suite d'une circonstance de là guerre. Il en résulte qu'on est martyr, non seulement quand on a été tué par un infidèle, mais encore quand on a été tué involontairement par un soldat ami, par le ricochet du projectile qu'on vient de lancer soi-même, par une chute de sa monture, etc. D'un autre côté, il s'ensuit de la définition du mot de <ianartyr», qu'on ne saurait considérer comme tel le soldat mort, après la fin de la guerre, des blessures reçues dans le combat. Ceci, du moins, est la doctrine la plus répandue. Il en est de même de celui qui est tué dans la guerre contre des rebelles, et de celui qui est mort, U est vrai, dans la guerre contre les infidèles, mais par suite d'un événement étranger à la guerre. L'auteur continue: et puis

2** ceux des avortons qui n'ont pas crié, c'est-à-dire qui n'ont pas élevé la voix fortement en venant au monde. En revanche, l'enfant qui, en venant au monde, crie fortement ou pleure, est soumis aux mêmes cérémonies funéraires que l'adulte. Le mot «avorton» est en arabe siqt-, saqt ou soqt;. On appelle ainsi le foetus humain, né avant d'avoir obtenu son plein développement. Le nom arabe est dérivé du verbe saqa^a (tomber).

Un cadavre doit être lavé plusieurs fois, mais toujours un nombre de fois impair: on peut le laver par exemple trois.

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cinq, sept fois, etc. La première ablution a lieu avec de Veau de lotus, c'est-à-dire que, conformément à la Sonna h, celui qui va accomplir la première des ablutions du cadavre met dans l'eau du lotus ou de la guimauve, et puis la dernière, c'est-à-dire la dernière des ablutions du cadavre d'un individu qui n'est pas mort à l'état d'ihrâm, a lieu avec de Veau où Von a mie quelque peu de camphre; mais la quantité de camphre ne doit pas être assez grande pour que l'eau s'en trouve modifiée. Enfin il faut savoir que l'ablution funéraire doit consister au moins dans l'acte de mouiller le cadavre entièrement une seule fois. La meilleure manière possible de l'accomplir se trouve exposée dans les ouvrages de jurisprudenpe détailla.

Le linceul d'un homme ou d'une femme, d'un adulte ou d'un mineur, ee compose de trois pièces d^ étoffe blanche de longueur et de largeur ^les, dont chacune sert à envelopper tout le cadavre.

La loi n^ exige point d^y ajouter une chemise et un turban; mais quand on désire que le linceul se compose de cinq pièces, l'homme est d'abord enveloppé des trois pièces d'étoffe ci-dessus, puis revêtu d'une chemise et d'un turban, tandis que la femme est enveloppée de deux pièces d'étoffe blanche, puis revêtue d'un izâr, d'un voile et d'une chemise. Selon la meilleure doctrine, soutenue par Nawawî dans la Rav^dhah et dans le Charh al-Mohadsdsab le linceul doit en tous cas couvrir les parties honteuses *), et, par conséquent, la mesure en diffère d'après le sexe du défunt. Ceci est une prescription rigoureuse, lors même que le linceul ne se composerait que d'une seule pièce

') Voy. plus haut, page 49 n.l, et Minhâdj at-Tâlibîn, I, p. 209.

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d'étoffe. Au reste le linceul est soumis à la même loi que les vêtements que le défunt pouvait porter pendant sa vie, par rapport aux étoffes défendues, à l'impureté, etc.

On prononce pour le repos de F âme du défunt, dans la prière funéraire, quatre fois la formule: «Dieu est grandi» y compris le takbîr introductif, mais la prière funéraire n'est point annulée par un cinquième takbîr. Dans le cas toutefois où elle se ferait en assemblée, et que ce serait l'imam qui ajoutât le takbîr surabondant, les membres de l'auditoire ne doivent pas l'imiter: ils doivent, dans ces circonstances, soit prononcer immédiatement de leur propre chef la salutation finale, soit attendre un moment et prononcer la salutation finale avec l'imam. On récite dans la prière funéraire le premier chapitre du Coran après avoir prononcé la formule: «Dieu est grand!» la première fois; ce qui n'empêche point qu'on puisse accomplir la récitation après l'un des autres takbîr. On prie pour le Prophète {Que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa bénédiction/) après avoir prononcé la formule: «Dieu «est grand \» la deuxième fois, La prière pour le Prophète doit consister au moins dans les paroles: «O Dieu! Ac- «corde Ta grâce à notre Seigneur Mahomet!» On prononce une invocation spéciale pour le repos de Famé du défunt après avoir prononcé la formule. «Dieu est grand!» la troisième fois. Cette invocation , réduite à la forme la plus simple, est: «O Dieu! Pardonne-lui!», mais l'invocation complète se lit dans quelques exemplaires du Précis dans ces termes: «O Dieu! Celui-ci est Ton serviteur et le fils «de parents qui sont Tes serviteurs! Il a quitté les plai- «sirs et les richesses de ce monde, où il y a tant de per- «sonnes qui lui étaient chères, et qui l'aimaient, pour en- «trer dans les ténèbres du tombeau, et pour s'y trouver «en ÉEMîe de l'inconnu. Il était de ceux qui attestent qu'il «n'y a d'autre divinité que Toi seul, Dont personne ne

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«partage la puissance, et que Mahomet est Ton serviteur «et Ton ambassadeur, comme Tu le sais mieux que nous. O <<Dieul Tl est descendu vers Toi, et nulle part il ne peut «être mieux que près de Toi. Il a besoin de Ta miséricorde, «mais Tu seras assez clément pour ne pas le punir. C'est en «Te suppliant que nous venons vers Toi comme des interces- «seurs pour le défunt. O Dieu! Si, durant sa vie , il était «un homme vertueux , nous Te prions de faire valoir ses titres «à la béatitude au-dessus de leur mérite réelle, et s'il T'a «offensé, nous Te prions de ne point punir ses péch& d'après «leur gravité. Nous Te prions que , dans Ta miséricorde. Tu «sois satisfait de lui, et que Tu écartes de lui les épreuves «et les tourments du tombeau. Fais que son tombeau soit «assez large pour qu'il y dorme en paix, et que la terre ne «l'accable point de son poids. Nous Te prions que, dans Ta «miséricorde. Tu ne lui appliques pas Tes châtiments, jus- «qu'au jour oii Tu jugeras bon de le ressusciter et de le faire «entrer en sûreté dans le Paradis, par l'eflfet de Ta misé- «ricorde, O Toi qui es le plus miséricordieux U

Après le quatrième t a k b î r on prononce encore l'invocation suivante: «O Dieu! Ne nous refuse pas la faveur de participer «à la récompense qui lui est due ; ne nous induis point en ten- «tation après son décès, et pardonne à nous et à lui>^. Enfin on prononce la aatutaiion finale de la prière funéraire après avoir dit pour la quatrième foie : «Dieu est grand»! La salutation finale de la prière qui nous occupe est la même que dans toute autre prière. Elle s'exécute de la même manière et elle se répète le même nombre de fois. Seulement il est recommandable d'ajouter, après le mot de «miséricordieux» \ les paroles: «et qu'il vous bénisse».

Uenterrement du cadavre a lieu dans un creuse latéral pratiqué de manière à ce que le visage soit tourné vers la ciblai. Une semblable fosse se nomme en arabe lahd ou lo^d. On commence par creuser un puits, et au fond de ce puits on pratique le creux latéral à angle droit avec

0 ^oj- plû8 haut, page 136.

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la direction de la qiblah. Le creux doit être assez spatieux pour que le cadavre n'y soit pas à l'étroit, et qu'il puisse y reposer de toute sa longueur. Un creux latéral vaut mieux qu'une tranchée pour y enterrer, pourvu que la terre soit assez dure. On appelle «tranchée» une excavation au fond du puits, faite comme si c'était le lit d'un ruisseau. Les parois longitudinales de la fosse doivent être en maçonnerie; le cadavre est placé entre ces parois, et le tout est recouvert de briques, etc. Le cadavre doit être placé au fond de la fosse.

Quelques exemplaires du Précis ajoutent aux mots «tourné ^^ers la qiblah», les paroles suivantes: On introduit le cadavre dans la fosse, en l'attirant par la tête, c'est-à-dire on l'introduit dans le creux latéral doucement et ^ns violence, en disant: «Au nom de Dieu et en conformité des «préceptes de la religion de Son ambassadeur. Que Dieu «lui accorde Sa grâce et Sa bénédiction!»

Après qu*on a fait le tombeau assez large et profond pour que le défunt puisse s^y tenir debout et s^ étendre de toute la longueur du corps y on y place le cadavre y couche sur le côté, le visage tourné dans la direction de la qiblah. Au cas oii le cadavre aurait été placé dans une autre position, savoir non tourné vers la qiblah ou couché sur le dos, il faut le déterrer et lui donner encore la position r^lementaire. Seulement, si la contravention n'a été découverte que dans le temps où le cadavre est déjà en état de décomposition, il ne faut point le déterrer. La surface du tombeau doit être plate ^ et non bombée; il faut se garder d^y élever un monument ou de F enduire de plâtre ^ ce dernier acte étant blâmable. Le plâtre est une espèce de chaux, appelée en arabe ordinairement djiçç ou djaçç, mais encore djîr. // n*y a point de mal à ce qu'on pleure un défunt, c'est-à-dire qu'il est licite de donner des signes

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de tristesse tout aussi bien avant la mort, qu'après, mais il vaut mieux s'en abstenir. L'auteur ajoute: pourvu que ce ne soit pas eu poussant des cris lamentables, c'est^-dire qu'on ne doit pas pousser des cris en faisant l'éloge du défunt. // est encore interdit de déchirer ses vêtements. Quelques exemplaires du Précis portent: «l'ouverture de sa chemise» au lieu de «ses vêtements», en d'autres termes, le col de la chemise. L'auteur continue: mais non de faire des visites de condoléance à la famille , c'est-à-dire aux membres de la famille du défunt sans distinction d'âge ni de sexe. Seulement une jeune fille ne doit pas recevoir des visites de oondolâtnce d'hommes qui ne sont pias ses parents à un degré prohibé. Les visites de condoléance sont même prescrites par la S on n ah; on les £a.it avant l'enterrement et après, jusqu^au terme de trois jours à compter de l'époque de Fenterrement. Ce terme toutefois n'est d'observance que dans le cas où celui qui fait la visite et celui qui la reçoit se trouveraient tous les deux au même endroit; ca^ en cas d'absence de l'un ou de l'autre on peut remettre la visite jusqu'à son retour. Dans le langage ordinaire, le mot arabe de ta'ziyah (condoléance) signifie la consolation apportée à quelqu'un qui a été frappé d'un malheur, par un autre qui lui est cher; mais, comme terme de droit, ce mot signifie le conseil d'avoir patience, et l'exhortation à penser que Dieu a promis de tenir compte des malheurs qu'on éprouve, avec le vœu que Dieu veuille pardonner au défunt, et qu'il daigne compenser le chagrin que sa perte a causé aux survivants.

Enjin la loi n'admet pas d'enterrer deux cadavres dans une même fosse ^ à moins que ce ne soit en cas â^urgence, par exemple si le terrain manque et qu'il y ait un grand nombre de cadavres à enterrer.

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