‹ Faune de France 7. PycnogonidesChapitre 4 sur 19 · AFFINITÉS · texte numérisé non relu

AFFINITÉS

La plupart des zoologistes du xix* siècle rangeaient les animaux qui nous occupent dans la classe des Arachnides; ainsi firent Latreille, Leach et Gerstacker qufont attribué au groupe (voir p. 3)-les divers noms qu'on lui donne aujourd'hui. Pourtant, Henri Milne-Edwards s'écarta do la règle «t leur fit une place, non sans hésitations, dans l'Histoire naturelle des Crustacés. Dans sa grande monographie, Dohrn conteste absolument les affinités arachnidiennes des Pycnogonides : il pense que ces animaux, par leur forme larvaire nauplioïde, se rattachent à des formes intermédiaires entre les Annélides et les Crustacés primitifs du groupe des Phyllopodes; «n conséquence, il en fait une classe indépendante dans l'embranchement des Arthropodes. C'est aussi le rangqu'attribuentindépendammentauxPycnogonides Hoek et G. - 0. Sars qui ont rivalisé avec Dohrn dans les recherches sur ces animaux.

En dépit de ces autorités, je crois que les anciens zoologistes avaient vu juste et que les affinités arachnidiennes des Pycnogonides sont incontestables. Nul n'a jamais songé à mettre ces animaux en comparaison avec les Insectes et les Myriapodes, c'est-à-dire avec les se'ries des Arthropodes où la tête est bien différenciée et très distincte du reste du corps; ils se rangent évidemment dans l'autre série arthropodienne qui se distingue par la fusion de la tête avec les segments suivants et qui renferme les deux grandes classes des Arachnides et des Crustacés. Ray-Lankester (1909) a justement fait observer que le caractère distinctif essentiel de «es classes est la présence d'une paire d'appendices prébuccaux (chélicères) dans la première, de deux paires de ces appendices (antennules et antennes) dans la seconde, et qu'il convient par suite de ranger les Pycnogonides dans la grande classe des Arachnides, à côté des Trilobites, des Xiphosures et des Arachnides proprement dits, qui prendraient, comme les Pycnogonides, le rang de sous-classe.

J'ai adopté ces vues et je crois en avoir donné une ample justification dans mon étude sur les Pycnogonides du « Pourquoi pas ." ». « Les Pycnogonides, écrivais-je alors, se distinguent par beaucoup do caractères qui appartiennent également à certains Arachnides des plus normaux : ils ont (souvent) des chélicères triarticulés et en pince comme les Scorpions, les Palpigrades et les Opilionides; une trompe... homologue de la saillie buccale des Pédipalpes, des Chernètes, des Galéodes et surtout des Palpigrades; des palpes pluriarticulés et vraisemblablement tactiles comme un très grand nombre d'Arachnides, et d'ailleurs sans aucune relation avec l'appareil buccal comme ceux des Palpigrades. Leurs appendices de la troisième paire sont modifiés et constituent des ovigères, de même qu'ils se différencient en appendices palpiformes chez les Ppdipalpes. » J'ajoute que les pattes des Pycnogonides sont construites sur le même

type que celles des Arachnides (sauf l'indépendance de leurs deux premiers articles coxaux qui ne se soudent pas pour former une hanche), que l'intestin moyen émet des prolongements latéraux dans les deux groupes et que ces prolongements pénètrent dans les pattes chez les Faucheurs comme chez les Pycnogonides, que leurs yeux présentent la même structure que les yeux médians des Arachnides normaux, enfin que les spermatozoïdes ont la forme normale filamenteuse dans l'un et l'autre groupe, au contraire de ce que l'on observe chez tous les Crustacés à l'exception des Cirrhipèdes.

Quant à voir, comme Dohrn, un véritable nauplius dans les larves protonymphon des Pycnogonides, c'est vraiment forcer les ressemblances. Il ne suffit pas qu'une larve ait trois paires d'appendices pour qu'elle soit un Nauplius.

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