‹ Faune de la Normandie (volume 2)Chapitre 26 sur 125 · Accipiter nisus L.:— Épervier commun · texte numérisé non relu

Accipiter nisus L.:— Épervier commun

Accipiler maculatus Briss., À. minor Briss., À. nisus Pall. Astur nisus Keys. et BI.

Daedalion fringillarius Say.

Falco minutus L., F. nisus L.

lerax fringillarius Leach.

Nisus communis Less.. N. fringillarius Kaup.

Sparvius nisus Vielll.

Autour épervier.

Épervier nisus, E. ordinaire, E. vulgaire.

Émouchet, Épervier, Éprevier, Étarcelet, Étercelet, Étiercelet, Faut-oiset, Fileux, Mouquet, Tiercelet, Tierchelet, Émouchet gris (mâle), Gros-épervier (femelle).

BERT. — Op. cit., p. 48; tir. à part, p. 24.

DEGLAND et GERBE. — Op. cit.,t. I, p. 99.

LEMETTEIL. — Op. cit., Carnivores, p. 223 et 225; tir. à part, t-1::p::65:e1 69:

GENTIL. — Op. cit., Rapaces, p. 395; tir. à part, p. 19.

Dugois. — Op. cit. : texte, t. T, p. 80: atlas, 1. pEmee, pl- IX, figs. 16.

OLPHE-GALLIARD. — Op. cit., fasc. XX, p. 33 et 39.

L'Épervier commun habite les forêts et les bois, ne se montrant dans les endroits découverts que lorsqu'il est en chasse. Il est sédentaire et migrateur. Il est hardi; bien que très-méfiant, son ardeur à poursuivre sa proie est telle quil oublie souvent toute prudence. Ses mœurs sont diurnes. Son vol est rapide et léger; rarement il s'élève à une grande hauteur. Sa nourriture se compose particuliè- rement de petits Oiseaux et de jeunes; il mange aussi des Oiseaux de taille moyenne et des œufs, des petits Mammi-

fères, même des Insectes, etc. La femelle ne fait annuellement qu'une couvée, de trois à six œufs, rarement de sept. La ponte a lieu en mai. La durée de l'incubation est de trois semaines. Cette espèce niche isolément. Le nid, de forme aplatie, est construit avec des branches mortes, et garni intérieurement de büchettes très-fines, de mousse, de poils, de plumes ; il est placé sur un arbre de hauteur moyenne d'une forêt ou d'un bois, souvent sur un Conifère; cette espèce s'empare quelquefois d’un nid abandonné d'Oiseau.

Toute la Normandie. — Sédentaire, et de passage régulier : arrive en automne et repart au printemps avant la reproduction. — C.

Ogservar. — L'Épervier majeur (Accipiter major Dec qui a été rencontré, en Normandie, dans le département de la Seine-[nférieure, doit être considéré, avec une probabilité grande, comme une variété accidentelle de l'Épervier COMMUN.

Voici, relativement à ce Carnivore diurne, l’opinion de plusieurs ornithologistes :

« L'existence de cet Oiseau, sinon comme espèce, du moins comme race locale, disent C.-D. Degland et Z. Gerbe (Op. eit., t. I, p. 102), n’est généralement pas reconnue. MM. Schinz, Delamotte et de Selys-Longchamps le regardent comme une vieille femelle de l’Épervier ordinaire. Temminck n’ose en affirmer ni en nier l’existence, n'ayant pas vu de sujets désignés sous ce nom. M. A. Malherbe, qui partage l’opinion de MM. Schinz, Delamotte et de Selys-Longchamps, la croit d'autant plus fondée que l’individu femelle qu'il a vu comme tel (collection Degland) a éprouvé une altération au bec, soit par le climat, soit par la nourriture, soit par des maladies ; que M. Zahnd, préparateur du Muséum de Berne, lui a assuré qu’il a examiné avec soin un grand nombre d’Éperviers et n’a jamais trouvé la grande espèce ; que M. Holandre, ancien directeur du Cabinet zoologique de Metz, a ouvert beaucoup d’'Éperviers de forte taille et n’a reconnu que des femelles plus ou moins âgées.

«Ces raisons ne sont pas sans réplique. Si le sujet femelle qui les

a motivées, et un mâle que possède M. Delahaye, à Amiens, ont le bec mal conformé ou altéré accidentellement, au bec près ils ressemblent parfaitement à un individu qui fait partie de la collection de M. Hardy. Voici, du reste, ce qu’en pense cet ornithologiste: « J'ai un mâle de cette prétendue espèce, tué 1ci (près de Dieppe) en mai. Je croyais préparer une femelle et fus très-surpris de trouver un mâle bien caractérisé par l’état des organes génitaux. Le bec, loin de ressembler à votre dessin, qui ne paraît indiquer qu'un jeu de la nature, est, comme toutes les autres parties de l’Oiseau, en tout semblable à celui de l’Épervier ordinaire. Il n’y a de différence que dans la taille. Permettez-moi de suspendre mon jugement (lettre à M. Degland) ». Voilà un fait bien constaté par un observateur habile, en qui on peut avoir toute confiance : un mâle, vu sa taille, a pu être pris pour une femelle. On ne saurait pas, non plus, révoquer en doute l’observation de M. le comte de Tarragon. D’un autre côté, M. de Brécourt a rencontré, dans les environs de Vernon, plusieurs sujets, tant mâles que femelles, de cette race, et il a constaté qu'indépendamment de la taille, elle se distingue toujours de l’Accipiter nisus par l’absence de teintes ardoisées aux parties supérieures, rousses aux parties inférieures, par les bandes noires de la queue, qui sont plus larges, plus foncées, plus nombreuses, et par des ailes relativement plus courtes ».

« J'ai vu, dit E. Lemetteil, qui imdique cette espèce avec un point de doute (Op. cit., Carnivores, p. 225; tir. à part, t. I, p. 65), dans le cabinet de feu M. Hardy, un mâle de cette prétendue espèce, et j’avoue qu'avec la meilleure volonté, je n’ai pu y découvrir que des différences insignifiantes. M. Hardy luimême, l’heureux possesseur de cet Oiseau, l’avait ouvert pour une femelle ordinaire. L’inspection seule des organes éveilla son attention, et cependant il n’osait l’admettre comme espèce.

« Nous trouvons, dans certaines familles, des femelles qui ont la livrée des mâles. Ne pourrait-on pas admettre que, par une erreur ou un jeu de la nature, des sujets mâles eussent la taille des femelles? N’avons-nous ‘pas dans d’autres espèces, et jusque dans la race humaine, des anomalies plus étranges sous ce rapport? D’un autre côté, la femelle du Major devrait avoir 44 à 45 centimètres, toute proportion gardée, et l’on n’a jamais tué de femelle de cette taille.

« Ne pourrait-on pas encore considérer les quelques individus qu'on a tués comme des métis de l’Autour et de la femelle du

1. Il convient de faire observer que J. Hardy (Op. cit., p. 281) indique cet Oiseau comme espèce, sous le nom d’Autour grand Epervier (Falco nisus major Brehm). [H. G. de K.].

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Nisus ? La différence de taille ne me paraïtrait pas un obstacle, puisqu'elle n’est guère plus grande entre le mâle Autour et la femelle de l’Épervier, qu'entre celle-ci et son propre mâle.....

« Quoi qu’il en soit, l'Épervier major me paraît une espèce trèsdouteuse. Des observations ont été faites sur quelques individus par des hommes sérieux, et entre autres par M. Hardy. Je ne conteste pas leurs renseignements. J’ai eu l’avantage de connaître ce dernier, et c'était un homme trop consciencieux pour que je doute du fait. L’'Oiseau s’est présenté tel; j'en suis sûr. Mais n'est-ce point un phénomène ? Là est la question ».

C:-D. Degland ét Z. Gerbe disent (Op. -æt., t. I, p. 101) que cet Épervier niche sur les arbres, et construit avec des bûchettes, qui ont quelquefois l'épaisseur du pouce, un nid de 0",70 de large. Ces auteurs ajoutent (p. 102) que M. le comte de Tarragon, qui a pu observer à loisir le couple dont il a fait lPobjet “he notice intéressante, a vu cet Épervier venir hardiment, plusieurs fois par jour, saisir les Hirondelles au vol, dans la cour de l'habitation au voisinage de laquelle il avait établi son nid. 11 a constaté que le sol, au pied de l’arbre où se trouvait ce nid, était parsemé de plumes et d’os de différents Oiseaux, de Poules entre autres, et que le plancher même du nid était tapissé d’ossements. |

J’appelle d’une façon toute spéciale l’attention des ornithologistes sur cet Épervier, pour que la science puisse être fixée définitivement à son égard.

Accipiter palumbarius L. — Épervier autour.

Accipiter astur Pall., À. palumbarius Salerne.

Astur gallinarum Brehm, À. jrs ous Bchst.

Daedalion palumbarius Sav.

Falco gallinarius Gm., F. gentilis L., F. incertus Lath., F. longipes Nilss., F. marginatus Lath., F. naevius Gm., F,. palumbarius L.

Sparvius palumbarius Vieïll.

Autour commun, À. des palombes, A. des pigeons, A. des ramiers, À. ordinaire, A. palombivore, A. vulgaire.

Autour, Émouchet des pigeons, Épervier bléu, Gros-épervier.

BERT. — Op. cit., p. 48, et pl. II, fig. 2; tir. à part, p. 24, et même fig.

DEGLAND et GERBE. — Op. cüt., t. I, p. 96.

LEMETTEIL. — Op. cit., Carnivores, p. 226; tir. à part, v.1 T1). 100

GENTIL. — Op. cit., Rapaces, p. 34 ; tir. à part, p. 18.

Dugois. — Op. eut. : texte, t. Ep: 76: atlas Cape pl STE HEURE:

OLPHE-GALLIARD. — Op. cit., fase. XX, p. 26.

L'Épervier autour habite de préférence les forêts entrecoupées de champs et de prairies. Il est sédentaire et migrateur, et vit solitaire. Il est hardi et fort. Ses mœurs sont diurnes. Son vol est rapide: il plane souvent. Il est très-vorace et très-sanguinaire. Sa nourriture se compose d'Oiseaux et de Mammiferes. La femelle ne fait annuellement qu'une couvée, de deux à sept œufs. La ponte a lieu en avril. La durée de l'incubation est de vingt-deux ou vingt-trois jours. Cette espèce niche isolément. Le nid, de forme aplatie, est construit avec des branches mortes entreméêlées parfois de mousse, et garni intérieurement de rameaux frais de Conifères: il est placé sur un arbre élevé d'une forêt, généralement très-près du tronc.

Toute la Normandie. — Sédentaire. — R.

OBSERVAT. — « La forêt de Lyons (Eure et Seine-Inférieure) fournissait jadis les Autours de la vénerie royale. Elle en possédait encore cette année une vingtaine de nids. Les Autours de la forêt de Lyons sont célèbres. De nos jours, on les expédie en Angleterre, où 1ls vont faire l’admiration des riches amateurs de l'ancienne fauconnerie ». | Louis Passy !. — Op. infrà cit., p. 941.

1. Louis Passv. — Notice sur la forêt de Lyons, in Recueil des Travaux de la Soc. libre d’Agricult., Scienc., Arts et Belles-Lettres de l'Eure, ann. 1878 et 1879, p. 86.

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