‹ Faune de la NormandieChapitre 53 sur 247 · Totanus hypoleucos L. — Chevalier gquignette · texte numérisé non relu

Totanus hypoleucos L. — Chevalier gquignette

Actilis cinclus Boie, À. empusa J.Gould, À. hypoleucus Boie, À. megarhynchos Brehm, À. Schlegeli Bp., À. stagnatilis Brehm.

Guinelta hypoleuca G.-R. Gray.

Totanus empusa G.-R. Gray, T. quinetla Leach, T. hypoleucos Temm.

Tringa guinetta Briss., T. hypoleucos L.

Tringoides empusa Scl., T. hypoleucus Bp. ,

Trynga leucoptera Pall.

ND TE es RO 7 LL

né AS oO de 4 0:

Guignette commune, G. ordinaire, G. vulgaire. Petit cul-blanc.

Paul Bert. — Op. cit., p. 92 et 93; tir. à part, p. 68 et 69. C.-D. DeGLanp et Z. GERBE. — Op. cül., t. IT, p. 227.

E. LEMETTEIL. — Op. cilt., Vermivores, p. 93 ;tir. à part, t. II, p. 201.

Amb. GENTIL. — Op. cit., Échassiers, p. 50; tir. à part, p. 70.

Alphonse DuBois. — Op. cit. : texte, t. IT, p. 215;atlas, t. II, pl. 208, et t. I, pl. XXXV, figs. 185. Léon OLPHE-GALLIARD. — Op. cûf., fasc. XIV, p. 163.

Le Chevalier guignette habite le voisinage des fleuves, des rivières et des ruisseaux, où les rives sont abondamment pourvues de roseaux et de buissons, ou bordées de prairies; il n'évite pas la proximité des habitations, et va aussi, pendant ses migrations, près des lacs, des étangs, des marais, et même près des mares ombragées. Il est migrateur et sédentaire, et peu sociable. Il émigre par couples et par groupes de cinq à huit individus, rarement de plus ; cependant, il arrive quelquefois que plusieurs groupes font ensemble un certain trajet. Son vol est rapide, léger, en ligne droite, peu soutenu, et rarement élevé, sauf pendant ses migrations ; il marche d'une façon vive et gracieuse, et trottine rapidement; au besoin, il nage et plonge avec facilité ; en trottinant, comme au repos, il hoche la queue. Sa nourriture se compose de larves, d'Insectes, de Vers, de Mollusques et d'Araignées. La femelle ne fait normalement qu'une couvée par an, de quatre ou cinq œufs. La durée de l’incubation est de quinze jours. Cette espèce niche isolément. Le nid consiste en tiges et feuilles de plantes herbacées, en feuilles mortes et en racines, garnissant une petite excavation du sol; il est très-bien caché parmi des végétaux herbacés; on le trouve près d'une rivière ou d’un fleuve, au pied d’un buisson, de préférence dans un fourré de Saules, en un lieu pourvu

de buissons et de plantes herbacées, et à l'abri de la crue des eaux.

Toute la Normandie. — De passage régulier : arrive en mars, avril et mail, avant la reproduction, et repart en septembre et octobre. — C.

OBsERVAT. — Noury (Op. cit., p. 101) indique cette espèce comme étant sédentaire en Normandie. Il est possible qu'un petit nombre d'individus passent la saison froide dans cette province, lorsque cette saison est particulièrement douce ; mais c'est là, sans nul doute, un fait exceptionnel.

OBSERVATIONS

Totanus macularius L. (Chevalier grivelé); Totanus semipalmatus (Gm. (Chevalier semipalmé) ; et Totanus nutans ?

Totanus macularius L.

Relativement à la présence, dans la province normande, du Chevalier grivelé ou Guignette grivelée, je ne connais que les deux renseignements suivants, qui me semblent trop incertains pour inscrire cette espèce dans le catalogue des Oiseaux venus d'une façon naturelle en Normandie :

« Cette espéce. 12} ne se trouve que très-rarement dans notre pays ». [C.-G. CHESNON. — Op. cit., p. 304].

Espèce mentionnée comme étant de passage régulier en Normandie. [Noury. — Op. cit., p. 101]. — Il y a certainement erreur de signe conventionnel, et c'est de passage accidentel quil faut lire; car, en admettant que le Chevalier grivelé vienne dans cette province, il ne le fait, à coup sr, que d'une manière très-exceptionnelle.

Totanus semipalmatus Gm.

Ainsi que pour l'espèce qui précède, Je ne connais que deux renseignements à l'égard de la présence du Chevalier semipalmé ou Symphémie semipalmée dans la Normandie. Bien qu'il soit fort possible que cette espèce y vienne accidentellement, puisque, d’après C.-D. Degland et Z. Gerbe (Op. cit.,t. IT, p.234), un individu a été tué près d’Abbeville (Somme), c'est-à-dire dans un département qui touche à la Normandie, je considère néanmoins les deux renseignements qui suivent comme insuffisants pour inscrire le Chevalier semipalmé au nombre des Oiseaux venus d’une façon naturelle dans cette province : |

« Très-rare en Normandie, où il ne se trouve qu'accidentellement». [C.-G. CHESNON. — Op. cit., p. 300].

Espèce mentionnée comme étant de passage régulier cn Normandie. [Noury. — Op. cit., p. 101]. — Il y a certainement erreur de signe conventionnel, et c'est de passage accidentel qu'il faut lire; car, en admettant que le Chevalier semipalmé vienne dans cette province, il ne le fait, sans nul doute, que d'une manière exceptionnelle.

Totanus nutans ?

« Chevalier branle-tête (T. nufans)....... Cette espèce, originaire de l'Amérique septentrionale, ne se trouve que très-rarement en Normandie. Elle est remarquable par l’agitation continuelle de sa tête, lorsqu'elle marche ou qu’elle est en repos sur le sable. On ne la trouve que vers la fin de l'automne sur le littoral ». [C.-G. CHESNON. — Op. cût., p. 304]. — J'ignore quel est cet Oiseau, dont Chesnon donne (loc. cit.) une courte description.

7 Genre. MACHETES — COMBATTANT.

l. Machetes pugnax L. — Combattant commun.

Glareola pugnax Klein.

Limosa Hardwickii Gray.

Machetes alticeps Brehm, M. minor Brehm, M. optatus Hdgs., M. planiceps Brehm, M. pugnax Risso.

Pavoncella pugnax Leach.

Philomachus pugnax G.-R. Gray.

Totanus cinereus Briss., T. indica Gray, T. pugnax Nilss.

Tringa equestris Lath., T.grenovicensis Lath., T. litforea «Le, TPUNATAE

Bécasseau combattant.

Chevalier combattant.

Combattant ordinaire, C. querelleur, C. variable, C. vulgaire.

Coq de marais (mâle), Coq des marais (mâle), Grisette, Paon de mer (mâle), Sotte (femelle).

Paul BERT. — Op. cit., p. 93, et pl. I, fig. 26; tir. à part, p:69;etmérme"ur C.-D. DEGLAND et Z. GERBE. — Op. cûl., t. IT, p. 211.

E. LEMETTEIL. — Op. cit., Vermivores, p. 96 ; tir. à part, t. II, p. 204.

Amb. GENTIL. — Op. cit., Échassiers, p. 46; tir. à part, p. 60.

Alphonse Dugois. — Op. cl. : texte, t. II, p. 183; atlas, t. II, pl. 201 et 201, et t. I, pl. XXXIV, figs. 180. Léon OLPHE-GALLIARD. — Op. cit., fasc. XIV, p. 109.

Le Combattant commun habite les marais et les prairies humides ; on le rencontre souvent aussi dans le voisinage de la mer ; pendant ses migrations, il va dans un grand nombre d’endroits où il y a de l'eau, mais rarement près des rivières. Il est migrateur et sédentaire, et sociable, hormis l'époque

de la reproduction, pendant laquelle Iles mâles se livrent des combats à peu près continuels, dont il est parlé ci-dessous. A la migration de printemps, les mâles émigrent les premiers, par petites bandes de dix à quinze individus; puis les femelles passent en bandes plus ou moins grandes. A la migration d’automne,.les mâles adultes passent les premiers, puis les femelles, qui émigrent ordinairement, soit par bandes composées seulement d'individus de leur sexe, soit formées aussi de mâles de l’année. Son naturel est vif et actif. Ses mœurs sont surtout aurorales et crépusculaires ; au cours des nuits claires, il reste en activité, se reposant pendant la plus grande partie de la Journée. Son vol est rapide; 1l marche d'une façon gracieuse et non trottinante, et court avec aisance et rapidité. Sa nourriture se compose d'Insectes, de larves, de Vers, de Mollusques, de Crustacés, etc., et de graines. La femelle ne fait normalement qu'une couvée par an, de quatre œufs, rarement de trois. La ponte de la couvée normale a lieu en mai. La durée de l'incubation est de dix-huit jours. Le nid consiste en tiges et feuilles de plantes herbacées ou en racines, garnissant une petite dépression que la femelle a creusée dans le sol, parmi des végétaux herbacés. Ce nid est placé près de l'eau, dans un marais ou dans une prairie humide.

NorEe. — Le genre de vie des mâles du Combattant commun présente, pendant l’époque des amours, une particularité fort curieuse. À cette époque, dit A.-E. Brehm (Op. cit., t. IT, p.592), «les mâles sont continuellement en lutte, sans cause appréciable; il est même probable que la possession d’une femelle n’en est pas le mobile; car ils se battent pour une mouche, un ver, un insecte, pour tout et pour rien, qu’il y ait ou non des femelles dans leur voisinage, qu'ils soient libres ou captifs, qu’ils aient passé en cage quelques heures ou plusieurs années, et quelle que soit l’heure de la journée.

« En liberté, les Combattants se réunissent à des places déterminées, et dans les localités où l’espèce est abondante, ces places sont éloignées l’une de l’autre de cinq à six cents pas : les Oiseaux

y reviennent tous les ans. Rien, d’ailleurs, ne distingue ces endroits du terrain avoisinant. Une petite élévalion, toujours humide, couverte d’un gazon court, d’un mètre et demi à deux mètres de diamètre, tel est le champ de bataille où chaque jour arrive plusieurs fois un certain nombre de mâles. Chacun y a sa place, et c’est à cette place, toujours à peu près la même, qu'il attend ses adversaires. Il n’y vient pas avant que sa collerette soit complètement poussée ; mais lorsqu'il a revêtu tout son plumage de noces, il s’y montre avec une régularité vraiment surprenante. J’ai eu occasion d'observer souvent ces Oiseaux ; j’ai pu me convaincre de l’exactitude de la description donnée par Naumann, et je crois ne pouvoir mieux faire que de la reproduire :

« Le premier mâle qui arrive regarde de tous côtés et attend « qu’un autre se montre. En vient-il un qui n’est pas disposé à se « battre, il en attend un troisième, un quatrième, et bientôt la lutte « s'engage. Deux adversaires se sont rencontrés ; ils fondent l’un « sur l’autre, luttent jusqu’à ce qu’ils soient épuisés, puis chacun « retourne à sa place, se repose, refait ses forces, pour recommen- « cer une nouvelle lutte. Cela continue ainsi jusqu’à ce que la « lassitude l'emporte. Alors ils abandonnent la place, mais géné- « ralement pour y revenir bientôt. Ces combats ne sont jamais « que des duels; jamais plus de deux ne se battent ensemble. « Cependant, si le terrain est assez spacieux, il arrive souvent « que deux, trois paires de Combattants en viennent aux prises « en même temps, mais chacune pour soi; leurs coups se succè- « dent, se croisent avec une telle rapidité, que l’observateur, de « loin, est tenté de croire que ces Oiseaux sont affolés.

« Deux mâles qui se provoquent commencent à trembler, à « hocher la tête ; ils hérissent les plumes de la poitrine et du dos, « relèvent celles de la nuque, étalent leur collerette, fondent l’un « sur l’autre, se portent des coups de bec; les verrucosités dela « tête leur servent de casque, leur collerette de bouclier. Les « attaques se suivent, se précipitent avec une rapidité élonnante ; « l’ardeur de ces Oiseaux est telle qu’ils tremblent de tous leurs « membres. Ils se reposent par moments. Enfin le combat finit « comme il avait conmencé, par un tremblement général de lOi- « seau et par des hochements de tête. Le Combattant semble lancer « un coup de bec à son adversaire, et celui-ci lui répond de la « même façon. Tous deux secouent leur plumage, et retournent

« à leur ancienne place; s’ils sont trop las, ils se séparent pour « quelque temps.

« Ils n’ont d'autre arme que leur bec mou, en massue à son « extrémité, à tranchants émoussés ; ils ne peuvent se blesser, faire « couler leur sang; il est même rare qu’ils perdent quelques plu- « mes; le pis qui puisse arriver à l’un deux, c’est d’être pris par « la langue et tué ainsi par son adversaire. Il n’est pas invrai- « semblable que, dans leurs attaques, leur bec ne se recourbe « quelquefois, et il est probable que c’est là l’origine des tubérosi- « tés, des saillies que portent sur leur bec les vieux mâles, qui « sont les batailleurs les plus acharnés ».

« Parfois, poursuit A.-E. Brehm, une femelle arrive sur Île champ de bataille, prend les mêmes postures que les mâles, court au milieu d'eux, mais ne participe pas à la lutte et s’en va bientôt. Il peut arriver alors qu’un mâle l’accompagne et demeure quelque temps avec elle. Bientôt, cependant, il revient à la place du combat, sans plus s'inquiéter d’elle. Jamais deux mâles ne se poursuivent en volant. Ils ne se battent que sur le lieu à ce destiné; hors de là, ils vivent en paix. On remarque bien vite que ce n’est pas la jalousie qui les fait ainsi se battre. Quelle en est donc la vraie raison ? C’est ce qui est encore pour nous une énigme ».

Toute la Normandie. — De passage régulier en mars. avril et mai, et en Juillet, août, septembre et octobre; un certain nombre de couples nichent dans le département de la Manche. — A.C.

8° Genre. TRINGA — BÉCASSEAU.

Page 1