INDICES ET ANGLES
DÉSIGNATION DES MESURES
COLOBUS.
SEMNO-
riTHECUS.
Indice Céphalique
— Vertical
— Frontal
Basilaire
— Facial
Angle facial
— occipital
« Un museau court, un crâne volumineux, plus comprimé toutefois et par conséquent à cavité encéphalique moins étendue que chez les Semnopithèques », tels sont, on l’a vu (1), les caractères crâniens les plus tranchés, attribués jusqu’ici aux Colobes.
Nos moyennes craniométriques donnent des résultats complètement différents; toujours à taille égale, la tête chez les Semnopithèques est relativement plus petite que celle des Colobes, leur museau est plus court, leur capacité crânienne beaucoup moindre.
« Chez les Singes, a dit Broca (2), le cerveau recouvre entièrement le cervelet; chez l’Homme, le cerveau non seulement recouvre le cervelet, mais il le déborde presque toujours d’une manière notable, et le degré de saillie qu’il fait en arrière de cet organe est indiqué par la différence des deux diamètres longitudinaux ».
Si l’on applique ce raisonnement aux Semnopithèques et aux Colobes, on voit que la différence entre les deux diamètres longitudinaux : iniaque et antéro-postérieur maximum, est plus considérable chez les Colobes que chez les Semnopithèques, et, par conséquent, la saillie du cerveau en arrière du cervelet étant moins accusée chez ces derniers, elle prédomine chez les Colobes.
De même que dans tous les Singes, on peut ajouter dans tous les Mammifères, les contours de la boîte crânienne des Colobes et
(1) Is. GeoffroySaint-Ihlaire, loc. cil., p. 207.
(2) Instructions Craniologiques et Craniométriques. la Mémoires Soc. An thropologie de Paris, 2 0 série, t. II, p. 65-1875.
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postérieure; ces différences relatives sont plus grandes chez les Colobes eu égard h la région postérieure du crâne, ,1 en est de
même pour la région an térieuie.
Le crâne proprement dit des Colobes est allongé, ovoido-elliptique. celui des Semnopithèques raccourci et régulièrement
En raison même de ces dispositions particulières, la capacité crânienne des Colobes l’emporte très sensiblement sur celle des Semnopithèques; les moyennes, 80 centimètres cubes pour les uns, 06 centimètres cubes pour les autres, donnent un écait de 14 centimètres cubes au détriment des Semnopithèques.
La forme plus arrondie de leur crâne influe forcément sur la disposition des os qui entrent dans sa composition; c’est ainsi que les pariétaux se montrent presque régulièrement quadrilatères, circonscrits en avant par la suture coronale, dioite et peipendiculaire à la suture sagittale, en arrièie pai une ciete aiguë et élevée longeant la suture lambdoïde.
La direction un peu plus oblique de la suture coronale des Colobes, s’inclinant à angle obtus au bregma, donne à leur région frontale une forme trapézoïdale, le sommet du trapèze correspondant au bregma et sa base reposant sur la ligne susorbitaire. Les pariétaux limités en avant et en côté par la ligne oblique de la suture coronale, en arrière par la ligne également oblique de la suture lambdoïde, tendant à devenir aussi franchement trapézoïdaux.
Chez les Semnopithèques en général, une double crête saillante partant du bord externe et supérieur des arcades orbitaires proéminentes, longe de chaque côté la suture sagittale et va rejoindre en arrière le sommet de la crête lombdoïde, délimitant un espace dont la figure représente un large T.
Cette double crête existe chez les Colobes, à très peu d’exception près; dans la majorité des cas, elle est constamment plus large et plus proéminente.
La région occipitale, très aplatie chez les Semnopithèques, fuyante de haut en bas et d’arrière en avant, s’incline à partir du lambda sous un angle d’environ 104°: la même région est
également inclinée chez les Colobes, mais il n’existe pas d’aplatissement à cause de la saillie assez considérable de la protubérence occipitale; ce caractère influe sur l’ouverture de l’angle d inclinaison des deux plans occipital inférieur et occipitopariétal ; l’angle, dans ce cas, ne dépasse pas 92°.
Envisagé suivant sa face inférieure, le crâne des Colobes diffère assez nettement de celui des Semnopithèques.
Le plan de l’occipital est plus étroit dans ces derniers, presque carré, car la différence entre les deux diamètres extrêmes est à peine appréciable; dans les Colobes, il est large et trapézoïdal; le trou occipital des Semnopithèques est large, subpentagonal, comme chez les Colobes, mais situé moins en arrière; les condyles courts, aplatis dans les uns, sont allongés, saillants dans les autres.
Les diamètres bimastoïdien et biauriculaire des Semnopithèques, plus larges que ceux des Colobes, donnent à la région basilaire une étendue plus considérable, caractère auquel se joignent : la disposition triangulaire des apophyses mastoïdes assez saillantes, longitudinalement silonnées, la largeur de l’apophyse basilaire de l’occipital, la forme elliptique de la portion pétrée du temporal et l’étroitesse des ailes du sphénoïde.
Chez les Colobes, les apophyses mastoïdes, larges, ovoïdes et lisses dépassent à peine le plan des parties avoisinantes, la portion pétrée est arrondie et également lisse, l’apophyse basilaire étroite et aiguë en avant, les ailes du sphénoïde largement développées.
La largeur de la face, la brièveté du museau différencient, avons-nous dit, les Semnopithèques des Colobes, contrairement à l’opinion généralement admise.
En premier lieu, le diamètre bizygomatique des Semnopithèques est plus large que celui des Colobes ; il en est de même des diamètres biorbitaire externe et bimalaire, de l’espace interorbitaire, de celui compris entre les deux trous sous-orbitaires; il s'en suit que le calcul de l’indice facial donne 25,00 pour les premiers, tandis qu’il est seulement de 13,33 pour les seconds, d’où la largeur en travers et l’aplatissement de la face chez les Semnopithèques, son etroitesse et sa plus g’rande hauteur chez les Colobes.
Le caractère facial des Semnopithèques est encore accusé par
l’énaisseur et l'horizontalité du jngal et par la largeur de toute l’arcade orbitaire: en outre, la paroi externe de la oav.tê orbra r à peu près plane, étroite et oblique de haut en bas et d arrière en avant chez les Colobes, est ventrue et bull, forme chez
le l S ét3to e de e rangle facial des Colobes à 59" et celui des Semnopithèques à 68°, montre que 1 inclinaison du profil couespoml aux caractères que nous venons d’énumérer.
La longueur ou la brièveté du museau, sa largeur ou son étroitesse peuvent être représentés par le diamètre bimaxillaire d’une part, et la longueur totale du maxillaire de 1 autre, cette longueur étant prise du bord incisif à 1 angle externe de la suture malo-maxillaire.
Chez les Colobes, la longueur du maxillaire dépasse de 13 millimètres le diamètre bimaxillaire, ces deux dimensions sont égales chez les Semnopithèques; la longueur relative du museau des Colobes est péremptoirement démontrée.
Il est presque inutile d’ajouter que la région palatine est en raison directe de la disposition du museau, c’est-à-dire courte, large, subquadrang'ulaire, à épine palatine obtuse chez les Semnopithèques; longue, elliptique, à épine palatine aiguë chez les Colobes.
« In tlie Semnopitheci and Coloci, a dit Huxley (1), the frontal région is rounded, the facial angle is comparatively large, and the ascending portion of the ramas of the mandible is high ».
On a vu que les deux premiers caractères assignés par Huxley aux Colobes et aux Semnopithèques, étaient inadmissibles; le troisième, relatif à la mandibule, se trouve dans le même cas.
Il faut observer tout d’abord que la hauteur de la branche montante de la mandibule des Semnopithèques est plus courte que celle des Colobes, et que sa largeur transverse est beaucoup plus considérable; sa largeur prise au sommet de l’angle ( Gonion de Broca) est aussi de beaucoup supérieure.
La branche montante des Semnopithèques est donc quadrangulaire; de plus, elle s’élève presque verticalement au plan du corps, son bord postérieur formant un angle droit.
(1) A manual of the Analomy of Verlebrated animais, 1871, p. 469.
Chez les Colobes, la branche montante, régulièrement trapézoïdale, est inclinée plus obliquement sur le plan du corps, et son bord postérieur s’infléchit suivant une courbe plus accentuée.
L’inclinaison de la branche montante des Colobes projette la mandibule en avant, tandis que la direction verticale de cette même branche chez les Semnopithèques tend à porter la mandibule en arrière; la direction de la mandibule, par rapport au plan du crâne, se comporte, dans l’un et l'autre cas, d’une manière assez différente pour qu’elle puisse contribuer particulièrement à donner à la région faciale un aspect plus ou moins allongé.
Plus courte chez les Semnopithèques que chez les Colobes, la mandidule prise dans son ensemble se différencie encore par une largeur plus considérable due à l’écartement et à la courbure des deux portions du corps.
L’espace délimité par cet écartement peut être comparé à un triangle équilatéral pour la mandibule des Semnopithèques, et a un triangle isocèle pour celle des Colobes.
La région symphisaire se différencie en ce sens que, chez les Colobes, elle est un peu plus longue, mais massive, et inclinée sous un angle beaucoup plus obtus.
De cette comparaison du système osseux on peut, croyonsnous, hardiment conclure que les Colobes diffèrent des Semnopithèques à un degré aussi élevé que les autres groupes de Singes peuvent différer entre eux.
SYSTÈME DEMTAB51E. — L’étude de 1 armature buccale va montrer qu’elle est non moins propre que le squelette à les séparer les uns des autres. (PL XV, fig’. 1, 2, o, G.)
Nous insistons d’autant plus sur cette proposition, que nous aurons plus loin à faire appel uniquement aux caractères différentiels des dents de Colobes et de Semnopithèques.
Il se présente, en effet, certains cas où l’étude des dents seules est indispensable et d’une grande utilité, malgré l’opinion contraire de certains Zoologistes.
mensurations