‹ Faune de la SénégambieChapitre 16 sur 48 · COMPARATIVES DES DENTS · texte numérisé non relu

COMPARATIVES DES DENTS

désignation des mesures.

COLOBUS.

8EMN0- PITH ECUS.

Différences

Rapports.

( médianes. . .

incisives /

j latérales

1 canines

CS

( médianes . ...

incisives

latérales

( épaisseur

( épaisseur

( hauteur.

3 Œe mulaire

1 éüaisseur

courbe totale de l’arcade dentaire d’un côté

Considéré dans son ensemble, le système dentaire des Colobes est plus robuste que celui des Semnopitbèques (1), et la longueur

(1) « The dentition of the two groupes ( Semnopilhecus , Colobus), dit Linnæus Martin (loc. cit., p. 492), is precisely similar, as also in the form of the cranium, which is remarkable for the boldness of the supra orbital ridge, the distance between the orbits, the angularity and latéral projection of their osseous raargin, and the depth of the lower jaw ».

La première proposition relative aux dents est inexacte comme on le verra bientôt.

La seconde est infirmée par l'examen comparatif précédent des crânes dans les deux groupes.

arcade dentaire, par suite de l’élongation du museau, est manifestement plus considérable. Quant aux différences particumies, elles résident plus spécialement dans les incisives les

canines, la première prémolaire et la dernière molaire de la mandibule.

L arcade des Semnopithèques est hypsiloïde, celle des Colobes Longuement elliptique .

Chez les Colobes, les incisives médianes supérieures implantées très obliquement, volumineuses, larges, ovoïdes, convexes, présentent un biseau triangulaire, d’ordinaire divisé transversalement par une crête obtuse; le sommet du triangle porte en général une petite fossette elliptique. Ces mêmes incisives chez les Semnopithèques, relativement moins obliquement inclinées, ont leur couronne étroite et trapézoïdale; le biseau en triangle isocèle est régulièrement concave.

Leuis incisives externes inférieures, plus petites que les supérieures et que les médianes inférieures n’ont, en aucune façon, « le tianchant coupé obliquement en dehors », comme le dit Meckel (1) ; leur biseau quadrangulaire porte extérieurement un petit talon obtus et proéminent.

Le biseau de ces mêmes incisives inférieures, très fortes chez les Colobes, est elliptique, aigu et sans talon externe.

La mâchoire des Colobes est armée de canines longues, cintrées, à pointe subaiguë, exceptionnellement courtes; elles portent en avant et en côté un sillon assez prononcé et sont creusées d’une large gouttière en arrière et en dedans.

Ce sillon est moins profond chez les Semnopithèques et règne sur toute la longueur des canines, tandis que chez les Colobes, il s’arrête au dernier tiers inférieur; l’arète postérieure de la canine est également mince et tranchante.

Un large espace existe entre l’incisive supérieure externe et la canine des Colobes, cet espace est étroit chez les Semnopithèques ; on n’en voit aucune trace à la mandibule des uns et des autres.

La première prémolaire supérieure des Colobes, à peu près cubique, porte une pointe subaiguë à la face externe et un tuber-

(1) Traité général d' Anatomie comparée, éd. Française, traduct. de A. Sanson et Th. Schuster, 1838, t, VII, p. 755.

que.

sru-

. , . , v 1a face interne, la même dent, plus petite et tra-

-t: • la

fa lV; r em"èr:X>ai- » 'a mandibule, présente une confl

“tte dent, perpendiculaire sur le

énaisse, acuminée a, la tace exie ,

tris obliquement et munie en avant et en un.» d un talon obtus s, tué aux extrémités de la ligne inferieure du plan oblique ; souvent le côté antérieur externe est fortement lime par e io tement de la face interne de la canine supérieure correspondante.

Chez les Colobes, la première prémolaire étroite et peu élevée est implantée très obliquement d’arrière en avant, son tubercule antérieur est obtus et la couronne, aplatie dans le reste de son étendue, s’incline d’avant en arrière et de dehors en dedans.

La seconde prémolaire et les trois premières molaires supérieures sont établies sur le même modèle dans les deux groupes, avec ces différences cependant qu’elles sont plus volumineuses chez les Colobes, à tubercules épais de hauteur presque égale, à couronne par conséquent plate, tandis que chez les Semnopitbèques les deux tubercules de la face externe sont tiiangulaiies et à pointe aiguë, les deux internes peu saillants et la suiface de trituration inclinée de dehors en dedans.

A la mandibule, ces dents présentent des caractères à peu près semblables, les tubercules internes acquièrent toutefois chez les Colobes plus de hauteur que les externes et une plus forte acuité, le plan de trituration s’incline comme chez les Semnopithèques de dedans en dehors.

La troisième molaire inférieure a cinq tubercules, surpasse en longueur celles qui la précèdent; le seul point différentiel entre elle et celle des Semnopithèques consiste, indépendamment de ses dimensions plus fortes chez les Colobes, dans le peu d’élévation du cinquième tubercule à sommet obtus, et son prolongement en arrière en une sorte de talon épais. Ce talon manque chez les Semnopithèques qui ont, en outre, le sommet du tubercule aigu et tranchant.

La dentition des Colobes et des Semnopithèques, telle que nous venons de la décrire, diffère sous quelques rapports de celle

donnée par F. Cuvier notamment (1); il faut en chercher la cause dans ce fait que F. Cuvier, ne connaissant pas les Colobes, n’a pu les comparer aux Semnopithèques, et que surtout sa description de 1 armature buccale de ces derniers repose uniquement sur l’examen du Semnopithecus Maurus, F. Cuv., les variations même les plus légères, existant chez les autres Formes de ce groupe, ont forcément contribué à en modifier la caractéristique.

Afin d éviter cet inconvénient, nous nous sommes attaché, dans nos comparaisons, à faire ressortir les différences, non pas en nous adressant a une seule Forme, mais en résumant la moyenne des caractères fournis par un grand nombre d’individus des diverses Formes, cherchant ainsi à. mettre en lumière ce que l’on pourrait appeler les caractères typiques des groupes étudiés.

Les auteurs qui, depuis F. Cuvier, ont traité des Colobes et des Semnopithèques, se sont peu occupés de leur dentition identiquement semblable, disent-ils, quoique plus forte cependant chez les Colobes.

R. Owen, dans son Odontoçjraphy (2), se borne à exposer que : « the lower incisors are more equal in size, the canines are smaller, and the upper ones less deeply grooved than in the Baboons; the base of the first lower premolar is less extended anteriorly; the first truemolar is equal to the second and the last is narrower anteriorly in proportion to its length », établissant ainsi entre eux et les Cynocéphales, une différenciation tout à fait étrangère à notre sujet et dont nous n’avons pas à tenir compte.

Pour le professeur P. Gervais, « les canines des Semnopithèques (3) ne sont pas très développées, et celles de leurs mâchoire supérieure, souvent un peu plus larges que d’habitude, dépassent peu les autres dents ». Ce fait est vrai dans certains cas, seulement, comme beaucoup d’autres Singes, les Colobes et les Semnopithèques présentent des canines tantôt courtes, tantôt

(1) Des Dents des Mammifères considérées comme caractères Zoologiques,

1825, in-8°, p. 14 à 16 et pl. n° iv.

(2) Loc. cit., vol. I, p. 443.

(3) Hist. Nat. Mamm., loc. cit., p. 56. — Ce que le Savant Professeur dit des Semnopithèques s’applique également aux Colobes, qui ne sont pour lui que des Semnopithèques Africains.

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tel ou tel groupe de Singes- ( , n (aille attribuer une trop

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froy-Saint-Hilaire (1), sont très tuberculeuses chez les Guenons; elles offrent plusieurs pointes très sensibles, à peine émoussees par l’effet de la détrition; tandis qu’au contraire ces dents, chez L Semnopithèques, sont fortement détruites par 1 usage qu en font ces animaux, à tel point quelles sont uniformément creusées sur le centre et dans le sens de la longueur de la mâchoire. » M Cari Vo° - t (2) a vu un crâne de Colobus Guereza « dont les dents molaires sont usées de telle sorte que les lamelles externes seules restent et donnent au râtelier 1 aspect d une scie ».

Nous n’avons jusqu’ici observé ni Colobes ni Semnopithèques à râteliers ayant l’aspect d’une scie; en revanche, nous avons vu leurs dents usées comme les décrit si exactement E. Geoffroy- Saint-Hilaire, nous ne pouvons cependant avec quelques auteurs attribuer cette usure à une nourriture presque exclusivement composée de feuilles d’arbres et la prendre comme caractéristique, car non seulement elle se rencontre semblable chez d’autres Singes (Cercopithèques, Cynocéphales, etc.), mais aussi chez les animaux que l’on ne qualifiera pas de Phythophag'es. tels que Lions, Hyènes, Chiens, etc , etc.

Pour eux comme pour les Semnopithèques et les Colobes, l’usure des dents est une question d’âge et elle n’existe absolument que chez les très vieux individus.

De même que plusieurs autres Singes, les Colobes présentent parfois des anomalies dentaires consistant en la présence de dents surnuméraires, mais ces anomalies, au lieu de porter sur les molaires comme dans les cas cités par de Blainville (3) et

(1) Loc. cit., 8 e leçon, p. 5.

(2) Loc. cit., p. 30.

(3) Sur quelques anomalies du système dentaire, in Annales de Physio logie et d' Anatomie, t. I, 1838.

ls. Geoffroy-Saint-Hilaire entre autres (1), se manifestent sur les incisives ; chez un Colobus Satanas (2), nous avons constaté l’existence d’une incisive surnuméraire au maxillaire supérieur; cette incisive située en arrière et au milieu des deux incisives médianes, leur ressemble dans toutes ses parties, comme elles aussi elle repose dans une alvéole parfaitement conformée.

Nous citerons avec doute le crâne décrit par C.-G. Giebel (3), d’origine inconnue; ce crâne, acquis comme appartenant à un Colobus Guerezci, ne possédait que quatre tubercules à la dernière molaire de la mandibule, et portait en arrière de la dernière molaire gauche du maxillaire supérieur une dent surnuméraire : « in der linken oberkieferreihe liinter dem letzten zahne noch eine grosse alvéolé eines uberzahligen 6 zahnes zeigt ».

DENTITION TE.HEOItAII&E. — Comme pour tous les Singes de l’ancien monde, le système dentaire des Colobes et des Semnopithèques adultes se compose de 32 dents, représentées par la formule suivante :

La première dentition comprend seulement 20 dents, ainsi réparties :

Ces 20 dents temporaires fournissent des caractères particuliers. (PI. XV, fig. 3, 4, 7, 8.)

Au maxillaire supérieur, les incisives médianes des Colobes sont larges, en palette; leur surface de trituration oblique est limitée en arrière et en bas par un talon saillant et obus, et porte

(1) Dict. unie. Hist. Nat., article Cercopithèque, t. III, p. 306. — Caract. génér. des Singes Américains, in Mémoires du Muséum, t. XVII. — Hist. générale des anomalies, t. I, p. 600. — Descript. des Mammifères, 1 er mémoire in Archives du Muséum, t. Il, p. 521.

(2) Le crâne fait partie des riches collections de notre ami M. A. Bouvier.

(3) Zeitsch. fur die Gesam. nalurw. Drile folge ( Giebel , Berlin), 3 e sér., t. VI, 1880, p. 495-496.

à son centre deux larges côtes perpendiculaires, séparées par un

S *Les hicfs^ves 0 latérales plus petites et triangulaires sont également munies en bas et en côté d'un pet.t talon obtus.

I es canines, identiquement semblables aux mc.s.yes latérales mais de dimensions plus fortes, dépassent é peine le niveau de

la ligne dentaire. ,

La première prémolaire quadrangulaire porte quatie tubercules les deux externes sont larges obtus; les deux internes peu é levés figurent une petite pyramide tronquée ; la deuxième prémolaire, également à quatre tubercules épais, est forte et quadrangulaire.

A la mandibule, les incisives médianes sont étroites et triangulaires; les latérales, de même forme, portent un petit tubercule à leur base externe ; les canines sont petites et en crochet.

La première prémolaire, étroite, parallelogrammique, poite quatre tubercules; des deux externes, le postérieur est aigu, l’antérieur est épais, peu élevé et élargi en avant en une expension ovalaire; les deux tubercules internes sont petits et 1 approchés.

La deuxième prémolaire est large, cubique, à quatre tubercules saillants et séparés par une fossette médiane profonde.

Chez les Semnopithèques, les incisives médianes supérieures, subcubiques, ont leur plan de trituration lisse et coupé carrément au sommet.

Les incisives latérales sont aiguës, triangulaires; les canines droites, pyramidales, dépassent d’ordinaire le niveau des autres dents.

La première prémolaire est petite, quadrangulaire, à quatre tubercules, dont les deux externes sont larges et obtus; des deux internes à peine saillants, l’extérieur est prolongé en une petite pointe subaiguë.

La seconde prémolaire, épaisse et quadrangulaire, porte également quatre tubercules : les deux externes gros et obtus, les deux internes petits et aigus.

Les incisives médianes de la mandibule sont petites et trapézoïdales, les externes portent un fort denticule en dehors et en côté.

Les canines petites, courbées de dedans en dehors, faiblement

comprimées, s’élargissent à leur base et en dedans en un fort tubercule subobtus; un denticule plus faible, se montre à la partie médiane du bord externe.

La première prémolaire est étroite, allongée; de ses quatre tubercules, les deux postérieurs très petits, obtus, sont séparés des antérieurs par une dépression profonde; les deux antérieurs, épais et presque unis l’un à l’autre, se prolongent par leur base en une sorte d’expansion obtuse, simulant un cinquième tubercule.

La seconde prémolaire quadrangulaire, forte, porte quatre tubercules, les deux internes élevés, subaigus; les deux externes plus courts, légèrement obtus et séparés par une fossette peu profonde.

Il serait inutile d’insister plus longuement sur les différences que les dents de lait des Colobes et des Semnopithèc^ues présentent avec les dents de remplacement correspondantes; ces différences se montrent plus particulièrement sur les prémolaires, non seulement des jeunes aux adultes, mais aussi des jeunes des uns aux jeunes des autres, et elles apportent un nouvel élément en faveur de la séparation que nous cherchons à établir entre, les deux g-roupes.

MAINS. — La ligne de démarcation que la comparaison du système osseux et de l’armature buccale des Colobes et des Semnopithèques vient de tracer entre eux, va s’élargir de plus en plus par ' l’examen de certaines de leurs parties externes et de plusieurs de leurs organes internes.

Les mains des uns et des autres nous sont connues, nous y revenons cependant pour compléter quelques données relatives au pouce des Colobes, caractère admis comme fondamental. (PL XY, fig. 1,2 et PL XVI, fig. 1, 5.)

On a vu que, chez les Semnopithèques, le pouce était considérablement réduit, mais qu’il existait toujours; on a également vu que ce doigt, chez les différentes Formes de Colobes, pouvait ou manquer complètement ou bien être représenté par un tubercule plus ou moins saillant; qu’il pouvait aussi être totalement privé d’ongle ou en supporter un de faibles dimensions, fait parfaitement établi par G. Mivart : « The tliumb is generally absent or reduced to a small tubercle which may or may not

. „ , (i, fait constaté bien avant lui par la. Geoffroy-

S fe^fint^eTbl^rvr P aï qu’nna main de Colobe est ainsi ex ér eurement constituée, mais pour que I abs nce du pouce unisse être invoquée comme caractère fondamental (nous ms.sb ns sur ce mot), n'est-il pas rigoureusement nécessaire que cette r b "ence soit complète, absolue, c'est-Mire que toute trace de

l’organe ait disparu du squelette?

«Le pouce n’existe pas chez les Colobes, écrit le Professeur P Gervais(3), ou bien ils n’en ont qu un faible îudiment sans phalange et qui n’apparaît que comme un petit tubercule; 1 os métacarpien correspondant existe seul avec son développement

ordinaire ».

Du moment où l'os métacarpien existe avec son développement ordinaire, l’absence du pouce n’est déjà plus complète; dès lors, si l’une *o u l'autre des deux phalanges venait à se montrer, le pouce serait presque normal dans le sens absolu du mot.

Or, nous l'avons déjà dit, la phalange onguéale, la phalangette existe, et elle existe toujours, même quand l’ongle fait défaut, même quand le tubercule externe n’est pas appréciable.

Identique dans toutes ses parties à celles des autres doigts, elle s’en distingue seulement par son insertion directe avec le métacarpien, d’où résulte un mode d’articulation particulier.

Chez les Singes comme chez l’Homme, les articulations métacarpo-phalangiennes se font par énarthrose; ici, l’éminence arrondie de l’extrémité antérieure du métacarpien a disparu pour faire place à une poulie aplatie, correspondant aux deux petites cavités glénoïdes de l’extrémité inférieure de la phalangette ; c’est une articulation throchléenne. (PI. XV, fig. 3.)

L’absence de la première phalange du pouce est sans nul doute la cause de cette disposition; il semblerait que cette phalange s’est en quelque sorte fondue avec le métacarpien et qu’elle se

(1) Encyclop. Britann. Ninlh Ed., vol. II, 1875, art. Ape, p. 151.

(2) Cat. Mamm. Mus., toc. cit., p. 17 et Dict. Univ. Hist. Nat. d'Orbigny, art. Colobe, t. IV, p. 207 et seq.

(3) Loc. cit., p. 64.

manifeste seulement par le maintien de sa facette articulaire dont la disposition était nécessaire à l’union de la phalange onguéale.

Son absence est en outre compensée par la longueur du métacarpien, identiquement égale à celle du métacarpien correspondant des Semnopithèques, dont le pouce entier l’emporte seulement de 6 millimètres sur le pouce entier des Colobes.

On a souvent comparé la main des Colobes à celle des Atèles; cet organe de préhension est en effet absolument semblable dans ces deux groupes; comme les Colobes, les Atèles ont un métacarpien pourvu d’une phalange onguéale, comme eux ils sont muni d’un pouce aux extrémités antérieures.

Cette affirmation est complètement contraire aux idées jusqu’ici admises.

« Ces Singes, dit E. Geoffroy-Saint-Hilaire, ont leurs mains sans pouce; ce n’est point que le pouce manque entièrement, mais premièrement il est très court et complètement renfermé dans les téguments communs, et secondement il lui manque une phalange : l’onguéale » (1).

Sans multiplier les citations, E. Geoffroy-Saint-Hilaire, de même que le Professeur P. Gervais, refusant au pouce des Colobes et des Atèles une phalang-e ong’uéale (2), de même que de Blainville donnant aux Atèles un métacarpien terminé par une petite tête sans phalange (3), ont été sans aucun doute induits en erreur par des préparations ou incomplètes, ou mal faites; devant des squelettes entiers, les Savants Anatomistes n’eussent pas hésité à constater l’existence d’un os de petite dimension, il est vrai, mais parfaitement visible pour des yeux moins exercés.

Nous indiquons comme preuves, les squelettes de Colobes inscrits dans les Galeries d’ Anatomie comparée du Muséum sous les n os A. 3842 et A. 3844; et ceux d ’Ateles mary hiatus, E. Geoff., n° A. 3979; d ’Atiles paniscus, E. Geoff., n° A. 3980; d ’ Ateles Belzebutli, Briss., n os A. 3981 et A. 3983.

Les Colobes, comme les Atèles, ont donc un pouce parfaitement

(1) Loc. cil., 9 e leçon, p. 22.

(2) Loc. cil., p- 122 et figure de la main d'un Aleles Belzebuth.

(3) Ostéographie, t. I, Primates, 1839, p. 12 et pl. vin, genre Cebus.

sont extrêmement allongés chez tous les Singes h mains anté-

rieures tétradaetyles » ?

Nous n’avons qualité ni pour défendre ni poiu combattre l’hypothèse célèbre de l’unité de plan de composition, posée par l’illustre antagoniste de Cuvier, mais soit qu on 1 accepte dans son intégrité, soit qu’on la circonscrive dans les limites qu un Savant Zoologiste lui assignait dernièrement (2), nous croyons qu’elle renferme de nombreuses exceptions.

Pour que la longueur de la main, par exemple, « devienne un évènement de préjudice pour l’une de ses parties, d atrophie ou du moins une cause de réduction pour le doigt sous-cutané » (3), il faut que les rapports des parties en cause soient absolus.

Or, de nos comparaisons entre les mains des Colobes et des Semnopithèques, il résulte que, chez ces derniers, les doigts de la main sont plus longs que les doigts correspondants des Colobes, et cependant ceux-ci ont un pouce sous-cutané, tandis que celui

(1) Loc. cit., 1 er Mérn. sur les Singes, p. 497.

(2) M. le Professeur E. Perrier ( Anatomie et Physiologie animales, 1882, p. 45), sous le titre : Limites de l'imité du plau de composition dans le règne

animal, s'exprime ainsi : « C'est seulement, en général, dans l’étendue de

l’un des neuf grands types organiques que la proposition de Geoffroy-Saint- Hilaire doit être admise. Là, l’unité de plan de composition est réelle; on peut concevoir pour chacun de ces types un animal fictif, d’où il est possible de faire dériver tous les autres, en supposant que certaines de ses parties se sont modifiées dans leur nombre ou leurs proportions relatives, ont éprouvé des soudures avec des parties analogues ou se sont atrophiées. Le principe des connexions est alors applicable do.ns toute sa rigueur. »

(3) Loc. cit., 9 me Leçon, p. 23.

des autres, bien que relativement réduit, est externe, complet et mobile, sinon tout à fait opposable.

Les Colobes ont, il est vrai, les membres postérieurs plus longs que les antérieurs; ici le balancement des organes pourrait être invoqué, mais par contre les Hylobates « pentadactyles » ont de longs, très longs bras, le Simia Scityrus, « au pouce comme chez l’Homme pour son degré d’écartement, sa longueur et sa faculté de préhension » (1), possède des membres antérieurs de dimensions considérables, faits contraires au principe précité.

Il serait facile de multiplier les exemples, ceux-là suffisent pour écarter du débat, tout au moins, les Semnopithèques et les Colobes.

ONGLES. — M. Mivart décrit les ongles des Colobes et des Semnopithèques comme étant comprimés et pointus : « Their nails, dit-il, are compressed and pointed» (2). Cette caractéristique n’est scrupuleusement exacte ni pour les uns ni pour les autres.

Envisagés dans leur ensemble, les ongles des extrémités antérieures et postérieures sont pour les deux groupes en forme de tuiles : Tegulares, et non en forme de lames : Lcminares, comme les indiquent la plupart des auteurs; mais, à part ce caractère commun, il existe des différences notables, non seulement d un groupe à l’autre, mais aussi de membre à membre. (PL XV I, fig. 2, 3, 4, 6.)

Chez les Colobes, les ongles des membres antérieurs mesurent en moyenne 10 millimètres de long sur 4 millimètres de large à la racine et 3 millimètres vers la portion médiane; fortement bombés, leur extrémité libre est obtusément elliptique. Les ongles des extrémités postérieures plus longs puisqu ils atteignent 15 millimètres et beaucoup plus étroits, 4 millimètres à la racine et 2 millimètres au milieu, se terminent en pointe obtuse; c’est le seul cas où la caractéristique de M. Mivart soit exacte. .

Chez les Semnopithèques, les ongles des mains sont relativement larges; d’une longueur moyenne de 11 millimétrés, ils mesurent seulement à leur racine 3 millimètres de large, tandis

(1) Loc. cit., 7 me Leçon, p. 22.

(2) Loc. cit., p. 151.

QU ., „ partie médiane la largeur s'élève à 5 millimètres ; de plus, eu extrémité libre est coupéeà, angle obtus. Le. ongle. des pieds ressemblent par leur forme aux ongles des mams des Colobes, ont en atteignant naturellement des dimenstons plus fortes.

Dans certains Colobes, ces ongles mesurent parfois jusquà 05 millimètres; semblables è de longues gr.ftres obtuses à la pointe, ils paraissent propres i> des individus très âges, nous es avons observé principalement chez les Coloius Gueveza et Satnnas • les Semnopithèques ne nous ont offert aucune disposition

analogue.

En résumé, si l’on voulait traduire graphiquement la différenciation des oug-les dans les deux groupes, ceux des Colobes pourraient être représentés par la moitié d un cône obtus, dont la base reposerait sur la racine de 1 ongle, ceux des Semnopitlièques par la même moitié de cône, mais reposant sui la latine de l’ongle par son sommet.

Lorsqu’il existe un ongde sur le tubercule îepiésentant extérieurement le pouce des Colobes, il est de petite taille et il se montre sous une forme vaguement lenticulaire. (PL XYI, fig. 4.)

A propos de cet ongle, nous relèverons deux passages de l’article Ape de M. Mivart dans l ’ Encyclopedia Britannica.

Les Colobes, dit-il (1), manquent de pouce ou bien il est représenté par un petit tubercule « which may or may not support a nail ». Cinq pages plus loin (2), il déclare que tous les Singes ont les doigts armés d’ongles, excepté le pouce de l’Orang : « and those rudimentary tubercles already spoken of as representing thumbs of Colobus ».

M. Mivart, après avoir affirmé un fait exact à la page 151 de l’ouvrage cité, déclare ce fait comme inexact à la page 156 du même ouvrage, la comparaison des deux phrases le démontre.

Se contredire sans cesse est un des privilèges de Messieurs les Savauts Anglais !

SYSTÈME PILEl'X. — Sans tenir compte pour la caractéristique générale, de la disposition particulière des poils sur les

(1) Loc. cil., p. 151.

(2) Loc. cit., p. 156.

diverses parties du corps, disposition dont nous aurons à nous servit par la suite, la qualité du pelag'e, si l’on peut s’exprimer ainsi, n est pas la même chez les Colobes et les Semnopithèques.

Les poils relativement ténus de ces derniers sont souples et doux au toucher; ceux des Colobes, gros et rudes, ne doivent leur souplesse apparente qu’à leur grande longueur; parmi les formes à poils relativement courts, on ne rencontre en effet jamais la mollesse de ceux des Semnopithèques.

Vues au microscope à un grossissement de 60 diamètres, les cellules squamiformes de la cuticule ou épidermicule (1) des poils des Semnopithèques, offrent l’aspect de stries longitudinales interrompues, fortement colorées et tranchant sur la presque transparence des autres parties; l’axe est occupé par une substance médullaire foncée et continue; la coupe des poils est régulièrement circulaire. (PL XVI, fig. 10, 11.)

Les cellules squamiformes de la cuticule des poils des Colobes offrent l’apparence de rides disposées en travers; ces rides sont irrégulières, onduleuses et souvent alternes; la substance médullaire de l’axe est interrompue par places et modérément colorée; la coupe est franchement elliptique. (PL XVI, fig. 8, 9.)

CALLOSITÉS ISCHIATIQL'ES. — Les Colobes et les Semnopithèques auraient, suivant M. Mivart (2), de petites callosités iscliiatiques : « they hâve small ischiatic callosities ».

Il est superflu de rappeler que les callosités ont été longtemps niées chez certaines Formes de Semnopithèques; on sait aujourd’hui que toutes en possèdent, nous ajouterons que dans aucun cas elles ne peuvent être qualifiées de petites « small », comme le veut M. Mivart. (PL XVII, fig. 1, 2.)

La moyenne des dimensions des callosités prises sur dix individus des deux groupes, donne pour les Colobes une largeur de 38 millimètres sur une hautenr de 60 millimètres; la largeur des mêmes organes est de 30 millimètres pour les Semnopithèques, la hauteur ne dépasse pas 41 millimètres.

(1) H. Milne-Edwards, Leçons sur la Phys, et l’Anat., etc., t. X, 1872-/4

(2) Loc. cit., p. 15-1.

1 „ diamètres de 22 millimètres pour les

La différence de. de donne m quelque

rn;— .eurseanosll^—c^lesun.a, ^ .lAvfilouuées chez les autus.

ES -Les anciens observateurs, comme les Natura *“ s modernes, se sont demandé si les Colobes avaient des abamues ou s'ils en étaient totalement privés; les uns affirment ieni' présence, les autres la nient absolument, plusieurs se bornent à poser une interrogation sans essayer de la resou die, quelques-uns enfin gardent un silence complet.

Comme on l’a vu précédemment (1), Illiger, Schinz, luscher, Lesson, O’Gilby et Dalhbom donnent des abajoues aux Colobes; Schlegel, Owen, Mivart déclarent qu'ils en sont prives; Desmarest, d’abord hésitant, déclare les avoir vues; Is. Geoffroy- Saint-Hilaire reste dans le doute, etc., etc. Enfin, Linnæus Martin, après avoir donné et discuté les opinions émises avant lui, expose les raisons qui le feraient pencher vei la négative. Nous croyons devoir reproduire ui extenso le passage de son ouvrage, car rien de plus complet n’a été écrit jusqu ici sur cette

question :

« It is indeed true (2), dit-il, tbat cheek pouches, which cannot be said to exist in tbe Semnopitheci, are assigned, as a distinguishing character, to the Colobi : but upon this point there is some uncertainly. M. Ruppell, tbe only naturalist who has dissected one of tbese animais (3) does not make any mention of them. M. Ogilby bowever, in bis description of Colobus fuliginosus (4) observing tbat the face is short, tbe head round and the whole form and habit tbose of the Semnopitheci (5), says : « The theeth are of the usual form and number, and there are large and very distinct cheek pouches; and the adds : « I was tbe more par-

(1) Pages 19 à 24.

(2) Loc. cit., p. 493.

(3) See bis account of the C. Guereza in noio Wirbelthier e Saugethiere , 1, 1835.

(4) P. Z. S. of London, 1835, p. 98.

(5) On verra que cette description est complètement fausse.

ticuliar in making this last observation, because tbe organs in question had not been previously recorded as existing in tbe Colobi, and because G. Saint-Hilaire in bis valuable lectures, of ,which it is a matter of great regret that so small a portion bas been given to tbe public, even doubts their existence. Of this however, tbere can be no longer any reasonable doubt; they are extremely apparent and ratber capacious in this specimen now under description » ; it is may here be remarked that Illiger, who etablished tbe Genus, and that Desmarest (1) who drew ut is character from Geoffroy, expressely affirm tbe presence of cbeek poucbes; and Geoffroy in bis lectures says : «Leurs abajoues sont assez développées ». Setting aside, however, Illiger, Desmarest and Geoffroy it is to be observed that tbe author of this work bas carefully examined the specimen in which Ogilby considers tbe cbeek poucbes to be both apparent and capacious; and though be hésitâtes in differing from so judicious a Naturalist, yet he cannot belp confessing that to felt be no means satisfied as to their real existance. It is true that there is a vacuum between tbe skin of the cbeeks and the jaw bon es. — A. vacuum not bounded posteriorly, as cbeek poucbes are, but communicating witb tbe bollow skin of tbe neck. Now, in effecting tbe préparation of the specimen — and tbe remark applies to others also, — the skin of tbe head bas evidently, been separated from tbe boues, and after the application of tbe ingrédients used, in preserving it, returned to its former position ; hence, in drying, the skin no longer adhering to the bones of the jaws, a space between the skin and jaws would naturally be tbe résultat; and in a specimen so prepared, it would be difflcult to say whether the vacuum thus presented, indicated capacious cbeek poucbes, or was marely a conséquence of tbe flaving of the head, and tbe subséquent contraction of the skin in drying. The fact is, that in dryed specimens, as they are usually prepared, it is very difficult, if not impossible, to acertain precisely wether, in tbe living animais, cheek poucbes bare présent or not, and in this predicarnent stands tbe Genus Colobus. »

(1) Desmarest also gives cheek poucbes as characteristique of the Genus Semnopühecus, a palpable error proving now cautiously, the assertion of the most accurable Naturalists arc to be received.

Ce n'est vas sans raison que Liunteus Martm ms.s c su, la d.ffl.

onUé de reconnaître sur des peaux préparées h, présence d alra-

" es U est toutefois des procédés faciles à employer e pouvant

élucider la question, quand on se trouve en

conservés dans de bonnes conditions, présence ne sujets conseives . , . . , ’

^ .\ ovomnipp ni h discuter ici le

joues,

beaucoup aider à

de sujets conservés

mais comme nous n'avons ni à examiner ni à bien ou mal fondé des procédés taxidermiques, nous nous bornerons à demander aux animaux récemment tués et à ceux couseivés dans l’alcool, l’explication de l’énigme cherchée.

Ayant eu à notre disposition un petit nombie seulement de Colobes, dans ces conditions exceptionnellement favorables, nous n’affirmerons pas que toutes les Formes du groupe possèdent des abajoues, mais la présence de cet organe que nous avons disséqué chez des Colobus ursinus (1) et ferrugineus, que nous avons vu chez des Colobus Isutcuicis, nous nutoiise h supposer que les autres Formes en sont également munies.

Elles consistent eu un sac ovoïdo-trapézoïdal, légèrement aplati, et pourraient être comparées à une petite bourse faiblement resserrée vers son ouverture (PI. XA III. fig. 1) ; comme chez les autres Singes, porteurs de poches semblables, elles s’ouvrent dans le voisinage des commissures labiales par une fente elliptique. Les abajoues des Colobes sont, en résumé, la reproduction fidèle de celles des Cercopithèques, avec des dimensions et une capacité beaucoup moindres.

Si Linnæus -Martin a eu raison de dire qu’il faut accepter souvent avec réserves « cautiously » certaines assertions de Naturalistes célèbres « the most accurate Naturcilists », il a eu tort de mal choisir ses exemples, car lorsque E. Geoffroy-Saint-Hilaire et Desmarest, notamment, qu’il vise dans cette phrase, ont donné des abajoues aux Colobes, c’est qu’ils avaient vu ces abajoues,

c’est que réellement elles existent! et on voyait bien

à leur époque, on jugeait surtout sainement !

Les auteurs qui, comme on vient de le voir, donnent avec

(1) Ce fait est en complet désaccord avec l’opinion de Waterhouse, qui (P. Z. S. of London, 1841, p. 85) affirme que sur un Colobus poly cornus récemment mort, il n’a vu aucune trace d'abajoues : « of these (cheek-pouches) he found not the slighlest trace ».

raison des abajoues aux Colobes, les refusent aux Semnopithèques; en cela ils sont encore strictement clans le vrai, cette opinion du reste est universellement acceptée.

Néanmoins, tout en étant privés d’abajoues, les Semnopithèques cependant en offriraient, dit-on, de faibles traces; pour être complet, nous devons relater quelques-unes des données émises à ce sujet :

E. Geoffroy-Saint-Hilaire (1) se demande si les Semnopithèques ont des abajoues? « C’est un point qui est encore douteux, dit-il; d après les observations de M. Duvaucel, elles seraient excessivement petites; d’après celles d’Otto, on n’en apercevrait même aucune trace ».

« Parmi les Singes de l’ancien continent, écrit G. Cuvier (2), les abajoues manquent dans les Orangs et les Gibbons; un léger pli de la peau, qui se voit dans les Semnipothèques en dedans de la commissure des lèvres, en offre quelques traces. »

« Il paraît, disent Is. Geoffroy-Saint-Hilaire et F. Cuvier (3), que les Semnopithèques commencent à montrer quelques légères traces d abajoues, mais ces poches ne se marqueraient encore chez eux que par un léger pli de la peau ».

Schlegel (4) distingue les Semnopithèques « de tous les autres Singes de l’ancien monde, à l’exception des Colobes (5), par le manque d’abajoues ».

Dalhbom, dans son Tabula Generum Simiarum Semnopithecarum (6), caractérise la division A, où il place les Semnopithèques, par cette phrase : « Sacculi buccales désuni », comme il caractérise aussi la division B, où il place les Colobes, par les mots ; « Sacculi buccales adsunt ».

H. Milne-Edwards- dit expressément: « Chez les Semnopithèques, les abajoues sont rudimentaires » (7).

(1) Loc. cit., 8 me Leçon, p. 7.

(2) Leçons d’Anat. comp ., 2e édit., 1835, t. IV, l r » part., p. 383.

(3) Hist. Nat. des Mammifères, édit. in-4°, t. I, 1833, p. 28.

(4j Mus. Pays-Bas, loc. cit., p. 29.

(5) Erreur précédemment discutée.

(6) Loc. cit., p. 83.

(7) Leçons sur la Pliys. et l'Anat. Comp., t. VI, 1860, p. 16.

" 5f ’ ~ ration el de consi-

, cari Vog’t (0. " * ^bajoues, ou tout au Enfin, sU1 ' aU ithèques comme ï , imen taires ». déreriesS^” P ^nt que de et conservés dans

moins commet pith èques ' ont montré le faible

Les quelque ng p U dispose!» g des lèvres dont il

en dedans des “““v comme la trace de. abareplide iv ié- quant à le c011b 1 ité d ’Is. Geoffroy-Saint-

Hilaire, de Cuvier et centions pour tel.

Pour la plupart des auteurs, pour S4CS UBÏ»*® 1 2 3 4 S . obe3 e t les Semnopithèques ont des

M .Mivart notamment, les col medianly loto the

sacs laryngiens : « » ion ofthe thyro-hyoïd mem-

front of the larynx, and is an

brane » (2). étudiés ne nous ont pas montré

Les Colobes que nous a , com me nous l’avons fait

de traces de ces sacs e sa leB Formes, nous

P our T 1“ «1 beaucoup eu sont privées; les

pouvons déclarer du w possède nt souvent de très

Semnopithèques a ^ Semnopithecm leucoprymnm,

Ziï. mwM ^“ ao " des Galeries

"ëtême qu^che^tousTeTsinges porteurs de sacs semblables, l'ouverture de ceux des Semnopithèques se trouve en dessous des cordes vocales, entre la base de l'épiglotte et lechancruie médiane du bord supérieur du cartilage tyroïde (3).

L’entrée des sacs est protéjée par l’os hyoïde en forme de bouclier bombé (Cuvier) (4) ou de bulle (H. M.-Edwards) (5); cet hyoïde bulliforme, propre à presque tous les Singes de l’ancien monde, semblerait rappeler avec des proportions moindres, celui

(1) Loc. cit., p. 27.

(2) Loc. cit., p. 151.

(3) H. M.-Edwards, Leçons sur la Physiologie el l'Anatomie comparée, t. XII, 1876-1877, p. 450.

(4) Leçons d'Anat. compar., 2 me édit., t. VIII, p. 781.

(5) Loc. cit., p. 450.

é^al^mp 1 2 i!t U1& ’ COnS î ltUé par Une lar 8' e caverne osseuse, recevant lfvni 1 Une P ° 16 laryng,ienne et destill é, dit-on, à donner à x de ces animaux un volume considérable. Il serait cepen

que!\ C T° nS ' n0US ’ téméPaire de Prendre affirmer, avec quelques auteurs, que l’hyoïde bulliforme et les sacs laryngiens des

fdentiquî qUM ^ d6S aUtr6S SimienS COQCOUrent à ™ résultat

La voix des Semnopithèques, comme celle de plusieurs Cerco-

est r^r^Y'’ a dl ® positlons byoïdo-laryngiennes semblables,

des Cvnocé^ e i PeU d é ^ endue; tout au plus p espèce d’aboiement h ./ 1 m es ’ conforrn és de même, pourrait-il être attribué

tiens ? t0US l6S CaS ’ plU8ieurS Si ^ es «ans sacs laryn-

? ? nt lhyoide bulliforme, comme aussi plusieurs à sacs

" nt rhy ° ïde établi sur lepIan de l’hyoïde de l’Homme, c est-a-dire à basihyal parabolique.

Chercher à expliquer pourquoi la voix retentissante des Hurleurs paraît correspondre à un hyoïde en forme de caisse osseuse « pour ainsi dire soufflée » (1), tandis qu’en thèse générale une voix faible est l’apanage des Singes à hyoïde même exceptionnellement bulliforme, serait vouloir soulever d'inutiles hypothèses; aussi, imitant le silence prudent de E. Geoffroy-Saint- Hilaire nous nous bornerons à dire, avec lui : « Cela est ainsi, nous le voyons des yeux du corps et nous appelons à le voir comme nous le voyons nous-même » (2).

Les Semnopithèques avec leur hyoïde bulliforme large et leurs sacs laryngiens, d’ordinaire assez vastes, comme les Colobes privés de ces sacs et à hyoïde bulliforme mais petit, rentrent dans les conditions de la majorité des Singes de l’ancien monde, et le volume de leur voix ne dépend en aucune façon de l’existence de ces organes.

C est également à tort, selon nous, que divers Naturalistes iegai dent la forme des branches montantes de la mandibule des Semnopithèques comme subordonnée à la présence des sacs laiyngiens, et qu’ils les comparent sous ce rapport aux Hurleurs d’Amérique.

(1) P. Gerçais, loc. cit., p. 116.

(2) Loc. cit., 9 e Leçon, p. 15.

! • i n îavo-eur et la hauteur exces-

II est unanimement ai miis ^ ^ m ândibule des Hurleurs est sive de la brauch ^ d’autre part, nous avons constaté,

due à la grandeui y aro . eur relative et la direction

avec plusieurs Anatomm u , Montante chez les Semnopi-

presque verticale de cette brancne

thèques. « est comme on le dit, logé entre

ie^branches monlntes du maxillaire inférieur » (Beclart) (1) ;

. e branches maxillaires, si larges et si hautes, sont des l,ra les qui flan ,uent et placent sous un utile abn une vaste caverne osseuse » (E. Geoffroy-Saint-Hilaire) (2); sr du volume de l'hyoïde dépend la capacité des sacs laryngiens; U était peu logique d'écrire : « La branche montante de la mâchoire des Semnopithèques ayant une hauteur, un élargissement, surtout dans la partie angulaire qui rappelle sa proportion dans les Hurleurs d’Amérique, la plupart des Semnopitlièques ont une poche gutéinmin ,nmmnni(iuant avec le larynx à la manière de ces Hur-

leurs (3) ». .

L’étude des parties sur lesquelles sont établies ces données,

conduit en effet à des résultat differents. (PI. XIX.)

En s’en ranportant, par exemple, à un crâne de Mycetes fusais, Kulil., déposé dans les Galeries d’Anatomie comparée du Muséum, on voit que son hyoïde loin d être « log'é entre les apophyses montantes du maxillaire inférieur, loin d être abrite par de vastes murailles », se trouve au contraire situé dans le vide formé par les deux côtés du corps de la mandibule, il s’appuie en avant directement en dedans de la symphyse dont il est à peine séparé ; en arrière, la lèvre inférieure de la grande cavité hyoïdienne dépasse à peine le niveau postérieur de la dernière molaire; seule, la partie postérieure correspondant aux glossohyaux et donnant attache à chaque stylhyal, se relève suivant l’inclinaison de l’angle formé par la rencontre delà ligne dentaire avec

(1) Trâité de Physiologie, 1870, p. 802.

(2) Loc. cit., 9 e Leçon, p. 14.

(3) Desmoulins, Dict. Class. H. N., t. VII, p. 564, article Guenon. — Phrase textuellement reproduite par Chenu : Encyclopédie H. N., Quadrumanes, p. 74, 1850.

le pied du bord antérieur de l’apophyse coronoïde (PI. XX,

%• 1,2); l’hyoïde, de cette façon, est entièrement proieté en avant.

Une conformation identique nous est fournie par un crâne de Mycetes niger, Kuhl., également déposé dans les Galeries d Anatomie comparée du Muséum.

Chez un Mycetes seniculus, E. Geoff., dont le corps de la mandibule mesure en longueur 93 millimètres, la longueur maxima de l’hyoïde est de 62 millimètres, plus court par conséquent de 31 millimètres, et correspondant encore exactement à l’espace délimité parles deux corps.

( Nl dans les de ux premiers cas, ni dans le troisième, l’hyoïde n est protégé par les branches montantes, et cela est si vrai qu’Is. Geoffroy-Saint-Hilaire a soin de dire, en parlant des Hurleurs : « Le corps de l’hyoïde dépasse en bas la mâchoire inférieure et forme au-dessous d’elle une saillie recouverte extérieurement et cachée par une barbe longue et épaisse» (1); qu’E. Geoffroy- Saint-Hilaire lui-même écrivait (2) : « La convexité de l’hyoïde est inférieure, c’est cette portion qui excède hors des maxillaires et qui procure aux Hurleurs leur menton saillant et piri forme ».

Que, suivant l’opinion d’E. Geoffroy-Saint-Hilaire, la forme et la disposition particulière de la mandibule des Hurleurs ait retenti sur la configuration du crâne, c’est possible, nous n’avons pas d’ailleurs à discuter cette hypothèse, mais que cette forme et cette disposition aient pour but de protéger l’hyoïde, c’est une assertion démentie par les rapports des diverses parties entre elles.

En revanche, nous les croyons destinées à faciliter un mode particulier de soutien d’un organe absolument en dehors des proportions ordinaires.

Nous en trouvons la preuve dans l’énorme saillie des attaches musculaires à la paroi interne de la branche montante; pour soutenir l’hyoïde, pour faire mouvoir sa masse, l’action de muscles puissants était en effet nécessaire, l’étendue de leurs attaches devait être en raison directe de la résistance à vaincre et

(1) Dict. Class. H. Nat., t. XV, 1829, article Sapajous, p. 131.

(2) Loc. cit., 9 e Leçon, p. 17.

de la force à développer; de lé, la logeur inusitée de cette branche montante, largeur seule capable de supporter les profondes et longues saillies, points d'insertion des muscles de la région hyoïdienne.

Relativement aux Semnopithèques, cette supposition n est p as plus acceptable que l’opinion de Desmoulins.

En premier lieu, la largeur des branches montantes de leur mandibule n’est pas tellement grande qu’il faille en tenir compte autrement que pour la différencier, comme nous l’avons fait, de celle des Colobes; elle n’est, au surplus, comparable à aucun point de vue avec la partie correspondante des Hurleurs, et pas plus que pour ces derniers, on ne peut 1 assimiler a une muraille protectrice.

D’autre part, malgré le volume relatif des sacs laryngiens, un rôle de soutien ne saurait lui être rationnellement dévolu; l’étroitesse et l’obliquité des branches montantes de la mandibule de beaucoup de Singes à sacs laryngiens d’une capacité supérieure à ceux des Semnopithèques, est trop connue pour qu’il soit utile d’insister sur l’absence de toute relation entre les deux organes; si cependant on voulait chercher une cause h la forme des branches montantes des Semnopithèques, peut-être la trouverait-on dans la brièveté et l’élargissement de la face?

PIE*. — NARIiYES. — La disposition des narines dont l’importance est telle que sur elle repose la g’rande division des Singes de l’ancien et du nouveau monde en Catarliinins et Platyrhinim, a fort peu attiré l’attention des Zoologistes en ce qui concerne les Colobes et les Semnopithèques. Seuls Is. Geoffroy- Saint-Hilaire (1), Dalhbom (2) et Gray (3) se sont quelque peu écartés de l’opinion généralement admise : Is. Geoffroy-Saint- Hilaire, pour montrer une sorte de passage entre les Singes de 1 ancien monde et ceux du nouveau, Dalhbom pour créer une division spéciale parmi les Singes Africains, et Gray pour carac-

(1) Premier Mémoire sur les Singes, Archives du Muséum, t. II, 1841, p. 522.

(2) Zoologisha studer, loc. cit., p. 94.

(3) Cat. Monk. Lem., etc., 1870, p. 19.

tériser un type du groupe des Colobes, dont il a fait l’ infortuné Genre Guereza.

La caractéristique des Catharinins et des Platyrhinins est tellement connue qu’il semble parfaitement inutile de la reproduire, c’est ce que nous faisons cependant pour des motifs dont nous espérons faire ressortir l’intérêt.

E. Geoffroy-Saint-Hilaire, dans sa division des Quadrumanes, et avec lui tous les auteurs, s’expriment ainsi :

« Singes Catarhinins. — Caractères. — La cloison des narines étroite, et les narines ouvertes au-dessous du nez; les os du nez soudés avant la chute des dents de lait. »

« Singes Platyrhinins. — Caractères. — La cloison des narines large , et les narines ouvertes sur les Côtés du nez; la suture de ses deux os ne disparaissant que dans un âge ava7icé. »

Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, de son côté, insiste de la façon suivante (2) : « Comparons, par exemple, dit-il, un Singe de l’ancien monde avec un singe d’Amérique, le premier n’a qu’un seul os du nez, la réunion de ses deux moitiés est opérée avant même la chute des dents de lait; le second conserve au contraire deux naseaux bien distincts, à peu près pendant toute la durée de sa vie ; ce n’est que dans un âge avancé qu’ils viennent à se souder » (3).

(1) Loc. cit., 6 e Leçon, p. 25 et 26.

(2) Dict. Class. H. Nat., 1826, t. X, p. 78, article Mammifères.

(3) M. Cari Vogt dit, à propos des Singes Platyrhinins (loc. cit., p. 47) : « Le pont nasal entre les orbites étant souvent assez étroit, il devient quelquefois difficile de démontrer, sur le crâne osseux, le caractère tiré de la conformation du nez ; tandis que sur les animaux vivants, on pourra toujours voir les narines très écartées et placées de côté ; c’est cette différence dans le nez cartilagineux qui a valu à ce groupe ls nom de Singes à nez plat ».

M. Cari Vogt a sans doute oublié que le Platyrhinisme se reconnaît sur les crânes : par l’absence complète de soudure des os du nez, même chez les adultes, comme on vient de le voir ; en traduisant le qualificatif Platyrhinen par Singes à nez plat, il montre qu’il est très fort sur les diverses acceptions du mot grec irXa'tùç, mais il a sans doute encore oublié que pour E. Geoffroy- Saint-Hilaire créateur'du qualificatif, que pour tous ceux qui ont accepté l’opinion du maître, 7éXotTÙç voulait dire large et non pas plat, ce qui est absolument différent. C’est surtout dans un ouvrage de vulgarisation qu’il est interdit de dénaturer la pensée d’un auteur et de donner sciemment de fausses étymologies

■ci posé, lorsqu’on examine extérieurement la région nasale Oolobes il est facile devoir que, contrairement aux Singes

? i -M/N n Âû on T>1 O f -\T t'iï î î civvx „

de la cloison qui les sepaie, bum 1

aux Platyrhinins, et que jusqu’ici, aucun Singe de ancien

monde n’a positivement fourni à 1 observation.

Tous les Colobes ne possèdent pas, il est vrai, ces caractères à un égal degré de développement ; exagérés chez le Guereza , ils suivent chez les autres une sorte de gamme décroissante jusqu’au Colubus vents où le Platyrhinisme atteint son minimum; mais, par contre, toutes les formes sans exception ont les os propres du nez séparés, non seulement avant la chute des dents de lait, mais encore et toujours à l’état complètement adulte.

Rien de semblable n'existe chez les Semnopithèques franchement Catarhinins. (PI. XXI, fig. 5-6 et PI. XXII, fig. 4-5.)

Is. Geoffroy-Saint-Hilaire (1) donne cependant aux Semnopithèques une cloison nasale « plus grande qu’on ne le suppose généralement »; ce caractère qu’ils partagent avec le Miopithccus, comme aussi l’étroitesse de cette même cloison chez plusieurs Singes Américains, l’autorisent à émettre la proposition suivante :

« Ainsi, l’intervalle qui, selon les idées jusqu’alors admises, séparait les Singes de l’ancien monde et ceux du nouveau, se trouve presque intièrement comblé d’un côté : par les Eriodes, les Lagotriches et les Nyctipithèques, Singes Américains qui tendent à se confondre, par la disposition de leurs narines, avec les Singes de l’ancien monde; de l’autre, par les Semnopithèques et surtout par les Myopithèques qui se rapprochent, sous le même point de vue, des Singes Américains.

« Toutefois, a le soin d’ajouter le Savant Naturaliste, ou doit se garder de croire qu’il ne reste rien de ces caractères que Buffon avait jugés si importants et qu’il croyait absolument généraux. Ils subsistent dans toute leur rigueur parmi les Singes de

(1) Premier Mémoire sur les Singes, Archives du Muséum, t. II, 1841 p. 522 et 523.

1 ancien monde pour la première tribu, et parmi ceux du nouveau pour la dernière; et il est môme permis de conserver à ces caractères toute leur généralité, à la condition d’en modifier expression : la cloison internasale étant toujours mince ou mélocrement épaisse, jamais large, chez les Singes de l’ancien monde à quelque tribu qu’ils appartiennent; large ou médiocrement épaisse, jamais mince, chez les Singes Américains. » Les Semnopithèques, malgré leur cloison internasale médiocrement épaisse, restent donc Catarhinins par leurs narines ouvertes au-dessous du nez et par leurs os propres du nez constamment soudés avant la chute des dents de lait! Ils peuvent tendre, suivant l’opinion d’Is. Geoffroy-Sa int-Hilaire, à diminuer 1 intervalle existant entre les Singes de l’ancien et du nouveau monde, mais ce n’est encore qu’un faible acheminement.

Les Colobes, au contraire, comblent cet intervalle par leur nez cartilagineux comme par leur nez osseux; ils sont Platyrhinins dans l'acception la plus stricte du mot.

Ayant cherché à traduire par des chiffres le deg’ré d’épaisseur de la cloison nasale chez les Catarhinins et les Platyrhinins, nous avons obtenu les moyennes suivantes qui répondent à toutes les objections :

Catarhinins, cloison internasale 4,10

Semnopithèques 5.07

Platyrhinins 12,09

G o lobe s 11,08

Les Colobes sont Platyrhinins, le fait ne peut être mis en doute; peut-on cependant les inscrire sous ce nom (1)?

(I) La découverte du Platyrhinisme des Colobes appartient à Dalhbom, qui, dans son Tableau synoptique des Familles de l’Ordre des Primates, inscrit une division ainsi caractérisée :

« Divis. 2. Simiæ Platyrhiniæ mundi veteriS ; dentibus molaribus — ;

ventriculi ut apud familliam tertiam [Semnopithecœ). Cui pertinet Colobus Guereza Kuppel. » (Voir, loc. cil., tab. VI.)

ri p piatyrhinins serait incontestablement pré. La quahfica^ / dans l’origine ce mot avait été créé

f désigner un ensemble de Sing'es se différenciant d un autre P Tlé unièmement par la disposition du nez ; ma, s du moment enS< l sert k désigner les Singes du nouveau monde qui, indépendamment de ce caractère commun avec les Colobes, en possèdent Surs autres absolument étrangers à ees derniers, nous nous demandons s’il ne serait pas préférable de les classer sous une autre appellation destinée à les faire reconnaître entre tous les

Singes Africains ? i .

le terme Megarhinin nous semblerait, des lors, admissible.

Nous avions d’abord songé à employer celui de Mesorhinien, comme devant indiquer d’une façon précise, une disposition de l’organe olfactif, intermédiaire en quelque sorte entre les Singes de l’ancien et du nouveau monde; mais il était inacceptable, car déjà usité en Anthropologie, il y est en outre pris dans une acception différente de celle que nous eussions voulu lui donner.

Proposé par le Professeur P. Broea, en 1875, le terme Mesorhinin (11 sert à désigner un indice purement craniomé trique, par conséquent complètement étranger à la question qui nous occupe; et bien que notre regretté maître ait démontré que les trois indices : Platyrhinin, Mesorhinin et Leptorhinin, correspondent aux trois grandes divisions naturelles de la série des Races Humaines, bien que ces indices concordent, clans une certaine mesure, avec la conformation du nez cartilagineux, de telle sorte que le type Ethiopique est Platyrhinin ; le type Mongolique, Mesorhinin; et le type Causasique, Leptorhinin; il n’en est pas moins vrai que ces indices, spécialement employés pour les mesures crâniennes Anthropologiques, ne peuvent nullement servir à désigner un groupe quelconque de Quadrumanes.

Lorsque dans deux Sciences aussi voisines que l’Anthropologie et la Zoologie, dont l’une en définitive est une branche de l’autre, des termes semblables servent à caractériser des parties différentes, de fâcheuses confusions en résultent et à tout prix on doit les éviter. Le terme Platyrhinin, bien antérieur en Mamma-

(1) Instructions Craniologiques et Craniométriques, in Mémoires de la Soc. d' Anthropologie de Paris, t. II, 2e série, 1875, p. 177.

log-ie, doit donc être rayé du vocabulaire Anthropologique.

Quoi qu’il en soit de cette manière de voir logique, comme du terme Megarhinin que nous proposons pour les Colobes, la conor mat ion particulière de leur organe olfactif entrevu jusqu’ici c îez une seule Forme, mais propre à toutes, est un fait capital et sur lequel on ne saurait trop appeler l’attention (1).

OtSEILLES. — L’oreille des Semnopithèques et des Colobes, de dimensions variables suivant les Formes, est’ cependant généralement plus grande chez les premiers où la moyenne des mensurations donne 44 millimètres pour le diamètre vertical et 22 millimètres pour le diamètre transverse, tandis que cette moyenne est de 40 et 24 mllimètres chez les Colobes, de telle sorte que, dans son ensemble, l’oreille des Semnopithèques est presque parallélogramme; au contraire, chez les Colobes, elle tend à devenir semi-circulaire. (PL XXIII, fig. 1, 2.)

La portion antérieure de l’hélix dans l’oreille des Semnopithèques est large, dirigée obliquement d’arrière en avant et de bas en haut; à la partie supérieure, l’hélix s’incurve légèrement en conservant sa largeur première jusqu’au premier tiers du bord inférieur, où il diminue d’épaisseur pour former une saillie obtuse; la rainure de l’hélix, profonde dans toute son étendue, est à peine indiquée le long du bord postérieur, faiblement concave en dessous de la saillie, puis régulièrement et longuement circulaire à partir de ce point. L’anthélix est excessivement développé, aussi large en haut qu’en bas et en côté; il porte dans toute sa région inférieure une dépression triangulaire; la fosse naviculaii’e est étroite et profonde, quadrangulaire; le tragus arrondi et proéminent; l’antitragus à peine indiqué; la conque assez large; le lobule fait complètement défaut.

Généralement nue, l’oreille des Semnopithèques porte parfois quelques poils, disposés le plus ordinairement en pinceau à la partie supérieure de l’hélix.

Chez les Colobes, la portion antérieure de l’hélix, peu développée, se dirige suivant une ligne onduleuse, oblique d’arrière

(1) D r de Rocbebrune, Comptes-rendus Acad. Sciences, séance du 15 novembre 1886.

haut; lu partie supérieure mince, sang

des Formes; quelques-unes cependant portent des bouquets de longs poils insérés sur la ligne médiane de 1 anthélix.

La différenciation de l’oreille des Semnopithèques et des Colobes, ressort suffisamment de cette rapide description; nous ne nous arrêterons donc pas à discutei la signification de la saillie du bord de l’hélix, que beaucoup font intervernir quand il s’agit d’établir la place des Singes; ils. ont une oreille pithécoïde (expression consacrée), et en cela ils diffèrent peu de beaucoup d’autres; nous nous réservons, en traitant des Anthropomorphes, d’examiner les théories de Meyer, Darwin, Virchow et Hartmann, relatives à ce sujet.

ESTOMAC. — La présence d’un estomac compliqué, « multiloculaire, sacculated stomach », chez les Colobes et les Semnopithèques, est un des plus forts arguments que l’on invoque pour démontrer leur proche parenté et les relier les uns aux autres.

Trop de caractères plaident en faveur de leur séparation pour que la disposition particulière de leur estomac puisse, en quoi que ce soit, infirmer notre manière de voir, d’autant mieux que sa complication n’est pas plus un fait organique, dont ces animaux auraient le monopole parmi les Simiens, que l’existence d’un cinquième tubercule à leur dernière molaire inférieure, que la brièveté, l’atrophie, si l’on veut, du pouce de leurs mains antérieures.

Si les Colobes, sous ce dernier rapport, semblent en effet correspondre aux Atèles, les Cercocèbes, les Macaques, les Cynocéphales ont, en commun avec les Colobes et les Semnopithèques, un cinquième tubercule à la dernière molaire inférieure; les Mycetes et les Atèles ont avec eux un estomac qui, pour ne pas

être aussi compliqué, n’en possède pas moins des tendances marquées au même mode de complication (1).

La réunion des Colobes et des Semnopithèques, établie sur identité de composition de l’organe digestif, n’est donc pas

missible, malgré tout, les particularités inhérentes à cet organe méritent d’être examinées, ne serait-ce que pour compléter et contrôler les faits jusqu’ici connus.

Wurmb (2), d apiès Audebert (3), aurait entrevu la disposition compliquée de l’estomac des Semnopithèques, quand il dit formellement « que l’estomac du Kahau ( Nasalis nasica, E. Geoff.) est extraordinairement grand et d’une forme irrégulière ».

On doit à Otto (4) la première description de l’estomac du Semnopitheci/s leucoprymnus, Otto; description parfaitement bien faite, malgré le rôle inacceptable qu’il fait jouer à l’organe digestif.

Plus tard, le Professeur Duvernoy confirmait la découverte d’Otto, chez les Senmopithecus entellus, F. Cuv. ; nemæus, F. Cuv. ; et cucullatus, Is. Geoff., ainsi que le constate la mention qui en est faite par Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, dans la partie Zoologique du voyage de Bellanger aux Indes Orientales (5).

R. Owen (6), h son tour, étudiant la même organisation chez

(1) Quelques traces de boursoufflures le long de la grande courbure de l’estomac des Alouates ( Mycetes ), les rapprochent un peu de celui des Semnopithèques. (Cuv,, Leçons d'Anat., 2 e éd., t. IV, 2e part., p. 28.)

I.a conformation des dents des Hurleurs est en rapport avec la facilité plus grande qu’ont cos animaux de se nourrir de substances végétales, et leur estomac est compliqué. (P. Gervais, H. Nat. Mamm., t. I, p. 116.)

Les Hurleurs se nourrissent plutôt de feuilles que de fruits et leur estomac est composé comme celui des Semnopithèques. (Schlegel, loc. cit., p. 146.)

Chez les Atèles, le grand cul-de-sac de l'estomac est vaste et disposé à se boursouffler. (Cuv , loc. oit., p. 29.)

(2) De Kahau, Batav. Genootsch. Verhand III, 1781, tnd. ed., 1824, p. 217-222.

(3) H. Nat. des Singes et des Makis, art. Kahau, p. 2, Paris, an vin.

(4) Uber eine neue affenhai t den Cercopithecus ? leucoprymnus, in Nova acta Phys. Med. Acad. Cœs. Léopold, t. XII, p. 505, pl. xlvii, 1825.

(5) Loc. cit., p. 34.

(6) On the sacculated form of stomach as it exists in the Genus Semnopithecus, in Transact. of Z. S. of London, vol. I, 1835, p. 65 à 70 et pl. vin et ix.

- «Æi.'S' i SS

eXüonTotto.'qu-n cite une foie connue par hasard, à exagérer

Où i examinait l'estomac des Semnop.thecm entellus, F. Cuy., et neLus F Ouv., rectifiait les données d'Otto et d Owen.

EnfinOwen, dans une note très courte (2), informait la Société Zoologique de Londres, que l’estomac des Colobes ne différait en

rien de celui des Semuopithèques.

A part certains faits de détail sur lesquels nous aurons à insister, les descriptions d’Otto et de Duvernoy méritent d’être reproduites, parce qu’elles sont seules véritablement exactes, parce que, surtout, beaucoup d’auteurs semblent ne pas les connaître et s'en réfèrent uniquement au mémoire si discutable d’Owen.

Considérant comme inutile de donner le texte allemand d Otto, nous empruntons à Is. Geoflfroy-Saint-Hilaiie 1 analyse qn il en a donnée en 1826, dans le Bulletin des Sciences Naturelles, publié sous la direction de de Férussac (3).

« L’estomac, dit-il, est très singulier et très différent, non seulement de celui des autres Guenons, mais même de celui de tous les autres Singes. Il est extraordinairement volumineux et au moins trois fois aussi grand que celui d’un Cercopithecus de même taille. Sa forme est aussi très remarquable ; car, au lieu d 'être rond, comme chez les Guenons, il a de la ressemblance avec ceux du Kanguroo Géant et du Kanguroo Rat; sa moitié gauche forme une large cavité, tandis que la droite est rétrécie, enroulée sur elle-même et représente un intestin; et tout l’organe est si considérable que sa grande courbure n’a pas moins de deux pieds et un pouce. Enfin, ce qui achève de le rendre semblable à un intestin, c’est qu’il est comme un colon, bridé par deux rubans musculaires très prononcés; l’un d’eux est placé le long de la grande courbure, et l’autre le long de la petite; et comme ils sont beaucoup plus étroits que l’estomac lui-même, les

(1) Quelques observations sur le canal alimentaire des Semnopithèques, in Mémoires Soc. du Mus. H. Nat. de Strasbourg, t. II, 1835, p. 1 à 8 etpl. i.

(2) P. Z. S. of London, 1841, p. 84.

(3) Loc. cit., t. VIII, p. 264, n° 202.

parois de ce viscère font latéralement une forte saiLlie et forment, comme dans un colon, une suite non interrompue de loges spacieuses, bridées par des fibres musculaires qui se perdent transversalement entre les deux longs rubans. Les membranes de l’estomac sont généralement minces comme elles le sont ordinairement chez les Guenons; mais les fibres musculaires sont partout visibles. Elles sont surtout très prononcées sur un point de la paroi postérieure où se trouvent, presque comme dans les Oiseaux de proie, d’épais faisceaux musculaires disposés en étoile. Quant au canal intestinal, il n’offre rien de particulier; enfin, les abajoues manquent complètement.

« Otto paraît porté, continue Is. Geoffroy-Saint-Hilaire dans son analyse, à regarder le grand développement de l’estomac comme nécessaire chez les espèces privées d’abajoues, et à croire que ce viscère et surtout sa portion gauche pourraient bien servir, chez les Semnopithèques, de magasin pour conserver une grande quantité de nourriture et remplir ainsi, chez ces espèces, les fonctions des abajoues. A.u reste, la structure et les dimensions remarquables de l’estomac chez le Semnopithecus leucoprymnus, l’ont aussi porté à d’autres conjectures.

« Lorsque je songe, dit-il, en terminant son mémoire, à l’estomac muni à sa partie postérieure d’un appareil musculaire particulier, prodigieusement grand, divisé en loges nombreuses, fortement bridé par des cordons musculaires; à la forme des dents et aux autres ressemblances qui existent entre ce Semnopitlièque et les Ruminants, je puis h peine me défendre de la pensée que ce Singe peut aussi ruminer ( Ruminiren ) ! »

Duvernoy, de son côté, décrit l’estomac du Semnipothecus entellus, F. Cuv., de la façon suivante (1) :

« Dans l’Entelle, l’œsophage est proportionnellement d’un petit calibre. Il a extérieurement une couche de fibres longitudinales en dessous, transversales en dessus. En approchant du cardia, elles sont toutes longitudinales et se prolongent en rayonnant sur la rég’ion cardiaque de l’estomac. Ce viscère a, par ses étranglements et ses vastes boursouffiures, l’aspect du gros intestin du Cheval. Elles sont dues surtout à deux bandes liga-

i x v nne su it la grande courbure et 1 autre la petite.

r" 1 2 ! 1 !!?™ cardiaque commence à gauche de l'œsophage. Sep Le cul-de-sac < extérieurement en deux lobes, par un

fo,Kl “ d i r, : u en ett«më n t en deux grandes eeHu.es : la ruban nnto) . , cœc um distinct, l’inférieure se con-

qunérieure forme comme un cæcum ,

n^rl avec le o-rand cul-de-sac qui se prolonge en arrière et à te‘ Toute la partie gauche de l'estomac et la partie moyenne jusqu’au delà de l'œsophage, à droite, est large et très phssée ou hoursoufflée lorsqu'elle est distendue. Plus loin jusqu au pylore, l’estomac se rétrécit tout à coup, et ne forme plus qu un boyau pylorique dont le calibre n’est sans boursouflures que dans son dernier tiers. Les parois de cet estomac sont minces. Elles s’épaississent un peu cependant dans les régions cardiaque et pylorique où la musculeuse et la celluleuse sont plus fortes. Autour de l’orifice cardiaque, la muqueuse semble revêtue d’une sorte d’épiderme ».

Dans la deuxième édition des Leçons d Anatomie comparée de Cuvier (1), Duvernoy décrit d’une façon encore plus concise, l’estomac des Semnopitlièques.

« Cet estomac, dit-il, a l’aspect d’un gros intestin de Cheval, plissé en plusieurs vastes boursouflures pai deux îubans tendineux qui suivent ses deux courbures ; ces boursouflures sont plus développées dans le grand cul-de-sac, tandis que la portion qui est à droite du cardia est beaucoup plus longue, se replie sur elle-même comme un intestin et va, en diminuant de diamètre, jusqu’au pylore. »

Malgré sa qualité d’organe compliqué, l’estomac des Semnopitlièques (2), de quelque façon qu’on l’envisage, présente comme l’estomac de l’Homme, comme celui de tous les Singes, deux faces, deux bords, deux extrémités et deux orifices.

A l’état de vacuité, les deux faces de l’organe sont appliquées l’une à l’autre et dirigées horizontalement par rapport à une verticale passant par le centre du corps de l’animal; à l’état de distension complète, la grande courbure garde la direction

(1) Loc. cil., p. 27.

(2) Tout ce que nous disons de l’estomac des Semnopithèques s’applique, sans aucune restriction, à celui des Colobes.

horizontale pendant que la petite, contournée sur elle-même e dirige perpendiculairement de haut en bas et un peu de dedans en dehors.

Les bords sont irréguliers, le supérieur curviligne s’infléchit o îquement de droite à gauche, l'inférieur onduleux conserve la direction horizontale et porte un cordon tendineux, dont le iole apparaît au moment de l’ampliation de l’organe

L’extrémité gauche ou grand cul-de-sac est largement boursouflée pendant la dilatation, à boursouflures plus ou moins volumineuses, généralement ovoïdes ou irrégulièrement arrondies et dépassant exceptionnellement le nombre de sept.

Ces boursouflures sont la conséquence directe de la bandelette longitudinale, d’une part, qui, plus courte que la circonférence de la grande courbure, la plisse pendant son ampliation; d’autre part, des fibres presque perpendiculaires à son axe, qu’elle envoie de distance en distance et sous l'influence desquelles se produisent les étranglements et les sillons séparatifs des boursoufflures. Un étranglement plus accusé que les autres existe au point de jonction de la grande et de la petite courbure et peut être considéré comme partageant l’organe en deux portions distinctes.

C’est en vain que nous avons cherché à différencier le lobe supérieur de la division médiane du cul-de-sac cardiaque, assimilé a un cæcum par Duvernoy, nous ne pouvons y voir que l’une des boursouflures précitées, un peu plus accusées que ses voisines (1).

L extrémité droite du petit cul-de-sac est intestiniforme; plus ou moins contournée sur elle-même et bridée par deux bande-

(1) « Chez le Doue (Semnopithecus nemæus, F. Cuv.), dit Duvernoy ( loc . cit., p. 5), le fond du cul-de-sac cardiaque n’est pas bilobé »; nous citons le fait sans commentaires.

Nous avons trouvé, chez un Colobus ursinus, quelque chose d’analogue aux fibres musculaires disposées en étoile (sternformige muskelfasern) de la figure 3 d’Otto (loc. cit., pl. xlvu), et considérées par lui comme un appareil musculaire particulier; cette disposition n’est nullement un caractère propre à l’extrémité du cul-de-sac cardiaque ; quelques individus, ceux entre autres chez lesquels une des boursoufflures est plus accusée, présentent des fibres rayonnantes au centre de l’étranglement, mais jamais aussi stelliforrnes que celles de la figure d’Otto ; elles ne diffèrent, du reste, que par leur nombre des fibres séparatives des autres boursoufflures.

, -, ri in îles ■ elle diminue de diamètre de son origine à l a

lettes long'itud ^ „ nt bou rsoufflée dans toute sa partie a ri . région pylorique 1)re sque iisse dans ie dernier tiers inférieur, térieure dlssemonW partiou ii èrem ent, que la comp*

C „ e r "rard^Semnopithèques avec un colon de Cheval, raibon de 1 e d’Homme, ce qui est aussi vrai

sxs- —

ce sont le même aspect variqueux, les mêmes s, lions ou étranglements qui séparent les bosselures. Il est à remarquer, cependant, ou 'e des trois bandelettes propres au colon de 1 Homme comme à celui des Semnopithèques et des Colobes du reste (PI XXIV, fio- 2) une fait ici défaut; les deux bandelettes parallèles existait s’arrêtent à quelque distance de la région pylorique.

T ’nrifice œsophagien est étroit, bien que son diamètre si

un peu celui de l’œsopliag’e.

L’orifice pylorique, également étroit, se distingue extérieurement par un léger rétrécissement de la portion de la petite courbure qui le précède immédiatement.

Contrairement à l’opinion d’Otto et de Duvernoy, les parois de l’estomac des Semnopithèques sont d’une épaisseur assez considérable; sur un estomac frais, fendu longitudinalement, cette épaisseur atteignait de 3 à 5 millimètres.

La surface libre de la tunique muqueuse piésente, fi 1 état de vacuité de l’organe, une quantité considérable de bourrelets épais; beaucoup plus grands dans la région cardiaque, ils sont disposés perpendiculairement à l’axe de la bandelette tendineuse inférieure; alternes entre eux, ils s’irradient de lfi en ondulant, sur toute la paroi du viscère; ridés transversalement par de petits plis, ils offrent à l’œil un aspect feuilleté; les mêmes bourrelets, mais plus faibles, se retrouvent dans la petite courbure, mélangés à d’autres petits plis irréguliers et lisses (2). (PL XXV, fig. 2.)

A son entrée dans l’estomac, l’orifice œsophagien est recouvert

(1) Nouveau manuel d'Anat. comp., t. Il, p. 456, 1849.

(2) Cette disposition de la muqueuse est conforme à la règle générale : « Les plis que présente la muqueuse gastrique sont le résultat du resserrement de l’estomac. Ils atteignent des dimensions d’autant plus grandes, et se montrent

(le rides longitudinales musculeuses; l’orifice pylorique. à parois excessivement épaisses, porte des rides longitudinales semblables, mais plus longues, plus volumineuses, quelques-unes comme anastomosées. (PI. XXVI.)

Dans toute son étendue, l’estomac, ainsi considéré à l’état de vacuité, ne montre de divisions d’aucune nature, partout sa strucure est la même, partout sa muqueuse offre les mêmes bourrelets, les mêmes rides, les même plis.

L estomac des Colobes, entièrement construit sur le plan de celui des Semnopitbèques, en diffère seulement par un volume moindre de la portion, cardiaque, par la disposition de sa petite courbure plus intestiniforme, relativement plus longue, d’un diamètre plus large et faiblement contournée sur elle-même dans le voisinag-e de la région pylorique.

Dans sa rapide étude de l’estomac du Colobus ursinus, Owen expose (1) que si cet organe est plus petit chez cette forme que chez, les Semnopithèques, proportionnellement au corps, cela provient peut-être de ce que le sujet étudié était jeune.’

^ Cette objection ne saurait prévaloir; ayant comparé l’estomac d’un Semnopithecus entellus, adulte, avec celui d’un Colobus Ursinus , également adulte (2), nous avons obtenu les mesures suivantes :

DÉSIGNATION DES MESURES

Sem-

nopithecus

ENTELLUS.

Colobus

ursinus.

Longueur du corps de l’animal, queue non comprise. . . Circonférence de la grande courbure

— de la petite courbure

— totale de l’organe

Grand diamètre cardiaque

Des deux individus adultes, le Colobus ursinus, le plus grand, possède l’estomac le plus petit; les Semnopithecus

d’autant plus nombreux, que le resserrement de cet organe est plus prononcé, et que sa capacité est elle-même plus considérable. » (Sappey, Traité d'Anal., descript., l re éd., t. III, p. 113, 1857.)

(1) Loc. cit., p. 84.

(2) Ces pièces existant aux Galeries et au Laboratoire d’Ànatomie comparée du Muséum, il est facile de contrôler nos dires.

„ w rav et Co/obus fernigineus, E. Geoff., nous ont

Ti memes proportions; l’assertion d’Owen est, noua l e donné 1 y les faits; ce n’est pas seulement clans Ce

re

pétons, démentie par

cas que ses observations sont discutable .

! This stomaeh, dit Owen (1), may »e regarded as consista

“‘P,’.' 1 2 3 ! c’ardiacVouch with smoot and simple parieties slightlj bifîd at the extremity.

9 üd > ^ middle very wide and sacculated portion, grd ^ narrow elong'ated canal, sacculated at its commence-

ment and of simple structure towards its Germination. »

Puis il ajoute :.« The latter division from its greater vascularity and the more abundant distribution upon it of the nerves of the eight pair i regard as the true digestive stomàch ; the preceeding divisions appear to be preparatory réceptacles 01 îeseivoiis. » Rien ne justifie cette dernière supposition, car lapoition pylori que n’est ni plus vasculaire ni plus abondamment innervée que les autres rég'ions de 1 estomac (2) ; en la considérant comme le siège de la véritable digestion, Owen s’inscrit parmi les adeptes d’une école dont les théories ne sont plus enseignées; aussi, malgré l’autorité que l’on accorde à 1 Anatomiste Angolais, nous avons de multiples raisons pour nous en rapporter de préférence à l’un de nos plus affectionnés Maîtres de l’École de Médecine de Paris et d’écrire avec M. le Professeur Béclard (3) :

(1) Loc. cil., p. 66.

(2) Il serait à désirer, dans un intérêt général, que MM. les Auteurs Anglais fussent un peu moins sobres de renseignements. Owen, notamment, en parlant de la huitième paire de nerfs, oublie de dire quelle est la classification qu’il a suivie ; comme D r en Médecine, nous devons savoir que c’est celle de Willis, et que, par conséquent, il envisage ici les Pneumogastriques (deuxième portion de la huitième paire de Willis), mais beaucoup sont sensés l’ignorer, et comme en France on suit d’ordinaire la classification de Soemmering , pour qui les Pneumogastriques forment la dixième paire, tandis que ceux de la huitième sont les Nerfs auditifs, il pourrait en résulter des inconvénients déplorables tels que celui-ci, par exemple : voir un Naturaliste, peu versé dans l’étude de la Névrologie, supposer même un instant qu’Owen fait innerver l’estomac des Semnopithèques parles Nerfs constituant l'élément essentiel du sens de Vouie!

(3) Traité élémentaire de Physiologie Humaine, p. 93, 1870, 6° édit.

« On a dit et répété que la membrane muqueuse de la portion pylorique de 1 estomac était la portion en rapport avec la sécrétion du suc gastrique. On a comparé la portion pylorique de 1 estomac avec le dernier estomac des ruminants, et le grand cul-de-sac de l’estomac avec les premiers estomacs des herbivores; dès lors, on a considéré la partie droite de l’estomac comme le véritable lieu de la digestion, et la partie gauche comme une sorte de réservoir ou de lieu de dépôt. Les faits ne confirment pas cette supposition. »

Cet extrait relatif à l’Homme est applicable, sans restriction, aux Semnopithèques et aux Colobes.

La division de l’estomac, en trois parties parfaitement distinctes, n’est pas plus recevable que le rôle particulier de la région pylorique; entre autres preuves, c’est qu’Owen, après avoir décrit séparément chacune de ces parties (nous les examinerons bientôt avec lui), fait la déclaration suivante (1) :

« In considering this stomach as being made up of three principal divisions, it must not be understood to suppose thern as being equally distinct with the different cavities of Ruminant or Cetaceous stomach : they are non characterised by any essential différence of structure, fore non of them possesses a cuticular lining. The three divisions are, however, sufficiently obvious to justify their separate considération for the facility of the description of so complicated on organ. »

Ce serait donc surtout pour faciliter la description de l’estomac que ses trois divisions, existant du reste, seraient intentionnellement aussi nettement tranchée.

Dans ces conditions, étudions-les avec Owen.

Il affirme d’abord que ce qu’il appelle la poche cardiaque « cardiac division » est séparée de la portion médiane « from the middle division » par un fort rétrécissement « a well marked constriction » ; il va même jusqu’à donner, en pouces, «2inches », le diamètre de l’ouverture de communication au moment précis de la plus grande dilatation de l’estomac; il lui paraît, à cause de cela, comme très probable qu’à l’état de vacuité de l’organe, la contraction des fibres qui entourent ce rétrécissement le fer-

(1) Loc. cit., p. 67.

liment de telle sorte que la poclie cardiaque devient “"té tout à fait distincte : « and thus form the cardia,,

P ' m! “prftend’n'e cavité distincte, l’espèce de cæcum de Duvemoy, divisant eu deux le cul-de-sac casaque, u é ait autre qu’une des boursouflures de la portion gauche de "estomac, n’ayant pas plus de fibres crcu arres, part.cuheres, que partout ailleurs; mais Owen, éprouvant le besom détail, r une comparaison, et jugeant opportun d appuyer sa démonstration sur une particularité organique, créait une sorte de sphincter « the circulai' fibres which surround the constriction, rnay. by the act of contraction, render the séparation complété (2) ».

Le Savant Ang’lais s’est totalement mépris dans sa comparaison comme dans son explication physiologique.

On a, dit-il, observé une disposition semblable chez certains Hommes dont la division de l’estomac en deux moitiés, 1 une cardiaque, l’autre pylorique, est telle, qu ils sont capables de régurgiter à volonté une partie du contenu de leur estomac pour le ruminer; à plus forte raison, il est rationnel de penser qu’un phénomène de même nature doit se produire (parfois au moins) chez les animaux h estomac compliqué que l’on étudie ici :

« A similar tendency to a séparation of the cardiac from the pyloric moiety of the stomach lias been observed to exist, in a greater degree, that enables some Men to regurgitate at will, a small portion of the contents of the stomach, or to ruminate. Such an action is therefore still more likely to take place, occasionally at least, in animais which possesses the complicated stomach here descrihed : and there, ajoute Owen, is a provision in these stomachs for the passage of ruminated food, or such as is of a fluid or easely digestible nature, directly into the second or sacculated division (3). »

La comparaison de la double poche cardiaque des Semnopithèques, avec la division en deux parties, l’une cardiaque, l’autre

(1) Loc. cil., p. 66.

(2) Loc. cil., p. 66.

(3) Loc. cil., p. 66.

pylorique de certains Hommes, est fausse parce qu’elle ne s adresse pas à des régions similaires; mais fût-elle exacte, les conclusions d’Owen seraient, malgré tout, inacceptables parce

qu elles reposent sur des erreurs anatomiques et physiologiques protondes. D H

Il est en effet inacceptable, au point de vue anatomique, de dire que l’estomac de certains Hommes est séparé en deux moitiés distinctes, car « s’il n’est pas extrêmement rare, comme l’enseigne un autre de nos Savants Maîtres, M. le Professeur Sappey (1), d’observer sur la partie moyenne de l’estomac un léger étranglement qui semble le diviser en deux lobes, cette dépression circulaire ne reconnaît nullement pour cause une disposition native ou primordiale; elle est due à la contraction plus énergique et toute fortuite des fibres circulaires correspondantes. Plusieurs observateurs l’ont vue se produire chez les animaux dans le cours de leurs vivisections. Le même phénomène a lieu exceptionnellement chez l’Homme. Aussi, lorsqu’on insuffle ces estomacs biloculaires, voit-on les deux poches, dont la formation était récente, s’effacer complètement et ne pas se reproduire après la déplétion de l’organe ».

Il est non moins inacceptable, au point de vue physiologique, d’attribuer la rumination chez l’Homme à une disposition particulière de l’estomac.

« La rumination dans l’espèce humaine, dit H. Mil ne Edwards (2), ne dépend d’aucune anomalie dans la structure de l’estomac et résulte principalement d’un trouble dans les mouvements de cet org’ane et de l’œsophage. La régurgitation myricique est précédée d’une contraction de l’estomac, qui tend à pousser dans l’œsophage les aliments dont il est chargé; mais ce déplacement ne paraît pouvoir s’effectuer que quand le diaphragme ou les muscles abdominaux pèsent en même temps sur ce viscère. La gorgée de matières, ainsi introduite dans l’œsophage, est poussée vers le pharynx par les contractions péristaltiques de ce conduit et l’individu peut, h volonté, l’avaler de nouveau ou le faire avancer jusque dans sa bouche. »

(1) Loc. cit., t. III, p. 96.

(2) Loc. cit., t. VI, p. 330.

Chez 'es animaux essentiellement ruminants dont l’estomac est^ construit en vue du rôle physiologique qu, leur a valu l. Ut

I et estomac, abandonné à lui seul, sera.t également i m . propieTrempt » fonction ; pour qu'elle s’effectue, la contrac

on des muscles abdominaux est indispensable, et on peut rendre la rumination impossible en paralysant ces muscles par la section de la moelle au-dessous des nerfs qui animent ces

muscles (1).

Les sources auxquelles nous puisons nos arguments, en garantissent la validité et démontrent combien Owen s’est écarté de la vérité dans ses appréciations sur la constitution et le rôle de l a région cardiaque de l’estomac des Semnopithèques.

II s’en écarte de même quand il décrit tout un système de piliers, de sillons, de fibres, dont la forme, la direction, les actions combinées établissent tantôt une clôture complète entre l’œsophage et la poche médiane, tantôt un canal superficiel oblique communiquant avec cette même poche :

« À ridge is continued along’ the pyloric side of the cardiac orifice obliquely to the fold in the middle division winch is situated next beyond the constriction. A second ridge is continued from the right side of the cardia in to the lower part of the septum that separate the cardiac, from the middle compartiment : and consequently between these ridges a shallow canal is continued from the œsophagus to the middle division of the stomach. Supposing the circulai’ fibres which form the ridges to contract simultaneously which those forming the constriction above, then the communication between the œsophagus and middle division of the stomach would be eut off; but, on the other hand, if the fibres were relaxed, the food, and especially liquid food, would pass along the oblique canal directly into the middle compartiment (2). »

Avec ses tendances manifestes à croire à la rumination des Semnopithèques, Owen devait nécessairement chercher tout au moins l’équivalent de l’espèce de rigole se prolongeant de la paroi antérieure du bonnet jusque dans le feuillet et que l’on sait exister chez les véritables ruminants.

(1) D r Béclard, loc. cit., p. 143.

(2) Loc. cit., p. 66.

au^m^dTs'fih Cette i ! i 2 f 0le serait ™ canal oblique circulant de ce le de la \ f ’ Teprésentant la eouttière séparée „ , 1 la P ° Che Cardia( l ue P ar grand repli cloisonnaire et

! , p 6 V ° ie aux matières s °lid.es, mais surtout aux matières la. eus es, pour operer leur passage du cardia au compartiment

du milieu. Nous n’avons probablement pas su découvrir cette remarquable rigole !

Une exagération dans le nombre des boursouflures de la poche médiane, portées à 11 tandis qu’elles ne dépassent pas, on l’a vu un maximum de 7; dans la.profondeur des sillons qui les séparent à peine déprimés de quelques millimètres et qu’Owen fait pénétrer dans la cavité à une distance d’un pouce (0,024) ou d’un

demi-pouce (0,012), sont encore des faits contraires à ce qui existe.

Quant aux figures, elles ne répondent pas même à la description. La singulière collection de petits ballons paraissant attachés par leur base à la partie inférieure de l’œsophage, et suivies d un piolong’ement bosselé, tordu en forme de trompe ayant pour embouchure une olive, ensemble que l’on voit sur la planche VIII du Mémoire cité, peut être l’image d’un estomac de Semnopithecus entellus, mais telle qu’elle existait dans l’imagination d’Owen ou du dessinateur chargé de ses illustrations (1).

C’est ici, plus que jamais, le cas de rappeler la phrase de Linnæus Martin : « A palpable error proving liow cautiously, the assertion of the most accurable Naturalists are to be received (2) ».

L’examen attentif que nous avons fait de l’estomac de trois individus de Semnopithecus entellus, la figure d’après nature que nous en donnons; celle du Colobus ursinus, si peu différente à tous les points de vue; enfin, l’étude de deux autres estomacs de Semnopithecus Maurus, indiquent suffisamment que nous n’avons pas à la légère, discuté le travail d’Owen.

Toutefois, comme il est des sommets qu’on ne saurait toucher

(1) La vérité nous oblige à dire que la figure du P r P. Gervais ( loc . cit., p. 56), d’un estomac de Semnopitlièque neigeux, peut être une image théorique parfaite à l’appui de l’opinion de ceux qui divisent l’estomac des Semnopithèques et des Colobes en trois parties tranchées, mais quelle ne ressemble absolument en rien à ce qui existe réellement.

(2) Voir plus haut, p. 53.

P11 „ oûte comme malgré l’autorité des Savants dont l 6s “S cite doivent nous servir d'égide, beaucoup nous le savon,

extraits cites nous lisant, nous laissons de côté

r «n et nos planches, pour renvoyer à celles d’Otto et de Duvernoy et quand les rieurs auront médité ces descrip. ï, ZZ il. auront comparé avec la planche VIII d'Owen : le, fl“ ures 2 et 3 de la planche XLVII d'Otto (estomac dilaté), d'u„ e scrupuleuse exactitude; la ligure 1, planche I de Duvernoy (estomac contracté), non moins exacte, ,1s décideront si i e Cuvier Anglais, comme ils osent l’appeler, est exempt de critiques, lui qui les a si peu ménagées au savant seul capable de porter le poids d’un nom aussi illustre, à notie giand, notre immortel Cuvier !

L’estomac des Semnopithèques et des Colobes, malgré son caractère compliqué, est comparable, avons-nous dit en commençant, à l’estomac de l'Homme et de la plupart des Mammifères. Quoique divisé par un étranglement en deux portions, l’une cardiaque, largement boursouffl.ee, lautie pylorique intestiniforme, ce qui au premier abord pourrait le singulariser, il ne présente cependant, dans sa cavité, rien qui autorise à penser qu’un rôle plus complexe que d’habitude lui soit particulièrement dévolu.

Partout, avons-nous dit encore, on retrouve les mêmes bourrelets, les mêmes rides, les mêmes plis; nulle part la tunique muqueuse n’éprouve de modifications spéciales, analogues à celles de l’estomac des ruminants ou bien de d’autres herbivores.

Il nous semble que dans ces conditions il est possible, sans recourir à des suppositions que démentent les faits, d’expliquer la cause de cette complication.

Un estomac compliqué, nous ne disons pas composé, paraît être l’apanage d’un assez grand nombre de Mammifères essentiellement herbivores (1) ; nous pourrions citer le Kanguro, exemple choisi par Owen, d’après Otto; il ne pouvait en être autrement :

(1) Certains Cétacés font exception à cette règle; les Baleines notamment, dont la nourriture est animale, ont un estomac à cinq compartiments, quelquefois plus. Peut-on attribuer la cause de cette organisation à la nécessité, poui les Baleines, d accumuler une quantité considérable de très petits animaux : Annelides, Mollusques, etc., dont elles font leur nourriture exclusive?

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Tout démontre que là les énormes boursouflures de la région cardiaque sont destinées à augmenter d’autant la capacité de 1 organe (2).

Mais si, d une part, les boursouflures, par leur présence comme par leur volume, ont pour principale raison de contribuer largement à l’ampliation de l’estomac; par leur forme, par leur agencement réciproque, n’auraient-elles pas, d’autre part, pour mission secondaire, de permettre au viscère de se loger plus commodément dans la cavité splanchnique, d’éviter aux organes voisins la gêne et les froissements que ne manquerait pas d’apporter un volumineux estomac, construit, par exemple, sur le modèle de celui des autres Singes; n’auraient-elles pas enfin le pouvoir d opposer un certain obstacle a la sortie des aliments qui, sans cela, malgré la résistance du sphincter œsophagien, finiraient chez des animaux grimpeurs, accoutumés à se tenir souvent dans une position renversée, par vaincre cette résistance et à faire

issue au dehors ?

Duvernoy, nous le savons, a décrit chez les Semnopithèques

(1) Béclart, loc. cit., p. 3P.

(2) L’opinion d’Otto, considérant le grand développement de l’estomac comme nécessaire chez leè Singes privés d’abajoues et regardant sa portion gauche surtout, comme un magasin destiné à conserver une grande quantité de nourriture et

à remplir les fonctions d’abajoues, n'est pas soutenable ; la conséquence de cet emmagasinage ne serait rien moins que la faculté de ruminer dévolue aux Semnopithèques et aux Colobes, faculté démontrée impossible chez ces animaux ; en

outre, les abajoues existant comme on l’a vu chez les Colobes, le remplacement indiqué devient superflu. Enfin on connaît des Singes sans abajoues et sans

estomac compliqué. L’Anatomiste Allemand n’a nullement compris le rôle de

l’estomac qu’il décrivait; les faits réduisent à néant toutes ses suppositions!

linP conformation organique qu'il nomme sphincter œsophage dû diaphragme (1), destiné, selon 1m, à remplir la onction q „, nous prêtons aux boursouflures cardiaques; nous n avons eta rde de nier l’influence de ce sphincter, dans le sens indiqué par le Savant collaborateur de Cuvier, d'autant plus que nous ne voy„„ s

pas en quoi cette influence pourrait infirmer notre supposition-

1 action combinée des deux sphincters œsophagien et diaphragma tique, en connexion parfaite, est plutôt un auxiliaire qu un obstacle à la résistance toute passive des boursouflures.

Quel que soit, en somme, le sort réservé à notre hypothèse , nous la croyons scientifiquement log'ique et plus propre que ]g. rumination, à expliquer quelques-unes des particularités remarquables de l’estomac des Colobes et des Semnopithèques.

INTESTIN. — La longmeur du tube intestinal ne diminue nullement en raison du développement exagéré de l’estomac; Duvernoy l’évalue à 5™, 040 chez un Semnopitlieciis entellus , adulte ; nous la trouvons de 5 ra ,010 chez un Semnopilhecus Maurus.

Pour les Colobes, dont nous avons vu l’estomac plus petit que celui des Semnopithèques, toutes proportions gardées, le tube intestinal est également moins long; chez un Colobus ursinm , il mesurait en totalité 4 m ,079.

FOIE ET ANNEXES. — D’après Duvernoy, le foie des Semnopithèques aurait de très petites proportions, relativement à leur estomac (2) ; Owen dit également que le foie est proportionnellement plus petit chez les Semnopithèques que chez les Cercopithèques ou les Macaques : « The liver is proportionally smallerin Semnopilhecus than in Cercopithecus or Macacus (3); les Colobes seraient dans le même cas. »

Nous croyons qu’il existe des différences notables dans le volume du foie des Colobes et des Semnopithèques, mais qu’il faut tenir un compte rigoureux des variations observées soit chez les individus de la même Forme, soit chez ceux de Formes différentes.

(1) Loc. cit., p, 6, p. I, fig. 3-4.

(2) Loc. cit., p. 5.

(3) Loc. cil., p. 67.

Ma urm aveJTpl’ VOl “ me du foie d '" n Semnopithecus

Mau, s avec celui de sa poche cardiaque, ou trouve que le rap-

port du premier est à celui du second : : 1 : 1 26 • chez le Semnn- Plthecus ente Uns, ces rapports sont entre eux’: : 1 : 1 99 ■ en opérant sur d autres sujets, on trouverait de semblables écarts ? La forme du foie, tout comme son volume, nous paraît donc

varier suivant les individus.

Le foie du Semnopithecus entellus, tel que le décrit Duvernoy se compose d’un lobe principal divisé en deux, par une scissure piofonde qui répond au ligament suspenseur, d’un petit lobe droit et d’un lobule.

Dans notre Semnopithecus M aunes, le lobe droit se divise en quatre lobes profondément séparés et de forme quadrangulaire; des deux externes, le supérieur est le plus étroit; des deux internes, l’inférieur, véritable lobule, est réduit à de très faibles dimensions, tandis que le supérieur atteint un large développement ; le lobe gauche est étroit, parallélogrammique, faiblement divisé en avant par un sillon peu profond, et supporte en dedans et en arrière un tout petit lobule linguiforme.

La vésicule biliaire est allongée en forme de doigt de gant et d’un volume assez considérable; longue de 53 millimètres, son diamètre moyen atteint 11 millimètres.

Par le fait seul de ces différences, on n’est pas en droit d’établir qu’en thèse générale, le volume et la forme du foie des Colobes et des Semnopithèques est en raison directe du volume et de la forme de leur estomac.

FOETUS. — Ayant eu à notre disposition plusieurs foetus de Colobes ( Colobus ferrugineus , Salanas et Guereza), obligeamment communiqués par M. A. Bouvier, nous nous bornons à faire figurer l’un d’eux (PL XIV, fig. 1-2) ; une description quelconque ne présentant aucun intérêt, nous insisterons seulement sur trois caractères, dont l’exagération est ici manifeste, ce sont : le Platyrhinisme, l’acuité de la saillie du bord supérieur de l’hélix ^ et la proéminence du tubercule représentant le pouce de la main antérieure.

MOEURS. — Les moeurs des Colobes sont peu connues; nous avons appris par nous-même : qu’ils vivent habituellement en

M +jmt A t dans l’intérieur des forêts, tantôt s Ur , petites troup^t^ ^ quelques UI18 dans les localités mo^

gn'euses^p 1 u sieurs non loin des côtes, d’autres enfin sur le b 0r ,

— en feuilles d'arbres, plus rarement e „

Jf" pulpe peu charnue; l'une des Formes que nous av 0l , s tiuits c p P P préférait à tous autres, les fruits a,,

nossédée en captivité (ij, , T Uu

Z/t/a 4 /ricana, R. Brow.; quelquefois Us capturent des Insectes.

mais c’est plutôt pour les détruire que pour en faire un objet d’alimentation; ordinairement assez tranquilles durant e jour,ü s s’ébattent à l’approche de la nuit et semblent choisir ce moment de préférence, pour parcourir les branches des arbres à la recherche des feuilles et des petits rameaux.

C’est tout ce que nous avons vu, et lien dans leuis faits et o-gstes ne nous a paru dénoter chez eux cette intelligence, disons-le, ce degré supérieur de civilisation que l’on accorde si facilement aux Semnopitlièques et à tant d autres.

Nous les avons évidemment mal observés !

Avec un peu plus d attention, peut-etre les eussions-nous rencontrés « se rendant, un bâton à la main, à leurs fêtes collectives », à l’exemple des Semnopitlièques (2) ,

Peut-être, admis dans leur intimité, eussions-nous vu, comme chez ces derniers, « le bonheur du père de famille devant les soins touchants de son épouse, capturant délicatement ses parasites, le fils aîné taquiner ses jeunes frères, la bru dorloter son dernier né » (3j;

Peut-être, assistant à leurs concerts, eussions-nous admiré des artistes aussi forts sur les roulements variés du tambour que leurs voisins les Troglodytes (4);

Peut-être eussions-nous remercié quelque Confrère en chirurgie après avoir reçu de lui des leçons de pansement (5);

(1) Voir Faune de la Sénégambie, vol. I, Mammifères, p. 26.

(2) M lle Clémence Royer, in Revue Scientifique, 28 août 1886, n° 9, p. 261.

(3) Cari Vogt, Mammifères, loc. cit., p. 27.

(4) Savage, Boston Journ. of Nat. Hisl., t. IV, p. 334. — Teste, M Ue Clémence Royer, loc. cit., p. 261.

(5) Savage, loc. cit., p. 324. — Teste, M lle Clémence Royer, loc. cit., p. 266

deku™ ^er IZTa^ ^ ^ aCCeütS ^ nati ° nal

ramena)? eUSSi ° nS -" ous P le,lré * leurs solennelles funé-

Peut-être ? Mais non !

n eussions pas compris !

humble Adam dégénéré,

nous

Pous apprécier sainement les perfectionnements de la civilisation des populations Simiennes, il nous manquait alors comme i nous manque aujourd’hui : la profondeur de vues de M.' Cari Vog't, qui seul a su trouver la si noble origine de l’Homme (3).

Il nous manque la charité du Révérend Missionnaire Anglais Savage, si indulgent pour les passions des Troglodytes et” des Gorilles (4).

Il nous manque la philanthropie de M. Houzeau, certain de voii, dans un avenir prochain, l’industrie et le progrès général prospérer et grandir avec l’aide des Troglodytes mâles, pendant que leurs femelles (nous nous trompons, leurs épouses fidèles) seront chargées de l’éducation de nos enfants (5).

Il nous manque il nous manque par dessus tout les

premières notions de cette philosophie transcendentale. familière à M Ue Clémence Royer, non moins habile à connaître de la Psychologie des Singes (6), qu’à développer l’incomparable théorie de la Dinamogénèse (7), et à définir l’un des plus grands problèmes de la vie par cette phrase, image exquise que nulle plume n’aurait plus délicatement tracée : « La génération n’est, en somme , qu’une chiquenaude organisatrice » (8).

Déplorons donc notre ignorance, et prions les Initiés de faire

(1) M lle Clémence Royer, loc. cil., p. 252.

(2) M ,le Clémence Royer, loc. cil., p. 261.

‘(3) Leçons sur l'Homme, loc. cit., p. 628.

(4) Loc. cit. Teste, M Ue Clémence Royer, loc. cit., p. 262.

(5) Études sur les facultés mentales des animaux comparées à celles de l’Homme, 1872. Teste, M 110 Clémence Royer, loc. cit., p. 270.

(6) M tle Clémence Royer, Facultés mentales et instincts sociaux des Singes, in Rev. Scient., loc. cit.

(7) Revue d' Anthropologie, t. VI, 1877, p. 458.

(8) Revue d' Anthropologie, t. VI, 1877, p. 482.

, , >p lM bril lantes qualités intellectuelles des Colobes, dap s

connaître les b sateurs de l'Ouest Africain.

l’intérêt meme t es , . ^ Houzeau et des autres se ré a .

En attendant que 1 nrnanisatrices de M u ° ou

o++pndmtaueles chiquenaudes organisatrices aem Clé,

lise, en atte «. 1 siu^es en général, et aux Colob es

mence Rover permettent aux csiuo eo , , - •

“ particulier! de devenir les auxiliaires préférés des « résident* d’origine Européenne en Afrique et en Asie >> (l)

Nous croyons avoir assez complètement étudié 1 organisation matérielle de ces Colobes pour pouvoir nous occuper, en systématiste vulgaire, de leur classification et de la description des Formes iusqu’ici réunies sous ce nom collectif.

CLASSIFICATION. — Nous résumons, dans le tableau cotnparatf suivant, les différences sur lesquelles nous nous basons pour établir la séparation des Colobes et des Semnopithèques :

colobus.

Singes Platyrhinins. (Mégarhinins, sensu stricto).

Corps robuste, à forme trapues.

Pelage rude, à poils ridés transversalement, à coupe elliptique.

Tête allongée.

Museau proéminent.

Incisives médianes supérieures larges, implantées obliquement.

Canines supérieures longues, fortes, à sillon antérieur assez profond, occupant les 2/3 de la longueur de la dent.

Première prémolaire inférieure droite, à tubercules obtus, à couronne presque horizontale.

Troisième molaire inférieure à cinquième tubercule fort, obtus, prolongé en talon.

SEMNOPITHECUS .

Singes Catarhinins.

Corps élancé, à formes généralement grêles.

Pelage moelleux, à poils striés longitudinalement, à coupe circulaire.

Tête arrondie.

Museau obtus.

Incisives médianes supérieures étroites, implantées presque verticalement.

Canines supérieures courtes, à sillon antérieur peu profond, occupant toute la longueur de la dent.

Première prémolaire inférieure large, à tubercules accuminés, à couronne oblique.

Troisième molaire inférieure à cinquième tubercule aigu, non prolongé en talon.

(1) Houzeau, toc. cit, p. 301. Teste, M 119 Clémence Royer, toc. cit., p, 270.

COLOBUS.

Poitrine large.

Bassin large, court.

Queue très long’ue

Membres antérieurs plus courts Que les postérieurs.

Pieds beaucoup pl us longs que la main.

Pouce de la main rudimentaire ou nul extérieurement.

Ongles en forme de tuile, parallélogrammiques, larges à l’extrémité libre.

Callosités ischiatiques larges.

Abajoues bien développées dans la majorité des cas.

Sacs laryngiens nuis.

Estomac compliqué, volumineux.

Habitat exclusivement Africain.

semnopithecus.

Poitrine étroite.

Bassin étroit, long.

Queue longue.

Membres antérieurs presque égaux

aux postérieurs.

Pieds à peine plus longs que la main.

Pouce de la main très court, jamais nul.

Ongles en forme de tuile, étroits, elliptiques, subaigus à l’extrémité libre.

Callosités ischiatiques étroites.

Abajoues nulles ou quelquefois rudimentaires.

Sacs laryngiens largement développés.

Estomac compliqué très volumineux.

Habitat exclusivement Asiatique.

, <( Dans toute division, écrit Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, qu’il s agisse de partager une Classe en Ordres, un Ordre en Familles, une Famille en Genres, le classificateur doit se déterminer uniquement d’après la valeur des caractères qu’il observe (1) et non d’après le nombre des êtres que pourront comprendre ces groupes, en un mot, il doit peser les caractères et non compter les espèces (2). »

Les successeurs d ls. Geoffroy-Saint-Hilaire ont, ils nous semble, assez rarement tenu compte de ces conseils; les trouvant sans réplique, et persuadé de les avoir suivis, nous essayerons encore de ne pas nous en écarter.

Par cela même que nous avons pesé les caractères des Colobes

(1) Valeur relative bien entendu, si nous voulons être conséquents avec nos principes précédemment exposés.

(2) Remarques préliminaires sur la classification, in 1 er Mém. sur les Singes, loc. cit., p. 488.

■ th x Ques nous avons reconnu l'impossibilité (le et des seœnopit q • )e seule et même Famille.

les maintenu reums»^ ^ ^ ^ k désigner un ou plusieu rs

U m °L Genres’ liés par des caractères communs.

"Tnto. fes Colobes ont été envisagés comme la reproduction fidè e de Semnopithéques. comme des Semnop.heçues Africains, tan qu"s continueront de l'être (car nous « avons pas la p rt . en ion d'espérer que notre opinion puisse un jour prévale, r). U Irn et il est rationnel de les comprendre : avec les uns. dans la Famille des Sbunof.thccd.*, ; avec les amateurs de Sous-Familles,

dans celle des Semnopithecinæ. .

Mais pour nous, pour ceux qui, par hasard, accepteraient l es

caractères différentiels soigneusement mis en lumière dans les pages précédentes, il est non moins rationnel de les inscrire à

^Toutes les conceptions systématiques, on s'en souvient (1), depuis l'idée d'Espèce jusqu’à celle d'Embranchement, reposent sur la considération d’objets semblables et sont des abstractions de l’esprit », « des points d’appui pour secourir notre mémoire ».

En vertu de ce principe vrai, si nous avons démontié que des objets, des êtres, regardés comme semblables, diffèrent; si nous avons démontré que la conception systématique, sous l’influence de laquelle ils avaient été groupés en un tout homogène, est entachée d’erreur, nous sommes autorisé h faiie dispaiaitie cette homogénéité première, à édifier un nouveau point d’appui, à proposer en un mot une nouvelle Famille.

Nous inscrirons cette Famille sous le nom de Colobidæ, et nous la caractérisons de la manière suivante :

FAMILLE DES COLOBIDÆ.

SlMII PLATYRHINI (MEGARHINI, SeilSU Stricto ); DENTES INCISORES SUPERIORES LATI, OBLIQUI ; LANIARI, CRASSI, FERINI, ANTICE SULCATI, SULCO 2/3 LONGITÜDINIS ÆQUANTE ; MOLARES QUADRICUSPIDATI ; UL- TIMES MENDIBULÆ, QUINQUE TUBEROULATUS, TUBERCULO POSTICO CRAS- SIORE, OBTUSE ELONGATO; CAPUT ELONGATUM; ROSTRUM PROCURRENS ; YULTUS DENUDATES, RARISSIME SERICEUS ; NASUS SIMUS, LATUS ; NARES

(1) Voir plus haut, p. xxiv.

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