‹ Faune de la SénégambieChapitre 36 sur 48 · L . la discussion les observations de Linnæus · texte numérisé non relu

L . la discussion les observations de Linnæus

quaste ».

Chenu (1850). - Cololus plycomos. — « Pelage noir, avec de longs poils mélangés de noir et de jaune sale sur la tête, le cou et les épaules et formant crinière; queue blanche, terminée par un flocon de poils de même couleur. — Habite la Guinée, Sierra-Leone. — Cette espèce est depuis longtemps connue, mais très imparfaitement; elle a été indiquée sous le nom de Guenon à camail, de Roi des Singes, de Guenon Colobe. Les poils sont longs sur les parties supérieures et courts sur les inférieures ».

P. Gervais (1854). — Colobus polycomos. — « Espèce de Sierra-Leone ayant le pelage en partie noir, si ce n’est aux régions antérieures où il est jaunâtre; les poils de devant s'allongent pour former une sorte de chevelure tombante qui recouvre, comme un camail, tout le haut du corps; la queue est blanche et touffue à son extrémité. On indique quelquefois ce Colobe sous le nom de Roi des Singes ».

Reichenbach (1862). — Cololus polycomos. — « Grauschwarz, mâhne an kopf und bals, sowie der schwanz fahhveisslich. Longe 3”. — Die Neger in den waldern von Sierra-Leone nennen ihn den Kônig der Affen « Roi des Singes », wahrscheinlich vvegen der scbonheit seiner farben und seiner, mâhne, ’welche eine art diadem darstellt. sein Pelzwerk wird ausserordentlich geschâtzt und in mancher lei weiss, benutzt. Daher ist er wohl spater verschollen ».

Is. Geoefroy-Saint-Hilaire (1867). — Cololus polycomos. — « Venant des toièts de Sierra-Leone, cette espèce est depuis longtemps mais

très imparfaitement connue ; c’est le Roi des Singes des habitants de quelques parties de la Guinée et le Full-bottom Monkey de Pennant. Ses caractères seraient les suivants, d après Pennant : mains antérieures tetradactyles , pelage noir, avec de longs poils mélangés de noir et de jaune sale sur la tête, le col et les épaules; queue blanche, terminée par un flocon de longs poils de cette même couleur ».

Gray (1868). — Colotus poly cornus . • « Crown of head and sides of face

and throat with elongated hairs f'orming a mane, tail end slightly tufted; black, forehead circumference of face and mane whitish, tail white ».

Gray montre par cette description qu’il ne connaissait pas la description de Pennant, et qu il a baptise du nom de poly connus une forme n’ayant aucun rapport avec celui-ci. Plus tard, il a agi de même.

Gray (1870). — Cololus poly cornus. — « Black ; hair on sides of the body very long, abundant ; of forehead circumference of face, and man whitish ; tail white ».

Cette longue, très longue série de vingt-cinq descriptions (il eût été facile d’en augmenter le nombre), toutes semblables entie elles, car elles sont calquées presque mot pour mot sur celles de Pennant, est un exemple de la facilité avec laquelle certaines opinions se sont de tout temps imposées, sans qu’on ait jamais songé à chercher si elles étaient fondées (1).

Ainsi, Pennant publie son Full-bottom Monkey; il lui couvre la tête et les épaules d’une énorme « perruque » jaune; il montre toutes les parties du corps, excepté cette tête et ces épaules, revêtues d’une fourrure noire à poils ras; il l’orne d’une queue d un blanc de neige; il le représente debout, appuyé sur un tronc d arbre, le bras droit étendu en un geste d’orateur; et de 1781 jusqu’à l’heure actuelle, c’est-à-dire durant un laps de temps de

( ) Poui beaucoup, il en est aujourd’hui de même, et l’on voit de prétendus es, soitis on ne sait d où, réussir à s’entourer d’admirateurs crédules qui, éblouis s ils voulaient un instant fouiller un peu au fond des choses-, Qnaîtiaient facilement dans ces Génies ; le ridiculus mus d’Horace !

■ tMS le, Naturalistes, mime les pim justement Mi- 105 années, toM / eS " ation du Zoologiste Anglais, consacrent bres, sur la simple a scientifique, tous le dé-

son authenticité en lut ” fourrure noire

erirent aîec la “^u jf^urent deboit, appuyé sur le même

: » s °" même seste d ' orat i ur 1

La o en Pennant est, on le Toit, complète; aucuns n ont

cotnu Full-bottom Monkey; peu importe .1 doit exister,

il àut qu'il existe bientôt même on va le retrouver.

Linnæus Martin a résumé en quelques lignes les premières tentatives faites dans le but de démontrer cette existence; on les trouve flans son article sur : « The Colobus ursinus (1) ».

Avant l'arrivée de cette peau (2), dit-il : « Previously to the arrivai cf tins ski u three imperfect specimens only existed ra the Muséum of the Zoological Society (Nos. 17, 17 Ai V B; et Ota. ofilamm., 1838). Two of there, which were said to hâve been obtained from Algoa Bay, were exhibited before the scientific meeting of the Zoological Society, June 26 1832, and were regarded by M. Bennett as referable to the Colobus poly cornus; the long milk white tail, he observes, contrasted wdth the bright black fur of the body, being fully sufficientto characterize it. The only diserepancy, he adds, observable between the spécimen and the description of the species (Col. poly cornus, or Full-bottom Monkey) given by Pennant, was in the great length of the hairs of the body, which were generally four or five inches long : this might be dépendant on âge or locality ».

Le contraste entre la blancheur de la queue et le noir du pelage, pris par Bennett comme un caractère largement suffisant « fully sufficient », pour rapporter une peau incomplète « imperfect » au Full-bottom Monkey dénote, chez ce Naturaliste, le peu de soin qu’il apportait dans ses comparaisons; il n’eût peut-être pas agi de même, si, comme l’observe Linnæus Martin, il eût connu le Colobus leucomeros ( velle?’osus , Is. Geoff.-St-

(1) Loc. cit., p. 495.

(2) On n a pas oublié que c'est d’après cette peau que Linnæus Martin a donné une description complète et des plus exactes du Colobus ursinus, décrit précédemment par Ogilby sur des peaux en partie détériorées.

Hil ) d ui , lui aussi ’ P 0,ssède une °l ueue blanche et un pelage ir . « The value of the white tail, as an evidence in favour of ^ Bennett views, falls to the ground, when we know that this is also a character in the C. leucomeros »; quoi qu’il en soit, malo-ré la longueur des poils du corps du spécimen vu par Bennett, longueur qui le distinguerait du Full-bottom Monkey à poils tr ès courts; sa queue blanche et son pelage noir suffisent, la lono’ueur ou la brièveté des poils dépendant de l’âge ou du lieu d’habitat de l’animal : « This miglit be dépendant on âge or locality ».

Bennett a oublié de donner des renseignements sur la « perruque »; existait-elle sur son sujet incomplet? quelle était sa

couleur? ou bien manquait-elle? Mais tout cela importe

p eu le Full-bottom Monkey est retrouvé !

Ogilby lui-même a émis quelques doutes en publiant son Colobus ur sinus ; la peau du seul exemplaire qu’il connaissait était aussi incomplète, seulement son raisonnement montre que chez lui il n’y avait nul parti pris, il s’en référait prudemment aux découvertes ultérieures, tout en signalant les caractères différentiels qu’il avait reconnus :

« Whether or not this species, like the polycomus, lias the head of a different colour from the body, is a subject for farther observation; the white or silvery hairs, about the neck and shoulders, render it extremely probable that it lias ; but in no case can it forai the striking coutrast in length, nor présent to the long flowing mane, or wig-like appearance ascribed to the animal observed by Pennant (I) ».

L’observation a prouvé qu’Ogilby ne se trompait pas, et que

son Colobus ursinus différait complètement du Full-bottom Monkey.

Wagner, en cherchant à démontrer l’identité du Colobus ursinus et du Full-bottom Monkey, a été plus loin que ses prédécesseurs en prétendant avoir retrouvé le type, très probablement 1 original décrit par Pennant (2) :

(!) P. Z. S. of London, 1835, p. 98.

(~) Die Sangthiere, Schrebcr, Suppl. 1840, p. 307.

roi'oini cnm 0, von Colobus polycomus und ursinus, « lu der spezifischen » ° i C la in Wien gelegenheit hatte

^ das

f sieh hatte. Dieees indivictuum M an kopf,

Wbe3"iÏÏmli°h : Zg (in 5-6") sied, aher an den schenkeln nnd LeiDesseixtu n . sc i iwan z bildet am ende eine quaste.

ZTwZtZZl an der'sehr eingeschrumpften haut der hand ist nicht sichtlich. — Die farbe ist glanzend schwarz; aber stirne, die sparlichen and ruckwarts gekehrten wangenhaare, das kmn (also die Janze gesichtseinfassung), fermer hunterhals, halsseiten schultern und oberarme sind hcht graulichgelb. Der ganze schwanz ist hcht gelbrichweiss ».

Cette description, quoi qu’en dise Wagner, ne se rapporte en rien au Full-bottom Monkey, elle ne prouve pas davantage que le Colobus ursinus et lui sont une seule et même Forme.

Nous voulons bien croire que 1 individu existant à Vienne, a de longs poils sur la tête, les épaules et le dos, ornement commun à d’autres Formes, comme l’ont établi nos précédentes descriptions, nous ne doutons pas qu’il possède sur les côtés du corps des poils de 5 à 6 pouces de long, ce qui équivaut à 120 et 144 millimètres, car il est probable que la mesure choisie par Wagner est celle de son pays : le pouce de Munich ; nous sommes persuadé que ces poils se raccourcissent sur les cuisses et les membres extérieurs, que les poils des régnons antérieures sont d’un gris jaunâtre pâle, que la queue est d’un blanc jaune pâle; il est dès lors hors de doute que le type de Vienne est un Colobus ursinus, car nul autre que lui ne possède une semblable fourrure ; quant à l’énorme « permque » d’un jaune sale, quant aux poils ras du corps tout entier si caractéristiques, il n’en est pas question; or, comme l’identité des deux Formes ne peut exister sans ces caractères, il est encore hors de doute que le type de Pennant, le Full-bottom Monkey, n’existe pas plus à Vienne qu’ailleurs et que Wagner s’est absolument mépris.

Il n en pouvait être autrement quand on voit à quelles tergiversations se livre le naturaliste Allemand.

Une première lois, dans le 1 er Volume des Suppléments au Saugthiere de Schreber (1840, p. 108), les Colobus poly cornus et

ursinus sont

comme types

différenciés à tel point qu’ils y sont considérés de deux divisions.

Dorsi artuumque pilis brevibus (C. polycomo.s). g Dor si artuumque pilis longissimis (O. ursinus).

Vient ensuite h la page 407 du meme Volume, la note plus 1 ut reproduite, où les Colobus polycomus et ursinus ne font

plus qu’un.

Puis dans le 5 e Volume des Suppléments au même Saugthiere de Schreber (1855, p. 36), le Colobus polycomus redevient identique au Colobus ursinus, celui-ci porté en synonymie, en compagnie du Colobus vellerosus (le leucomeros d’Ogilby), accepté comme distinct dans le premier Volume cité.

Il ne faut pas oublier qu’en 1840 (1 er Volume, p. 168), le Colobus polycomus est caractérisé :

« Ater, capitis coma longissima flavescente, cauda nivea;»

tandis qu’en 1855 (5 e Volume, p. 36), ce même Colobus polycomus devient :

« Longissime pilosus, ater, mystacibus caudaque albis, » avec cette affirmation :

« Habe ich zuerst die identitat von C . polycomus und C. ursinus nachgewiesen. »

De cette élucubration, on doit conclure qu’4 l’inhabileté Tudesque, Wag'ner a su joindre la plus insiqne mauvaise foi (autre qualité Allemande) (1) : quand il n’a pas su distinguer les deux

(1) Un exemple des plus concluants nous a été récemment révélé :

C est sous 1 impression d un profond sentiment de dégoût que nous avons lu e passage suivant d un mémoire d’ihering, ayant pour titre : « G. Cuvier s andlungen *ur Begründung des typus der Mollusken mitgetheilt », paru en 1878 dans les Mcilakozoologische Blatter, p. 41 :

Vi dtn ersten arbeiten und dem ganzen entwickelungsgange Cuvier's in

ip,nuelles il divague, et quand il se vante, en 1840,

SnalAe p^«; lit'” £

c^ltotoTidentificatio’n avait été faite par Bennett dès

‘ThlweuLpilateur à ses moments (c’est pour cela peut-être ,„e le Savant et non moins Modeste D” E. L. Trouessart, semble

seinen ersten stadien dürfeti wir um so mehr in Deutschland besonders antheil nehmen als Cuvier 1 , auf Deutschen boden geboren, aucb nach semer gesinnung damais noch Deutscher. war und dem Lieben undTreiben der Franzozen anfangs fremd gegenuber stand. »

G. Cuvier, écrit Iherir.g, est né sur le sol Allemand « auf Deutschen boden geboren » !

Nous n’avons pas à faire ici un cours d’Histoire, ni à chercher pourquoi et comment le 23 août 1769, date de la naissance de Cuvier, la petite ville de Montbéliard où il vit le jour, faisait partie de l’apanage de Charles de Wurtemberg ; ce que nous devons rappeler, c’est que la famille de Cuvier, issue du village de ce nom dans la Franche-Comté, vint habiter Montbéliard pendant les troubles de la Réforme, et que son père, d’origine Française et Français de cœur, s’était engagé au service de la France, dans un régiment où il parvint au grade d’officier; c’est que Cuvier, élevé d’abord par une mère Française, fit plus tard ses études à l’Université de Stuttgard, dont il devint le plus brillant disciple, et qu’à peine Agé de 19 ans, alors qu'il lui fallait vivre, il quittait l’Université pour entrer comme précepteur dans une famille de Normandie.

Est-il Allemand, le fils du soldat qui a combattu pour sa patrie : la France?

Est-il Allemand, l’adolescent qui, volontairement, quitte à tout jamais le sol où la fatalité avait déposé son berceau ?

Méconnu quand il était pauvre, parce qu’il est grand on le dit sien

Dans toutes les langues, cela s'appelle Lâcheté!

G. Cuvier, continue Ihering, était Allemand par sa tournure d’esprit : « Auch nach seiner gesinnung damais noch Deutsd er war » /

Qu’il lise l’éloge de Cuvier par Flourens, un autre parmi nos illustres (1841, p. 52) ; « Je suis cet homme célèbre dans les routes diverses qu’il a tracées, dit-il, je retrouve partout ces qualités dominantes : l’ordre, l’étendue, l’élévation des pensées, la netteté, la précision, la force des expressions, la sagacité d observation et par-dessus tout, ces traits lumineux, profonds, qui sai-

sissent tout à coup le lecteur et le transportent dans un grand ordre d’idées ».

. ,° n ^ Ce ^ ^ es touinuies d esprit Allemandes? et qui pourra jamais être assez ridicule pour le supposer un instant?

G. Cuvier, termine enfui Ihering, resta étranger à la vie et à l’entrainement

• ’ en haute estime et en recommande la lecture), Schlegel l aV0 -t accepter sans contrôle les données de Wagner, aussi le flduit-ü littéralement, sans bien entendu le dire :

On ne connaît qu’un seul individu du Colotus polycomis. Il fait * ac tuellement du Musée de Vienne, ayant été autrefois acquis à Pftl es et étant probablement l’individu qui a servi de type àPennant; L °est distinct de toutes les autres espèces par les longs poils d’un jaune ^^àtre pâle couvrant la tête, les côtés et le dessus du cou, les épaules et les bras; les poils noirs des flancs sont également assez allongés; la eue terminée en pinceau, est d’un jaune blanchâtre uniforme; les autres parties du pelage sont d’un noir foncé. L’espèce vit, au rapport

du Français : « und dem Lieben und Treiben der Franzozen anfangs fremd

gegenuber stand » !

Veut-il dire par là que Cuvier est demeuré spectateur dans la gigantesque Épopée qui devait faire la France Républicaine et libre ? Pas plus que l’Histoire, la Politique, ici, ne nous incombe !

Nous répondrons seulement : était-il Allemand, était-il étranger à l'entrainement des Français, celui qui décernait des louanges au vainqueur d’Iéna, à l’homme qui tenait sous sa serre l'Allemagne démembrée et pantelante?

Était-il Allemand et étranger à l’entraînement des Français, celui qui plus tard siégeait au Conseil d’Etat et à la Chambre Haute des Pairs de France?

Mais c’est trop s’attarder à réfuter des mensonges! Qu’lhering sache donc bien que si ses compatriotes ont pu voler nos objets d'art, il leur est interdit de voler nos Grands hommes; qu’il se borne à garder pour lui les lourds personnages et les rêveurs hallucinés, que seuls son pays sait produire; qu'il s étudie à disséquer le système nerveux des Mollusques afin île corriger, s'il le peut, les inepties dont ses publications fourmillent; qu’il essaie d’imiter le Savant que toutes les Nations peuvent nous envier, mais qu’aucune, jusqu’en 1878, n avait eu l audace de réclamer comme son bien propre ; qu’il laisse surtout dormir en paix la cendre de notre Grand Génie, qu’il la respecte qu'il

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