NE LA. SOUILLE PAS
Ihcring n est pas le seul, du reste, à venir insulter les mânes de Cuvier, un autie Allemand a suivi son exemple, nous nous en apercevons au moment de donnu le bon à tirer de cette feuille, et nous nous empressons de le citer.
Cet Allemand répond au nom de Nuhn ; il est, parait-il, Professeur (les Pro-
seurs pullulent, comme on le sait, en Allemagne), de plus, auteur d’un traité d i^ na ^° m ie com P ar ée (Lehrbuch der Vergleichenden Anatomie), paru à Heilu ^ 6n ^ en n °t e > à la page xxxi de son introduction (Einlei-
8 « G. Cuviei ist eigentlich ein geborener Deutscher. Sein ursprunglicher
^ i oa forêts de Sierra-Leone et de Guinée. Cette derde Pennant, dans le f ô foi ^ ^ un sens trop général, attendu
nière indication est p., d’Or Cl). »
été rencontrée « la Céte d Or (1).
Nous nous expliquons difficilement la présence du type <l e Pennant an Musée de Vienne; nous ignorons si le célébré Musée L "ers dont ,1 faisait partie a été vendu; nous rr avons aucun renseignement à ce sujet; mais ce qui nous ferait douter de la vente du précieux Full-bottom Monkey, c est que 1 exemplaire dont parle Wagner est différent, comme nous avons cherché à le démontrer, de l’animal désigné sous ce nom; en outre, l’abandon d’un sujet unique, même pour une valeur considérable, serait un exemple sans précédents, et il y a lieu de supposer que MM les Anglais se seraient bien gardés (nous ne les en blâmons pas) de donner cet exemple Mais le Musée Levers pos-
sédait peut-être deux exemplaires du Full-bottom Monkey, il est si facile de donner un nom. . . authentique en raison de sa valeur commerciale !
Précédemment à Schlegel, M. Sclater, imbu des idées régnantes, avait pu dire, en parlant du Colobus tir sinus :
« Itis probably the same as Colobus poly cornus (founded onPennant’s Full-bottom Monkey) (2) ».
Tandis que Gray, tranchant la difficulté, conservait le Colobus pohjcomus, auquel il donnait pour caractère :
« Black; hair on sides of the body very long, abundant ; of forehead, circumference of face, ande mane with ; tail white ».
name war Gf.org. Küfer, une! wurde 1769 zu Mômpelgard (einem damais Wurtemberg schen Enclave) geboren und in Wurtemberg erzogen. Nach dem es ihm in seinen vaterlande sehr hinderlich gegangen, begab er si.ch als Hofmeister nach der Normandie. Spather kam er nach Paris, wo er am Pflanzengarten ein Anstellung als Professor schliesslich erhieit und hier mit Hülfe seiner mitgebrachten Deutschen Bildung und seines Deutschen fleisses seine bahnbrech enden Arbeiten lieferte ».
Nous nous abstiendrons de nouveaux commentaires lhering et Nuhti
ont le remarquable privilège de mêler le grotesque à l’odieux.
(1) Loc. cit., p. 24.
(2) P. Z. S. of London, 1860, p. 246.
pf lui donnait pour variété le Colobits ursinus ,
ce qui est faUX :
différencié par •
Tai I ail white; mane greyish (1) »
3 iii Monkey; n un en pailant du Colobits vellerosus , fond avec le Colobus ursinus, comme nous l’avons
Full-bottom qu’il co n for
démontré :
Les peaux privées de la tête, des membres et de la queue nous vienent quelquefois, ainsi mutilées, par la voie du commerce; dans cet q°it elles paraissent avoir servies (sic!) au texte de quelques courtes notices car nous présumons que le Full-bottom Monkey de Pennant repose sur des indices vagues, ainsi que sur une figure inexacte tracée à tout hasard sur des souvenirs incorrects (2). »
L’opinion de Temminck est la seule acceptable, et nous la partageons sans restriction.
Tant qu’on ne nous aura pas montré un Colobe avec une «perruque » d’un jaune sale mélangé de noir, avec le corps couvert de poils ras et noirs, avec une queue blanche, nous nierons l’autlienticité du type de Pennant; nous dirons que ce type « repose sur des indices vagues, que sa figure a été tracée h tout hasard sur des souvenirs incorrects! »
Mais, dira-t-on, en accordant que Pennant ait mal vu, puisque selon des Naturalistes de valeur, le Colobus ursinus d’Ogilby est celui de tous les Colobes qui se rapproche le plus du Full-bottom Monkey. il doit être considéré comme tel, et du moment où tous les auteurs ont donné à ce Full-bottom Monkey le nom de po/ycomus, ce nom doit prévaloir et le Colobus ursinus doit passer en synonymie.
Cette objection est sans valeur aucune, car rien ne prouve que les Naturalistes qui assimilent le Colobus ursinus au Fullbottom Monkey sont dans le vrai; les documents que nous avons à dessein réunis, le montrent surabondamment; mais, le fussentils, p ai le fait seul que le nom de polycomus a été créé pour un
( 1 ) Cat.Monk. Leni., 1870 , p. 18 .
(2) Esquisses Zool. Côte de Guinée, 1853, p. 22.
animal hypothétique, il doit être rejeté, tandis que celui i’ursinus, donné à un Singe déposé dans toutes les grandes Collectons publiques, conséquemment connu de tous, est le seul acceptable.
Le nom de polqcomus ne doit pas non plus passer en synonymie- servant nous le répétons à désigner un être hypothétique, son emploi aurait pour résultat d'affirmer un doute, ce qui cons-
tituerait un non-sens.
Pour toutes les raisons exposées dans cette longue discussion, nous avons supprime le Colobus poly cornus de nos listes, et en l’associant comme Forme des plus problématiques, avec cellog qu’il nous reste à passer en revue, nous avons la certitude d’avoir sagement et prudemment agi.
COLOBUS? CHRYSURUS Gray.
Colobus ? chrysurus Gray, Ann. and Mag. N. H., 1866, t. XVII, p. 77.
Gray a décrit sous ce nom un Singe qu’il rapporte avec doute aux Colobes, et dont la peau faisait partie d’un envoi de fourrures provenant de la côte Ouest d’Afrique; nous reproduisons la description qu’il en a donnée :
«Fur soft, blackish, brown washed on the middle of the back; stripe down outside of the fore legs and along the middle of the upper side of the base of the tail, narrow at the base, but dilated at the end so as cover the end of the tail, yellow brown; hair of the sides of the body elongate; the sides of the throat and belly nakedish; hair of the back forming a whorl between the shoulders.
« . Africa. — Skin received with furriers skins of Colobi from W.
Africa ( 1 ). »
Nous avons vainement cherché une mention quelconque de ce Singe dans les ouvrages postérieurs à la date de publication de ray, ui-même n’en parle pas dans son Catalogue de 1870 .
Le prétendu Colobus? chrysurus a-t-il été classé dans un autre groupe, ou bien complètement abandonné par son auteur 9 Ce sont autant de questions que nous n’avons pu élucider !
(1) Loc. at., Notice of two neue species of Colobus from W. Africa.
0XJEBEZA ; PAUNKUS ; SAGOUDDEUN
On lit dans la partie Zoologique du Voyage de Lefebvre en
ybyssinie (1) •
NoUS ferons suivre ees notes sur les Singes, d’une autre note rela- ■ * à U ne espèce dont la dépouille n’existe pas dans les envois de nos * n6 o-eurs et qu’il ne nous a pas été possible de déterminer :
U » Dans la môme localité (le Taccazzé), dit leur journal, se trouve aussi une autre grande espèce appelée Sagouddeun, à bandes blanches t noires en anneaux sur les bras et à poils d’une coudée de long.
» Est-ce une espèce ou une variété du Colobus Guereza ou du Therapitliecus Gelada ? C’est ce que nous ne pourrions décider, quoique tout démontre que c’est de la dernière espèce qu'il s’agit. »
Nous nous bornons à donner ce passage sans prétendre rapporter le Sagouddeun a un Colobe quelconque; nous ne pouvons cependant le rapporter au Macacus Gelada de Ruppell, car nous ne connaissons pas d’exemplaires de cette Forme, avec des bandes blanches et noires en anneaux sur les bras.
Il en est de même du Guereza de Ludolf (2), que nous citons uniquement pour mémoire, et qui n’a aucun rapport avec le Colobus Guereza de Ruppell, comme l’ont cependant supposé quelques auteurs.
Z. Gerbe, dans le 1 er Volume de l’édition Française de la Vie des Animaux de Brehm, dit, en effet, en parlant du Colobus Guereza (3) :
« Ludolf en fait mention; sa description insuffisante et plus encore la figure incomplète qu’il en donna, ne permettent pas aux Naturalistes d’y reconnaître une espèce particulière. Sait a aussi fait mention
du Guereza , mais sa description est tout aussi fausse que celle de Ludolf. »
(1) Loc. cit., Mammifères, p. 11-12. — Les notes auxquelles il est fait sion sont celles laissées par le D r Petit, l’un des Naturalistes du voyage;
es commentaires sont dus à Desmurs, Florent-Prévost et Guichenot.
(2) Historia Æthiopica 1681, Franco furti ad Mænum.
(3) Loc. cit., p. 56.
Nous ne partageons
peu trop rts0 J“ J ;“7°” e J les renseignements fournis par Ludolf Il est mcont t tre la détermination exacte de l’ani-
116 CdUTaUen vue, mais on ne peut dire que sa description “fis i^Un-.^onn.p-.etil^hdled’.njuger:
« Verum etiam innoxium quoi piam aimulque lepidisBimnm anim ,1 ùun natura, quasi in solation, tôt nomorum, dédit Amhance vero 7uLa vocatur. Ceroopithecnlum vel Saleopitheculum nommaveris; p.am enim speciem habet (1). »
Quant aux deux figures qui accompagnent cette phiase, tout en étant mal faites, elles permettent cependant de reconnaître le groupe auquel appartient l’animal qu’elles représentent.
Cette planche porte pour légende :
« Guereza.— Animalculum e genere eorum quæ Hollandi Vanguinen
vocaut. Callitrix veterum ut videtur nobis Cercopitheculum vel Ga-
leopitheculum appellare visum fuit (2). »
D’un autre côté, la description de Sait peut être fausse, mais il semble reconnaître le Genre auquel appartient le Guereza de Ludolf.
Dans l’appendice de son voyage en Abyssinie, on relève le passage suivant ( 3 ) :
« Les autres animaux sont : et une espèce de Maki ou de
Lemur ( Faunkus , T.; Guereza , A.), dont Ludolf a donné un dessin très imparfait. Ce dernier animal est à peu près de la grosseur d’un Chat; on le voit communément sur les arbres. Il a la queue longue, légèrement rayée de noir et de blanc et terminée par une touffe de poils blancs. La robe a le poil long et elle est partout d’un blanc très clair, excepté sur le dos qu’elle a une grande tache ovale dont le poil est court et très noir. Les peaux de ces animaux sont apportées de Damot et du Gojam et on les trouve communément sur les marchés, on les y
(1) Loc. cil., Liber I, Caput. 10, n° 58.
(2) Loc. cit., n° 58.
(3) Loc. cit., t. II, p. 335. Traduction de Henry.
Mid environ une demi-piastre la pièce, et chaque homme en porte un Arceau sur son bouclier; plusieurs, cousues ensemble, forment une
* ès pelle couverture de lit. »
Pour Sait, le Guereza ou Faunkus de Ludolf est donc un Maki ou un Lemur; cette opinion est partagée par Sonnini, qui, à l’article Fonkes du nouveau Dictionnaire û’Histoire Naturelle (1),
dit positivement :
« On peut conjecturer, avec beaucoup de vraisemblance, que le Fonkes ou Guereza de Ludolf est ou le Mococo ou le Loris ».
L’examen comparatif de la planche de Ludolf et de la description de Sait avec le Mococo ( Lemur catta L.) montre que l’une et l’autre servent à désigner cette Forme; à part quelques erreurs ou exagérations de détails dans la description de Sait, telles par exemple que la tache ovale noire du dos, facilement assimilable au roussatre de cette région chez le Lemur en question, on retrouve les teintes très claires de son pelage, le blanc pur de ses parties inférieures, les longs poils des oreilles figurés par Ludolf, et surtout les annulations noires et blanches de la queue.
Le Lemur catta , Forme Malgache, n’a cependant jamais été signalé, que nous sachions, sur le continent Africain; il y aurait lieu de supposer qu à 1 exemple de beaucoup de voyageurs anciens et même modernes, Ludolf et Sait ont été induits en erreur, et ont donné comme Abyssinien un animal qu’ils s’étaient procuré dans une autre région
D autre part, les lieux de provenance ; Damot et le Gojam, sont indiqués par Sait avec une telle précision que l’on hésite à mettre absolument en doute son affirmation; Damot, province d Abyssinie, faisant partie du royaume d’Amhora, au sud des montagnes de Godjam, reliées au massif Abyssinien, a été peu explorée, et rien ne s’opposerait à ce qu’un Lemurien identique au catta ou très voisin, y ait été recueilli, et n’y fût retrouvé un jour; n’existe-t-il pas des Lémuriens sur la côte orientale d’Afrique? et Peters notamment n’en a-t-il pas découvert?
(1) Loc. cit., éd. Deter ville, 1817., t. XI, p. 600.
1 n’existe, ainsi que nous 1 avons déjà dit, e le Guereza de Ludolf et le Colobus Ga e ~ qu’il était utile de démontrer d’une façon