‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 2)Chapitre 12 sur 59 · l'élaphe d'esculape · texte numérisé non relu

l'élaphe d'esculape

Dl£ ^ISCULAPSCHLANGE Elaphis -Esculapu, Ilosi.

D^un brun jaunâtre dair^ en dessus^ avec quelques points blanduUres sur les flancs; jaumUre en drssotis; des taches noirâtres plus ou nwins apparentes sur les côtés de la tête; souvetU un espace clair derrière V angle des niùcJioires. Quetée moyenne^ portant 0 à 8 squanws en ligne transverse médiane. Préatwle divisée. Tronc allongé et légèrement comprimé, comptatit, au milieu, 21 à 23 squames en ligne transverse oblique, Gastrostèges assez brusqunnent rdrvées sur les côtés. Tête allongea d étroite, Coupim distinct. Plo" ques suscéphidiques très-lissCsS, Museau mousse d un peu trontpié à Vextréinité. Écailles losangiqiws^ lÀtUùt courtes, lieu ou jms caréncps d arromlivs au bord libre. 1 prc'octdaire. 2 postocidairvs. 8 sttslMales^ les 4"* d 5*"* touchant à Vœïl, 2 tcmporalvs en première ligne. Longueur totale moyenne de V adulte — 1^,250'"'.

' C*etit \(* Serpent (TEscnlape de Cuvier, le dit très-long de Bonnaterre; IVspère nomm^ gelblicke Natter en allemand, et souvent appelée Anguille par les paysans du Valais.

AN6UIS iEscuLAPio SAOER, GesaneTj De Serpentibus, lib. V, p. 44.

» iEscuLAPii vuLOARis, Â. i£scuLAPn NIGER, AldrovancU, Hist. Serp. Drac. p. 270 et 271.

» iEscuLAPU nopetft Gr^ecis, Ray, S3mops. Anim. p. 291. Natrix lonoissima, Laurenti^ Synops. Rept. p. 74, n. 145. Coluber scut. abd. 225 et squam. caud. par. 78, ScopoH, Ann. H, Hist.

Nat. p. 39.

Coluber flavescens, Gmelin, Syst. Nat. Linn. I, p. 1115.

» NATRIX VAR. B, Gmelin, Syst Nat. I, p. 1100.

> LONOissiMUS, Bonnaterre, Tabl. Enc. Ophiol. p. 259.

• iEscuLAPii, Ho8t, in Jacquin Ck)Uectanea, IV, p. 356.

B iEscuLAPii, (Mas.) Wolff, Sturm's Fauna. Abth. III, Heft 2, fig. a.

» Scopoui, Merrem, Syst. Amph. p. 104, sp. 48.

» Sellmanni, C. pannonicus, Nau. Entdeck. u. Beob. I, 260. Zaio-ixis .£sculapu, Wagler, Syst. Amph. p. 188. Callopeltis flavescens, Bonaparte, Mém. real. Acad. Se. Torin. s. Il, t. II,

Elaphis iEscuLAPii, Duméril et Bibron, Erpét. génér. t. VII, p. 278.

Tête allongée et très-étroite, mesurant en largeur, sur la région temporale, entre la moitié et les deux tiers de sa longueur jusqu'au bout des pariétales. La face supérieure presque plane ou très-légèrement convexe et couverte de neuf plaques très-lisses et luisantes ; la frontale presque aussi grande que les pariétales (Voy. PI. Il, fig. 7). Museau mousse, un peu tronqué en avant et mesurant, depuis le coin de Tœil, une quantité à peu près égale à la distance qui sépare les yeux; la rostrale large, fortement encochée et non rabattue en dessus. La fente buccale presque droite. Œil de moyenne dimension.

Narines plutôt petites.

Temporales, deux, superposées au premier rang.

Suslabiales, huit; la quatrième et la cinquième en contact avec rœil.

Préocnlaire, une.

Postoculaires, deux.

Scutelles gulaires en deux paires consécutives ; les premières notablement plus fortes que les secondes ; une ou deux, plus rarement trois paires de squames beaucoup plus petites, rangées, sur une ligne longitudinale , entre elles et la première gastrostège.

Cou, assez étroit, quoique peu distinct de la tête, par le fait du peu de largeur de celle-ci en arrière.

Tronc allongé et comparativement étroit, d'ordinaire légèrement comprimé et quelquefois un peu tectiforme dans sa partie postérieure. Une section médiane notablement plus haute que large (Voy. PI. II, fig. 8).

Écailles losangiques, plutôt courtes et arrondies à la pointe. Les latérales légèrement plus fortes et plus carrées que les dorsales ; ces dernières parfois très-faiblement carénées sur la partie postérieure du corps et souvent parfaitement lisses (Voy. PI. II, fig. 9). Une ligne transverse oblique, comptant, au milieu du tronc, de 21 à 23 écailles.

Grastrostèges brusquement relevées sur le bas des flancs, et en nombre variable de 215 à 227.

Préanale divisée.

Queue assez effilée, pointue, souvent un peu triangulaire et d'un diamètre, à la base, presque égal à celui du corps ; sa longueur entrant de quatre à cinq fois dans celle du reste du corps. Une ligne transverse, au milieu de ce membre, comptant de 6 à 8 écailles.

Urostèges doubles, en nombre variable de 68 à 88 paires.

Faces supérieures et latérales, chez les deux sexes, d'un brun olivâtre clair tirant plus ou moins sur le jaunfttre,le verdâtre, ou le noirâtre, plus rarement sur le roussâtre. D'ordinaire de très-petites taches allongées, jaunâtres ou blanchâtres et disposées souvent par deux sur les écailles latérales de la partie antérieure du tronc tout particulièrement. Une légère tache grisâtre ou noirâtre au-dessous de l'œil, sur les quatrième et cinquième susiabiales ; une autre tache allongée, plus grande et de même couleur derrière l'œil, sur la région temporale ; une autre encore, semblable à cette dernière, au-dessous du coin du maxillaire. Enfin, un espace jaune et clair, en arrière et au-dessous de l'angle des mâchoires. Ces diverses taches céphaliques beaucoup moins accentuées chez les adultes que chez les jeunes. Iris jaunâtre clair.

Faces inférieures, généralement d'un blanc jaunâtre ou d'un jaune paille plus ou moins brillant. La partie latérale des

gastrostèges relevée sur le bas des flancs, souvent d'une teinte grisfttre et bordée de jaunâtre ou de blanchâtre; la ligne longitudinale suivant laquelle les plaques abdominales sont pliées à droite et à gauche, plus claire que les parties environnantes.

Jeunes, d'un &cies bien particulier : le tronc plus cylindrique que chez Tadulte; la tête comparativement plus forte, quoique déjà assez étroite à un âge peu avancé. La teinte générale grisâtre, jaunâtre ou brunâtre, en dessus, souvent grisâtre ou brunâtre en dessous. Des taches brunes, assez grandes et rapprochées, distribuées régulièrement sur toutes les faces dorsales et latérales, de manière à former, quelquefois, comme quatre séries longitudinales parallèles. Des points blanchâtres ou jaunâtres, disposés, de chaque côté, sur Tangle des gastrostèges, en deux lignes le long du ventre. La gorge plus claire ou plus jaune que chez l'adulte. Un large V renversé et noirâtre sur la nuque ; entre celui-ci et les tempes, de chaque côté, une sorte de semi-collier jaune ou jaunâtre. Les diverses taches céphaliques constamment beaucoup plus accusées que chez l'adulte, la sous-oculaire se continuant verticalement sur la mâchoire inférieure, la sous-maxillaire s' avançant jusque dessous la gorge et la mâchoire, et, comme la temporale, brune ou presque noire ; souvent, enfin, une raie foncée étendue au travers de la tête devant les yeux. Toutes ces taches, tant du tronc que de la tête, s'effacent petit à petit avec l'âge pour ne plus laisser que quelques petits traits clairs sur le corps des vieux sujets.

Cette espèce ne varie guère, dans notre pays, que dans l'intensité de la teinte fondamentale et l'apparence ou le nombre plus ou moins grand des points clairs, abstraction faite toutefois des particularités que je viens de signaler chez les jeunes. Je n'ai pas remarqué de différence entre les livrées du mâle et de la femelle ^

' L'individu représenté comme femelle du Coluher JEèculapii dans la Deatschlands Fauna de Stnrm, n'est autre chose qu'une variété sans col« lier du TropidonoUts natrix.

f 10 FAUNE DES VERTEBRES.

Je n'ai pas davantage rencontré, en Suisse, certaines variétés signalées dans des contrées plus méridionales, ni la forme d*un noir verd&tre en dessus et d'un gris jaunâtre en dessous, ni celle qui porte une ligne d'un brun rouge sur chaque côté du corp& La seule chose qui m'ait frappé, c'est que toutes les éoailles sont également lisses chez mes individus du Valais, tandis que la majorité des auteurs les disent généralement plus ou moins carénées chez cette espèce ^

Longueur toUle 0-,950àl- 12041- 470*

» de la tête (au bout des plaques pariéule^). 0,020 0,021 0,024

» de la tête (à Taugle des m&choires) 0,027 0,028 0,032

> de la queue (depuis Tanus) 0,172 0,216 0,281

Diamètre vertical (au milieu du tronc) 0,016 0,021 0,025

Ce Serpent parait être celui d'Épidaure qui fut si vénéré dans l'antiquité. C'est resi)èce qui a orné le bftton d'Esculapeet qui, comme symbole de la divinité protectrice dont elle tire son nom, a été transportée par les Romains dans plusieurs des bains qu'ils ont établis en divers lieux. On trouve, en effet, souvent cet £laphe dans les débris des vieux thermes et près des sources anciennement en usage; c'est peut-être même à de semblables importations qu'il doit sa présence dans le Vakis, au nord des Alpes.

L'Élaphe d'Esculape habite surtout les parties méridionales de notre continent, le sud de l'Allemagne, l'Italie et le midi de la France. Il n'a été lobservé jusqu'ici en Suisse que dans le bas Tessin et, comme je viens de le dire, dans le Valais où il est assez commun, et d'où il vient se montrer parfois jusque dans les parties limitrophes du canton de Vaud. J'ai trouvé cette espèce assez abondamment depuis Marti^y jusqu'à Brieg, nonseulement dans le fond de la vallée du Rhône, mais encore dans quelques petites vallées latérales et sur le flanc des montagnes,

' La plupart de mes Élaphes du Valais comptent : 21 écailles au milieu du tronc, 225 gastrostèges, 6 écailles au centre de la queue et 72 paires d^nrostéges.

* Lenz donne à cette espèce, en Allemagne, jusqu*à cinq pieds de Ion* gueur.

OPHIDIENS. m

jusqu'à 1250 mètres au-dessus de la mer, dans le val d^Érins, par exemple.

Le Serpent d'Esculape mène, suivant les localités, des genres de vie assez variés. H se tient volontiers dans les prairies, car maintes fois, pendant mes séjours dans le Valais, des individus de cette espèce m'ont été apportés par des faucheurs qui leur donnaient le nom à'' anguilles; souvent aussi il s'établit sur les arbres de petite taille, grimpant autour des troncs en les embrassant de ses anneaux et profitant de chaque aspérité pour s'y retenir au moyen de l'angle assez vif de ses plaques abdominales ; très-souvent encore il élit domicile dans les décombres de quelque vieille masure. Enfin, contrairement au dire de la majorité des auteurs, il va volontiers à l'eau, car je l'ai rencontré plusieurs fois nageant et plongeant dans les marais de Ghàteau- Neuf, près de Sion.

Comme ses congénères, cette espèce est ovipare. Elle pond généralement de douze à vingt œufs, quelquefois déjà assez développés. A l'approche des froids elle se retire dans un trou ou sous quelque abri. Elle parait se nourrir principalement de Lézards et de Grenouilles ; cependant, elle prend probablement aussi des Souris et de petits Oiseaux.

Malgré sa taille souvent fort respectable, ce Serpent est cependant aussi inoffensif que gracieux dans tous ses mouvements ; après avoir, un moment, fait mine de se défendre, il se laisse d'ordinaire manier docUement.

FamiUe H. SYNCRANTÉRIDÉS

SYXCRANTERIDiE

Les Sjucrantéridés sont des Aglyphodontes eurystomes, chez lesquels les dents maxillaires sont d'inégale grandeur ; les postérieures^ constamment beaucoup plus grandes que

les antérieures, faisant directement suite à celles-ci, sans espace vide ni intervalle (Voy. PL II, fig. 10).

L'ensemble des nombreuses espèces qui affectent cette forme de dentition, a été très-diversement apprécié et scindé par les différents auteurs. Telle que nous l'admettons ici, cette famille comprend quatre tribus, dont les deux premières, des Coryphodontina et des Leptophina^ ne possèdent aucun représentant sur notre continent ' .

Les Sjucrantéridés, pourvus, généralement, de grandes plaques sur la tête, et d'une pupille arrondie, offrent, suivant les genres, des formes et des mœurs très-variées. Quelques-uns grimpent sur les arbres, d'autres se tiennent plus volontiers près des eaux; d'autres, enfin, préfèrent les lieux secs et arides.

Tribu I. TROPIDONOTIENS

TROProONOTINA

Les diverees esi)èccs de cette sous-famille ont, généralement, la tète comparativement forte, la bouche profondément fendue, le cou assez distinct, le tronc subcylin-

^ Je partage, comme je Tai dit, la famille des Syncrantéridés en diverses tribus, pour séparer, un peu plus nettement, certains Serpents qui, malgré leurs aspects et leurs genres de vie bien différents, ont été cepen* dant forcément rapprochés par les auteurs de TËrpétologie générale, à cause de leurs dentitions semblablos. Nos espèces des genres TropidomoUiê et CoroneUa seront ainsi réparties, avec d'autres, dans deux sous-familles basées, principalement, sur les mœurs, les formes de la tête et l'appa* rence des écailles.

drîque, la queue de moyenne dimension et les écailles carénées.

Les Tropidonotiens habitent, de préférence, dans les eaux ou près des eaux.

Le seul genre Tropidonotus^ de ce groupe, se trouve en Suisse et en Europe.

Genre TROPIDONOTE '

TROPIDONOTUS, Kuhl.»

Dents susmaxïUmres en séries œntinues, les postérieures de beaucoup les plus grandes. Tête de moyenne longueur, plus ou moins large en arrière et d'ordinaire assez distincte du cou. Généralement neuf plaques suscéj^haliques. Bouche profondément fendue en arrière et en haut. Museau arrondi. PupiUe ronde. Narines latérales. Tronc plutôt fort et suhcylindrique. Écailles sublamcéolées et carénées. Queue

^ Le genre TVopidonoius est rangé par Gûnther dans les Natriddœ, troisiènie famiUe de sa grande section des Colubritus. Jan le rapproche des Amphiesma et IschnognathuSy dans sa famille des Potamophilidœ.

* Baird et Girard (Cat. of N. Amir. Rept.) et, d'après eux, Jan (Ëlenco syst.) établissent, parmi les Tropidonotes , six sous-genres, dont je ne ferai, ici, que des sections. Suivant la disposition des temporales simples OQ doubles sur une première file, ainsi que selon le nombre variable des préocalaires ou des suslabiales, les diverses espèces rentrent dans tel ou tel groupe. Notre Trop, natrix est rangé, par exemple, avec quatorze espèces presque toutes américaines, parmi les Eutaimia auxquelles j'attribuerai plus particulièrement, en français, le nom de Couleuvres, tandis que nos Trop, viperinus et T. tesseUatus sont réunis au T. hydrus, également européen, et au T. latercdis, de Chine, dans un groupe des TbopidomoBUB, que je nommerai Hydres, en français, à cause de leurs mœurs plus exclusivement aquatiques.

moyenne j assez effilée et de diamètre à peu près semblable à celui du tronc à la base.

Des dents, tontes également lisses et recourbées en arrière, sont réparties sur les deux mâchoires, les palatins et les ptér}'goïdiens ; celles du maxillaire supérieur forment une série continue et croissent régulièrement en grandeur, de manière que les postérieures sont toujours, de moitié environ, plus longues que les antérieures (Voyez PI. n, fig. 10).

La tète est de moyenne longueur, aplatie en dessus, plus ou moins élargie en arrière, et demeure ainsi assez distincte du cou plus étroit. De grandes plaques régulières, généralement au nombre de neuf, recouvrent la majeure partie de la face suscéphalique.

Le maxillaire inférieur est très-long et la bouche est profondément fendue en arrière et en haut, de manière à former une courbe assez brusquement relevée vers les dernières suslabiaies.

Le museau est plus ou moins arrondi ; les narines sont latérales et la rostrale n'est pas saillante.

Les yeux sont de moyenne dimension, ou quelquefois assez grands; la pupille est toujours arrondie.

Le tronc est plutôt fort, à peu près cylindrique et parfois un peu renflé ou arrondi vers la région abdominale.

Les écailles sont toujours carénées, sublancéolées, plus ou moins allongées et généralement légèrement échancrées à l'extrémité (Voy. PL II, fig. 11); leur nombre, sur une ligue trans verse au milieu du corps, varie, avec les espèces, de 17 à 27, quoique étant le plus souvent de 19 ou de 21.

Les gastrostèges sont d'ordinaire assez larges.

OPHIDIENS. 1i5

La plaque préanale est le plus souvent divisée (Voyez PL n, fig. 12).

La queue est de moyenne longueur, d'un diamètre à la base presque semblable à celui du tronc et assez efSlée vers l'extrémité.

Les urostèges sont généralement doubles.

Ce genre est répandu dans presque toutes les parties du globe, et compte quelques espèces parmi les Serpents qui s'étendent le plus avant du côté du nord. Les Tropidonotes sont tout à fait inoffensifs. Ils vivent tantôt dans les marais, les fossés et les étangs, nageant et plongeant avec beaucoup d'adresse, tantôt dans les prairies, les broussailles et les bois, grimpant parfois volontiers sur les arbres. Leur nourriture consiste, suivant les espèces et leur habitat, en Souris, en petits Oiseaux, en Lézards, en Grenouilles ou en petits Poissons. Les divers Tropidonotes sont généralement ovipares; toutefois, leurs œufs, pondus à un degré de développement plus ou moins avancé, éclosent après un temps variable. Tous passent l'hiver, dans quelque trou ou sous quelque abri, dans un état de torpeur léthargique.

Sur quatre espèces que possède notre continent, trois se trouvent en Suisse. D nous manque le Tropidxmotits hydrus (Pallas) du sud de la Russie.

Première section. COULEUVRES

EuTAiNU, Baird and Girard

Les Tropidonotes de cette section ne portent, à la fois, qu'une seule plaque temporale en première ligne et une seule préoculaire.

Ces Serpents, de taille et de forme un peu variables, mènent, suivant les espèces, des genres de vie plus ou moins aquatiques. La grande majorité des quinze espèces comprises dans ce groupe sont américaines ; une seule, le Trop, natpîx, appartient incontestablement à notre continent.

M. Th. Studer a, tout dernièrement, décrit sous le titre de Kciw S2)^ries von TropidonoUis *, un Serpent qu'il a trouvé, au Musée de Berne, dans un flacon dont l'étiquette portait ces seuls mots : Vipera preaicr, Suisse. Cette forme intéressante rentre évidemment dans le groupe des Eutainia du genre TropUlotiotns^ et se rapproche, en particulier, du Trop, uatrix^ tout en s'en distinguant, à première vue, soit par des formes plus étroites de la tête, soit par un nombre différent des plaques postoculaires et des séries suscaudales.

M. Studer ayant eu l'obligeance de me communiquer ce précieux et bel échantillon, je le décrirai brièvement, à la suite de la Couleuvre à collier, sans toutefois lui donner de numéro d'ordre, à cause de l'indécision où je suis encore, tant sur sa provenance réelle que sur sa véritable valeur spécifique. Il est toujours assez difficile d'établir une nouvelle espèce sur un seul individu qui peut, par hasard, présenter justement des variations accidentelles; cependant, d'accord avec M. Studer, je donnerai, jusqu'à nouvel ordre, le nom de Trop, fallas à cette forme embarrassante, sans vouloir rien préciser sur son origine, ou encore moins, en faire une espèce nouvelle pour la Suisse. Il est, en effet, bien possible que la provenance inscrite sur l'étiquette soit fausse, du moment que la détermination l'était, ou que, par suite de quelque changement dans les lM)caux, cette dite étiquette, avec sa provenance, dût se rapporter au Serpent, tout différent, dont elle i)ortait le nom.

* TL<''<)phil Stiiil«»r, Noue Sporirs von Trnpidonotus, Mitthoilan^on der naturf. (losell. in Born, aus dem Jabr IHG'J; 1H70, p. 24.

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