PI. I
Gris verdâtrCy ciivâJtre ou brunâtre en desstiSy (wec des taches àliemantes noires sur le dos et un grand V renversé plus ou moins apparent sur la nuque ; des espaces clairs séparant sur les flancs de grandes taches noirâtres non ocdlées; blanchâtre^ jaunâtre ou rosaire en dessouSy avec des taches noires sur le mUieu>du ventre; Queue moyenne^ noire en dessous, et portant 6 squames en ligne transverse médiane. Préanale divisée. Tronc subcylindrique et Sancéy comptant^ au milieu^ 18 ou 19 squames en ligne transverse. Tête allongée^ ctcuminée et plutôt étroite. Cou comparativement peu distinct. Museau légèrement comprimé, hitemasales triangulaires émoussées. Écailles dorsales sublancéolées et fortement carénées. Généralement 2 préoculaires et 3 ou à postoculaires. 8 suslabialeSj la 4"^ athdessous de Vœïl, 1 temporale au premier rang. Longueur totale moyenne de V adulte = 70C'^.
CoRONELiA TESSELLATA, Law, Syst. Rept. p. 87, sp. 88. CoLUBER TEssELLATUs, Gmel, Syst. Nat. I, p. H14.— Aft/^n.Stunn's Deutsch. Fauna, III, 4 et tab.
» (Natrix) tessellatus, Merr. Syst. Amph. p. 136, n. 194.
> Gabinus, Metaxa, Monog. Serp. Rom. p. 31, sp. 2.
> viPERiNUS, Bendisc. Mon. Serp. Mantov. in Giorn. Fis. Chim. p. 423. Katrix Gabina, N. TESSELLATA, et VAR. ALBO-UNEATA, Bonap, Fauna itahca,
fosc. II et XI, p. 9 et 56, fig. 1 et 1. » TESSELLATA, N. TIPERINA, de Betta, Cat. Syst. Rept. Europ. p. 21. Tropidonotus TESSELLATUS, W(igl, Syst. Amph. p. 179. — Fitz. Prod. Faun. Austr. p. 326.
> VIPERINUS (in parte)y ScfUegel^ Phys. des Serpents, II, p. 325.— Dum.
et Bib. ErpéL gén. VII, p. 560.
> Comme les deux précédentes, cette espèce porte, dans le Tessin, le nom de Vipera d*aqaa.
166 FAUNE DES TERTÉBRÊS.
Tropidonotus (TROpmopHORrs) tessellatus et var. cokcolor, Jan, Denco Syst. d. Ofidi, p. 70.
• TESSELLATUS et VAR. DBCIPIENS, de BctUi, Serp. italiani del gen. Tropidonotus, p. 39.
Tête comparativement plus petite, plus allongée, plus étroite en arrière et pins acuminée en avant que chez Pespèce précédente ; la plus grande largeur entre les tempes mesurant une distance à peu près égale à ceUe qui sépare le bord postérieur des préfrontales de Textrémité des pariétales. La face supérieure presque plane ou faiblement convexe dans toute son étendue. Neuf grandes plaques suscépbaliques, s' étendant notablement plus loin, du cdté de Tocciput, que chez le T. viperinm; les intemasales triangulaires, légèrement émoussées en avant et assez souvent, ainsi que les préfrontales, séparées par un léger sillon. Le museau un peu comprimé depuis les yeux, comparativement acuminé, subarrondi à Textrémité et plus allongé chez les vieux sujets que chez les jeunes ; soit, mesurant, à partir du coin de Pœil, une longueur égale à la distance qui sépare les yeux, prise au centre de ceux-ci, chez Tadulte, et en avant chez les jeunes. La rostnde moyenne faiblement rabattue en dessus.
Œil plutôt grand et saillant.
Narines moyennes.
Temporale, une seule au premier rang.
Susiabiales au nombre de huit ; la quatrième seule, ou celle-ci et le coin seulement de la cinquième, au-dessous de Tœil (Voy. PI. II, fig. 14).
Préoculaires, d'ordinaire deux, plus rarement trois ^
Postoculaires, trois légèrement saillantes; parfois quatre'.
Scutelles gulaires, en deux paires consécutives presque aussi développées que chez le T. fudrix; la seconde, la plus
* Un Biget de ma collection en porte trois de chaqae côté de la tête ; un ftntre ne présente ce nombre que d'nn côté seulement.
* Deux de mes individus jeunes en ont quatre d^un côté de la tête; on adolte de Lugano, ainsi qa*un sujet d'&ge moyen du Musée de Berne en comptent quatre à droite et à gauche.
grande, arriYant à peu près au niveau de la première gastrostège, ou séparée seulement de celle-ci par une paire de petites squames, au plus par une et demie.
Cou distinct, quoique moins que chez la Vipérine, par le fait de la moindre largeur de la tête en arrière.
Tronc comparativement plus élancé que chez l'espèce précédente; mais, du reste, comme chez cette dernière, à peu près cylindrique ou légèrement tectiforme dans sa partie postérieure.
Écailles des parties dorsales elliptiques ou sublancéolées, émoussées à la pointe ou très-faiblement échancrées, et fortement carénées ; celles des flancs plus grandes, plus arrondies et moins carénées ; les carènes se faisant exactement suite d'écaillé à écaille et formant ainsi souvent, sur la partie postérieure du tronc et la queue, comme des lignes saillantes continues, longitudinales et parallèles. Une série transverse oblique comptant généralement, au milieu du tronc, 19 squames. Je n'en ai trouvé, toutefois, que 18 chez un jeune du Tessin, et 17 seulement chez un adulte de même provenance.
Gastrostèges, moyennes et peu relevées sur les côtés, en nombre variable de 160 à 179 ^ ; les chiffres au-dessus de 170 étant, à ce qu'il m'a paru, plus fréquents que les inférieurs.
Préanale divisée.
Queue moyenne, quoique généralement un peu plus longue que chez la Vipérine ; assez acuminée et souvent légèrement tectiforme, chez l'adulte; sa longueur entrant de trois fois et un quart à quatre fois et un quart dans celle du tronc. Une série transverse, au milieu de ce membre, comptant 6 squames.
Urostèges doubles, au nombre de 60 à 78'.
^ De Betta (Soi Serpenti italiani del génère Tropidonotas. Estr. del. Tol. X, série m d. Atti d. Istituto stesso, 1865) donne, comme limites, 160 à 172. J^ai cependant compté 177 plaques abdominales sur deux adultes de l'espèce, et 179 sur un jeune.
* De Betta (loc. cit.) donne, comme limites, 60 à 68; toutefois, j'ai trouTé le maximum 78 chez deux adultes.
Faces supérieures olivfttres, d'un gris verd&tre, bmnfttres ou, plus rarement, d'un brun rouss&tre et plus ou moins foncées, avec des taches ou de petites bandes noires ou noiriLtres disposées, sur le dos, en lignes transverses ou, plus souvent, en deux lignes toujours alternantes, quoique ne formant jamais une bande sinueuse continue, conune c'est si souvent le cas chez le T. viperinus. Les carènes des écailles, souvent blanchâtres ou jaunâtres, et se détachant agréablement en clair sur les taches foncées.
Le dessus de la tête, gris, verdfttre ou brun, sans macules ou finement pointillé de noirâtre, ou encore présentant une tache sombre sur chaque pariétale. Souvent des taches grises ou noirâtres en travers des labiales. Généralement un seul large V renversé, plus ou moins accentué, sur la nuque et jusque sur les côtés du cou.
Les flancs présentant de grandes taches noirâtres ou noires, plus ou moins tranchées et séparées régulièrement par des ondes ou des bandes verticales claires, blanchâtres, grises, jaunâtres ou roussâtres. Jamais d'espaces clairs au centre des taches foncées, comme cela se voit chez la Vipérine. Quelquefois, par contre, chez certaines variétés, des séries verticales de petits points blancs encadrant et séparant les grandes macules latérales. Iris jaune ou rougeâtre.
Faces inférieures présentant généralement de larges taches noires plus ou moins réunies en une bande continue sur le centre du ventre; le cou et la gorge souvent sans macules ; la queue d'ordinaire entièrement noire en dessous. Les portions claires des parties latérales et antérieures blanches ou grisâtres, chez certaines variétés, plus souvent jaunâtres ou rosâtres, parfois même rougeâtres sur les côtés des gastrostèges , elles-mêmes plus ou moins bordées de noir.
Jeunes : tête un peu plus ramassée et queue comparativement un peu plus longue que chez l'adulte ; écailles dorsales quelquefois légèrement coudées sur le côté. Livrée d'ordinaire assez semblable à celle des parents, quoique avec des taches foncées plus franchement accusées sur le dos
et les cOtés du corps, ainsi qu'avec des bandes transverses claires, souvent plus nettement accentuées sur les jQancs. Depuis le premier âge, le Tropidonote tessellé se distingue toujours facilement des jeunes du T. vipérin, par sa tête plus effilée et moins chargée de dessins, par des teintes plus sombres, par la disposition alternante et non en zigzags de ses taches dorsales; enfin, par la différente distribution des espaces clairs sur les flancs, ne formant jamais, chez lui, les ocelles qui caractérisent si souvent les petits de l'espèce précédente.
Cette espèce varie passablement, comme nous Tavons vu, soit dans le nombre des plaques, soit dans les temtes fondamentales de sa livrée et dans les dessins qui la décorent. D m'a semblé, entre autres, que les sujets du Tessin présentent d'une manière plus accusée que ceux de Lombardie les lignes claires verticales des flancs. Quelques variétés, parmi les plus accentuées, ont reçu des noms particuliers.
Une première, d'une teinte uniforme, a été baptisée var. concdor par Jan ^ Une seconde, entièrement noire en dessus, et signalée par Meisner ^ dans les environs de Lugano, pourrait être appelée var. nigra. Une troisième, présentant de petites lignes blanches vers le bas des flancs, a été nommée var. àBxh lineata par Bonaparte '. Enfin, une quatrième est décrite par de Betta *, sous le titre de vc^. decipiens. Cette dernière se distingue par deux séries longitudinales de petits points blancs distribués sur le dos dans les espaces laissés, à droite et à gauche, par les taches foncées alternantes, ainsi que par des lignes trans verses blanchâtres réparties régulièrement sur les côtés, et séparant des espaces ou des taches foncées plus grandes; les fiaces inférieures étant d'un blanc jaunâtre et nobres.
Un individu, jeune encore, que j'ai trouvé dans la vase d'une mare, au val Vedeggio, près de Lugano dans le Tessin, et qui
*■ Elenoo tystenuUico,
' Mus. d. Nftturg. Helvetiens. Si toutefois, Meisner n'a pas, comme nous allons le voir, confondu ttrec quelque variété du Trop, vipermua.
* Famia liàUca.
* Serpetiti UaUam.
i 70 FAUNE DBS VERTEBRES.
est figuré sur ma planche I, rappelle beaucoup la variété dite decipiens de de Betta. H offre, à peu près, les teintes fondamentales et la disposition des lignes claires décrites par cet auteur.
J^ai baptisé du nom de marquetée cette variété dont la jolie livrée charme le regard par la régularité des figures poligonales blanches dessinées sur les flancs. Les côtes du dos et du ventre présentent de petits traits horizontaux blanchâtres qui joignent à peu près des lignes verticales de points clairs, réparties, à égales distances, sur les côtés, entre les taches foncées. En outre, la carène jaune et bien saillante de chaque écaille se détache franchement sur toutes les taches noires, dorsales et latérales. Avec cela, les faces supérieures sont d'un gris brun, ornées de taches alternantes noires, et les inférieures sont blanches et noires. Enfin, la quatrième suslabiale occupe seule tout Tespace situé audessous de Tœil, et les écailles dorsales sont nettement échancrées sur le côté (voy. PI. I et PI. II, fig. 15). Un autre jeune, pris dans une localité voisine, diffère entièrement de ce dernier par sa livrée plus brune, et par la faible accentuation des bandes claires qui séparent sur les flancs des taches foncées moins franchement délimitées.
Je ne laisserai pas passer cette occasion sans témoigner à M. P. Pavesi, professeur à Lugano, ma reconnaissance pour Tanuibilité avec laquelle il a bien voulu me seconder pendant mes recherches dans le Tessin, et continuer ensuite à collecter en me faisant part de ses trouvailles et de ses observations. Que M. Lubini, ingénieur dans la même ville, veuille bien aussi prendre sa part de mes remerciements pour la complaisance qu^il a mise à m'aider dans quelques-unes de mes excursions. Enfin, je serais ingrat, si je passais sous silence l'obligeance avec laquelle M. le professeur Comalia, de Milan, m'a communiqué de beaux échantillons de cette espèce déterminés par Jan dans le Musée de cette ville, et, par là, précieux points de comparaison.
Le TropicUmotus tesseUatus a été méconnu par plusieurs auteurs qui, comme Schlegel S Duméril \ Gimther * et d'autres,
* Fhys. des Serpents, 1837.
* Erpétologie générale, 1854.
* Colnbrine Snakes, 1858.
n^ont pas saisi ses caractères propres d'écaillure, de formes et de livrée, et ont rangé dans la synonymie du T. viperinus^ cette espèce cependant bien différente. Meisner * a signalé le Cd' tesséUxtus sur les bords du lac de Lugano, et Wyder ^ après lui, Ta retrouvé à Domo-d'Ossola, au pied du Simplon, en Piémont. Toutefois, quoique les descriptions insuffisantes de ces auteurs rappellent en réalité l'espèce en question, comme ils ne parlent pas en même temps du T. viperinus^ qui habite communément ces localités, et que Wyder dit que le même Serpent a été observé dans les fossés de Grenève, où se trouvait, en effet, la Vipérine, je suis très-porté à croire qu'ils ont, comme d'autres, confondu les deux espèces, et qu'ils n'ont, entre autres, pas toujours distingué, dans leur Wiirfelfleckige Natter, la variété du T. viperinuSj que j'ai nommée F. incerta^ du véritable T. tesséUcUus. De même, Schinz, qui a pourtant distingué deux espèces dans ses Naturgeschiéhte uni AhbUdungen der Beptilien en 1833, me parait aussi avoir fait une confusion, quand il a, dans sa Fauna Hdvetica^ en 1837, attribué le Tropidonote tessellé à la Suisse, sans y mentionner le Trop, vipérin. En citant son Cduber tesséUatîtë^ également dans le Valais et le Tessin, il me semble fort avoir voulu parler du T. viperinus qui se trouve, en effet, dans ces deux cantons ; tandis que la présence de l'espèce tessellée, chez nous au nord des Alpes, n'est pas encore jusqu'ici parfaitement constatée. Le même naturaliste, en 1840, dans son Eurapmsdie Fauna, donne encore à la Suisse le Col. tessdlaius et lui refuse toujours le C. mperinus. Cette confusion a naturenement amené des erreurs à sa suite, et, sur l'autorité de Schinz, bien des auteurs ont jusqu'ici doté certaines parties de notre pays d'une espèce qui n'y a point encore été reconnue avec certitude, tandis qu'ils nous en ont refusé une autre, cependant passablement plus répandue *.
^ Meîs&er, Mas. der Katnrgesch. Helvetiens, 1820, 1, n^" 11, p. 86.
* Wyder, Essai sur THist. nat. des Serpents de la Saisse, 1823.
* Toos les eipétologistes qui, depuis Schinz, ont parlé de cette espèce, ont comniis cette même erreur. Tout dernièrement encore Y. Payot (Erpétologie des environs du Mont-Blanc, 1864), trompé sans doute par la Faune helTétiqae de Schinz, a cru, à tort, pouvoir i^outer aussi cette espèce à son catalogue- De même C. Moesch (Thierreidi der Schweîz, 1869)
172 FAUNE DfiS VEHTÉBKÀS.
En un mot, il est difficile de dire lequel de ces Tropidonotes je yiens ajouter i la liste de nos Ophidiens suisses, en séparant les deux espèces. Si je m'en tenais i la dénomination des zoologistes qui ont parlé de ces Serpents dans notre pays, ce serait, de &it, le Trop, viperinus (Latr.) qu'il faudrait considérer comme nouveau; cependant, puisqu'il est incontestable, selon moi, que ces auteurs ont souvent confondu les deux formes, et que cette dernière est en réalité plus connue dans les localités dont ils ont parlé, il me semble que c'est bien le véritable Trop. tesseUatus (Laur.) qui vient ici augmenter notre catalogue. H n'est plus possible, maintenant, de méconnaître ces deux espèces, surtout depuis les derniers travaux des naturalistes italiens, et, en partioilier, depuis ceux de Jan et de de Betta.