‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 2)Chapitre 30 sur 59 · l'alyte a( coucheur · texte numérisé non relu

l'alyte a( coucheur

Die eiertragendk Kr^te

\lytf.s obstktricahs, Lanr.

irun (fris iy^rdûtrc ou hruuàtre^ avec de petites taches noirâires OH roussâtres^ en dessi$s ; UancJwtrc ou jaunâtre et finenèettt painfin/\ en dessous. IjC haut des flancs jxircofirti par un retiflement longitudinal se^né de itéerctdes dairs. Trafic raniassé. P(Ui de sar roeal. Membres de moyennes ditnensions. Trois forts UAeretdrs ftalntaires. Orteils failHement palmés. Tuberetde nuiatarsirn ofxile et fmê saillant, Tlie forte et arrondie en avant ^ qtunqur n museau rom parât iretnent long. Tgmpan eirctdaire et bien dis-

* PIuR oommiinéroent, le (Vapaiid acronrheur, ou Fessier en allemaniK

ANOURES. 359

tmd. De petites parotides àdangées. (EU grafidy à pupUle verticale. Deux grands groupes de dents vomériennes^ très-rapprochés H sur une mente ligne droite^ en arrière des orifices nasaux. Préfrontaux soudés sur toute la ligne médiane, Fronto-pariétatix embrassant une grande fontanelle. Taille moyeiwe de Vadtdte == 46^

■mm

Rana campanisona, Laur. Synops. Ilept. p. 30 et 133.

• BuFo VAR. ^, R. BoMBiNA VAR. ^, Gmel. Syst. Nat. 1. 1, p. 1047 et 1048.

» OBSTETRICANS, Wolff, iîi Sturm, Doutschl. Fauna. Abth. III, Hefl 4. Brpo OBSTETRICANS, Laur. Syn. Ropt. p. 28 et 128. BOMBINATOR OBSTETRICANS, Mci^. Svst. Amph. p. 179, sp. 5. Obstetricans vi'LOARis, Dugps, Recherch. Batrac, p. 7. Aï.YTES obstetricans, Wagïer, Doscript. ïcon. Amph. tab. 22, fijr. 3, 4 et 5.

Crâne passablement plus large que long. Une ligne droite menée par les angles des mâchoires toucherait à la base du sphénoïde.

Fronto-pariétaux larges et aplatis, plus forts en avant qu'en arrière et embrassant une vaste fontanelle membraneuse, soit un grand espace incomplètement ossifié.

Préfrontaux très-larges et soudés, dans toute leur longueur, sur la ligne médiane. La lame supérieure de Tethmoïde étroite et non prolongée en avant. Dents vomériennes disposées sur deux grands groupes allongés, très-rapprochés l'un de l'autre et situés sur une même ligne droite, de manière à former, passablement en arrière des orifices nasaux, comme une large barre interrompue au milieu.

T(?te forte, plus large que longue, déprimée en arrière, arrondie et un peu busquée dans la partie antérieure, et à pans latéraux assez brusquement rabattus ; la longueur céphalique entrant environ deux fois dans le reste du corps, chez l'adulte.

Museau un peu prolongé et proéminent, quoique obtus à l'extrémité. Les narines moyennes, assez distantes et percées beaucoup plus près du bout du museau que du coin de l'œil.

Yeux grands, très-t^cartés et situés bien plus près de

Tangle des mâchoires que du bout du museau. La pupiUe allongée et verticale.

Tympan circulaire, bien distinct, placé assez en arrière de Tœil et mesurant environ les deux tiers de l'ouverture de celui-ci, soit à peu près T intervalle qui sépare les narines. Les trompes d'Eustache petites. Pas de sac vocal.

Parotides formant une petite saillie, étroite et allongée, directement au-dessus du tympan et derrière le coin de Tœil ; ces glandes, peu épaisses, occupant une étendue à peu près égale au diamètre de Torbite.

Tronc ramassé et déprimé ; la taille moyenne généralement un peu plus faible chez le mâle que chez la femelle.

Membres antérieurs assez grands, soit à peu près de même longueur que le pied. La paume de la main pourvue de trois forts tubercules ; le plus petit au milieu ; le plus grand, de forme arrondie, sur le côté externe et tout près du médian ; enfin, sur le côté interne, le troisième, ovale et un peu plus écarté (Voy. PI. V, fig. 5).

Doigts ' subcylindriques et légèrement déprimés ; le pouce ou premier doigt notablement (2— environ) plus court que Tindex et un peu plus petit que le quatrième.

Membres postérieurs de moyennes dimensions ; de telle sorte qu'étendus le long du corps maintenu droit, le talon arrive à peu près au coin postérieur de l'œil. Le côté externe de la jambe sensiblement renflé par un amas de glandules paucières; la face plantaire, par contre, presque plate.

Orteils subconiques, très-déprimés, un peu bordés et ne présentant que de très-faibles tubercules sous-articulaires ; le second presque égal au cinquième.

Premier cunéiforme faisant, à la base du premier orteil une saillie moyenne, ovalo-arrondie et mousse. Palmures peu dévelopi)ées , consistant en une mem-

' Quelques individus m^les que j'ai pu observer tandis quUls itortaient encore leurs œufs, ainsi donc bien peu après raccouplement, ne m*oot offert de plaques rugueuses ou callosités ni aux doigts, ni au bras.

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brane épaisse, ne réunissant les orteils qu'à la base seulement, ou les accompagnant un peu sur le côté^mais assez variables, du reste, avec les époques et les individus.

Peau libre et sans adhérence sur le crâne, très-verruqueuse et glanduleuse sur toutes les faces supérieures et latérales, à l'exception toutefois de la partie antérieure de la tête. Le haut des flancs parcouru par un renflement longitudinal, joignant les parotides et semé de tubercules. D'autres tubercules sur un pli derrière T angle des mâchoires; d'autres enfin, plus petits encore et clairs comme les précédents, disposés le long du bord externe des membres. Le derme fortement épaissi, sur le côté extérieur de la jambe, par un amas de glandules. Le dessous du corps mamelonné et plus ou moins verruqueux.

Faces supérieures d'un gris cendré ou verdâtre, ou d'un gris brun plus ou moins olivâtre, avec de petites taches noirâtres, brunes ou roussâtres, plus nombreuses ou plus grandes sur les membres. Généralement des points blanchâtres, grisâtres ou roussâtres sur les tubercules des renflements latéraux; souvent aussi d'autres petits points clairs sur le côté externe des membres. Iris doré, plus ou moins lavé de brun.

Faces inférieures blanchâtres ou jaunâtres, finement pointillées de noirâtre à la gorge, sur les côtés du corps et sous les membres, ou plus ou moins maculées de gris bleuâtre dans ces parties. Le dessous des membres souvent un peu plus sombre que le reste du corps.

Jeunes assez semblables aux adultes, bien qu'avec une tête comparativement beaucoup plus forte.

A part quelques légères diflérences dans le ton général, ou dans l'intensité et le nombre des taches, cette espèce m'a paru varier assez peu dans notre pays.

362 FAIINR DKS VERTÉBRÉS.

MAles Femelles

Iionf^. dn corps (dn iniim»au à

l'anus) 0«,03ft à 0«,043— O»,047 à 0-,050 à (0-,a54)

> du memb. ant. (de Tépaule

au bout du 3"»« doigt) 0,023 0,02ft-- 0,020 0,028 » du memb. post. (de l'anus

au bout du 4"»« orteil) 0,048 0,060— 0,ori9 0,064 » du pied (au bout du 4"« orteil) 0,022 0,027— 0,026 0,029 » de la jamlw (ou tibiaj 0,014 0,017—0,017 0,018 » de la tête (à l'occiput) 0,014 0,016— 0,015 0,016 Largeur de la tête (sur le pli

des commissures) 0,016 0,020— 0,018 0,020

Distance entre les coins antérieurs des yeux 0,008 0.009— 0,0085 0,009

L' Alyte habite principalement TEurope moyenne et tempérée. Il n'est pavS rare, entre autres, dans diverses parties de la France et de l'Allemagne, ainsi que dans quelques-uns des cantons suisses, au nord des Alpes. J'ai constaté, par exemple, sa présence dans les cantons de Vaud, Neuchfttel, Soleure, Berne, St.-Gall, Appenzell et Zurich. Cette espèce ne craint pas de s'élever passablement dans nos montap:nes ; elle a été, en particulier, rencontrée quelquefois assez haut dans le Jura et sur quelques points des montagnes d' Appenzell. J'en ai m^me trouvé, avec étonnement, en juin 1802, deux individus blottis, à quelques pas l'un de l'autre, sous des pierres, près de la Megis-AIp dans l'Oberland bernois, à plus de 1500 mètres au-dessus de la mer.

Ce petit Batracien mène un genre de vie plutôt nocturne et en partie souterrain ' ; aussi tombe-t-il plus rarement que d'au-

* Malgré la faiblesse comparée de son tubercule métatarsien, VAIt/ten creuse cependant a*<se2 profondément. II semble qu'il se mette ainsi en opposition avec la comparaison que nous avons établie plus bant entre les divers de^n'-s d*accentuation du premier cunéiforme et les aptitudes plus ou moins i^randes dans l'art du creusement. Toutefois, ce cas particulier ne constitue pas une véritable exception à la régie (générale, ainsi que cela peut paraître à première vue. Je n'ai pas, il est vrai, d'obserratioot directes à produire ici sur le mo<le de creusement de cette espèce ; mais, il me semble que la forme un peu proloDf^ée du museau de PAlyte, le di'»-

ANOURES. :163

très sous les yeux de Tobservateur. Il se tient durant le jour, isolé ou en compagnie de quelques-uns de ses semblables, dans quelque retraite obscure. Suivant les localités et les conditions, il se retire simplement sous un amas de pierres ou dans quelque fissure naturelle, ou bien il s'enfouit, jusqu'à un ou deux pieds, sous le sol. Il établit quelquefois des galeries assez profondes, et semble préférer, à cet effet, les terrains plutôt marneux. C'est ainsi, par exemple, qu'il se trouve communément, près de Neuchfttel, dans les marnières de Hauterive, et volontiers sous les racines de Tussilages. A l'approche de la nuit, il remonte à la surface pour se promener, moitié marchant, moitié sautant, à la recherche des Insectes, des Crustacés, des Vers et des Mollusques qui lui servent de nourriture. Le cri que VAlytes fait entendre, au moment des amours surtout, consiste en une seule note élevée et vibrante, rappelant, jusqu'à un certain point, le son d'une petite cloche de verre.

Dès le commencement d'avril, quelquefois seulement en mai, ou plus tard encore dans les montagnes, les sexes se recherchent et se rapprochent. L'accouplement s'opère alors, de préférence (lans les localités humides, mais quelquefois aussi sur terrain sec. Le mâle saisit la femelle au défaut des lombes et l'aide à se débarrasser de ses œufs, en entortillant ceux-ci autour de ses propres jambes, au fur et à mesure qu'ils sont émis *. Ces œufs, jaunfttres et à coque un peu résistante, varient en nombre de quarante à soixante et sont réunis par des pédicules gluants qui, se durcissant assez vite à l'air, étreignent bientôt fortement les membres qu'ils enveloppent. Le mftle présentant peu ou pas de callosités à la main, il est foit probable que l'étreinte des deux sexes dure généralement peu de temps. Ainsi chargé de sa famille, et très-embarrassé par le précieux fardeau qui paralyse presque complètement le mouvement de ses jambes, le

veloppement compare» de son membre antérieur et surtout le fait que le in&le est fiuelquefois appelé à fouir avec les jambes serrées et complètement empêchées par des chapelets dVufs, doivent porter à croire que ce Batracien se sert plutôt ]K)ur se terrer de la tête et des bras, et non pas, comme le Pélobate, presque imiquement du talon et du pied.

' On dit que, dans quelques rares exceptions, des femelles ont bien voulu se charjrer des œufs.

304 FAL.M: UKS VeKTKBRÉS.

père s'enfouit bien vite à Taide de ses membres antérieurs, s>nfonçant sous le sol auprès de quelque mare, parfois jusqu'à deux pieds et demi de profondeur. La femelle, débarrassée du même coup de son époux et de sa progéniture, se retire, à son aise, sous quelque abri du voisinage. Le mâle accoucheur, ainsi enterré vivant, et parfois comme moulé dans le sol qui Tentoure, attend, immobile, pendant un temps variable de quelques jours à trois semaines, que les œufs qu'il couve, pour ainsi dire, aient atteint un certain degré de maturité. Il remonte alors a la surface et va se plonger, avec toute sa famille, dans Teau la plus proche. Cet élément rend bientôt la liberté au père en dissolvant les cordons mucilagineux qui attachaient ses jambes, et ne tarde pas non plus à faire éclore les œufs qui viennent de lui être confiés. Chaque petite coque se fend et donne naissance à un tétard qui se met de suite à nager et qui terminera ses métamorphoses plus ou moins vite dans le courant du mois d'août, en plaine, après avoir acquis, d'ordinaire, d'assez fortes dimensions sous l'état larvaire.

M. Thomas ^ déduit de la rencontre qu'il a faite de têtards de l'Alyte au mois d'avril, qu'un second accouplement doit avoir lieu, pour cette espèce comme chez la Pélodyte, vers la fin de l'été ou en automne. Une observation de M. Delachaux ' semble venir à l'appui de l'hypothèse de Thomas ; il a trouvé, en effet, près des VciTières dans le Jura, un Alyte caché à un pied et demi de profondeur dans de la molasse marine, et porteur, encore au mois d'août, d'œufs autour des jambes. Cependant, si la ponte est double en plaine, elle me parait devoir être simple dans les Alpes, par le fait du retardement général qu'amène, dans ces conditions, le degré de la température. Un individu femelle capturé à la Me^s-Alp, le 25 juin, renfermait encore des œufs qui, bien développés, semblaient devoir être bientôt pondus.

Enfin, en automne et plus ou moins vite, suivant les localités

' A. Thomas, Note sur la K^nération du Pôlodyte ponctué, rtr., Ana. des Se. Nat. 4'- série, t. I, n" 5.

' L. Delachaux, Le Cra|>aud a(u*oucbeur ; le Rameau de Sapin, mai H juin, 1867.

ANOURES. 365

et les années, PÂlyte se retire de nouveau dans ses demeures souterraines, pour y attendre le printemps à Tabri des frimas.

Famille IIL BOMBINATORIDES

BOMBINATORID^

Le Bombinatoridés sont des Oxydactyles dentés dépourvus de parotides, dont les apophyses trausverses de la vertèbre sacrée sont dilatées, qui ont les pieds palmés, chez lesquels, enfin, l'oreille est comparativement peit développée et le tympan constamment invisible.

Les divers représentants de cette famille se distinguent principalement les uns des autres par les formes de la langue plus ou moins arrondie, peu ou pas échancrée au bord postérieur et libre ou fixe en arrière, ainsi que par la dentition palatine, les proportions de la tète, le développement du premier cunéiforme et la présence ou l'absence d'une petite membrane interdigitale.

Des quatre genres qui rentrent dans cette famille, deux sont étrangers à notre continent, tandis que les deux autres sont, au contraire, exclusivement européens. L'un seulement de ces derniers se trouve en Suisse; cependant, j'aurai à dire quelques mots de l'autre, un peu plus bas, à propos du Pehbates fuscus qui a été observé, dit-on, non loin de nos frontières, et qui a même été cité, à tort, dans notre pays.

Les cinq espèces rapprochées sous le nom de Bombi-

366 FAtMi; DES VKHTÉBMICS.

natoridés présenteut, avec des formes assez variées, des mœurs très-différentes.

Genre SONNEUR

liOMBlNATOU, Merivm.

Pds de jHirotides, Aj^ophyscs sacrées diUUées. Langue subcirculaire, jmi qmsse, iion échanerée et adhvrrnte en arrière comnut en avant. Des dents romcriennes en deux lieiiis grou- IteSy un peu au-dessous des orifices nisaux. Une large fontanelle enire les fronto-pariétaux. Pas de tgmjHin. Pupille triangulaire, Doifjts libres, j^^'^ds d ivon opimsiddes. Orteils enlièrenieid palmés. Un tubercule métatarsien trh-jKiit à la base du premier otieil. Membres lÂutùt couds. Tête jKtite. Tronc large. Peau sans adhérence d couveiie de tubercules. Pas de s(W vocal.

La langue est à peu près circulaire, mince, non échaucrée sui' le bord postérieur et adhérente en arrière comme en avant (Voy. PI. V, tig. 4).

Le palais présente deux petits groupes de dents vumériennes, légèrement en dessous des orifices nasaux.

Les apophyses transverses sacrées sont dilatées en palettes.

Les os frontcHpariétaux embrassent entre eux une large fontanelle.

Pas de tympan visible.

Pasdei)arotides.

AiNOURËS. 367

L'œil est plutôt petit et à pupille triangulaire.

Les doigts sont faibles, subcyliudriques, entièrement libres et non opposables; le pouce est, à peu près, moitié «de l'index.

Les orteils sont cylindro-coniques, épatés et entièrement palmés ; le cinquième demeure en longueur entre le second et le troisième.

Les membres sont plutôt courts. La paume de la main présente trois tubercules à peine sensibles. Le côté externe de la jambe est comparativement peu rentlé ; tandis que la plante du pied est, par contre, fortement épaissie par un amas de glandules.

Le premier cunéilbrme, peu développé, n'offre qu'une très-petite saillie arrondie.

Le tronc est large, un peu déprimé et plus petit chez le mâle que chez la femelle.

La tête est petite.

La peau, sans adhérence sur le vertex et couverte de tubercules, ne forme pas de plis constants sur les côtés du corps.

Pas de sac vocal.

Le genre Sonneui* ne comprend qu'une seule espèce, trèsrépandue en Europe. Le Sonneur igné ou à ventre couleur de feu, notre plus petit Anoure indigène, passe la majeure partie de l'année dans les mares, et de préférence dans les eaux croupissantes.

368 FArNK DES VERTÉBRÉS.

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