‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 2)Chapitre 7 sur 59 · LE LÉZARD VERT Die grUne Eidecuse · texte numérisé non relu

LE LÉZARD VERT Die grUne Eidecuse

Lacerta viRiDis, Daudin

Vert en dessm^ parfois avec des tacJies famées ou des raies longitudinales claires; jaunâtre et sans taclies en dessous, Mem- 1res 2)ostt rieurs comparativement grands. Queue effilée; égale environ à dexix fois la longueur du corps. Tête forte^ à peu près deux fois aussi longue que large et sensiblement acuininée. Écailles dorsales régidières j^us ou moins allongées et tectiformes. Des itiarginaJes externes, Nasofrciudes généralement doubles. Des dents palatines. Flaque préanale entourée, ])ar le haut, de deux demicercles squameux. Longueur totale moyenne =■ 320*

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LvcEKTUS viuiDis, Gcfi/inei% Quad. Ov. II, p. 40. Lu ERTA AGiLis, VAR. p, Lititié, Syst. Nat. I, p. 363.

» \iRiDis, Daudin, Hist. Uept. III, p. 144.

9 BILINE.VTA. L. SERICE.\, Daucfin, Hist. Rcpt. III, p. 152 et 2i4.

> CHLORONOTA, L. SERPA, Raffiti. Caratt. alcun. nuov. gen. p. 7 et 8. » TiLRiiERTA, Mcrrem^ Sj'st. Amph. p. 64.

• EXKH'A, L. GRACiLis, L. STRIGATA, Eichw. Zool. spec. Ross. et Pol.

m, p. 188 et 189.

» SMARAGDINA, Meisnev, Mus. der Naturg. Helvetiens, I, 6, p. 41,

lig. 1, 2 et 4.

> BisTRiATA, Schinz, Naturg. und Abbild. Rcpt. p. 99 et 100, taf. 37. » SYLVICOI.A, Eversm. Nouv. Mcm. Soc. imp. nat. Moscou, TU, p. 344.

> VARius, Mihie- Edwards, Monog. Lézai'ds. Ann. Se. Nat. XVI, p. 83. Seps ^jericeus, S. terrestris, S. varius, S. viridis, Laur. Syn. Rept. p. 61

et 62.

Tête forte, large, épaisse en arrière, légèrement busquée depuis les yeux et sensiblement acuminée dans la partie antérieure. La plus grande largeur égalant, en général, la moitié de la longueur, et la longueur elle-même étant d'ordinaire comprise trois fois, chez les adultes, dans Tétendue du tronc, du collier à Tanus; parfois trois et demie chez la femelle, et, par contre, souvent deux et demie seu-

70 PAUNB DK8 TERTÈBRÉS.

lement, chez les jeunes. Occipitale petite. Nasofrénales généralement doubles, de chaque'cOté (Voj.Pl. n, fig. 1). Des dents disposées en groupes allongés à droite et i gauche du palais. Celles des maxillaires bilobées ou trilobées et, le plus souvent, obtuses et émoussées, chez les adultes.

Œil de moyenne dimension et au centre de la distance qui sépare Textrémité du museau du bord postérieur du tympan.

Cou mesurant, en longueur, environ la moitié de la tête.

Tronc épais, à peu près cylindrique ou légèrement tétragone et souvent un peu plus long chez la femelle que chez le m&le, quoique cette différence, entre les sexes, soit ici bien moins accentuée que chez d'autres espèces. Le dos sensiblement relevé ou convexe transversalement.

Membres forts, gros et pourvus de doigts médiocrement allongés avec des ongles brun&tres et crochus. La patte antérieure, étendue sur le côté de la tête, atteignant d'ordinaire à la narine avec Tongle du doigt majeur. La patte postérieure, ramenée le long des flancs maintenus droits, atteignant jusqu'à Taisselle avec l'extrémité du plus grand orteil, ou un peu moins lom chez les femelles.

Queue longue, effilée, légèrement carrée à la base, puis bientôt arrondie, diminuant graduellement depuis la racine et mesurant, lorsqu'elle est intacte, environ deux fois la longueur du corps y compris la tête. Les écailles supérieures et latérales des verticilles pentagones ou hexagones, allongées et carénées.

Pores fémoraux variant, à tout flge, de 12 à 20, sous chaque cuisse*.

Flaque préanale grande, large, rectiUgne au bord postérieur et entourée, par le haut, de deux demi-cerdes de squames plus petites.

Écailles dorsales tectiformes et assez régulièrement hexagones ;

^ C.-F. Meianer, Amphibîorum qaommdam paptlUs, etc., domie on Baximaii de 23 porce que je croii fort rare.

aUongées et plus ou moins imbriquées sur la moitié postérieure du tronc, presque juxtaposées et plus arrondies en avant (Voy. PI. II, fig. 2). CeUes des flancs plus rondes et un peu moins carénées.

Semi-coUier composé, d'ordinaire, de 9 à 10 squames, les médianes les plus grandes. Le sillon gulaire bien prononcé.

Scutelles abdominales hexagones ou tétragones, disposées en six séries longitudinales principales; plus une ligne plus courte de marginales de chaque côté, beaucoup plus petites, carrées ou triangulaires.

Faces supérieures d'un vert plus ou moins jaunâtre, bleuâtre ou rembruni ; parfois unicolores ou seulement tiquetées de blanc et de noir, d'autrefois tachetées, bariolées ou marbrées de noir. La tête souvent plus bleue ou plus brune que le tronc. La queue verdâtre ou brunâtre et généralement assez claire, surtout près de l'extrémité. Chez quelques variétés, deux lignes blanches ou jaunâtres bordées de taches foncées sur les côtés du corps et une partie de la queue.

Flancs, tantôt semblables au dos, tantôt d'une teinte plus jaune, plus verte, plus bleue, ou encore plus rousse, avec ou sans taches.

Membres répétant d'ordinaire, sur leurs divers côtés, les colorations variables du dos, des flancs et du ventre. Doigts verdâtres ou brunâtres.

Iris blanchâtre, jaunâtre, brunâtre, parfois même rougeâtre et plus ou moins doré.

Faces inférieures d'un jaune clair, ou jaunâtres, sur la région abdominale, avec un mélange de vert ou de bleu près des flancs et généralement sans taches dans les deux sexes.

Les mâchoires, les côtés du cou et la gorge, parfois comme le ventre, souvent d'un beau bleu azuré. Le dessous des membres et de la queue jaunâtre, verdâtre ou roussâtre clair.

Jeunes : tête comparativement plus forte que chez les adultes ; écailles dorsales plus arrondies ; livrée généralement jaunâtre en dessous, et très-variable quant aux faces supérieures. Tantôt, par exemple, d'un brun bronzé, ou rous-

72 FAUNE DKS VKRTÊBRES.

sàtres, ou d'un gris verdâtre et sans taches, en dessus, tantôt tachetés de noir sur le dos, tantôt enfin, et le plus souvent après le premier âge, marqués sur chaque côté de deux lignes blanchâtres, continues ou formées de points et bordées de taches foncées.

Cette espèce varie énormément, non-seulement dans les proportions, mais encore dans la coloration. Plusieurs auteurs ont décrit, sous des noms particuliers, les principales variétés de ce Lézard; toutefois, Ton trouve constamment, entre elles, des individus pourvus de livrées transitoires. Je me contenterai donc de signaler ici les formes qui m'ont paru les plus opi)osées et les plus tranchées dans notre pays.

V La première, également propre aux adultes des deux sexes, peut être appelée /w/i<^7///' ou tifjuf't/r. Les faces supérieures et latérales sont d'un vert tirant plus ou moins sur le jaunâtre ou le bleuâtre, et couvertes d'un grand nombre de petits points jaunâtres et noirs entremêlés. Les faces inférieures sont jaunes ou jaunâtres, la gorge et les mâchoires sont quelcjucfois jaunes aussi, mais le plus souvent bleues ou bleuâtres. J'ai rarement trouvé cette forme à une certaine hauteur dans les montagnes ; elle m'a paru, par contre, une des plus communes dans les plaines ou les vallées de quelques-uns de nos cantons, au nord comme au sud des Alpes. C'est la forme que Meisner a décrite sous le nom de L. snianujdina.

2" La seconde variété peut être dite, suivant les cas, Uirhœ ou luarhnr. Les faces supérieures et latérales sont encore d'une teinte verte variable dans son intensité et plus ou moins rembrunie ; mais, au lieu de petits i)oints, elles présentent, sur le dos et les flancs, de grandes taches noires de forme et de dimensions diftérentes. Ces taches, parfois confluentes, sont souvent cernées par des ondes plus pâles que la teinte fondamentale, ou embrassant elles-mêmes un petit espace plus clair. J'ai pris plusieurs individus de cette forme, en majorité femelles adultes et de très-grande taille, assez haut sur le flanc des montagnes et dans (juelqut^s petites vallées latérales du Valais.

3* La troisième variété, celle à deux ou & quatre raies, la plus frappante de toutes, a été souvent et pendant longtemps prise

pour une espèce particulière et classée sous le nom de Lacerta hSineata ou bistricUa \ Les faces supérieures et inférieures peuvent encore varier, les premières du vert au bleuâtre, au brunâtre ou au grisâtre, les secondes du jaune au verdâtre au bleuâtre, ou même au blanchâtre ; mais ce qui distingue surtout cette forme élégante, c'est la présence, sur chaque côté du corps, d'une ou, plus souvent, de deux raies parallèles blanches plus ou moins continues, franchement accentuées et généralement bordées de noir. L'une de ces raies part de l'occiput, court sur les côtés du dos, et s'étend jusqu'assez avant le long de la queue; l'autre prend naissance à l'angle des mâchoires, ou seulement sous Faisselle, et chemine au bas des flancs jusque sur la partie basilaire de la queue. L'espace compris entre ces lignes est marqué, assez régulièrement, sur les flancs de taches arrondies noires ou quelquefois rousses. Le dos est unicolore ou semé de taches noires. Les côtés de la queue et les membres sont, enfin, souvent d'un joli brun-roux qui tranche agréablement avec le vert des faces supérieures et le jaune serin bordé de bleu des faces inférieures.

Cette livrée est, la plupart du temps, celle du jeune âge dans les deux sexes ; aussi ne trouve-t-on généralement sous cette fonne que des individus de taille petite ou moyenne; cependant, elle persiste quelquefois, de préférence chez les femelles, et semble se développer surtout dans certaines locaUtés et certaines conditions. Presque tous les jeunes du Lézard vert que j'ai capturés dans le Tessin et dans le fond de la vallée du Rhône, jusqu'à Brigues, affectaient cette variété rayée ; par contre, elle m'a pani moins commune sur le flanc des montagnes du Valais et dans le canton de Yaud. J'en ai collecté de superbes échantillons dans les environs de Genève.

Je n'ai rencontré, comme je l'ai dit, sous cette dernière forme, aucun sujet de très-grande taille; toutefois, j'ai remarqué, chez certains grands individus de la seconde variété, dite marbrée, des traces assez visibles de deux raies latérales et d'une médiane dorsale, comme effacées.

* CeUe que C.-F. Meisner (Mus. d. Katurg. Helv., I, p. 48, en note, et fig. 3) figure comme spécifiquement différente de sa L. smaragdina.

74 FAUNR DES VERTÉBRÉS.

Var. Var. Vtr.

BilineaU PanctillaUMarmorata

Longaeur totale* (du museau au bout de la queue).0»,246 à 0",320 à 0",370

> de la tête (du museau à Toccipitale) 0,018 0,026

» du tronc (du collier à l'anus) 0,055 0,073 0,086

» db membre antérieur (de raissclle au bout

des ongles) 0,027 0,038

» du membre post. (par derrière et jusqu'au

bout des onjjfles) 0,045 0,054 0,056

» du quatrième orteil (du côté du troisième). 0,0155 0,018

> de la queue (depuis l'anus) 0,163 0,210 0,246

Cette espèce ne s'étend guère vers le nord, mais parait assez répandue dans les contrées méridionales de notre continent, et même, en dehors de celui-ci, jusque sur les côtes d'Afrique et les frontières d'Asie.

 l'exception de la citation du prof. J.-F. Meisner qui, comme je l'ai dit plus haut, m'a assuré que la Lac, virkUs se montrait parfois près de Bftle dans certaines localités chaudes des bords du Rhin, elle n'a été trouvée, à ma connaissance, en Suisse, que dans quelques-uns de nos cantons au sud et à l'ouest.

J'ai rencontré a1)ondamment le Lézard vert au midi des Alpes, dans le Tessin, ainsi que dans le bas de quelques vallées Grisonnes qui s'ouvrent du côté de l'Italie, dans celles de Poschiavo et du Bergell, par exemple. Ailleurs, je n*ai pu constater sa présence, au nord de la grande chaîne, que dans le bassin du Rhône et du Léman, dans le canton de Genève, dans la partie littorale du canton de Vaud et dans le Valais. Il y est même fort commun en certains endroits. La Lamia viridis ne s'élève pas très-haut dans les montagnes ; cependant, il m'est arrivé de la rencontrer jusqu'à 1300 mètres au-dessus de la mer, dans le Valais.

Le Lézard vert se tient de préférence dans les endroits accidentés, chauds, pierreux et ronceux. Il se cache dans des trous, se glisse entre les pierres et grimiie parfois contre le tronc et sur les branches inférieures de petits arbres. Sa nourriture consiste principalement en Insectes, Arachnides, Vers et Mollusques de diverses sortes ; cependant, il s'attaque aussi quelquefois à

^ Suivant Duméril (£rpét. gèn.)t cette e8|)èce mesurerait, en Grèce, jusqu'à 470™*.

de petits vertébrés. Il est très-agile, assez sauvage et mord volontiers, sans que cette morsure offre aucun danger.

L^accouplement a lieu une fois annuellement, en mars ou en avril suivant les années et les localités. Les œufs, au nombre de hait à douze, blanchâtres et gros comme des petites noix à peu près, sont déposés sous le sol ou dans quelque amas de débris. Les petits naissent généralement vers le milieu de F été, à la fin de juillet ou en août. Â l'approche des froids, et plus ou moins tôt selon les automnes, le Lézard vert s'enferme dans ses galeries souterraines pour y attendre, dans un état de torpeur hivernale, que le soleil vienne de nouveau réchauffer le sol et le rendre à la vie.

Le professeur Pictet a reconnu, dans les graviers stratifiés de Mattegnin, près Genève, une mâchoire de petit Saurien qui lui a paru devoir être rapportée à Tespèce du Lézard vert ^

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