Genre 4: POULE D’EAU
GALLIXCI.A Brisson.
Bec droit, nu plus de la longueur de la tète, sahconique, comprimé, assez aigu et médiocrement fendu; mandibule sup. aplatie en arrière et pjrolongëe en une plaque nue su,r le front, légèrement creusée au-dessus des narines et un
GALLINULIENS
peu conve.ve. ainsi que volontiers légèrement échanrrée en avant; angle mentonnier très avancé, plus ou moi'us accentué. Fosses nasales larges, suharrondies en avant et dépassant un peu les narines qui sont elliptiques, allongées et atteignent au moins le milieu du bec (voy. lig. 51). Jambes nues sur un espace petit ou moyen, souvent un quart environ; tai'scs robustes, un peu pinces, scutellés en avant, très finement réiierdés ou quasi- granuleux sur la ligne médiane, en fio. si. Tèto <ic uhlo-
a.rrière, et largement réticulés «oi-us, aJ-
sur les côtés. Doigts longs, bordés d’une étroite membrane ; médian, avec ongle, beaiaamp plus long que le tar.se; pouce inséré peu au-dessus des doigts, finement bordé en dessous et passablement plus long que moitié du tarse. Ongles assez longs, légèrement arqués, comprimés et aigus. Ailes moyennes, subaiguës, n’atteignant pas d'ordinaire le boict de la queue; cidritales ne couvrant ))as les plus grandes rémiges. Queue courte, arrondie, à 12 rectrices, larges, rondes et médiocrement rigides. Corps. assez long, subarrondi transversalement . Une plaque nue sur le front.
(Fjufs assez nomliFeux, rclativeiueiit gros, d’un ovale plus ou moins court ou allongé, à co(iuille lisse, mais sans éclat, et plus ou moins couverts de points ou de petites macules de deux couleurs, sur fond gri.sàtre. jaunâtre ou roussâtre.
Les Poules d'eau sont oiseaux migrateurs, semi-nocturnes et peu sociables, qui reclicrclient les eaux bordées ou garnies de roseaux, près desquelles elles nichent et où elles prennent une nourritun' surtout animale, bien qu’un peu mélangée d’éléments végétaux. Elles coui’ent, nagmit. plongent et peirlient au besoin.
Leur mue paraît simple. Le mâle et la femelle se ressemblent; les jeunes .sont fort différents.
Le genre GalUmda est représenté par six à huit espèces', dans les diverses parties du monde. Une seule se trouve en Puirope et en Suisse.
' Selon que l’on considère quelques-unes d’entre elles comme sous-esjjèces ou espèces.
ÉCHASSIERS
267. — 1 ; POULK D’EAU OEDINAIRE Genieiups Teichhuhn — Sciabira.
GALLiNUi.A Clu.üiioi’cs Linné.
Bec, au bas du front, au moins trois cinq, du tarse et à ÿeu ju es deux fois aussi haut que lanje « la base; 2>laque frontale ovale, arrivant entre, les bords ant. des yeux,j)arfois au milieu (chez ad.) (voy. fig. 51). 2‘ et 3° rémif/es quasi-égales, les plus longues; 4" impeiijilus courte; 1'" un jieu jdus courte on un.qieu jdus longue que 6°. Cubitales ne dépassant pas d’ordinaire la 6'“ rémige (ad.). Ailes couvrant prés des trois quarts de la queue (ad.). — Livrée en majeure jtartie ardoisée, avec dos brun-olivâtre; quelques macules allongées sur le haut des flancs et milieu du bas-ventre blancs. Sous-caudales médianes noires, latérales et e.vtré.mes blanches. Flaque frontale, rouge ( nd.). Bec rouge, jaune en avant. Fieds verts; bas de la jambe rouge (ad.).
Long. tôt. (>"',310 — 350; aile pliée O'", 155 — 175; queue O'", 008 — 085; ta/'se (>'",041 — 050; médian, avec ongle O'", 003 — 072 (ongle 12 à 14"""); bec, au front (>'",027 — 029, avec la qilaque fl’ontale O'", 03 1—039.
Fdlica FnscA, F. chloeopds Linné, Syst. Nat., I, p. 257 et 258, 1766. — F. FDSCA, F. JIACULATA, F. FLAVIPES, F. FISTDLANS Giiiel., Syst. Nat., I, p. 697, 701 et 702, 1788.
GALLINITI.A cin.OROPüs, G. FDSCA Latliam, lud. Orn., II, p. 770 et 771, 1790. G. OHLOROPDS Meisner u. Sdh., e.v Lafh., Vügel der Schweiz, ji. 2.S7, 1815. Temminck, Man. Ornitli., II, p. 693, 1820. Nihson, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 271, 1835. Schinz, Fauna hclv., p. 1 1 1, 1837. Bailly, Ornitli. Savoie, IV, p. 26L 1851. Biva, Omit, ticin., p. 480, 1865. Fegl. et Gerbe, Ornitli. eiir., II, p. 262, 1867. Fritseh, Viigel Eiirop., Tab. 35, Fig. 1 et 2, 1871. Friderich, Deutsche VOgel, 4° éd., p. 735, Taf. 39, Fig. 1 et 2, 1891 . Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 298, 1894. iS7ia7;pe,Cat. B. Brit. Mus., XXIII, p. 169, 1894.Hand-list, I, p, 107, 1899. Chbx chloropüs Licht., Verz. DouI)l.,p. 79, 1823.
Rallds chloropüs Savi, Omit, tosc., II, p. 382, 1829.
Stagnicola septektuiosalis, St. chloropüs, St. misoh Brehm, Isis, 1830, p. 992. Vôgel Deiitsclil., p. 704 à 706, 1831. — St. parvifrons Brehm, Naiimannia, 1855, p. 293.
Noms vdlg. S. F. : Poule d’eau. — S. A. : Wasserhuhn. Miiderli, Meiringcn ; Kücheli, Diesbacli; Teichhuhn, St-Gall; Grïinfus.'t, Coire. — S. I.: GalUnetta, GalUnee. Grugnelton, Pollon, Lncariio.
gali.ini:liens
Mûle (ici., au lu iidi’mps : Dos. couvcrtuves alairos, rémiges et suscaudales d’imdrun olivâtre lustir; rectrices d’un luain plus sombre; première rémige liordée de. blanc. Tête. cou. poitrine, ventre et dancs d'un gris ardoisé assez foncé, avec queUpies taches allongées blanches sur le haut des derniers. Régions crurale et anale latérale d’un gris-brun olivâtre; milieu du bas-ventre blanc ou très moucheté de blanc; sous-caudales latérales et extrêmes blanches, médianes et inférieures noires. Bec et plaque frontale rouges, le premier jaune dans le tiers ('xtréme. Pieds verts; bas de la jambe cerclé de rouge. Iris rouge.
Femelle ad., au printemps: De teintes générales un peu plus claires; joues plus pâles, gorge grisâtre ou quasi-blanchâtre.
Adultes, eu automne: Faces dorsales plus remlirunies; tête, cou et faces inférieures de teinte moins uniforme, soit d’un ardoisé plus clair ou plus cendré et plus ou moins nuancé de brunâtre. Plaque frontale un peu moins étendue et de teinte livide. Bec d’un vert olivâtre, sans rouge à la base ; bas des jambes un peu jaunâtre.
Jeunes, avant la mue: Gorge et devant du cou blanchâtres; poitrine et ventre blanchâtres ou grisâtres, ondés ti-ansversalement de brunâtre, sur les cotés. Eémigos et l'ectrices d’un brun foncé, volontiers plus claires vers l’extrémité. Pla(|ue frontale peu étendue, olivâtre somlire. Bec et pieds d’un biain olivâtre; iris brun-verdâtre.
.1 la naissance : Vêtus d’un duvet noir' assez épais, avec face et nuque de plus eu plus couvertes de tiges noires à jjointes blanches; (luelques autres tiges d’un blanc d’argent à la gorge et sur les côtés d(* la tête. Côté interne des jambes blanc. Bec jaune vers le bout, rose en arrière et sur le bas du front, où la plaque frontale est encore peu apparente. Pieds noirâtres.
Variétés : On rencontre de temps à autre des individus plus ou moins blancs ou maculés de blanc. Les (hdlinula pyrrhorrhoa Newton. de Madagascar, et G.yalenta Licbt., (rAméri(|ue, sont très voisines de notre Cldoropus.
La Poule d’eau ordinaire est oiseau d(î passage très répandu et niebeur assez commun en jdaine (d dans le bas de la zone montagneuse. dans les diverses parties du pays, tant à l’est qu’à l’ouest et au centre, et au sud comme au noi-d des Alpes. Fdle a même été rencontrée assez haut dans celles-ci, au moment d<‘s migrations, jusque dans la vallée d’Urseren. sur la route du Gothard, et dans la H'"-Fmgadine. en particulier. Elle hivei-nerait de temps à autre dans certaines localités de la plaine suisse, notamment dans les régions inférieures du Itassin de r.\ar et flans b' Bas-\’alais. Ell<>
ÉCHASSIERS
voyage de miit. et nous arrive d’ordinaire fin mars ou en avril, pour nous quitter ou repasser parfois déjà on septembre, le plus souvent en octobre.
Fdle roclierche, pour s’y établir et se reproduire, les marais assez profonds, ainsi que les bords des lacs, les étangs et les coui-s d'eau abondant en roseaux, où elle se met, soir et matin surtout, en quête dos vers, larves, insectes, mollusques et même petits poi.ssons qui, avec quelques graines et fragments de plantes aquatiques, forment sa nourriture habituelle. Klle ne paraît guère sociable, en dehors du cercle de sa famille, et il e.st rare que deux paires nichent dans le voisinage immédiat runo de l’autre. Poursuivie, elle se faufilera prestement ou se blottira, jiresque entièrement submergée, dans les roseaux, ou elle nagera rapidement, plongera mémo profondément, on bien encore elle grimpera dans un arbre creux pour s’y cacher. Qu’elle nage à découvert ou qu’elle coure, avec ses longues pattes, ses mouvements sont toujours gracieux et, presque à chaque pas, elle fait un petit battement de sa queue retroussée, qui souvent s’étale brusquement, comme le font aussi plus nu moins la plupart de nos Macrodactyles. Le cri assez fort qu’elle fait entendre durant la saison des amours peut êti'o rendu, suivant les circonstances, tantôt par terr, terr ou krory, krorr, tantôt par terr-teit-tett ou kirkreckreck ; au vol elle crie plutôt kikikik; ipiand elle veut rassembler ses petits, elle dit dnvk, doiik, et ceux-ci répondent par tschui, tscinii. Sa chair ne vaut pas celle du Roi de Cailles et des ^Marouettes.
Elle bâtit, avec des débris de plantes aquati([ues, un nid en coupe assez grande et profonde, près de l'eau, entre, les herbes, ou dans l'eau, sur des roseaux couchés, avec base de bûchettes et de tiges écrasées, de telle manière ((u'il pui.sse un pou monter et de.scendir avec le niveau de l'eau. C’est dans ce berceau qu’elle pond, dans la seconde moitié de mai ou la jiremière de juin, parfois de nouveau en juillet, et qu'elle couve pendant trois semaines environ, le mâle remplaçant volontiers la femelle, quand celle-ci doit prendre ([uelque nourriture. — La mue se fait généralement en août.
Ses œufs, au nombre de (i à IL sont assez gros, avec coquille un peu épaisse et assez lisse, bien que sans éclat, et varient énormément tant quant aux proportions et à leurs formes, d’un ovale plus ou moins allongé ou ramassé, (|u’au point de vue de la coloration. Ils sont, suivant les cas, d’un gris roussâtre. jaunâtres on roussâtres. et quelquefois très pâles, avec nombreux points gris et bruns, et de petites taches éparses d’un brun rougeâtre; on en voit (|ui .sont presque blancs ou à peu près immaculés. Us mesurent d'ordinaii-e 0-.041— 04(! sur 0“,0-28— 03.3.
KULICIENS
L'ospèco ost très rcpanduo en Phiropo, en Asie et en Afrique, inêine en Amérique, si l’on considère la G. galeatn comme sous-espèce seulement. Elle se reproduit sur notre continent, depuis le (iO"' depré nord environ. jus(|n'en Italie et en Grèce, où elle hiverne réfinlièrement.
Sous-Famille III, des FULICIENS
FULICINiE
Doigts lol)6s, soit très amplement bordés d’une memlu’ane découpée en larges lésions fvoy. flg. 52j. Une plaque frontale nue, plus ou moins étendue. Membres postérieurs notablement reculés: tarse très pincé. Corps médiocrement allongé et relativement peu comprimé, ou subarrondi.
(Eufs à coquille médiocroment lisse et sans éclat. — Poussins coui'ant on nag('ant peu après leur éclosion, comme ceux des autres représentants de la famille'.
Les Fuliciens nagent et plongent plus qu’ils ne volent, en dehors de l’époque des migrations, et sont beaucoup plus sociables que les précédents, sauf en temps de nichée.