XLIX. — Famille 1 : ARDÉIDÉS
ARDEIDÆ
Bec rolmste, long ou assez long, droit ou quasi-droit, conique, plus haut que large, pointu et fendu au moins jusque sous l’œil, avec arête aplatie en arrière, sillons nasaux généralement prolongés au delà de la moitié du bec, et narines latérales prébasales, en fente large, percées de part en part et ne dépassant pas d’ordinaire le quart ou le tiers du bec. Mandibules subégales, le plus souvent finement dentelées sur le bord, au moins en avant ', la supérieure brusquement réduite et plus ou moins conique, à l’extrémité; menton généralement bien emplumé, avec angle très avancé, plus ou moins accusé. Lorums nus, ainsi que le pourtour de l’œil et les environs de la commissure du liée, plus ou moins en arrière (voy. fig. 51 et oR). Jambes moyennes ou longues et plus ou moins nues, au-dessus du talon. Tarses moyens ou longs, généralement scutellés en avant. Pouce assez long, au niveau des autres doigts et plus ou moins directement opposé à l’interne^, avec ongle robuste et plus ou moins cro-
‘ Cette légère dentelure permet ù l’oiseau de pincer et retenir plus fortement des proies glissantes, comme les poissons.
- La jiosition du i)ouce, hors de l’.'iplomb du tarse et directement opposable au doigt interne, ainsi que la plante membraneuse qui relie en dedans ces deux doigts permettent aux Ardéidés, aux p(;tite8 espèces surtout, d’embrasser mieux, pour grimper, les branches et les roseaux. Cette particularité du pied me parait sTirtout accusée chez le Blongios (Arâetta minuta).
HKRODIONS
chu, le plus grand do tous. Doigts antérieurs assez longs et effilés, légèrement bordés; l'externe palmé à la hase, l'interne quasi-lihre ou laiblement relié. Ongles moyens ou assez longs, arqués, comprimés et plus ou moins aigus; le médian généralement dilaté et pectiné au bord interne' (voy. fig. 55). Ailes longues, plus ou moins amples et obtuses ou subaigués, atteignant presque ou dépassant légèrement le bout de la queue; rémiges primaires plus ou moins échancrées, rétrécies ou entières; cubitales couvrant ou à peu près les grandes rémiges. Queue courte ou très courte, à 10 ou 12 rectrices. Corps assez comprimé et léger. Cou long, égalant souvent, avec la tète et le bec, moitié au moins de la longueur totale. Tête généralement étroite et allongée, avec front aplati ou fuyant et œil assez eu avant. Des espaces duveteux sur les côtés du corps. D’ordinaire des plumes ornementales sur la tète, au bas du cou ou sur le dos.
aHufs peu ou médiocrement nombreux, subelliptiques ou ovalo-elliptiques, à coquille assez ou médiocrement mince, terne ou sans éclat, et immaculés. — Poussins naissant plus ou moins couverts d’un duvet clairsemé et restant longtemps au nid.
Les Ardéidés. de taille grande ou assez grande, sont des oiseaux migrateurs, monogames et peu sociables, en dehors dos époques do reproduction et de migi'ation. Ds recherclient également les eaux courantes et stagnantc.s, se nourrissant surtout de petits vertébrés, poissons et grenouilles principalement, et plus ou moins d’insectes, de crustacés et de petits mollusques. Ds marchent gravement, aussi bien dans l'eau que sur t(>rre, ne nageant généralement pas, et grimpent plus ou moins, les petites espèces surtout, le long des branches ou des roseaux, que l’opposition de leur pouce au doigt interne leur permet d'embrasser et serrer facilement. Tous également, ils ont l’habitude de replier souvent leur long cou, pour mettre la tête entre les épaules, soit qu'ils veuillent reposer, soit qu’ils se préparent à projeter leui- bec robuste et jjointu sur quelque proie ou dans les yeux d’un ennemi. Ils volent bien, à coups d’ailes plus ou moins
' La carène dentelée, soudée au côté interne de l’ongle médian, tombant assez ftmilement, par dessication, au moins près du bout, on trouve souvent, en collections, des ongles privés de cet appendice sur un espace pins ou moins long.
ARDÉIUKS
lents, et pnssent, suivant les genres et leni's inœni's plus ou moins diurnes ou nocturnes, de jour ou de nuit et plus ou moins haut. Ils nichent, selon les espèces, dans les roseaux ou sur les arbres.
11 semble ([ue l'on pui.s.se distinguer dans les tlittereuts Aiahhdés des sous-familles ou (h's groupes assez caractéri.sès, en tenant compte soit do l’étendue de la partie nue de leurs jambes, des formes et proportions de leur hcc ou des particularités de leur plumage, .soit de leurs nueurs et allures, ou encore de la couleur de leurs œufs ; mais, il y a tant de formes transitoires chez ces oiseaux que semhlaldes fractionnements, à pi-emièi'e vue très justifiés, paraissent difficiles à toujours .soutenir.
N'ayant pas pu. dans cette étude purement locale, comparer à tous égards toutes les espèces d'Ardéidés des différentes parties du globe, je ne puis pas davantage précoinser un partage des noml)i-eux représentants de cette famille d'après la forme des premières grandes rémiges, échancrées ou non au liord interne, avec ou sans rétrécissement au bord e.xterne. Je ne crois pas inutile, cependant, de signaler en passant la distinction (|ue ce caractère particulier semble faire entre nos espèces d'Ardéidés. distinction qu'il serait intéressant d'étudier, je le répète, jusque dans tous les genres et toutes les espèces. Les formes nettement différentes des i)remières rémiges, échancrées comme chez les Ra])aces. ou à bord interne régulièrement coidinu comme chez les (lallinacés, doivent pouvoir influei- en effet sui’ le vol de l’oiseau et, i)ar le fait, sur ses allures et ses mœurs en généi-al. et venir corroborer jusciu'à un certain point certains autres caractères di.stinctifs déjà mis en avant par quelques auteurs pour distinguer les Butors des Hérons proprement dits : bec plus court, espace nu au bas de la jand)e plus réduit. plumage du cou plus ample, entre autres.
I. ARDÉiDKs à premih es f/rnudes rémiges écluuicrées an bord interne (dès la jtremière.) et rétrécies au bord externe (dès la seconde).
lIÉhO.XIMNS
a) Hérons proprement dits : Ardea (A. cinerea, A. pnr^ntreaj, Herodias (H. alha, H. garzettaj.
b) Bihoreaux : Nycticorax (N. griseus).
H. ARDÉIDKS « rémiges sans échancrure an bord interne, avec ou sans légère, indication de rétrécissement au bord externe.
lU'TOMIK.XS
c) Butors: Buenus (B. ralloides), Ardetta (A. minuta), Botau- Rus (B. Stella ris).
HÉKODIONS
Le Bilioreaii ( Nydicorax), V2ing(' par ïemininck dans son second groupe, près des Butors, devrait, par le fait de ses rémiges cchancrées, ou bien être réuni aux Hérons proprement dits, ou bien, à cause des formes plus arrondies de son bec et de son front, représenter le type d’un groupe à part. B semlde donc qne l’on puisse, répartir nos Ardkidks dans trois sous-familles dites : Anhiuæ,Bi>taurinæ et N ijcticomcinæ ; cependant, il est difficile, je le répète, de trancher la question de ces fractionnements sans une étude des rémiges chez tous les Ardéidés connus.
Les membres nombreux de cette famille, l'épandus dans les diverses parties du globe, ont été rangés dans plusieurs genres, dont sept, huit ou neuf, selon les auteurs, figurent en Europe, et desquels doux seulement, les dits Biibidrus Bonap.. représenté par le Garde-hœuf {B. lucidus Bat.) dans le sud de l'Europe. l’Afrique et le centre de l’Asie, et Ardeirallus Sharpe, créé pour le Blongios de Sturm (A. Stiinin Wagler) d’Afrique, accidentel en Eni-ope méridionale. nous font défaut.