HÉRON CENDRÉ Graiier Reiher ■ — Rgarza
.\UDE.\ oiNERE.\ Linné.
Ber, cm front, sensiblement plus court cpte le tarse, beaucoup plus haut que large à la hase, et à arête légèrement convexe, avec nudité latérale ne dépassant guère la commissure. Jambe réticulée, ainsi (pie le tarse en arrière. Doigt médian, avec ongle, à peu près deux tiers du. tarse; externe palmé jusqu'il 1"’ articulation , interne à la base seulement. Fonce, avec ongle, un jjcu plus long seulement que moitié du médian avec son ongle piediné. Ongles relativement courts, courbés et peu aigus ou subobtus, t" rémige un peu acuminée, mesurant d’ordinaire entre P et 5". 1"' à 3" géméralement échancrées au bord interne; les IP et 4" et très légèrement 3° avec rétrécissement en avant, au bord externe. Pennes cubitales et revtrices très larges. Œil mogen, avec nudité aux deux tiers entourée ptar les plumes. — Faces dorsales d’un gris bleuiitre; côtés de la jioitrine et ventre en partie noirs (ad.) ou cendrés variés de n.oiréitre (juv.J. Front et milieu de la tête blancs (ad.) ou noirs (juv.), avec un bandeau noir partant de iadl et se terminant sur Vocc'iput, en hippe effilée et retombante, composée de quelques plumes en majeure partie roulées. Bec jaunâtre.
Long. tôt. ()''',9ô0 — P'', 100; aile pliée 0'“,400 — âOO; queue (r,100 — 190; tarse 0'°,140 — 103; médian, avec ongle 0”'/L97 — 110 (l’ongle 13 — 15'^'^); bec, nu front O'", 120 — 130.
Aedea cinere.a Linné ex Gessner^, Syst. Nat., éd. 10, ]). 143, 1758. — A. onis- TATA, A. c'iNEREA, A. NÆViA Brissmi, OriiUli,, V, p. 392, 396, 403 et 410, 1760. —
‘ Nmma, selon Savi, aussi Airone cinerinu.
^ Ardea polla sive cinerka, ,7»»., A. aria, ad., Gessner, Av.,p. 205 et 213.
ARDÉIDÉS
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Noms vuui. S. F.: Héron, Héron cendré, Héron gris. — S. A. : Beiher, Beiger, Beigel. Fisehreihrr, Meiringen ; Fischreigel, Berne, Interlakeii, Nidwalden, Glaris; Seereigel, Lucerne. — S. I.: Airoun, Sgolgiomi.
Mâle et femelle, ml. : Front et luiliou du vertcx couverts de pluiue.s Idanches ou légèreuient teintt'os de gris-bleuâtre, un peu nllongces et atténuées en arrière; un large liandeau noir nai.ssant, de chaque côté, au-dessus de reeil et joignant, sur l’occiput, une huppe de quehpies plumes allongées pi à 5, souvent deux) effilées et en niajeni'e partie roulées, d’un noir bleuâtre, i-etonihant sur le cou, assez souvent justpranx deux tiers de celui-ci. Dos, couvertures alaircs en majeuiv paidie. pennes cubitales, i-éiniges postérieures et queue d'un cendré bleuâtre, avec do longues plumes grises, plates et effilées, en partie pins pâles et un pou biôllantes, pendant dos scapulaires, jusque vers l’origine de la queue. Rémiges et pennes policiennes noires; poignet et couvei-tui-es antérieui-os blancs. Joues et gorge, milieu de la poitrine, quelques plumes sur le milieu du ventre et sous-caudales blancs. Con cendré en arrière, d'un blanc pins ou moins pnr dans le haut, et d’un giis pâle légèrement rosâtre sur les côtés, en avant, blanc sur la ligne médiane antéinenre, avec de longues macules ou raies noires s’étendant jusque sur le haut de la poitrine; les plumes en jabot plus ou moins allongées, quelques-unes blanches, effilées et un peu roulées, descendant de chaque côté, parfois jusqu’au niveau du bas de la jambe, à peu près. Côtés de la poitiâne et ventre en partie noirs; flancs cendrés. Bec jaune ou jaunâtre, plus ou moins nuancé de brunâtre, en dessus; peau nue des lorums jaunâtre, celle du tour de l'œil et de.s coniini.ssures d'un gris de plomb. Partie une de la jambe rougeâtre en été. jaunâtre en hiver. Pieds brunâtres, nuancés de jaunâtre en dedans des tarses et sous les doigts, parfois presque jaunes; Iris jaune.
Jeuites, nvrint la mue : Dessus du corps d’un cendré foncé, plus
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OU moins sali de Imunâtrc; dessous d'un blanc terne un peu varié de cendré. Tout le dessus de la tête noirâtre ou noir. Plumes effilé(’s de la tête, du cou et du dos pou développées. Des taches l'ousses sur le blanc du poignet. Bec olivâtre, brun en dessus. Peau nue des loi'ums et des paupières d’un jaune verdâtre. Pieds noirâtres. — Us n’acc|uièrent guère qu’à ti'ois ans la livrée complète de l’adulte.
A la naissance : Couverts, à l’e.xception de la face, de la goi'ge, du derrière du cou, du ventre et de la face inférieui-e des cuisses et des ailes, d’un duvet clairsemé, assez long et en majeure partie filiforme, beaucoup plus allongé et rigide sur la tête; ce duvet d’un gris pâle assez uniforme, en dessus, plus blanc en dessous. Parties nues jaunes ou jaunâtres, plutôt brunes entre bec et œil et autour du dernier. Bec brun-olivâtre, relativement coiud ('t assez haut sur toute sa longueur, avec le bout des mandibules un peu courbé. Pieds d’un gris plus ou moins sombre.
Le Héron cendré est oiseau de passage régulier, plus ou moins nicheur et en partie sédentaire, très répandu en Suisse, commun ou assez commun, suivant les localités, non seulement en plaine dans les diverses régions, mais aussi assez haut dans le Jura et les Alpes, dans le val d'Urseren. par exemple, et jusqu’en H'^-Engadine, à 1800 m. sur mer. aux époques des migrations. Bien des individus hivernent dans diverses localités basses du pays, à l'ouest surtout, dans la région dos lacs sous-jurassiens de Neuchâtel, Bienne et Morat, en particulier, ainsi que dans le bassin du Léman et le Bas-Valais. On le rencontre non seulement le long des cours d’eau, mais aussi sui- les bords des lacs ou des étangs et dans les marais; tantôt reposant immobile sur une patte, la tête dans les épaules, tantôt marebant gravement sur terre ou dans l’eau, avec le cou tour à tour élégamment dégagé ou plus ou moins rentré ; ou bien encore on le voit fuyant à larges coups de ses grandes ailes, qui mesurent près de deux mètres d’envergure, et s’élever bientôt à une assez grande hauteur. B se reproduit plus ou moins dans la plupai-t de nos cantons, au noial des Alpes, tant à l’est qu'à l’ouest et au centre du pays, moins fréquemment, semble-t-il, au sud, dans le Tessin. En passage, en mars, parfois encore en avril, ainsi qu’en septembi'e, en octobre ou encore en novembre, de jour comme de nuit, il vole très haut, le cou et la tête repliés sur le dos, mais les pattes tendues, en bandes de 5 à 20 ou 30 (et plus) individus, généralement disposés en file oblique, parfois plus ou moins en U ou en Y; il semble suivre alors de préférence la direction des grands cours d’eau.
Sa nourriture consiste surtout en grenouilles et poissons ((u’il
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saisit dans l’eau, en lançant brusquement sur eux son terrible bec, solidement emmanché au bout d'un cou replié qui se ilétend soudain comme un ressort. Ce poignard n’est pas seulement engin de capture, mais il constitue aussi une ai'iue défensive des plus dangereuses; car les Hérons ont tous l'habitude de lancer leur bec à la figure ou dans les yeux do leurs ennemis, de rhonime, du chien, ou de tout animal qui veut les saisir. Mais il ne s’en tient pas toujoui’s à ce premier menu ]jurement aquatique, car il prend aussi assez souvent de petits mammifères, rats, campagnols ou musaraignes, et de jeunes oiseaux au nid. Enfin, en cas de nécessité, il ahsorbera aussi des insectes, des crustacés ou des mollusques.
Sa voix n’a rien d'harmonieux; son cri consiste en une sorte de grincement (jue l’on peut rendre par le mot kraei, krneïk ou korr; son appel d’avertis-sement. plus bref, semble exprimer la syllabe /eu.
Le Héron cendré niche généralement .sur les arbres, souvent en forêt, parfois dans des i)arois assez escarpées, et volontiers, si les conditions s’y prêtent, en plus ou moins nondu’euse compagnie. On voit même quohiuefois plusieurs nids .sur un même arbre. Les Héronnières nombreuses, telles qu’on en trouve en d'autres paj's, en Allemagne et en Autiàche-Hongrie en particulier, sont rares dans notre pays ; cependant, on a vu sui' quelques points des nichées assez rapprochées, et j’ai raconté, en ISfi.ô', une visite périlleuse faite, vers la fin de mai 18()4, à une riche colonie (VArdeo cinerea établie sur des hêtres, dans une paroi alirupte de rochers, au Lopberg, l’un des chaînons basilaires du Pilate, entre 170 et 200 m. île hauteur environ, au-dessus du lac des Quatre-Cantons, entre Hergiswyl et Stans.stad, non loin de Lucerne. La colonie, composée peut-être d’une centaine de paires, à en juger par le nombre des nids, difiiciles à compter sur les fiancs d'une paroi où toute chute ou glissade pouvait être mortelle, s’était étaldie dans la localité depuis douze ans environ, après avoir été, pendant quelques années, sur un autre point de la rive du même lac, au-dessus de la Chapelle de Tell, dans le canton d’Uiâ. Je ne sais pas si les Hérons nichent encore en colonie au Lopberg.
Les arbres, en partie, et le rocher, en des.sous. étaient couverts d’une assez forte couche de fientes blanches qui, ainsi que les nids, fort sales au.ssi, se voyait d’assez loin. Ces derniers, pa.ssablement larges et écrasés, étaient ('dablis sur la i-amification des plus fortes branches et bâtis de bûchettes, de ramilles et de ivacines si lâche-
‘ Une colonie d'Ardm cinerea en Suisse, inir V. Fatio. Bull. Soc. ornitli. suisse, I, part. 1. ]). 73, 18G5.
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ment entrelacées qu'on pouvait voir souvent, par dessous, les œufs ou les petits, cai" on trouvait à cette époque des uns et des autres à la fois. Surpris dans leur établissement, les Hérons furieux, à part quelques femelles et jeunes debout dans leur nid, tournoyaient en faisant grand tapage au-dessus de nos têtes, avec des Jlilans noirs et royaux, dérangés comme eux. De très loin, on voyait et entendait accourir des membres de la colonie, des mâles surtout, (pii avaient été ci la pêche, en quête de provisions pour la famille, et qui, criant et se hâtant, venaient voir la cause d'un pareil désarroi dans la coloide. Souvent, dans leur rage extrême, ils se laip'aient contre nous les ailes à demi pliées à angle droit et le hoc en avant, pour nous transpercer, et ne battaient parfois en retraite qu'à 3 ou 4 mètres de notre figure. Les Hérons arrivaient en mars et avril au Lopberg, et il n’en reste plus un seul dans ces i-ocbers vers la fin de septembre. IM. Staufter, père, de Lucerne, qui est monté à diverses reprises à la colonie du Lopherg, m’a assuré qu’il avait vu dos œufs dans plusieurs nids jusqu’en août, de sorte qu'il paraît probable que de secondes pontes avaient été faites dans la localité, la première ayant eu lieu ih'jà dans le courant d’avril.
Les œufs, au nombre de 3 ou 4 et moyennement gros, sont do forme subellipticpie plus ou moins allongée, avec coquille plutôt mince, médiocrement lisse et sans éclat, d’un bleu verdâtre plus ou moins pâle et complètement immaculés. Ils mesurent, le plus souvent, 0‘’',05()— 061 sur O^.OdO— 044, parfois 0'“,054 seulement sur 0“,041.
L’espèce est très répandue en Europe, on Asie, on Afrique et eu Australie, Elle se reproduit, sur notre continent, depuis la Scandinavie et le nord de la Kussie, où on l’a rencontrée vers le 68" degré, jusqu’en Grèce, en Italie, dans le midi de la France et en Espagne; elle est plus ou moins sédentaire depuis les lies britanniques, la Belgique et rAllemagne. jusque dans diverses régions méditerranéennes, et. dans une plus ou moins grande propoidion, gagne l'Afrique, pour hiverner.
' Nous étions quatre, mais, par suite d’une glissade malheureuse et d’une terrible chute, nous ne revînmes que trois vivants de cette dangereuse exj)éditiou. Ou m’assura alors que ce n’était pas la première victime de la visite aux Hérons.
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