‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 112 sur 309 · Genre 2 : AIGRETTE · texte numérisé non relu

Genre 2 : AIGRETTE

HERODIAS Boio.

Bec beaucoup plus long que la tète, droit ou très légèrement arqué, plus mince et moins élevé que dans le genre Ardea, et plus ou moins fendu; sillons nasaua- longs et profonds, comme chez tes Hérons précédents ; nudités céphaliques latérales plus ou moins étendues. Jambes longues ou très longues, assez grêles, nues sur tiers à moitié et plus de leur longueur, aréolées en a\:ant et en arrière, ou subscutellées en arrière. Tarses longs et minces, scutellés en avant, réticulés, aréolés ou subscuiellés en arrière et beaucoup plus longs que le bec. Doigt médian, avec ongle, plus court que le bec; externe, un peu plus long que l’interne, palmé à peu près jusqu’à articulation; interne très légèrement relié à la base. Ongles relat. courts et subaigus; celui du pouce assez épais et courbé, celui du médian pectine^. Ailes couvrant ou à peu près la queue; les

' J’ai, au moins cliez nos csijèces, trouvé plus souvent l’ongle médian pectine jusqu’au bout que (diez nos autres Hérons.

ARDKIDÉS

premières grandes rémiges plus ou moins rétrécies et écltancrées ; 2" et 2" ou 2® à 4^ à peu près égales et les plus longues; V" plus pointue, mesurant entre 4"^ et 5®. Queue assez courte, carrée ou quasi-carrée, à 12 rectrices assez larges et assez rigides. Cou très long et grêle, emplumé de toutes parts. Œil relat. petit. Des plumes scapulaires assez rigides, allongées, soulevées et décomposées, .soit à longues barbes libres, sur le dos et dépassant plus ou moins la queue, en livrée de noces. Plumage, à tout âge, entièrement blanc ou blanchâtre.

Œufs au nombre de trois, quatre ou cinq, plus rarement six, d'un vert blcuâti-o ou d'un bleu verdâtre plus ou moins pâle.

Les Aigrettes, bien que plus sveltes et gracieuses que les Hérons, ont cependant à pou près les mêmes nueurs et allures, et le même régime que ceux-ci; aussi ne reviendrai-je pas ici sur ce que j'ai dit à ce point de vue au genre précédent. — Elles nichent ou sur les arbres ou dans les roseaux.

Leur mue passe pour simple aux yeux do divers auteurs. Les adultes se re.ssemldent dans les deux sexes, liien que la femelle soit volontiers un peu plus petite que le mâle; les jeunes n’en diffèrent guère que par le blanc moins pur de leur livrée et l’ab.sence de plumes ornementales.

On trouve des Aigrettes dans les différentes parties du monde.

Les Hérons blancs, très nombreux, peuvent être répartis dans plusieurs genres, dont un seulement, dit Aferodins, comprenant des espèces à tout âge entièrement blanches, est représenté en Europe et en Suisse; tà moins que, comme quelques atiteurs, on ne sépare dans deux genres différents (Herodias et Garzettn) l’Aigrette blanche et la Garzette, qui se fliffércncient, il est vrai, par (|uelques caractères tirés principalement do la forme du bec et du développement des plumes ornementales, mais que je no crois pas mériter plus cpi'uue distinction suhgénérique, comme ci-dessous.

Sous-Genre 1 : AIGRETTE

E(îHETTA Bouaparte,

Bec droit, assez pimé. Bas de longues qdunies effilées à T occiput. Blâmes décomposées de l’aigrette dorsale à tige droite et retombantes.

HÉRODIONS

Formes très élancées. Jambes longues. Taille grande. — Œufs généralement an nombre de trois ou quatre.

272. — 1 : AIGRETTE BLANCHE Süherreiher — Airone bianco maggiore.

MEROülAS .AUiA Linné.

Bec droit, mesurant, au f ront, près des deux tiers du tarse, beaucoup ])lus haut que large à la base, à arête très légèrement convexe, en avant, et fendu jusqu’au delà de l’mil; avec nudité eéjihaliriue latérale non qirolongée en arrière de la, commissure, mais dessinant un coin assez étendu derrière l’œil. Jambes très longues, nues et aréolées sur moitié environ de leur longueur. Tarse plus ou moins largement réticulé en arrière. Médian, avec ongle, généralement jAus court que le bec au front. Pouce, avec ongle, à peine plus long que moitié, du médian avec, son ongle, jiediné. Ailes atteignant ou à peu près le bout de la queue; P' rémige généralement u n peu plus courte que #; T‘ et 2° d’ordinaire échancrées au bord interne; 2“, 3° et très légèrement 4° rétrécies au, bord externe. Plumes sus et postcéqdialiques un peu allongées, mais pas de longues plumes roulées pendant à l'occiput; plumes du bas du cou peu ou pas effilées; plumes scapulaires décomqmsées, droites (soit non retroussées), dépassant un })eu la queue (en noces). — Plumage entièrement blanc. Bec jaune, ou noir.

Long. tôt. T“,Oü — P,19; aile pliée (P',420 — 470; queue 0°',I35 — 193; tarse O'", 175 — 209; médian, avec ongle 0^,105 — 120 (son. ongle 13 — 18”^”'); bec, au front 0”‘,120 — 137.

Aedea alba Linné e.v Gessner, Syst. Nat., éd. 10, 1768, et éd. 12, 1, ]). 239, 17fi6. Savi, Omit, tosc., II. p. 347, 1829. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 80, 1864. Friderich, Deutsche VOgel, 4® éd., p. 866, Taf. 44, Fig. 6, 1891. — A. canbida Brisson, Ornith., V, p. 428, 1760. — A. BeREiToiDES Gmelin. Rci.se Rnssl., II, p. 139, pl. 25, 1774. — A. bqrktta Bech,H, (me Gmeljlsat. Deutschl., IIl, p. 41, 1793. Meisner H. Sch., VOgel der Schweiz, p. 187, 1815. Selnnz,Va.na‘A helv., p. 104, 1837. Bica. Omit. ticin.,p. 413, 1865. — A. plavirostris Wnÿler.Syst. Av., Ardea,sj).9, 1827. — A. MBLANOEHYNCHA Wogler, Isis, 1829, ji. 659. — modesta Gray, Hardiv., 111. Ind. Zool., II, pl. 49, 1831. — A. lonoicollis Meyen, Nov. Act. Acad. Cæs. Leop. Car. nat. cur., 1834. p. 104. — A. orientalis Keys. u. J3/a.v., Wirhelth., ]). 218, 1840. — A. SYRM.vTOpHüRA Gray, Proc. zool. Soc., 1858, ]). 197. — A. intermbdia Finsch (nec Wugler), Journ. f. Ornith., 1867, p. 332.

ARDKIDÉS

Herodias egretta Boie, Isis, 1822, p. 559. — H. candida Brehm, Isis, 1830, p, 988. — H. PLAviHosTRis Graij, Voy. Ereb. a. Tcrr., p. 12. 1848. — H. alba Sharpe, (’at. B. Brit. Mus., XXVl, p. 90, 1898. Ilaiid-list, I, p. 195, 1899. — H. La- Tiiîpn, H. BRACHïRHYsaHos JSreAwi, Journ. f. Oniitti., 1854, p. 80.

Lbpterodids elavirostkis Rempr. Ehr., Symb. Pbys., fol. m., 1832.

Egretta alba Bonap., Birds of Eur., p. 47, 1838. IJegl. et Gerbe, Ornith. eur., II, p. 294, 1867. Fritsch,\ôge\ Eiirop., Tab. 42, Fig. 5, 1871. — E. nivba Bonap., Rev. crit., j). 189, 1850. — E. Rupelli (Bonap.) Giebel, Thés, nru., I, p. 409, 1872. — E. MELANORHYNCHA Hartl., Syst. Oru.Westafr., [>. 290, 1858.

Erodids Victoriæ, E. albys 3Iacgill., Man. brit. Birds, p. 181 et 134, 1842.

Noms vulg. S. F.: Aigrette, Grand Réroii blanc. — S. A.: Grosser îoeisser Eeiher.

Mâle et femelle ad., en noces : Tout le plumage entièrement d’un blanc pur, un peu brillant, y compris les plumes ornementales'. Les scapulaires, surtout développées, prolongées en aigrettes légères, formées de plumes décomposées, à baguette droite, assez rigide et un peu aplatie, avec barbes filiformes, allongées, tombantes et bien séparées. Bec noir; environs nus des paupières verdâtres. Pieds d'un brun verdâtre. Iris jaune. — La fenidle généralement un peu iilus petite que le mâle.

Adultes, en hiver: Le plumage toujours lilanc, sans plumes ornementales. Bec jaune, noir à l’extrémité.

Jeunes de l’année: D’un blanc plus terne, sans plumes ornementales, avec bec d’un brun jaunâtre, pieds verdâtres et iris jaune pâle.

*4 la naissance: Vêtus d'un duvet blanc clairsemé sur le corps, filiforme et plus serré sur la tête, avec face, gorge, devant et dei‘rière du (;ou, et flancs nus et jaunes. Bec d'un corné jaunâtre, avec le tiers extrême de la mandibule supérieure noir et la pointe de l'inférieure blanche; pieds et ongles roussâtres {sec. Vian).

Variahilité : Cette e.spèce varie assez quant à la taille et à la coloration du bec pour avoir donné lieu à la création de quelques fausses espèces. L'Aj'dea egrettoides de Gmclin (Keise), paraît n’êti-e qu’une race ou vaiâétô de notre Herodias alba; tandis que V Egrettoides de Temminck (Man. Orn., IV. p. .474), à tort, semble-t-il, signalée en Sicile, serait par contre une espèce du Japon, bien distincte.

' Plumes relativement peu allongées à l’occiput et au bas du cou, très longues, droites et bien développées depuis les épaules (scapulaires) sur le dos et jusqu’au delà de la queue, en livrée de noces.

HKKODIOKS

L’Aigrette blanche est exceptionnelle on très rare en Suisse; il semble niêine (|ue les sujets (|ui s(‘ sont de temps à auti-e montrés dans le pays soient plutôt des individus errants et égarés que de véritables oiseaux de passage. Elle a été observée, vers la tin de l’été ou en automne, sur quelqiu's points de la plaine suisse, entre le lac de Constance, au nord-est, et le bassin du Léman, au sud-ouest, dans ce dernier plus particulièrement. On en cite, sans grand détail, deux ou trois captui'es du côté du lac de Constance, de S'-GaU et de Zurich, à Lest. et. plus au centre, près d’Aarburg. dans la région inb-rieure de la Reuss ; mais, les rencontres sont un peu plus nombreuses à l'ouest, dans le voisinage dos lacs de Neuchâtel et de Morat. et surtout dans les cantons de Vaud et de Genève. ^leisner, en 1815, signalait dans le Musée de Berne deux sujets de l’espèce, tués l’un, en octohre. près de Morat. l’autre, en décembre, près d’Yverdon. Du Plessis et Combe (Faune d'Orbe). en 1868. inscrivent une capture de l’Aigrette près d’Yverdon, qu’ils croient remonter à l’année 1820, environ'. Deux Aigrettes ont été tuées près de La Sarraz et à la pêcherie d’Allaman. non loin d'Aubonne. la première en 1833.1a seconde en juin 1836; cette dernièi'e figure encore dans la collection locale du Musée de Genève. Deux autres ont été capturées, l’une sur les bords de la ^'enogo, au canton de Vaud. l’autre, aussi sur la rive droite du lac Léman, à Versoix, près de Genève. Elle aurait été vue également dans les marais du Bas-Valais, et aussi, m’assure-t-on. près delà Beloth', (uicoi-e non loin do Genève. Enfin, je possède dans ma collecfion un superbe échantillon de l’espèce. tué en octolu-e 1854. au bord du lac de Morat.

Ce bel oiseau, bien plus haut sur jambes que nos Hérons proprement dits et plus élégant de formes, présentant avec ceux-ci. comme je l’ai dit. beaucoup d'analogie dans les mœurs et allures, ainsi que dans le régime, je renverrai pour cette espèce aux qm.dques données biologiques relatives à ces derniers, qu’il est plus aisé d’observer dans le pays qu’un oiseau aussi rare (pie celui-ci.

L’Aigrette se i-eproduit dans les grands marais de Hongi-ie, ainsi que dans diverses autres contrées orientales et méridionales du continent, niebant, suivant les circonstances, sur les arbres ou dans les roseaux.

Ses œufs, généralement au nombre de 3 ou 4, assez gros et subelliptiques, à bouts très obtus, avec coquille assez forte, moyennement lisse et sans éclat, sont d’un bleu verdâtre plus ou moins pâle.

‘ Il est possible qu’il soit ici question de l;i caiiture d’Yverdon indiquée déjà par Meisner, en 1815.

AUDEIDES

Ils mesurent d'ordinaire 0"',059 — 002 sur 0'".044 — 040, plus rarement 0'“.058 sur 0“,040 ou 0"‘,0()3 sur 0“,040.

L'espèce est assez répandue dans le sud-est de l’Europe, ainsi qu’on Asie et en Afrique.

Sous-Genre 2 : GARZETTE

GAEZE’l'TA Kaup.

Bec léf/èremeut fléchi, uupe.n carréineut élnrçji sur les côtés, au niveau de l’orUjine post. des narines. Des plumes longues et effilées pendant à l’occiput et nu bas du cou, en. avant; plumes décomposées de l’aigrette dorsale plus ou moins recourbées à l’extrémité ( m noces). Formes médiocrement élancées. Jambes assez longues. Taille relativement petite. — Œufs généralement au nombre de trois à, cimp

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