BUTOR ÉTOILÉ Rohrdrommel — Tarahuso
HOTAüUUS STELLARis Linné. ^
Bec quasi-droit^ mesaraat, en dessus, entre deux tiers et trois quarts du tarse qui est égal au doigt médian sans ongle. Jambe nue sur un cinq, environ. Ongles arqués et très longs; le médian gectiné; celui du qiou ce très robuste et courbé, beaucoup jdus long que le médian; celui du doigt interne au moins égal à celui de l’externe. Ailes couvrant ou à peu près la queue; B' rémige assez pointue, un peu plus couiR que 2° ou parfois très légèrement plus longue; j)as d’échancrure au bord interne des grandes rémûjes; les 2” et 3° peu ou pas rétrécies au bord externe. Queue courte et arrondie, à rectrices molles, assez larges et coniques. — Plumage d’un roux jaunâtre, varié de brun et de noir; dessus de la tête et larges qdumes occipitales d’un noir sombre; un espace noir autour et en arrière de la commissure du bec. Bec brun et jaunâtre.
Long. tôt. (r",(i5() — 760; ailepMée 0‘",315 — 350; queue O'", 095 — 130; tarse 0''^,090 — 100; médian, avec ongle 0'“,110 — 120 (son ongle 25 — 30"""); ongle du ptouee O'", 036— 050; bec, au front 0"',0ü5
Ardea stellahis Linnéex Gessner, Syst. Nat., éd. 10, 1758, et éd. 12, 1, p. 239, 1766. Meisneru. /SW»., Vflgel der SchTveiz. p. 188. 1816. Temmhiok, Man. Orn., II, p. 580, 1820. Sari, Omit, tüsc., Il, p. 355, 1829. Nilsson, Skaiid. Fauna, F ogi., II, )i. 168, 1836. Schinz, Fauna helv., p. 105. 1837. liailly, OniitL. Savoie, IV, p. 88, 1864. Piva, Omit, ticin., p. 41(i, 1665. Friderich, Deutsche Viigpl, 4“ éd., p. 867, Taf.46, Fig. 8, 1891 . — A. botaüros Bris, son ex Gessner, Ornith., V, p. 414, 1760.
Botaürus stelearis Stephens, in Shair, Gen. Zool., XI, j). 593, 1819. JJegl. et Gerbe, Orn. eur., II, p. 308, 1867. Fritsch, Vdgel Europ., Tab. 37, Fig. 6, 1871. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXVI, p. 253, 1898. Hand-list, I, p. 204, 1899. — B. i.ACüSTRis, B. ARüNDiNACBUs BrehiH, Isis, 1830, p. 989, et Vôgel Deutschl., p. 596,
Nycticorax stellaris Hempr. Ehr., Symb. i)bys., Aves, fol. m., 1832.
Bdtor stellahis Swainson, Class. of Birds, II, p. 354, 1837.
Noms tülg. S. F. : Butor, Grand Butor, Genève ,• Bœuf des marais, Yverdon ; Boau des marets, Fribourg. — S. A . : Bohrdrommel, Moos.stier, Tiohrrind. Moosochse, Diesbacb ; Lorind, Zuricli. — S. I. : Airoun, Margbn, Tarahus. Tarabuson, Lugano ; Colasc, Locarno.
IlERODlOîiS
Mâle et femelle riiliiltes: En entioi'. ou à pou près, (iiin l'oux jaunâtre pâle, avec le dessus de la tête, ainsi que les plumes du vertex et de rocc.iput élargies et prolongées un i)eu en éventail, d'un noir oliscur. les dernières tineinent frangées de jaunâtre vers le liout. Dos, scapulaires et cultitalcs ornés de petites taches irrégulières et de longues bandes noires; couvertures alaii'cs en majeure partie vermiculées de lumn-noir; rectrices tachetées et ondées de noirâtre; rémiges et couvei'tuiTs antéideures d’un roux rougeâtre, barrées de noirâtre, cette dernière couleur couvrant l’extrémité des premières majeures. Cou, ainsi que les plumes légères et assez allongées du jai)Ot. bariolés de brun-noirâtre en travers, sur les côtés et en arrière, plus pâles en avant, dans le haut surtout, avec de longues bandes d’un roux bi'un, tachées et bordées de noirâtre; gorge d’un l)lanc légèrement jaunâtre, avec une raie médiane rousse, maculée de brun et séparée de la joue par une bande noirâtre ejnbrassant la commissure et se pei-dant sur la preiuière partie du cou; joues et un léger sourcil roussâtres, plus ou moins variés de brun. Poitrine. ventre, .sous-caudales et jambes d’un jaune rou.ssâtre a.ssez pâle, avec des macules noirâtres, plus largos et plus longues sur la première, plus courtes et jilus (b'diées sur les dernières. Bec brun en dessus, jaunâtre, sur les bords et en dessous. Pieds, région oculaire et iris d'un jaune verdâtre.
■leu l/es: De teintc's plus pâles, avec le dessus de la tête, la bande en arrière delà commissure et les taches dorsales d’un brun sondire. Plumes du cou. un peu moins légères et moins allongées, avec des macules moins s(>rrées et moins foncées. Jambes plus ou moins bariolées.
A la //aissni/re: ^■êtus, sur le dos, les côtés du cou, le dessus de la tête, les ailes et les cuisses, d'un duvet peu épais, mais assez long et soyeux, d'un roux marron clair; le reste du corps, de la tête et du cou nu et jaune. Bec jaune, brunâtre en dessus. Pieds jaunes, marbrés de roux (see. Vian).
Le Butor est oiseau d(> passage assez commun dans toutes les parties relativement basses du pays, où il se reproduit plus ou moins, suivant les localités et les conditions. Il nichait en particulier fréquemment dans les grands marais entre les lacs de Bienne. Morat et Neuchâtel, ainsi que dans ceux de l’Orbe, à l’oue.st. avant l'abaissement des eaux de l’Aar qui les a presque complètement desséchés. Aujourd’hui .ses nichées .semblent plus espacées dans la plaine sui.sse, entre le lac de Constance, au nord-est. et le Léman ou le Bas- ^'alais. au sud-oue.st. ainsi que sur quelques points plus au centia'.
ARDKIDKS
pi'ès (le Sarnen. par exeiiiplo; c’est le Tessin.au sud des Alpes, qui seudde maiiiteiiant le plus favorisé'. Ou le voit assez souvent, eu hiver, dans difft'rentes parties iufdideui-es et marécageuses du pays, dans les régions du Rhin, de TAai’ et de la Limiuat principalement '. Je ne sache pas qu'il ait été observé à un niveau élevé dans h's Alpes aux époques de pa.ssage qui ont lieu généralement, pour nous, on mars ou au commencement d'avril, et entre tin septembre et commencement de déceml)re. U passe ordinairement de nuit, volontiers isolément et souvent à d’assez grandes hauteurs.
C'e.st un animal bizarre, paresseux, égoï.ste, chagrin, peu sociable et assez peu intéressant, qui se tient généralement, caché et silencieux. dans le plus épais des roseaux, durant le jour. Il déploie sa plus grande activité la nuit ou dans les heures crépusculaires, erl’ant alors à pas lents, pêchant ou volant et criant Imoh kôob ou kraonh, s'élevant même, en tournoyant à grands coups d'ailes, assez haut dans les airs; tandis (pie, de jour, il se borne à raser, en volant lourdement, le haut des roseaux, s’il est dérangé. Il prend, suivant les circonstances, les po.stures les plus variées, .soit qu'il rentre la tète dans les épauh's pour reposer ou pour se préparer à lancer son robuste bec sur une proie ou contre un ennemi, soit ipi'il gonfle son cou, en héidssant ses plumes dans un accès de colère, ou (pie, pour se dissimuler devant un danger mena(;ant. il s’asiseye sur ses tarses, en redressant verticalement le corps, le cou, la tète et le bec, pour demeurer, tant que besoin sera, immobile comme uni' souche, ainsi ipie nous l'avons (Uqà vu faire par le Blongios qui a. avec le Butor, tant d’aftinités dans les alluies. Comme nos grands Hérons, il pêche surtout des grenouilles et des poissons; cependant, il prend aussi d'autres animaux aquatiques, des serpents, de jeunes oiseaux, des rats, des insectes, des larves et souvent dos sangsues.
J’ai dit (pie les Butor.s recherchent, dans les marais ou sur les bords des lacs et des étangs; les endroits les plus garnis de hauts roseaux; c’est là qu'ils se reproduisent, d'ordinaire en mai, bâtissant, sur des roseaux coucIk's. à la surface de l’iaui. ou sur des tron- (•ons coupés, hors de l'eau, un nid assez volumineux d'herbes et de roseaux lâchement entrelacAs. C'est au commencement de la saison des amours surtout que ce curieux oiseau fait entendre cette sorte de beuglement sonore et soutenu qui lui a valu le nom de Bœuf des iiinmis, Rohrrii/d, Moosochse, etc., et (iiii peut être rendu par la répi'tition rapide des syllabes n jiroinnb n pyoHnd)-ivviimb-jvoii)id)-
‘ D’après Meimer et Schins, ce seraient surtout des mâles qui resteraient dans le iiays en hiver.
HKKODIONS
])foumb et ainsi de suite. Selon le comte Wodzicki. qui a réussi à voir le mâle Butor en train de beugler son chant d’amour, malgré le cai-actère soupçonneux et la ])rudence de cet oiseau, ce bruit ou cette sorte de ronflement serait produit par celui-ci en soufflant, debout, le corps horizontal et le bec dans l'eau; les quelques notes liantes précédant le proumh se feraient entendre surtout quand le chanteur chasse d’abord violemment l’eau dont il a rempli son cou. Dans les quelques occasions où j’ai entendu le beuglement du Butor, il m’a semblé que la l'épétition rapide et soutenue des sjdlabes roulées en omn produisait le sentiment d'une vibration très sonore et pénétrante.
Scs œufs, au nombre de 3 à 5. médiocrement gros, de forme ovoïde ou ovalo-elliptique |)eu ou moyennement allongée, avec coquille médiocrement épaisse, assez lisse ou très légèrement luisante et fauve en transparence, sont d'un brun jaunâtre pâle, d'un gris roussâtre ou café au lait et immaculés. Ils mesurent généralement 0“.050 — 055 sur 0“, 037— 039.
L’espèce est très répandue, à rexception de l'extrême nord, en Europe et en Asie, ainsi qu’en Afrique où elle hiverne, volontiers. Elle est très rare dans le sud de la Scandinavie et en Finlande, et ne semble pas dépasser le (iP degré. On la trouve par contre, plus ou moins fréquente déjà, en Angleterre, dans les Pays-Bas, en Prusse, en Russie moyenne et, comme oiseau nicheui-, dans la plus grande partie de rAutriche-Hongrie, de l’Allemagne et de laFi’ance. Elle est enfin sédentaire ou hivernante, suivant h's localités, en Espagne, dans le midi do la France, en Italie et en Grèce.