‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 129 sur 309 · Genre 1 : FALCINELLE · texte numérisé non relu

Genre 1 : FALCINELLE

PLEGADIS Kaup.

Bec plux long que le tarse, arqué surtout en avant, plutôt étroit, quasi-tétragone, à peu près aussi large que haut à la base et un peu dilaté vers V extrémilè. Lorums, tour des yeux, menton et plus ou moins tour du, bec nus; ta peau sous ce dernier un peu extensible ( voy. lig. 58). Jambes longues, nues sur près de moitié, plus ou moins réticulées et aréolées. Tarses longs, médiocrement robustes, étroitement

scuteltés en avant et réticulés enarrière. Doigts légèrement bordés; médian, arec ongle, beaucoup plus court que le tarse; externe palmé à peu près Jusqu'à articulalion, interne à la base seulement. Ongles moyens, un peu arqués et assez aigus, le médian un peu pectiné. Ailes assez étagées, atteignant à peu près ou dépassant un peu le bout de lu queue ; pi-emières grandes ré-

1 1)1 DES

miges plus ou moins échancrêes et rétrécies, en avant, 2^ la plus longue; pennes cubilales peu ou pas frangées. Queue courte et cairée. Plumes de ta télé et du cou plus ou moins étroites et acuminées. Formes assez sveltes.

Œufs généraleiuent au noiulu'e de trois ou quatre, de foriue ovalaire et d'un Iileu vert immaculé, comme cliez les Hérons.

Los Falcinelles, de taille moyenne, avec livrée foncée, sont des oiseaux diurnes, sociaMes et grands migrateurs, qui rechorehent les marais I)ien garnis de roseaux et les bords vaseux des étangs, des lacs et des cours d'eau, où ils pêchent des animaux invertébrés et vertébrés de petite taille, vers, mollusques, insectes, crustacés, reptiles et petits poissons. Ils dorment généralement perchés et nichent en colonies, le plus souvent sur des arbustes dans l'eau, ou sur des roseaux couchés, dans les marais. Leur démarche est gracieuse et leur vol aisé.

Leur mue serait simple ou doidile selon les auteurs. — Le mâle et la femelle se i-essemblent; les jeunes sont assez différents.

Des trois espèces qui représentent ce gemre cosmopolite, une. le Plegadis fcdriucïlus Linné, qui se montre également (Ui Europ(‘. en Asie, en Amérique, en Australie et en Afrique, se rencontre parfois en Suisse.

Les Falcinelles ou Plegadis {Fnlriiielliis Bechst. ex Gessner. ou Flerjndis Kaup) ont été rapprochés pai‘ beaucoup d’auteurs des Courlis [Xiniiei/ius jMcehr.'). à cause des l•essemblances (pie montrent les formes et un p)'u la structure du bec chez ces oiseaux (voy. fig. 30 et 58 comparées). Cependant, cette opinion n’est pas soutenabh' en face des nombreuses et indiscutables analogies que présentent les Falcinelles avec la majoi'ité des Hérodions. tant dans la nature de leur plumage, les dimensions de leurs doigts, le développement de leurs nudités céphali(iues et les proportions do hnir langue, ([ue dans toutes h's particulai'ités de leurs mœurs et de leurs allures. C’est plutôt dans leur famille, celle d('s Ibidés. bien à sa place entre les Ciconiidés et les Plataléidés, (|ue lés Plegadis ou Falcinelh's font exception; car. pai‘ leur teuf d'un vert bleu assez foncé et immaculé, ils s’éloignent à la fois des Spatules et des Ibis, à œufs gc'méralement blancs et plus ou moins tachetés, pour se ivapprocher bien plus des véritables Hérons, dans les Ardéidés. dont ils ont aussi l’ongle pectiné du doigt médian.

HÉRODIONS

280. — 1 : FALCINELLE ÉCLATANT Euro^mischer Sicider — Àlignattaio.

PLEÜADIS FALCLN'EI.LUS Linné.

Bec aussi haut que large à la hase, de plus d’un quart plus laug que le tarse (voy. üg. 58). Pouce, avec ongle mogen et droit, environ moitié du médian, i™ et 2“ rémiges un peu échancrées au bord interne, non Unn du bout, 2° et B' légèrement rétrécies, au bord externe, E" d’ordinaire légèrement plus courte que 3' ,- cubitales ne couvrant pas les grandes rémiges. Plumes de l’occiput et de lapremière partie du cou, en arrière, un peu allongées. — Livrée d’un brun rouge, avec ailes, croupion, sus et sous-caudales, et queue d’un noir vert à reflets métalliques (ad.); cou brun, moucheté de blanc (juv.).

Long. tôt. 0"',335 — 03.5; aile pliée 0"‘,270 — 320; queue ü'^,095 — 120; tarse 0"^,080 — 102; médian, avec ongle O'", 070 — 082; bec, au f ront 0'^,! 10 — 143.

Numeniüs vimdis, N. CASTANEüs Brissou, Ornith., V, j). 326 et 329, 1760. — N. lONEüs, K. vxRims Gntel, Nov. Coinm. Petrop,, XV, p. 460 et 462, 1770. — N. PALCiNELLüs Pallus, Zoogr., II, p. 165, 1811-81.

Tantalüs PALCINELLÜS Linné ex Gessner, Syst. Nat., I, p. 241, 1766. Meisner U. Sdh., Vôgel der Schweiz, p. 200, 1815. Bailly, ürnith. Savoie, IV, p. 119, 1854. — T. CHALCOPi’ERDS Temminck, PI. col., IIL j)!. 011, 1824.

Ibis sacra Temminck, Man. d’Oni.,p. 385. 1815. — I. ignea Leach, Syst. Cat. M. a. B. Brit. Miis.,p. 33, 1816. — I. palcinei.lus Vieill., N. Uict.,XVI,p.23,1817. Temminck, Man. Oru.,II.p.598, 1820. Savi, Omit. tosc.,II, p.327, ia2%.Nilsson, Skand. Fanna, Fogl., II, p. 174, 1835. Schinz, Fauna lielv., p. 106, 1837. — I. palciNELLüs, 1. CASTANEÜS, 1. cuPREA BrehiH,\ùgcl Deutschl., p. 606 et 1018, 1831 , — I. Ordii Bonap., Coinp. List, B., ji. 49, 1838.

Plegadis palctnellus Kaup, Nat. Syst., p. 82, 1829. Fritsch, Yôgel Eur.,Tab. 43, Fig. 3, 1871. Friderich, Deutsche Vogel, 4® éd., p. 836, Taf. 46, Fig. 1, 1891. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXVI, p. 29, 1898. lland-list, I, p. 187, 1899.

Tantalides PALCINELLÜS Waglcv, Isis, 1832, p. 1232.

Falcinellüs igneüs Gray, List Gen. Birds, ji. 87, 1841. J)egl. et Gerbe, Orn. eur., II, p. 329, 1867. — F. bksgalensis, F. perkorina, F. .mexicanüs et F. ery- THROEHYNCHA Bonup., Cousp. Av., II, p. 158 et 159, 1857.

Eüdocisius PALCINELLÜS Burb. du Boc., Journ. fur Ornith., p. 300, 1876.

Nom vulg. : Falcinelle, Genève.

Méde et femelle, adultes : Tête, cou, haut du do.3, petites couvei'-

lUlDÉS

tures alaircs, poitrine, ventre jusqu’à l’anus et jambes d’un brun rouge brillant. Ailes, milieu et bas du dos, sus et sous-caudales, et queue d’un noir bronzé à reflets métalliques verts, pourprés et violets, sur les deux côtés des plumes. Parties nues de la face vertes. Bec d'un noirfitre vei'dâtre. brun à la poiide; pieds d'un brun veidâtro; iris brun. — La femelle un peu plus petite que le mâle.

Jeunes de l’année .-Tête, cou et faces inférieures d’un brun légèrement verdâtre, les deux premiers finement mouchetés de blanchâtre. Dessus du corps d’un biain bronzé plus foncé, avec quelques reflets métalliques; ailes et queue plus noires et plus brillantes. — Ils n’acquièrent guère qu’à trois ans la livrée parfaite de l'adulte.

rt la naissance: Couverts d’uu duvet fin, soyeux et assez clairsemé, noir sur les faces supérieui-es. d'un brun de suie aux faces inférieures. avec quatre bandes blanches, encadrées latéralement par deux bandes de même couleur, sur le bas du cou; ce duvet, plus long et plus fourni sur la tête, formajit un bandeau transversal roux et blauc sur levertex. Bec relativement court et droit, d’un jaune vif, avec la base, l’extrémité et une bande transversale noires. Pieds

jaunes, à ongles bruns. Iris brun foncé.

Le Falcinelle est oiseau de passage tout à fait irrégulier, pour ainsi dire accidentel dans le pays, bien qu’il ait été rencontré à diverses reprises, çà et là, dans la plaine suisse, entre le lac de Constance au nord-est et le Léman au sud-ouest. Il est très rare du côté de Bâle, au nord, et ne paraît pas avoir été obsei'vé jusqu’ici dans le Tessin, au sud. Le Musée de S'-Gall en possède un individu tué au bord du Rhin, à Gottlieben, non loin de rUntersee. eu ïhurgovie. On en cite une ou deux captures du côté de Zurich, et doux sujets fui'cnt tués, au piântemps de 1884, près de Sursee. au lac de Sempach ; toutefois. c’e,st principalement dans la région des lacs et marais de la Saiâne et de l’Aar. à l'ouest, ainsi que sur les bords du bas Rhône et du Léman, au sud-ouest, qu’il s’est montré le plus souvent. On en cite diftéi-entes captures près de Morat. non loin de Neuchâtel, à Yverdon. dans. le Bas- Valais et sur les bords du Léman, où on en tue presque cbaque année, dans les environs de Genève en particulier.

Vouga, dans .sa Faune ornithologique du bassin du lac de Neuchâtel‘, le range parmi les oiseaux de jja.ssage irrégulier, se montrant également au printemps et en automne; cependant, pour la majorité des captures où la date est indiquée, celle-ci tombe sur

‘ Bull. Soc. Sc. Nat. de Neuchâtel, II, p. '109, 1816-1847.

IIICRODIOJJS

les mois d'été, juin et juillet plus pai-ticulièremeiit, ec qui tendrait à prouver que ees oiseaux sont alors plutôt égarés dans notix' pays (ju'en véritable, passage ou migration. Necker a reeu un sujet de l'espèce tué, en juin 1810. sur les boi'ds du Léman. ^Meisner et Scliinz disent, (ui 1815, avoir reçu des Faleinelles du pays en juin et juillet, et je trouve dans les notes manuscrites de mon père. G. Fatio, qu'il vit un de ces oiseaux, en été 1828, au Creux de Genthod. non loin de Genève. La présence à c('tte époque de cet oiseau (m Suisse n'autorise pas, à mon avis, l'iiypotlièse do sa nichée dans le ])ays, émise par les ant('urs de l'ouvrage a Die Vogel der Scliwciz. 1815 » ; je crois bien plutôt que ces rares liâtes d'été ont dû être déi'outés par des circonstanci's atmospliériques contraires, ou dérangés dans leurs lieux habituels de multiplication.

Le Falcinelle ne passe pas chez nous en nombi-euse société et en longues lignes volant haut dans les airs et en plein jour, comme il le fait dans les pays ipii se trouvent sur sa’ route ordinaire. On l'a vu parfois en petits groupes de trois ou quatre individus, fin avril ou en mai; cependant, ce ne sont le plus souvent que des sujets isolés, agités et inquiets, que nous voyons chez nous, et, à part une ou deux exceptions, ce sont •généralement des adultes.

C’est un bel oiseau que son long bec arqué et sa livrée foncée, d'un brun rouge, avec pai'ties d'un noir vert à reflets métalliques, font aisément reconnaître, même à grande distance. Il visite de préférence les marais bien pourvus de roseaux ou les bords vaseux des lacs, des étangs et des cours d'eau. Sa. nourriture consiste surtout en vers, mollusques, crustacés, insectes, petits reptiles, frai et menus poissons, car les pro()ortions de son bec relativement étroit et sa bouche ])eu fendue ne lui permettent guèi'e d'avaler des proies tant soit peu volumineuses. Ses formes et ses allures sont gracieuses et dégagées; il marche posément et à grands pas, le cou plié en S, et vole avec beaucoup d'aisance, pattes et cou tendus, planant pai' intervalles et exécutant parfois de grandes voltes dans les airs. Il doi-t volontiei-s perché durant la nuit sur quelque arbre élevé, et se montre souvent assez soupçonneux et farouche durant le jour.

Il niche en coloines. généralement dans les grands marais, ceux du Danube par exemple, établissant, fin mai ou au commencement de juin, parfois sur des roseaux couchés, plus souvent sur de petits aj'bres. saules ou aulnes, en pleine eau. un nid de bûchettes et de roseaux.

Ses œufs, au nombre de 3 ou 4. sont assez gros, de forme quasi ovale, à coquille passablement forte et assez lis.se. d’un bleu vert immaculé plus ou moins clair, d'ordinaii'e un peu plus foncé que

PLATALÉIDÉS

celui (les œufs do nos H(^rons cendre et pourpre; ils mesurent 0'“.049— 053 sui- 0“, 030— 038.

L’espèce est assez répandue dans Lest et le sud-est de LEuropo, dans une bonne partie, de l’Asie occidentale et nu'ridionale, et en Amérique, ainsi qu’en Afrique et en Australie où elle hiverne volontiers. Elle ne se montre guère qu’en passage ou irrégulièrement dans l’Europe moyenne, et est. suivant les localités, oiseau migrateur. oiseau nicheur assez rare, ou hivernant dans les contrées méridionales du continent.

LU. Famille IV: PLATALÉIDÉS

PLATALEIDÆ

Bec déprimé, flexible, beaucoup plus long que le tarse, bien plus large que haut, aplati et développé on spatule vers le bout, avec extrémité un peu courbée, et médiocrement tendu. Narines ouvertes en dessus, elliptiques, assez rapprochées et reculées dans un étroit sillon prolongé sur les bords et jusqu’à l’extrémité du bec. Lorums, tour des yeux et du bec, gorge et parfois t(3to nus (voy. fig. .59). Jambes et tarses longs et assez robustes, les premières en bonne partie nues, les seconds généralement réticulés de toutes parts. Doigts moyens, assez largement palmés, volontiers en arrière de leur milieu, et bien bordés; le médian plus court que le tarse; pouce moyen, légèrement surmonté ; ongles médiocres, plus ou moins droits ou arqués, ainsi que plus ou moins comprimés et aigus. Ailes grandes, assez amples et généralement aiguës, à rémiges primaires plus ou moins écbancrées ou rétrécies. Queue courte à 12 rectrices. Corps assez épais; cou plut()t gros, assez allongé; UAe forte et lai-ge; œil petit, très avancé. Souvent des plumes ornementales.

Q(tufs pluti'd peu nombreux, dé forme ovoïde ou subovale, blancs et plus ou moins maculés. — Poussins naissant couverts d’un duvet assez épais et demeurant assez longtemps dans le nid.

Lc's rcqjrcsentants de cotte faniillo. plus ou moins sociables et nu-

UKRODIONS

gi-ateiü-s. rappellent beauroup. bien (lu’avcc un bec aplati, très different, les Ibidés qui précèdent, par leurs mœurs, leurs allures, leur alimentation et leur nidification. Comme ces derniers, les Spatules rechercbent les marais, les bords fangeux des étangs, des lacs et des grands cours d’eau, ainsi que les rivages de la mer, aux emboucliures de ces derniers, où elles trouvent les différents petits animaux qid leur servent de nourritui-e. filles voyagent de jour, perebont la nuit ])our dormir et niebent en colonies, sur les arbres ou dans les roseaux.

Des trois genres qui composent cette petite famille dans les différentes parties du monde, un seul, le genre Plataiea, est représenté en Europe et en Suisse.

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