‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 134 sur 309 · Genre 1 : CYGNE · texte numérisé non relu

Genre 1 : CYGNE

CYGNES Linné'.

Bec au moins aussi long que la tète et relativement peu fendu (le plus souvent jusque sous le front), rehaussé en arrière, mais déprimé et arrondi en avant, avec onglet terminal embrassant près de la moitié de sa largeur; l' arête sup. ascendante, aplatie entre les narines et plus ou moins élargie, déprimée ou renflée, en arrière, avec ou sans tubercule charnu devant le front. Narines ouvertes à l’avant d'une fosse nasale ellipticque, vers le milieu du bec ou un peu en arrière. Lorums toujours entièrement nus (voy. fig. 60). Tarse d’ordinaire plus court que le doigt interne.

plus largement réticulé en avant qu’en arrière et sur les côtés.

Pouce touchant au plus le sol par son extrémité. Doigt médian souvent d’un quart à un tiers plus

Fio. 60. Tête de CvoNüS febus.

long que le tarse; externe à peu près égal au médian; interne passablement plus court et plus ou moins bordé au côté libre, avec ongle volontiers un peu crochu et passablement acéré. A iles demeurant bien en arrière du bout de la queue; les 2^ et 5® rémiges les plus longues ; les P'^, 2® et .9® généralement échancrées au bord interne, et les 2”, 3® et 4® rétrécies au bord externe (voy. fig. 61). Cubitales couvrant ou à peu près les plus grandes rémiges. Queue arrondie ou subarrondie, avec 18 à 24 rectrices arrondies et assez larges. Cou mesurant, avec la tête, environ moitié de la longueur totale, ou plus. Œil petit, assez haut et avancé.

' Ex Gessner.

CYOXIDÉS

(Eufs iiiédioci'oineut iiomhrpiix, de foi'iiie ovale ou elliptique, à coquille grisâtre, très épaisse, grasse et plus ou moins crétacée.

Les Cygnes, parmi les plus grands de. nos oiseaux, sont bien connus pour leurs belles formes et la grâce de leurs mouvements sur l’eau, leur véritable élément. Peu de palmipèdes offrent, en eff’et, autant d’élégance que cei-tains Cygnes dans les inflexions variées du cou et alors (pi’ils soulèvent, les ai-rondissaiit en forme de voiles, leurs rémiges secondaires et leurs lai'ges pennes cubitales. Toutefois, pour ctn' très gracieux sur l’eau, ils n'en sont pas moins très lourds et empêcbés sur le sol, par le fait du poids énorme do leur corps et de la position très reculée de leurs membres postérieurs, relativement très courts. Ils nagent admiral)lement, sans jamais plonger, et ont un vol puissant; mais ils marcbeiit peu et très péniblement. Ils battent assez longtemps l’eau du liout des pattes et des ailes avant de pouvoii- prendre leur essor, mais, une fois lancés, ils volent rapidement, le cou tendu en avant et à grands coups d’ailes, produisant dans Pair un bruit qui s’entend d’assez loin; de même, pour se poser, ils sont obligés de raser la surface do l’eau sur un assez grand espace, pour ralentir graduellement leur élan, en tendant en avant leurs pattes grandes ouvertes. Ils fréquentent surtout les lacs et les marais grands et pinfonds, capables de leur offrir à la fois une sécurité suffisante et des conditions favorables soit poui' l’alimentation, soit pour la reproduction.

Leur nourriture est plus ou moins mélangée d'éléments végétaux et animaux, de plantes aquati((uos diverses, d'insectes, de crustacés, de mollusques et parfois de frai ou de petits poissons recueillis le long des grèves; cependant, ils mangent surtout dos bei'bes qu’ils arrachent sous Teau, souvent même assez profondément, on plongeant dans le liquide la tête, le cou et jusqu'à la moitié du corps, dont la partie postérieure seule domeuie au-dessus de la surface.

Ce sont des oiseaux diurnes, monogames, sociables et grands migrateurs. Les mâles se livrent souvent entre eux de terribles combats pour la possession des femelles, au moment des amours. Quand, réunis en bandes plus ou moins nombreuses, ils émigrent, soit vers le sud pour hiverner, suivant volontiers les côtes maritimes, soit vers le nord pour y nicher, on les voit généralement passer haut dans les airs, le cou tendu et disposés de front, sur une longue ligne plus ou moins sinueuse.

Ils hâtissent, sur le sol jjrès de r('au, entre les roseaux ou sur (pielque îlot bien alirité, un nid volumineux conii)osé de débris végétaux divers plus ou moins encbevéti'és et disposés en vaste coup(',

LA11ELLIK0STKE8

dans laquelle la femelle pond de cinq à sept ou huit œufs doiiuaut uaissauee, après cinq ii six semaines, à autant de poussins qui. très vite, quittent le nid pour pagnei" Veau la plus proche, bien que longtemps sous la jalouse protection de leurs parents. Le cri des mâles, plus lociuaccs (pie les femelles, varie suivant les espèces. Perdant d'ordinaire la plupart de leurs riuniges à la fois, ils sont complètement désemparés à l’époque de la mue et obligés alors de se cacher pour quehpie temps dans les retraites les plus secrètes, à l'abri des regards indiscri'ts.

Le mâle et la femelle portent la même livrée; les jeunes sont assez différents.

Les Cygnes comptent, dans l'ancien et le nouveau monde, ainsi qu’en Australie, si on consei've le Cygne noir dans le genre Cyginis, ([uelques espèces, dont trois, les ('ygtms musicus, (1 iiiiiior (d C. olor, se rencontrent en Europe et même en Suisse, où le dernier vit à l’état doiiK'stiipié surtout'. On voit aussi (,-à et là dans le pays, mais dans une captivité plus restreinte, quekpies exemplaires du Cygne à cou noir, Cygj/its ingrirollis (C. luelniiocoryyhHS Mol.), du sud de l'Amérique, et du Cygne noir. Cygnns atratns (Chruopsis atrata Latin), de l’Australie.

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