I.AMEI.LIROSTRES
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Anas cygnus, p. MANSUETUS Linné, Syst. Nat., I, p. 194, 1766. — A. olok Gmelin ex Gessner, S. N., I, j). 501, 1788.
Noms vulg. S. b'.: Cygne, Cygne tuberculé. Cygne domestique. — S. A.: Zahmer Schwan, Geme/ner Schican.
M(Ur rtfciiwlh’ adultes: Eiitièroiiient blancs, avec la tête plus ou iiioins salie do jaunâtre, et volontiers de petites plumes blanclK's sur la partie postérieure du tubercule frontal. Tubercule, loruins et base du bec. noirs, jusqu a une ligne droite tombant verticalement du milieu du tubercule; le reste du bec orangé rougeâtre, à l'exception dos nariiK's. du bord des mandibules et de l'onglet, noirs comme la base du bec. Pieds d'un noir par places un peu rougeâtre ; iris brun foncé. — Fe)iii>Up notablement plus petite que le mâle, avec le cou plus mince et le tubercule frontal moins développé.
Jeuites: D'un cendré brun en de.ssus. plus pâles en dessous, avec bec et pieds gris de plomb ; le tubercule, peu développé, semé d'un léger duvet grisâtre. — Api'ès la it/ae: A’ariés de gris et de blanc; bec rougeâti'e pâle; tubercule noir, encore petit.
A la iiaissaia-c; Couverts d'un duvet cendré clair, en dessus et sur les côtés, légèrement remliruni sur le dns. blancbâtre en dessous (exceptionnellement tout blanc), avec bec noirâtre, sans tubercule frontal, mais avec Tangle aigu formé par le duvet sur le front prolongé au moins jusqu'à la pointe postérieure des fosses nasales. Pieds d'un brun roux. Lorums couverts d'un court duvet. Vian fait remarquer que l’onglet sup. porte sur les côtés, comme chez l’adulte, un aileron aigu.au niveau de .ses bords.
Variétés : Le nom de Cypaas iiiimatabilis a été donné par Yarrell à une variété de cette espèce (|ui a les pieds relativement pâles ou livides, et chez laquelle le plumage e.st et demeure toujours hlanc. dès la naissance. On a cité des captures de cette variété, cemsément exclusivement boréale, en Angleterre et en Hollande, et quelques auteurs y ont attaché une certaiiu' importance; cependant, je puis aftirnier que cette forme n’est pas exclusivement septentrionale et
CY(4NIDKS
(|u‘cllo ost purcDiont acficlontollo dans l'ospèce. car j'ai vu à plusieurs reprises le cas se produire à Genève dans les nond»reuses familles do Cygnes doinesti(iues depuis noudire d'années élevées sur les rives Léman; on voit même souvent des petits blancs mêlés à d'autres brunâtres, dans une même nichée. F.-A. Forel a décrit, sous le nom de faux-albinisme, la livrée blanche de trois jeunes Cygnes nés à Morges (Ui 18(iS'.
Le Cygne tuberculé a été tué à diverses reprises en Suisse, soit à répo(|ue des migivations. soit en hiver, sur certains lacs et grands cours d’eau, dans le nord du pays surtout. IMais l'espèce se trouvant à l'état de domesticité ou semi-domesticité sur plusieurs de nos lacs, il est Iden difficile de dire si les individus ('à et là rencontrés étaient des suji'ts vraiment sauvages en passage ou des Cygnes apprivoisés. nés dans le pays, en rupture de ban ou égarés.
Hartmann disait, en 17Ü8 (Wochenblatt für Kanton Silntis. p. 204). cpie l'Hwfts olor se montrait de temps à autre sur le lac de Constance, dans les hivers rigoureux. S’agissait-il du Cygne tidierculé (C. ohr Gmel.) ou peut-être du C. innsicus/- Un Cygne tué en 1851, à Ncudorf, non loin de Bâle, figure, selon Biihler-Lindenmayer, sous le nom A'Ohr, dans le Musée de cette ville. Un dit Cijfj- Hiis olor de la collection "de Sti'dker. tué, le 20 juin 1871, près do Friedericlishafen. au lac de Constance, a été cité plus haut comme devant être i-apporté i)lutôt. selon DI. Bâchler. à l’espèce précédente C. miitor Pallas. Deux Cygnes tuberculés, dont l’un figure au Musée de Bille, ont été tués, en hiver 181)2, sur le Ehin. à Grenzach, non loin de cette ville. Fischer-Sigwart (Orn. Beobacht. von 181)9) rapporte (lu’un Cygne, probablement apprivoisé, passait au vol, le l" mars 1891). près d’Aarbourg. Le même, observateur vit, le 3 avril do la même année, des Cygnes, évidemment doniesti(|ues, couvant sur les bords du lac de Neuchâtel. Enfin, trois Cygnes tués au milieu de décend)re 1899. près de Coire, (|ue l'on croyait des Cygnes sauvages (C. férus), aui'aieid été reconnus pour C. ulor, peut-être aussi apprivoisés.
Cette ('spêce, de beaucoup la (dus grande des trois, puisiiu'un mâle peut peser jusipi’à 10 et même 12 kilos, avec 2“‘,35 d’imvergure environ, vit, comme je l’ai dit. en semi-domesticité sur plusieurs de nos lacs, et se distingue de prime-abord par le fort tubercule noir (lu'elle porte, à l'état adulte, sur la base du bec et le de-
* Soc. viiud. des Sc. imt., X, 132, 18(58. Voyez îiussi, du même : Le Lémiin, III, p. 308-320. 1902.
LAMELLIROSTRES
vaut (lu tVniit. On la ivconnaît d'ordinnire aussi à la foniic ('dégainment courlKk' de sou cou. qui ne jjrend que iuoui('ntan('iupnt la raideur de* celui d(' respCîco sauvage, ou (|uaud rois('au le gonfle sous l'enipire de la colère ou de la passion. Les mâles, très jaloux, se livrent souvent de teia-ildes comhats. se portant de vigoureux coups de poing (pli de l'aile) et cliercliant parfois à maintenir sous l’eau, avec le hec, la tête de leur adversaire. Chacun a remaiapu' les jolies formes de cet oiseau, (piand il enfl(', en l(‘s relevant en voiles, ses ivmiges secondaiivs et ses cuhitales. A part la marche sur le sol. assez empéclo'e par la position recuh'c de scs pattes, toutes ses allures sont gracieu.ses. Son cri par contre est peu harmonieux et resscmhle ass('z à un bref coup de trompette. )’nyez du reste plus haut, au genre, (pn-hpies donn(''es hiologi(jues qui peuvent s’appliquer aussi hien à cette (‘spèce (pi aux deux précédentes.
Notre C3’gne domestique niche généralement en avril, parfois déjà tin mars, ou encore au commencement de juin. Son nid, hàti près de l'eau, sur la grève ou sur un îlot, e.st un gros amas de déhris végétaux divers, avec déprc'ssion centrale plus ou moins garnie do menues hei'hes l't de plumes. Les parents, très soucieux, font constamment bonne garde autour du berceau de leur famille, tenant à distance ou cha.ssant même tout intrus ou visiteur dangereux.
Ses (eufs. au nombre de ô à 7, parfois 8, .sont ohlongs ou suhcllipticpies et mé(lioci’('ment gros pour la taille de la pondeuse, avec coquille épaisse, dure, assez poreuse, quoiipie finement grenue, comme grasse, légèrement hii.sante, d’un gris verdâtre c't souvent plus ou moins crétacée. Ils mesurent généralement 0'".]10 — 115 sur (r.OT'J — 074. parfois seulement O"‘.10() sur 0'",07H.
L'espèce vit, comme semi-domestiquée, sui' la plupart des lacs et étangs de l’Europe moyenne ou tempérée, et exécute .souvent des pérégrinations plus on moins (‘tendues sur les cours d’eau du voisinage. Elle est aussi, à l’état sauvage, assez répandue dans le nord, ainsi que dans le centre de l’Europe et de l’Asie, hien qu’elle ne se montre guère au delà du 58' degré, d'où elle va hiverner sur les bords des mers Caspienne et Méditeri'anée, ainsi que dans le nordouest des Indes.
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