LIV. — Famille II: ANSÉHIDÉS
ANSERIDÆ
Bec plus étroit à l’extrémité qu'à la base, assez rarement plus long que la tète, et fendu d’ordinaire jusque sous le front, on il est le plus souvent plus haut que large. Mandibules portant un large onglet terminal, ainsi que des appendices latéraux, subconiques ou lamelleux, sur un rang, visibles ou non, par le côté; la supérieure, tubercnlée ou non en dessus, à arête plus ou moins ascendante ou déprimée; l’inférieure plus ou moins découverte sur tonte sa longueur. Fosses nasales couvertes d’une membrane et plus ou moins grandes; narines latérales, elliptiques, le plus souvent légèrement en arrière du milieu du bec (voy. lîg. 62 et 64). Membres postérieurs médiocrement ou peu reculés: jambes courtes ou moyennes, nues sur un plus ou moins petit espace; tarses assez robustes, un peu comprimés, plus courts ou légèrement plus longs que le doigt médian et réticulés, avec quelques squames un peu plus grandes ou de petites plaques en avant. Doigts antérieurs généralement entièrement palmés, la membrane tinement dentelée sur le bord; l’externe un peu plus court que le médian, l'intorne plus ou moins largement bordé au côté libre. Pouce surmonté, sans lobe inférieur et court, touchant ou non le sol par le bout. Ongles plutôt courts, un peu arqués, plus ou moins épais, subaigus ou obtus. Ailes atteignant à peu près ou dépassant plus ou moins la queue, aiguës, un peu échancrées, assez elTllées et étagées en avant, avec tubercule osseux mousse ou éperon corné à lavant du poignet. Pennes cultitales ne couvrant d’ordinaire pas les grandes rémiges. Quene courte ou assez courte, carrée, arrondie ou conique. Cou assez robuste, plus ou moins allongé, mais jamais autant que dans la famille imécédente. Tète ovale; œil plutôt petit et assez élevé.
Œufs assez nombreux, subelliptiques ou ovales, soit à bouts parfois un peu inégaux, à coquille épaisse, dure, pâle
LAMELLIEOSTRES
et immaculée, comme un peu graisseuse, mais moins que chez lés Canards.
Les divers Anséridés. avec des meiiibres inférieurs presque à l’aplomb du corps, sont beaucoup plus marcheurs soit que les Cygnidés qui précèdent, soit que. les Anatidés qui suivent. Ils reclierclient, il est vrai, la pi’oximité de l’eau et nagent bien, quoique plongeant peu ou pas; mais ils prennent, pour la plupart, leur nourriture, végétale, ou en partie animale, bien plus sur terre (pie dans l’eau ou sur l’eau. Ce sont des oiseaux .sociables, monogames et grands migrateurs, de taille généralement intermédiaire entre celle des Cygnes et des Canards, qui voyagent à grandes étapes, de jour comme de nuit, en plus ou moins nombreuse société, volant généralement haut, le cou tendu, criant beaucoup, et avec des coups d'ailes d’ordinaire moins rapides que ceux des Canards.
Us nichent, suivant les espèces et les circonstances, à terre ou .sur les arbres. Les poussins, nés après un mois d’incubation à peu près, accompagnent leurs parents dès le lendemain de leur éclosion ; ceux cpii .sont nés sur un arbre, sont le plus souvent descendus par leurs parents.
Cette famille pimt êtri', d'après les proportions du bec, du cou et des jambes, ainsi que suivant la pré.sence ou l’absence d’épei'on au poignet, partagée eu quelques sou.s-familhxs, dont une seule, celle des Aiiserinæ, est vraiment représentée en Suisse et en Europe. L’Oie africaine, dite d’Egypte, Chenalopex (Ahpoeheii) ægijptinca Linné, poui-vue d’un éperon saiUant au poignet, cpii se montre plus ou moins juscpie dans le sud de notre continent, et est yà et là élevée en pidvé dans notre pays, est, suivant les autours, rangée tour à tour parmi les Ansendæ ou dans les Aitntidæ, à cause des formes de sou bec et de la présence sur son aile d'un miroir qui rappelle celui de beaucoup do Canards.
Les Anséridés, assi^z nombreux, sont plus ou moins r(''pandus dans les diverses parties du monde.
Sous-Fauiille I, des ANSÉRIENS
ANSERINÆ
Bec un peu plus haut que large à la base, de la longueur de la tête ou plus court, à mandibule inférieure latéralement découverte, et généralement un peu prolongé de chaque côté
.\ÎJSÉRIEXS
du front, en arrière, avec onglet terminal supérieur enveloppant son extrémité, et appendices maxillaires latéraux plus ou moins épais, snbconiques et obtus ou lamelleux (voy. fig. 62 et 64). Lorums emplumés. Jambes relativement courtes et peu reculées, nues sur un très petit espace audessus des condyles inférieurs, ou sur ceux-ci seulement. Tarses moyens, assez robustes, un peu pincés et quasi entièrement réticulés, les squames antérieures, dans le bas, seulement un peu plus grandes que les autres. Doigts entièrement palmés. Ongles courts, obtus ou subaigus, le médian plus épais que les autres. Ailes aiguës, assez longues et effilées, portant un simple tubercule osseux, mousse, à l’avant du poignet; premières grandes rémiges plus ou moins échancrées ou rétrécies (voy. fig. 63). Pennes cubitales ne couvrant pas les gi'andes rémiges. Cou, avec tête et bec, ne mesurant pas la moitié de la longueur totale.
Les Oies de cette sous-famille, d’eau douce ou marines, en majorité septentrionales (4 surtout diurnes, peuvent être réparties dans un certain nombre de genres dont trois, les dits A)iser, Clien et Braida, ligurent en Eui-ope et en Suisse. Le genre CyrjHopsis, caractérisé pai- un cou plus allongé et un fort caroncule surnasal, est représenté en Europe par une espèce asiaticpie, de l’est de la Sibérie, de la Chine et du Japon, le (J!/f/)/oj>sis cygnoides Linné, qui est élevé, comme espèce domestique, sur divers points du continent et souvent croisée avec notre Oie domestique ordinaire et autres. De Selys a déjà fait remarciuer comment de nombreux croisements, entre espèces et même entre genres différents, avaient amené une certaine confusion dans les membres de cette famille, de cette sou.sfamille surtout.