‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 15 sur 309 · LAGOPÈDE ALPIN Schneehuhn — Pernice di montagna · texte numérisé non relu

LAGOPÈDE ALPIN Schneehuhn — Pernice di montagna

LAGOPCS ALPINUS NilssOlC.

Bec court, plus large (pieliant aux narines, avec arête supérieure un peu pincée en avant. Tarse un peu plus long que le médian sans ongle. Doigts moyens, couverts de plumes suhpiUformes pVns ou moins longues; ongles assez allongés, plus ou moins aplatis, bien que ptassablement arqués et obtus (voy. fig. G). 3° et 4" rémiges quasiégales, lespluslongues; 5" im peu ou à peine plus courte. IGrectrices arrondies^. — Faces sup. et dut. variées de jaunâtre et de brun ou de gris et de noir, en été. Livrée entièrement blanche en hiver, à l’ex-

' J’adopte ici. comme je l’ai dit i)Ius liant, le nom i’Alpinu.i attribné à juste titre par Niisson à cette espèce, de préférence à celui de Mutus (muet) Montin qui n’est jias justifié, et cela d’antant ])lus facilement qne Linné, dans sa Fauna suecica, p. 73, avait, déjà en 1761, qualifié notre Lagopède de Var. alpina.

® 14 rectrices senlement, si l’on attribne aux sons-caudales les deux pennes nn peu moins rigides, blanches on tachetées, qui séparent au milieu les rectrices noires et qui, jiar la forme subcouique an centre de leur extrémité, sont franchement caractérisées comme véritables rectrices; 14 aussi seulement, si, comme Steinmüller (Alpina, I, p. 211, 1806), on ne compte qne six rectrices noires de chaque côté, chiffre qui me jiarait plutôt exceptionnel.

LA60PIEKS

ceptmi de sejJt rectrices noires (except.six) plus ou moins terminées de blanc, de chaque côté de la queue, et des baguettes des grandes rémiges toujou}-s noires ou noirâtres, ainsi que, en toute saison, d’une bande noire du bec à l’œil et un peu en arriéré de celui-ci, chez le mâle.

Long. tôt. 0'“,3ô0 — 370; aile pliée 0'", 190— 200; queue 0'°, 120 — 130; tarse 0'^,032—033; médian, sans ongle O'^ ,027 — 031; bec, au front 0'°,0 160— 0175.

Tetrao lagopus, var. ALPiNA, siiNOR Lîmié, Fauna suec., p. 73, 1761 (Lagopus ex Gessner). — T. lagopus Scopoli, Ann., I, p. 118, 1769. SteinmüUer, Alpina, I, ]). 208, 1806. Meisneru. Seh., YOgel der Schweiz, p. 158, 1815. Temminck, Pig. et Gall., III, p. 186, 1816. Man. Ornitli., II, p. -168, 1820. Savi, Omit, tosc., II, p. 184, 1829. ScMnz, Fauna helv., p. 98, 1837. Bailli/, Ornitli. Savoie, III, p. 456, 1864. — T. mütus Montin, Phys. Siitsk. Iland., 1, p. 156, 1776. — T. HüPESTRis Gmelin, Syst. Nat., I, p. 751, 1788. Bechstein, Naturg. Deutschl., III, p. 1358, 1807. — T. ALi'iNUS Nilssm, Orii. suec., I, p. 311, 1817. Biva, Omit., ticin., p. 355, 1866. Friderich, Deutsche VOgel, 4®éd., p.896, Taf. 47, Fig. 4 et 5, 1891. — T. iSLANDORUM Fabtr, Prodr. Islaud. Ornith., ji. 6, 1822. — T. Rein- HARDi Brehm, (?), Lehrbucli der Nat. Eur. Vügcl, p. 986, 1823.

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— L. ALPINA Nilsson, Skand. Fauna, Fogl., Il, p. 98, 1836. Collin, Skand. Fugle, p. 419, 1876-77.

bioMS vuLG. s. F. : Poule de neige. Perdrix des neiges. Perdrix blanche, Genève; Herbaine, Martigny; Arhenwc, AlpcsdeVaudet Valais; AUine,

Savoie; Erbanna,F rihoaig. — S. A. : Wildhuhn, Svhneehuhn, Steinhuhn. (Ira Gaster bei Ammou aucb Schneeguns, sec. SteinmüUer). Schralllmhn, Lucerne;

— Weisshuhn, Grisons. — Gaglina selvadia, Vrin, Grisons; Babulauna, Sils, Engadine. — S. 1. : Arbulena, Casaccia; Arborana, Braggio; iïowcavc, Tessin.

Mâle adulte, au printemps: Tête, cou, haut de la poitriue et des flancs, dos, ,sus-caudales, scapulaires et grandes couvertures postérieures en majeure partie noirs et, selon l’age, plus ou moins variés de blanc ou de roussâtre; la gorge souvent blanche ou tachée de blanc. Bas de la poitrine, ventre, sous-caudales, rcctrices médianes, ailes, jambes, tarses et doigts blancs. Sept rectrices (except. six ), de chaque côté do la queue, entièrement noires, ou blanches à la base et plus ou moins bordées de blanc à Textrémité. Une bande noire sur les lorums, entre bec et œil. et un peu en arrière du second. La baguette (rachis) des grandes rémiges toujours noire ou noirâtre.

SAKCLEURS

Un grand espace nn et papilleux, rouge, au-dessus de l’œil. Bec noir. Ongles un peu arqués, rétrécis en avant on suliacuminés, d’un brun foncé ou noirâtres. Iris noirâtre ou d’un noir bleuâtre. — Chez de vieux sujets, toutes le.s parties supérieures et antérieures noires, finement veruiiculées de roux, ou pi'e.sque entièrement noires. — En été ; Le noir des faces supérieures et antérieures s’atténue notablement, ])Our passer plus ou moins au cendré, varié ou vermiculé de noir ou de brun, et les plumes subpiliformes des pattes sont moins longues et moins touffues, jusqu’à la mue qui amène la livrée d’hiver.

Femelle adulte, au imntemj)S : D’ordinaire légèrement plus petite que le mâle. Tête, cou, dos, sus-caudales, poitrine, flancs et haut de l’aile variés de jaune-roussâtre et de noir ou noirâtre, à part la gorge souvent plus ou moins blanche. Ventre, pieds et ailes blancs; les baguettes des grandes rémiges noirâtres. Sous-caudales jaunâtres, barrées de noir. Rectrices à pou près connue chez le mâle. L’espace papilleux au-de.ssus de l’œil plus petit et plus pâle. — Chez de vieux sujets, toutes le.s faces supérieures et antérieures d’un joli jaune légèrement roussâtre, presque dorées (comme chez le Pluvier doré), ponctuées de blanc et régulièrement .striées ou maculées de noir en travers. — Eu été; Le jaune et le noir s’atténuent, pour passer plus ou moins au jaunâtre et au cendré, variés ou vcrmiculés de brun; de sorte que les sexes i)araissent alors moins différents qu’au j)rintemps.

Adidtes, en hiver: Entièrement d’un blanc pur, à l’exception de sept rectrices de chaque côté de la queue, qui sont noires et plus ou moins terminées de blanc, les latérales volontiers un peu variées de gris au bord externe, en arrière; les baguettes des grandes rémiges noires également. Les plumes des tarses et surtout des doigts bien plus longues et plus fournies qu’en été. — hs. femelle: .sans trace de la bande noire qui se voit chez le mâle sur les lorums, entre bec et œil, ainsi qu’un peu en arrière de celui-ci.

Les ongles un peu arqués, réti-écis et subacuminés en été, sont plus ou moins écrasés, évidés en dessous et obtus en hiver, après la mue (voy. fig. 6).

Durant les époques de mue on de transition, les adultes, dans les deux sexes, présentent volontiers çà et là, comme les jeunes, des i)luraes blanchâtres, cendrées ou jaunâtres, avec zigzags bruns ou noirs.

Jeunes, avant la mue: Rappellent assez la femelle en été, bien qu’avec plus de gris et moins de blanc ; cette dernière couleur étant limitée au bord de l’aile, an milieu du ventre et aux pattes. Tout

LAGOPIEXS

le reste de l’oiseau est vermiculé de brun et de noirâtre, sur fond cendré et ronssâtre, à l’exception des reeti’ices latérales noires on noirâtres, avec bout blanc ou un peu variées de gris. Nudité sus-orbitaire peu développée. Plumes du tarse et des doigts plus courtes. — Ajn-'es la mue: Blancs, connue les vieux, dès après la mue d’automne.

A la naissance : Tout couverts d’un duvet assez égal, d’un gris roussâtre teinté de verdâtre, avec large calotte triangulaire d’un brun roux bordée de noir sur la tête, une tache noire sur l’oreille, derrière l’œil, et le dessus du corps taché et bai-ré de brun-noirâtre et de roussâtre. Tarses et doigts couverts de petites plumes d’un gris roussâtre.

Variabilité et Croisements ; he Lagopus alpinus vea'ie passablement avec l’habitat et les circonstances, dans les proportions comme dans la coloration. Nous avons vu que les livrées sont fort différentes suivant les saisons ; ajoutons qu’aux époques do transformation, on peut rencontrer des individus bigarrés d’aspects très différents, et que les dimensions peuvent être en même temps plus ou moins grandes, suivant Fâge des individus, sous une même livrée, dans celle d’hiver eu particulier. Quelques chasseurs du pays distinguent deux prétendues espèces entre nos Perdrix ou Poules de neige; celles qu’ils rencontrent sur les sommités élevées seraient toujours plus petites que celles qui habitent plus bas. Inutile de dire qu’il n’y a i-ieu là de constant, qu’il s’agit surtout de différences d’âge et de saison. M. Ch. Mottaz, de Genève, m’a montré un Lagopède mâle adulte, en livrée de noces, tué, en 1898, au-dessus de Salvan, en Valais, qui jjorte sur la tête, en arrière du vertex, en guise de huppe, nue plume duveteuse, composée de plusieurs axes sur une même base et mesurant près de trois centimètres de longueur. Le Lagopède du nord, distingué sous le nom de L. islandicus ou islandorum, semble ii’être qu’une forme ou race locale de notre espèce que l’on reconuaîti’a toujours à la présence chez le mâle, comme chez L. alpinus, de la bande noire sur le lorum et un peu en arrière de l’œil qui manque à L. albus.

Ou cite des llghrides produits de l’accouplement de notre Lagopède, Lagopusalpiniis nu mutas, soit avec les deux espèces voisines. L. albus et L. scoticus, .soit avec le Tefrao tetrix et, quoique beaucoup plus rarement, avec Bonasa betulina (voy. : A. B. Meyer, ünser Aller-, Rackel- und Birkwild, und seine Abarten, pl. XIV, XV et XVI, Wien, 1887)'.

Notre Lagopède ne pouvant trouver contact en Suisse qu’avec ces deux dernières espèces, les hybrides qui pourraient se rencontrer

‘ Les Lagopèdes ici en question sont les L. nlbns et X. scoticun.

SARCLEUES

dans nos Alpes constitueraient, suivant les cas, soit un Lagopiis tetrici-aljnrms ou un Teirao lagopo-tetrix, soit un Lagopus honasoalpinus ou une Bonasa lagopo-hettdina ; mais, je ne crois pas que des produits de semblables croisements aient été jusqu’ici constatés dans te pays.

Les hybrides de Lagogms alpiims (ou mutus) avec Tetrao tetrix ou vice versa, auraient, suivant l’espèce qui a fourni le mâle, une livrée plus ou moins blanche et plus ou moins variée de rou.\ou de noir, avec taille notableineut plus forte que celle du Lagopède, une queue plus ou moins droite ou en lyre et des doigts i)lus ou moins emplumés, le plus souvent tout couverts. La citation d’un bâtard de Lagopus alptinns ou mntus et de Bonasa hetulina repose sur l'exameii d’un oiseau capturé dans les Alpes de Bergame, qui fut déterminé hybride de ces deux espèces par feu de Filippi, parce qu’il était en grande partie blanc, tandis que ses doigts étaient en partie découverts, soit sans plumes sur un petit espace en arrière des ongles *.

Le Lagopède alpin (vulg. Perdrix blanche) est sédentaire et assez répandu dans toutes les Alpes de Suisse et de Savoie, au-dessus de 1750 m. s/m. dans la région alpine, plus ou moins rare ou abondant suivant les localités. Il descend en arrière-automne ou en hiver jusqu’à 1400 ou 1450 m. environ, aux limites supérieures de la l'égion montagneuse; tandis qu’il monte parfois, en été, jusqu’audessus de ,3500 m., dans la région des neiges éternelle.s. Il est sédentaire aussi bien sur les vei’sants sud des Alpes, dans le ïessin, que dans nos massifs centraux, de l’est à l’ouest. Je ne crois pas, malgré le dire d’Ogérien qu’il habite régulièrement notre Jura, où les neiges éternelles font défaut; je ne connais du moins aucune citation certaine de cet oiseau dans les parties sui.sses de cette chaîne de montagnes.

Il vit par couples au printemps, en famille en été et en automne, souvent en troupes assez nombreuses en arrière-saison et en hiver, parfois par 40 ou 50 individus réunis.

On le trouve, suivant la saison ainsi que suivant le temps et l’heure de la journée, tour à tour parmi les amas do pierres, dans les éboulis, sur les gazons, enti-e les touffes des myrtilles ou des rhododendrons, volontiers à l’ombre, de préférence sur les versants nord, ou non loin de quelque flaque de neige. Souvent on le ren-

* Voy. Siiclietet; Oiseaux hybrides rencontrés à l’état sauvage; Méin. Soc. zool. de Fr.ance, 1890-93; ou Hybrides..., I, Oiseaux, p. 69 et 555, Paris, 1897.

* Hist. nat. du Jura, 111, p. 219, 1863.

LAGOPIENS

contre sui‘ les hauts névés et les glaciers, pendant les chaleurs, ou, au contraire, beaucoup plus bas, durant les mauvais jours, près des buissons ou des petits pins et sapins rabougris qui bordent la limite supérieure des forêts, même dans les clairières élevées où, bien qu’il ne perche pas d’ordinaire, on le voit parfois posé pour un instant sur quelque branche basse.

Il court lestement et se cache volontiers parmi les pierres et les touffes d’herbes, entre lesquelles son immobilité complète permet difficilement de le distinguer. Son vol est rapide et souvent un peu accidenté. En famille, si les petits sont déjà assez forts i)our se bien enlever, toute la bande part avec grand tapage pour se reposer généralement à petite distance, au même niveau à peu près, ou assez souvent, contrairement aux allures de nos autres Tétras, passablement plus haut (pie le point de départ. Aussi longtemps que ses rejetons sont à l’état de poussins ou encore incapables de voler, la mère les conduit à la pâture et exerce sur eux une anxieuse surveillance de tous l&s instants. Si un ennemi .survient qui menace sa progéniture, elle se met en évidence pour attirer sur elle l’attention de celui-ci. fuyant à découvert on lentement, comme un oiseau blessé, afin d’entraîner l’intrus sur ses talons et de donner par là à ses petits le temps de se blottir immobiles dans quelque trou ou sous quelque épais couvert, où, leur i)etite taille et leur couleur aidant, il e.st presque impossible de les découvrir.

Beaucoup des auteurs qui ont parlé AxiLagoims alpiims lui attribuent, comme à d’autres Tétras, un vol plongeant, plutôt lourd, droit- et toujours peu élevé; cependant, j’ai vu en maintes occasions, au printemps, les deux individus d’un couple qui jouaient ensemble, s’élancer tout à coup en criant dans les airs, monter oblicpieluent au-dessus de la pente et s’élever ainsi à une assez grande hauteur, pour tournoyer quelques instants, un peu comme des Pigeons, tantôt battant des ailes, tantôt planant, et venir so rabattre ijeu après non loin de la place où ils avaient pris leur essor. G’e.st bien à tort aussi qu'on a appelé muet (mutns) notre Lagopède alpin, car il pous.se, en ditterentes circonstances, lors des changements de temps en particulier et pendant l’époque des amours, des cris a-ssez sonores pour être entendus de loin, cris qui ont été bien traduits par Steiumüller, il y a près d’un siècle déjà'. Tantôt, perché au sommet d’une grosse pierre, il exprimera d’une voix rauque mais forte les mots : krog'ôgoôgro, krogogoogro ou o-üo-gUô, o-üü-gUo; tantôt, en partant bru.squement, il cvieva. goer-goer ; ou bien encore

Alpiiia, I, p. 213, 180().

SARCLEURS

il répétera les nyWûiOÿ. gü-gü-goggiia, en rappelant scs petits cpii lui répondent par de légers zip, zip ou pip, pip, pip.

En tcm|)s de neige, durant les longs hivers des hautes régions, nos Perdrix blanches se réfugient d’ordinaire sous quel(|ue roche surplombante ou sous les branches basses d’un sapin, ou encore sous de grosses pierres où elles périssent parfois ensevelies vivantes, si elles ne réussissent pas à se dégager à temps en creusant une galerie dans la neige, comme beaucoup de chasseurs assurent qu’elles le font. Parfois elles restent blotties sur le sol, se contentant de secouer de temps en temps la neige qui les recouvre, ménageant ainsi une ouverture au-dessus d'elles et formant de la sorte des trous assez profonds où l’accumulation de leurs excréments dénote un séjour plus ou moins prolongé'.

Leur nouri’iture consiste généralement en jeunes pousses, liourgeons et petites feuilles de plantes ou d’arbustes, même en aiguilles de conifères, en hiver; cependant, ce premier menu est généralement agrémenté de petites baies, pendant la bonne saison, et d’insectes durant l’éducation des petits. Leur vaste jabot est quelquefois complètement distendu par un mélange de débris végétaux, de rhododendron, d’aii'elle, de serpolet, de bruyère, d’épervière, de gentiani!, d’aulnes, de saules, etc., etc. Steinmüller % en 1827, nous a donné déjà l’énumération des nombreux végétaux qu’il a reconnus dans le jabot de différents individus de l’espèce, au printemps et en automne. Le poids d’un individu adulte, très différent suivant les saisons et généralement plus fail)le que celui de L. alhus, ])eut varier, semble-t-il, entre 450 et (iüü grammes envii-on, ou un peu plus peut-être.

Les deux mues, abstraction faite des modifications dont j’ai parlé plus haut, comme s’opérant en été, entre les deux renouvellements du plumage, se font d’ordinaire : la première, celle de printemps, entre le milieu d’avril et les premiers jours de mai; la seconde, celle d’automne, entre la fin de septembre et la dernière semaine d’octobre, parfois un peu plus tôt si l’hiver est précoce.

C’est en général en mai, bientôt après la mue, que les sexes se rapprochent et s’occupent de leur future couvée. Ils choisissent alors un emplacement convenable, sous une pierre, ou bien sous quelque touff'e de l'hododeudrons ou de pin l'ampant, pour y prépai'cr leur nid, en creusant avec les pieds une petite excavation

' Ou ne peut guère ajouter foi au dire de quelques-uus de nos chasseurs qui croient que les Perdrix blanches pa.ssent une partie de la mauvaise saison dans un état léthargique, sous la neige.

® Neue Alpina, II, p. 91. 1827.

TETRAONIEXS

dans laquelle ou autour de laquelle ils se borueut à déposer sans ordre quelques fragments de mousse ou d’herbes sèches. La femelle pond, plus ou moins tôt ou tard, selon l’altitude et les circonstances, entre tin mai et fin juin ; elle couve d’ordinaire trois .semaines, parfois un ou deux jours de plus, et, en juin ou en juillet suivant le cas, on la rencontre déjà promenant sa couvée et veillant sur ses poussins avec une touchante sollicitude.

Los œufs du Lagopède alpin, au nombre de 7 à 12 (parfois Lô), souvent 8 ou 10, plutôt gros, de forme oblongue, à petit bout assez obtus ou très faiblement conique, avec coquille un peu lisse et plutôt mince, sont couverts de taches irrégulières, plus ou moins grandes et souvent confluentes, d’un brun plus ou moins rougeâtre ou noirâtre, sur fond blanchâtre sale, jaunâtre ou roussâtre, et mesurent d’ordinaire 0”‘,043— 047 (0“,050) sur O^jOSO— OSl.On en trouve quelquefois qui sont plus ou moins pointillés ou quasi-immaculés.

L’espèce est assez répandue eu Europe, non seulement dans le nord, jusqu’au 70'”'' degré environ, en Laponie par exemple, ainsi qu’en Scandinavie, en Finlande et en Ecosse, mais encore dans les régions élevées du centre du continent, dans les Alpes de Bavière, d’Autriche, d(! Suisse et de Savoie, et, plus au sud, jusque dans les Alpes italieune.s, les Ba.sse.s-Alpe.s en France et les Pyrénées.

Sous-Famille II, des TÉTRAONIENS

TETRAONIXÆ

Tarse relativement peu élevé, entièrement ou partiellement emplumé. Doigts nus et pectinés, soit garnis sur les côtés d’appendices cornés, lamelleux ou squamiformes, plus ou moins développés (voy. fig. 7 et 9). Ailes assez courtes et ai'rondies.

Qiufs moyens ou relativement petits, le plus souvent ovalaires ou ovo'ides et généralement jaunâtres, avec points et petites taches éparses de couleur ocreuse.

Los Tétraoniens sont à la fois coureurs et porcheurs ; leur vol, généralement droit et peu élevé, peut être parfois très rapide.

Les espèces de ce groupe, plus ou moins répandues sous diverses formes on Europe, en Asie et en Amérique, ont été réparties dans

SARCLEURS

presque autant de genres, dont quelques-uns ne paraissent pas su ftisamment motivés. Les genres Tetrao {Lyrurus inclus) et Bonasa sont seuls représentés en Suisse et sur notre continent.

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