‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 149 sur 309 · Genre 3 : BERNACHE · texte numérisé non relu

Genre 3 : BERNACHE

UEAKTA Scopoliù

Bec petit, beaucoup pliis court que la tète, un peu convexe au-dessus des narines, déprimé et atténué en avant, avec onplel sup. moyen, fortement recourbé; saillies latérales des lamelles transversales entièrement couvertes par le bord de. ht mandibule sup. qui est dj'oit en arriére. Narines elliptiques, ouvertes un peu en arrière du milieu du bec, à l’avant de fosses nasales ohlongues, assez grandes (voy. flg. (14). .Jambes généralement nues sur les condyles seulejnenl. Tarse à peu près égal au doigt médian avec ongle, ou légèrement plus long. Pouce très court, ne touchant pas terre. Ailes assez elfilées, dépassant la queue; grandes rémiges d’ ordinaire à hagiiette bnme, et, pour nos espèces d’Nurope, échancrées comme chez les Oies (Anser) ; 2“ la plus longue, P" et .9® souvent un peu plus courtes seulement. Queue courte, plus ou moins carrée ou arrondie, à 16 (14) rectrices .subarrondies, médiocrement larges.

Œufs a.ssez nombreux, d’un ovale plutôt allongé, à co<iuille dure, assez unie, et d'nn blanc jaunâtre ou verdâtre immaculé.

Les Bernaches ont des mœurs assez s(‘mblables à celles des Oies

Fio. 64. Tùtc de Bramta lkucopsis, ad.

^ Ann.. I, \). ()7, 1769.

LAMELLIROSTRES

proprement dites; elles sont septentrionales, sociahle,s et migratrices, comme elles, et recherchent aussi le voisinage des eaux; mais elles sont volontiers plus marines, prennent une nouiadtiire plus mélangée d'éléments animaux, et .se montrent d’ordinaire moins farouches; pri.ses jeunes, elles s’apprivoisent facilement. Elles marchent aisément, volent bien et crient beaucoup; mais leurs troupes n'accusent pas, en passage, la forme en commune chez les représentants rlu genre Aimr.

Leur mue paraît simple, mais longue. Le mâle et la femelle se ressemblent; les jeunes sont assez différents.

Des quelques espècc's de ce genre, surtout septentrionales, trois se trouvent en Eui'ope, dont deux se montrejit en Suisse. La Bernache à cou roux, Brauta fs Pallas, du nord-oue.st de l'Asie, qui se répand plus ou moins à l’époque dos migi-ations dans les régions septentrionales et moyennes de notre continent, exceptionnellement jusque dans le nord de ritalie. n’a point encore, que je sache, été observée dans notre pays'.

289. — 1 : BERNACHE A JOUES BLANCHES Weisswmigige Gans — Oca frontêbianco.

niiANTA i.EccüP.sis Bechstciii.

Bec moindre que moitié de la tête, mais légèrement plus long, par le côté, que la moitié, du tarse (voy. fig. 04). Ta>-se à peu près égal au médian, avec ongle. Ailes dépassant sensiblement le bout de. la queue. B" et 2" grandes rémiges échancrées au bord interne, 2" et 3“ rétrécies au bord eaierne. Queue à peu qmès carrée à 14 ou 16 rectrices. — Front, joues, gorge et ventre blancs; cou noir; dos gris, croupion noirâtre.

Long. tôt. 0°‘,58(), — 0.ô() (O'", 700); aileqdiée O'^jSSO — 425; queue 0'^,122 — 140 (O"', 170); tarse 0"',058 — 062; médian, avec ongle O'", 059 — 063; bec, par le côté 0'“,033 — 036.

Anser bbenicla, A. berniola mson Bri.'isoHex Ge.ssner (nee Linné), Ornith., VI, p. 300 et 302. 1760. — A. ledcopsis Bechstein, Orn. Taschenb., II, p. 424,1803,

' La H. canagica Sewart., du nord de l’Asie et de l’Amérique, séparée maintenant dans le genre Phikicte, aurait été reçue deux fois, par Verreaux, des bords du Volga.

ANSKRIENS

et Natiu'g. Deutschl.. III, p. 921, 1809. Temminck, Man. Orn., II, p. 823, 1820. Nilsson, Skand. Faima, Fogl., II. p. 375, 1835. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 339, 1854. Friderich, Deutsche Vôgel., 4® éd., p. 043, Taf. 42, Fig. 4, 1891. — A. eky- THROPU8 Degland eæ Gmélin. Ornith. eur., II, p. 402, 1849.

Anas EHYTHROi’US Gnielhi (nec Linné), Syst. Nat., I, p. 512, 1788.

Beeniola ledcopsis jBoï'e, Isis, 1822, p. 563. Begl. el Gerle, Orn. eur., II, p. 488, 1867. Frilsch, Ytigel Europ., Tab. 45, Fig. 1, 1871. — B. ërythhopüs Stephens, in Shaw, Gcn. Zool., XII, p. 49, 1824.

Bbanta LEUCOP8IS Bannist., Proc. Acad. nat. Sc. Philad., 1870, p. 131. Salvadori, Cat. B. Brit. Mus., XXVII, p. 117, 1895. Sharpe, Hand-Iist, I, p. 213, 1899.

Nom vüm. S. F. : Bernache.

Mâle ei femelle adultes: Front, joues et gorge d'un Itlanc plus ou moins pur; vertox. occiput, lorinns plus ou moins, cou et haut (le la poitrine d’un noir un peu brillant. Dos, scapulaires, cubitales et grande partie des couvertures alaires d‘un gris cendré, avec la majorité des plumes largement tachées de brun vers le bout et liserées de Idanchâtro. Croupion noirâtre ; sus-caudales latérales et extrêmes blanches. Queue noire. Rémiges noires, bordées de griscendré au côté externe. Faces inférieures d'un blanc plus ou moins |)ur. Bec et pieds noirs; iris brun-noirâtre. — Femelle un peu plus petite (pie le mâle.

Jeunes de r«w«ée.- 'l’ointes moins franclu's; le blanc du front volontiers maculé de points noiiûtres; une série do taches noirâtres sur les lorums; bordure des plumes dorsales plutôt roussâtre ; ventre d’un blanc un peu sale; lianes d’un cendré brun; bec et pieds d’un brun noirâtre.

M la naissance : Couverts d’un épais duvet gris foncé aux faces supérieures, tête, cou, corps et ailes; d’un gris plus pâle sur le bas du cou, et blanchâtre à la gorge, sur le devant du cou, le bas de la poitrine et le ventre. Bec noirâtre, à onglet blancbâtre; pieds bruns (selon Middendorf)'.

La Bernache cà joues blanches, ou Oie bernache, e.st rare et de passage iri-égulicr ou accidentel en Sui.sse. Peut-être dos troupes de cette espèce passent-elles chez nous. haut, inapeix'ues et presque sans s’arrêter; mais, c’est le plus souvent par individus isolés, probablement égarés, ou en petits groupes, rarement en forte bande, (pi’on la voit dans le pays. La plupart des rencontres ont été faites <>n mars et on novembre, parfois plus tard, surtout au sud-ouest.

Sibirische RpIsp, II, p. 229, PI. XXI, fig. 1, 1861.

LAMErjJROSTEES

dans la irgion des lacs et marais de Neiicliâtel, Bienne et Morat, ainsi que dans le bassin du Léman, à rextrémité rétrécie de la plaine suisse, près de Genève. Cependant, trois Bernaclies, dont deux furent tuées, ont été vues, selon le D’’ Etlin, sur le lac de Sarnen, en automne 1885, au centi-e du pays, et, à cotte donnée, je dois ajouter deux autres citations sans détails, relatives rune au lac des Quatre-Cantons, l’autre au lac de Con.stance. Je ne connais pas. dans le sud du pays, d'observations suffisamment précises poiu- permettre d'y reconnaître l'iine ou l’autre de nos Bernaches.

J’ai dit que la Bernacbe à joues blanches habite de préférence les plages maritimes, et que ses troupes, parfois très nombreuses dans le nord, n’affectent pas en volant, comme celles des Oies, la forme d’un \ renversé. J’ajouterai qu’elle est généralement moins farouche que ces dernières, qu’elle soit .sur l’eau, dans un marais, ou pâturant dans une prairie. Sa nourriture, variée d’aliments végétaux et animaux, consiste, suivant les ciiTonstanees, en herbes et graines diverses, ou en insectes, crustacés, vers et mollusques. Elle marche et vole très bien. Son cri, assez rauque, peut être exprimé par la syllabe kali ou koli un peu soutenue, suivie de kak, kak bref, ou kok, kok.

Elle se reproduit dans l’extrême nord de l’Europe, même au Spitzberg et à la Nouvelle Zeinble, nichant sur les grèves ou dans les marais.

Ses œufs, au nombre de (3 à 10, ovalaires et plutôt allongés, à coquille dure et assez unie, mais sans éclat, sont blancs ou d’un blanc jaunâtre; ils mesurent 0'“,071 — 077 sur 0'",047 — 051 (except. 0“.053).

L’espèce e.st très abondante, durant la belle saison, dans l’ouest des contrées boréales extrêmes do l'Europe et jusqu’au delà du 80' degré, d’où elle gagne, en automne, les régions subseptentrionales et moyennes du continent, rarement le sud, hivernant de préférence sur les côtes de l’Océan atlantique.

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