TÉTRAS UROGALLE Auerhulin. — Urogallo
TUTUAI) LltUGALLL'S Llllllé.
Bec robuste, renjlé sur les côtés et en, dessus, en avant des narines, avec arête largement arrondie, et assez crochu, (mâle surtout). Tarse
- SARCIÆl.'ES
lin peu, plus long que le médian sans ongle. Ongles épais, légèremen t écrasés en arrière, un peu arqués et obtus en avant. Ailes couvrant environ, deux cinq, de la queue, ad. ; J” rémige la plus longue, ou 3" et 4"; 1"’ d’ordinaire à peu près égale à 8r. Queue arrondie, à rectrices larges, plus on moins tronquées. Sous-caudales atteignant deux cinq, à deux tiers de la queue. Paujnère inférieure nue, chez le mâle. Plumes plus ou moins allongées en barbe sous le bec (mille surtout).
— Livrée noirâtre, variée de gris et de blanc, avec ailes brunes, tache blanche à l’épaide et plastron vert, f ; rousse, variée de blanchâtre et de brun, Ç.
Long. tôt. ü”',r>()—70 Q à U'",83—I'" (P',l()) f ; uüepiliée (r,W— 33 9 à Ü'",4()—45 tj' ; queue 0"',2ü — 22 9 à <>"',31 — 30 f ; tarse 0'°,054 — 060 9 à 0"',07()— 079 f ; médian, avec ongle ü"‘,038 — 003 9 à 0'",080 — 088 cf ; bec, au front 0"^,033 — 037 9 à 0'^',045 — 033 f .
UROsAr.Lüs MAJOB Brisson ex Gessner, Oriiitli., I, p. 182, 1760. — U. vcl- GARis Fleming, Pliil. of Zool., II, p. 231, 1822.
Tetrao ubogallus Jjinné ex Ges.mer, Syst. Nat..,I, p. 273, 1766. Meisner «. Sch., VOgel (lcr Schweiz, p. 164, 1815. 'l'cmminch, Pig. et Gall., III, p. 114, 1815. Man. Ornith., II, p. 457, 1820. Steinmiiller, N. .llpina, II, ]i. 97, 1827. Savi, Omit, tosc., II, p. 181, 1820, Nili.son, Skand. Faun!i,Fog!..II,p.42. 1835. iS'cftîM.î,Fauim kelv., p. 97, 1837. Bailli/, Ornith. Savoie, III, p. 427, 1854. Bim, Omit, ticin., J). 350, 1865. TJegl. et Gerhe, Ornitli. cur., II. p. 44, 1867. Frilseh, VOgel Enrop., Tah. 36, Kg. 3 et 4, 1871. Friderich, Deutsche VOgel, 4® éd., p. 877, Tah, 46, Fig. 1 et 2, 1891. Ogilvie- Grant, CaWQ. Prit. Mu.s., XXII, p. 60, 1893. Daho/s, Faune Vert. Belgi(]He, Oiseaux, II, p. 36, 1894. S/iurpe, Haiid-list, I,p. 19, 1809. — T. ere- MiTA Thunberg,Yet. Akad. Handl., 1798, p. 179. — T. major, T. cb.vssirostris Brehvi, Vôgel Deutschi., j). 503 et 504, 1831.
Noms vuLo. S. F. : Grand Tétras, Grand Coqde bruyère. Grand Coq, Genève; Coq des 6ow,Martigny ; Coq de bruyère, Neuchâtel. — S. A. : Urhahn, TJrhalinenf, Urhuhn, Urhenne^; Waldhahn,Waldhahnen,Flueliahn, Urlhahnen. Wildhuhn, Wildguli Stuls, Gugellialm (f , Guyelhulm O, Entlihuch.
— S. I. : Tozzo, Storg, Stolcio, Stolc, ïessin.
Mâle adulte : Tétfi noirâtre, légèrement vermiciiléo de gris ; gorge et barbe noires. Cou, dos, sauf au milieu, croupion, haut des flancs, région anale et su.s-caiidales gris, vermiculés de noir, les dernières terminées de blanc. Milieu du dos, scapulaires, couvertures alaires et rémiges secondaires d’nn brun un pou ronssâtro, en majeure partie vermiculés de noirâtre, avec plus ou moins île gris ou de blanchâtre vers le bout des ])lumes. Une tache blanche à répanlo. ( Irandes rémiges brunes. lîectrices noires, plus ou moins maculées de
TÉTRAONIENS
blanc vers les quatre cinq, de leur longueur environ. Un large plastron vert à reflets métalliques en travers du haut de la poitrine. Ventre et bas des flancs noirs, plus ou moins largement mouchetés de blanc; sous-caudales noires, un peu vermiculées et terminées de blanc. Jambes brunes ou noirâtres, également plus ou moins variées de blanc. Tarses d’nn brun cendré. Bec d’un blanc jaunâtre, biainâtre â la base, volontiers marqué en dessus, chez de vieux sujets, de rainures longitudinales plus ou moins accusées. Tour de l’œil et large sourcil, uu peu prolongé du côté de l’oreille, papilleux et rouges. Doigts bruns. Iris couleur noisette.
Femelle adulte : Beaucoup plus petite. Dessus de la tête, cou, dos, ailes et croupion barrés transver, salement de noirâtre et de roux, avec bout des plumes d’un gris rou.ssâtre vermiculé et parfois de petites macules blanches, particulièrement au cou et au bout des scapulaires. Kémiges brunes, variées de roussâtre au côté externe. Bectrices et sus-caudales rousses, bari'ées de noir et plus ou moins terminées de blanchâtre. Gorge rousse. Un large plastron roux foncé en travers du haut de la poitrine, immaculé ou plus ou moins marqué de petites barres transversales d’un noir à reflets verts, parfois presque entièrement vert chez de vieux sujets (voy. plus loin. Femelles stéiles, à l’art. Variétés). Bas de la poitrine, ventre, flancs et sous-caudales d’un roux plus clair, barrés transversalement de noir et de blanc ou de blanchâtre. Jambes variées de roux et do brun. Tarses d’un gris roussâtre, vermiculé de brun. Un étroit sourcil nu et rouge. Bec brun de corne, plus pâle en dessous. Doigts et iris bruns.
Jeunes, avant la mue : Rappelant assez la femelle adulte, quoique moins roux en général, par le fait do la teinte plus grisâtre ou plus pâle de la majorité des plumes; les scapulaires et les couvertures vergées au centre d’un trait jaunâtre. Les mâles, généralement plus foncés ou plus variés de noirâtre aux faces inférieures, se reconnaissent d’ordinaire, après quatre ou cinq semaines, à une large bande d’abord noire ou noirâtre, puis d’un noir vert, de chaque côté du jabot et plus bas sur les côtés de la poitrine. Le plumage change du reste souvent d’aspect, par transformations successives, entre le duvet du poussin et la livrée qu’apporte la première mue d’automne. — Ajmès la mue, qui a lieu généralement en août, ils ressemblent dgjà assez aux adultes, chacun dans son sexe. Les jeunes mâles se distinguent pourtant encore de l’adnlte par un plumage plus terne et .souvent par la présence çà et là d’une ou deux plumes grisâtres ou roussâtres du jeune âge. Ils ont la tête plus grise, avec barbe courte, le plastron plus étroit et d’un vert moins
SARCLEURS
brillant, et los rectriccs moins longues, volontiers peu ou pas maculées de blanc. J’ai rencontré plusieurs jeunes mfiles déjà sous cette dernière livrée, le 1"'' septembre 1884, dans les montagnes fribourgeoises; tandis que j’ai vu une fois, vers le milieu du même mois, dans le Jura, un jeune mâle qui, bien idus petit que les précédents, portait encore un manteau sombre, varié de noirâtre, de brun et de gris, presque sans trace du plastron vert.
A la naissance: Couverts, sauf les doigts, d’un duvet plutôt court et assez égal, jauuâti'e à la gorge et sur la tête, avec des taches noires sur la dernière, l’une de celles-ci dessinant plus ou moins un Y renversé encadrant le haut du front; côtés do la tête, parties inférieures du corps et tarses d’un fauve roussâtre, ainsi que les faces dorsales, où se voient quelques traits et macules noirâtres; bec brunâtre à pointe jaune ; doigts jaunâtres.
Variétés, Femelles stériles et Hybrides : On rencontre des individus de cette espèce i)lus ou moins tachés ou tapirés de blanc ou de gris. Le Musée de Berne (collection locale) possède un superbe mâle adulte de TUrogalle, tué on Suisse (date et localité inconnue.s), qui, avec une taille moyenne n’indiquant pas un âge très avancé (long. tôt. O™, 85), porte une livrée en grande partie blanche et grise. La tête et le cou sont chez lui variés de brun et de gris-cendré, le brun dominant sur la tête et la barbe; la moitié inférieure du cou, en avant, et le haut de la poitrine, au centre, sont blancs jusqu’au milieu du plastron qui est, sur les côtés et dans le bas, d’un brun noirâti’e à reflets d’un verdâtre sondire; le dos en entier et les couvertures sont largement ondes de brunâtre et de blanchâtre; le bas de la poitrine et le haut du ventre sont variés de gris et de brun ; le bas-ventre et les sous-caudales sont teintés de gris et de blanchâtre; les rémiges sont en partie blanchâtres, en partie blanches; les rectrices sont blauchâti’es, terminées de brun et de brunâtre; le bec et les doigts sont jaunâtres.
On connaît de nombreux cas de stérilité, sénile ou accidentelle, ayant donné à des femelles de TUrogalle une livrée i-appelant jilus ou moins celle du mâle adulte, ainsi que cela se voit parfois chez d’autres oiseaux, des Gallinacés en particulier, et chez bien des mammifères. Celles-ci, dans un âge avancé ou frappées d’atrophie de l’ovaire, prennent en effet de la barbe sous le bec et une queue plus allongée, en même temps que la couleur de leur plumage se modifie peu à peu. La tête, le cou et le croupion prennent une teinte grise vermiculée, le dos et les ailes tirent graduellement sur le brun, le ventre se couvre toujours plus de noir, les rectrices deviennent brunes et un plastron vert à reflets métalliques vient remplacer le plas-
TKTKAONIENS
tron roux-marron de la femelle ordinaire. J’ai décrit, en 1808 *, et figuré en 1883 -, une femelle de rUrogalle dans cet état, qui avait été tuée dan.s le Jura neuclnUelois et, depuis lor.s, j’ai vu quelques autres femelles en livrée de mrile plus ou moins accusée provenant soit encore, du Jura, soit des montagnes de Fribourg.
La femelle de Tetrao urogallus, cochée par le mâle de T. tetrix, donne naissance à des bâtards constituant, sous le nom de Tetrao médius, une forme intermédiaire que je décrirai plus loin. Le croisement inverse paraît beaucoup plus rare.
Le Tétras urogalle ou Grand Tétras habite toute l’année les forêts calmes et |)i-orondes des Alpes et du Jura, entre 1000 et 1550 mètres d’altitude environ, un peu plus haut ou plus bas selon les localités et l’extension de la grande végétation, mais généralement plus bas que son congénère le Petit Tétras. On le trouve plus ou moins dans la plupart de nos cantons montagneux ou alpins, depuis Yaud et Valais, à l’ouest, jusque dans les Grisons, à l’est, à l’exception do la H‘° Engadine, ainsi que dans le Jura, du sud-ouest au nord-est, et dans le Te.ssin, au sud. Cependant, il diminue de plus en plus, à cause des poursuites dont il est l’objet, et il semble qu’il soit aujourd’hui ])lus aisé rencontrer dans le Jura occidental, les montagnes de Fi-ibourg et les Grisons, que dans plusieurs de nos cantons du centre on il prospérait autrefois, à part peut-être quelques localités plus favorisées sur les assises septentrionales des Alpes, dans le Simmenthal, l’Entlibuch et cei'taines forêts des montagnes de Glaris, de St-Gall et d’Appenzell, par exemple. Franchement sédentaire, ce n’est guère qu’exceptionuellement qu’il se montre dans les bois des régions inféidcures, en automne. Il recherche les forêts de sapins ou de sapins mélangés de hêtres et, de préférence, les endroits où poussent abondamment les airelles et les framboises dont il est très friand.
Il passe les nuits et volontiers les heures du milieu du jour perché sur les arbres, souvent à mi-hauteur, près du tronc, plus rarement tout au sommet. En quête de nouri-iture, il mai’che gravement, mais, s’il est inquiété, il court très lestement et, brusquement effrayé, il s’enlève d’un vol lourd et bruyant qui bientôt devient
‘ Quelques observations sur deux Tétras des Musées de Neuchâtel et de Lausanne, par V. Fatio ; Bull. Soc. vaudoise des sc. naturelles, IX, p. 690, Lausanne, 1868.
® Une vieille femelle du Grand Tétras, Auerlmliu (Teirao uroguUusJ, par . V. Fatio. Diana, Organe de la Soc. suisse de chasseurs, I, n» 6, p. 1, et pl. col. gr. 4", 1883.
SAECLEURS
planant, et il file alors, le cou tendu, avec grande rapidité, siiidout s’il descend une pente, ce qu’il fait volontiei'.s. Il ue mange pas seulement des baies de divei-ses sortes, des bourgeons, des chatons, de petites feuilles et, on hiver ou au printemps, des aiguilles de sapin, mais il absorbe aussi pas mal d’insectes, de vers et de petits mollusques.
Quoique d’un naturel très méfiant et farouche, il est souvent victime de ses habitudes ou de ses passions. Ses ennemis, à deux et à quatre pattes, savent bien qu’il a ses heures pour se repaître dans certaines localités planturemses et qu’il a volontiers un arbre de prédilection pour dormir ou pour chanter. La manière la plus sûre d’approcher ce rusé personnage est de le surprendre à l’aurore, au ))rintemps, pendant qu’il exécute, en dansant sur une branche, audessus des poules qui constituent son harem, le chaut d’amour durant lequel, à part certains instants de pause, tout passe pour lui inaperçu. Ardents, jaloux et batailleurs, les mfdes se livrent souvent entre eux do terribles combats, pour la possession des femelles.
Le chant d’amour que le coq fait entendre en trépignant, les ailes pendantes, la queue largement étalée et relevée, et le plumage boursoufflé, en redressant la tête et tournant les yeux, est très dilficile à rendre par des mots. Ce sont d'abord des claquements de bec suivis de tons rauques de plus en plus précipités, jusqu’à une note plus sonore et retentissante, puis c’est une série de cris aigres, plus ou moins aigus, qui rappellent le bruit que rend une faux, quand on l’aignise, et se terminent par une note traînante, durant laquelle l'oiseau en délire, les yeux d’ordinaire fermés, paraît plongé dans une complète béatitude. On a essayé de traduire cela par des syllabes, comme suit ; toed, toed, ioed, toed, oed, oed, oed, oed, oed, (/luck, lieide, lieide, heide, heide, heide, heide, heide, lieideric' ; mais cette phrase ne donne qu’une idée très imparfaite de la musique qui, dès que l’aurore blanchit à l’horizon, vient rompre le silence nocturne des forêts, plus ou moins tôt ou tard, selon les conditions, en avril ou au commencement de mai (exceptionnellement en automne). La femelle, moins loquace, prononce en differentes circonstances, la syllabe lac, hac ou koc, koc.
Le nid consiste en une simple dépression grattée dans le sol, sous un bas rameau ou sous des débris de bois sec, avec tout au plus quelques radicelles, herbes ou feuilles sèches à l’intérieur, parfois dans la cuvette garnie de poussière ou de vermoulure de bois d’un
‘ D’autres ont traduit la première partie de ce chant par klipj}, klipp, klipp, etc., et la seconde, qui ne dure jamais plu.s de quatre secondes, pendant lesquelles le chasseur peut s’approcher, par : ehididi, chididi, chididi, etc.
TETKAONIEXS
vieux tronc coupé, et reçoit, généralcmout en niai, de 6 à 9 ou 10 œufs, plus rarement 12 qui nécessitent environ quatre semaines d’incubation, selon divei'S auteurs, et donnent rarement naissance à autant de jietits Tétras. En effet, bien des couvées se trouvent réduites, soit qu’une partie des œufs, trop exposés aux intempéries, n’éclosent pas, soit qu’une certaine proportion des petits deviennent la proie des grands rapaces ou des bêtes |)uantes, renards, fouines, martres, putois et hermines, leurs ennemis naturels. La poule est du reste, aussi bien que ses enfants et bien plus que le coq, exposée aux attaques de ces rôdeiii-s de la forêt, alors que, ferme sur ses œufs pendant des semaines, elle demeure nuit et jour sur le sol.
Les petits, poussins puis jeunes oiseaux emplumés, crois.sent assez rapidement, si bien qu’à quatre ou cinq semaines, n’ayant jias incine la moitié de leur taille future, ils volent déjà et perchent en famille, et que, après leur première mue, ils pèsent, en septembre, jusqu’à 2, parfois même 2 '/a kilos, avec l’aspect et la taille à peu près de l’adulte, l’âge n’entraînant pas un allongement do l’oiseau proportionnel à l’augmentation du poids. Un mâle dans sa seconde année, déjà fécond, selon certains auteurs pèsera de 3 à 4 kilos environ, selon les circonstances plus ou moins favorables. Enfin, en supl)osaut qu'il augmente chaque année d’un kilo environ, un vieux coq arrivera à peser 5 à 6 kilos dans sa quatrième année, en de bonnes conditions; puis, avec une augmentation de moins on moins sensible et deux ou trois années de pliis, il pourra atteindre au poids énorme, si ce n’est maximum, do 8 kilos à peu près. Je possède un vieux mâle d’Urogalle, tué dans le Jura, qui pesait 14 livres ou 7 kilos, et l’on m’a signalé des captures d’individus qui auraient pesé jusqu’à 17 (même 18 livres?), toujours plus corsés sans être beaucoup plus grands. La femelle, d’un tiers à peu |)rès plus petite que son époux, pèse toujours beaucoup moins et varie à cet éganl, suivant l'âge, de 174 è 3- kilos environ. La chair de ce beau gibier est naturellement toujours plus tendre chez les jeunes de première et de seconde année que chez les vieux, mâles surtout, dont la viande est beaucoup trop coriace. Elle est en outre bien plus savoureuse en automne, quand la pâture est à la fois plus abondante, plus variée et plus succulente, qu’en hiver ou au printemps, alors que l’oiseau, nourri principalement de petites feuilles on d’aiguilles de sapin et impressionné par la griserie de la passion, offre une chair fibreuse et relativement maigre qui n’a d’autre gofit et parfum que ceux de la résine ou de la térébenthine.
‘ Exceptionnellement jusqu’à 15, dit-on.
“ Selon le !)>■ W. Wurm, en particulier : Das Aiierwild, p. 74, 1874.
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Les œufs (6 à 10 ou 12, comme il a été dit), relativement petits et de forme ovale, sout d’un roux jaunâtre pâle et plus ou moins couverts de points ocreux, ainsi que de petites taches d’un brun roux; ils mesurent d’ordinaire 0™, 056— 060 sur 0“ 041— 043.
L’ürogalle, le plus bel hôte de nos forêts, est assez répandu en Europe, ainsi que dans le nord et le centre de l’Asie. On le trouve dans les contrées montagneuses de notre continent, depuis la Grèce, l’Italie et les Pyrénées, au sud, jusqu’en Ecosse, en Scandinavie, en Russie et aux limites de la grande végétation, vers le 69” degré de latitude nord, en Laponie, toujours plus abondant dans les régions septentrionales que dans les pays méridionaux.
Sous-genre 2 : LYRURE
LYRURÜS Swainson.
Queue en lyre, p-ofondément écliancrée, à rectrices latéi'cdes recourbées, beaucoup plus longues que les médianes, chez le mâle (voy. fig. 8).
On trouve dans le Caucase un Tétras très voisin du Tetrix qui se distingue par une taille un peu plus petite, des rectrices latérales courbées plutôt vers le bas, des sous-caudales plus courtes et des reflets plutôt verdâtres, et qui a reçu le nom de Tetrao Mlokosiewiczi Tacz.
205. - 2 : TÉTRAS A QUEUE FOURCHUE' Birlihuhn — Fagiano di monte.
TETRAi) TiSTHix Linné.
Bec moyen, à peu près graduellement comprimé d’arrière en avant et un peu crochu, avec arête tectiforme assez saillante. Tarse à peu p)"ès égal au médian sans ongle. Ongles arqués et un peu comprimés, subaigus ou émoussés (voy. fig. 7). Aile plus longue chez le mâle que chez la femelle, couvrant trois cinq, à cinq six. des rectrices médianes; 4° rémige volontiers la plus longue; l’°plus courte que 7^ o^i, parfois
' Ou Tétras lyrr.
TETRAONIENS
quani-ér/alc. Queuo en lyre, à rectrkes latérales allongées, arrondies et recourbées en dehors, cT ; quasi-droite on légèrement échaucrée, à rectriees droites ou faiblement courbées et ur? peu tronquées, 9. Souscaudales atteigunid ou dépassant un yen le bout des rectriees médianes (voy. lig. S).
— Livrée noire, à reflets bleus, avec souscaud(des et miroir de l’aile d'un blanc pur, cf' / maculée transversalement de roux et de noir, avec sous-caudales blanches, plus oii moins tachées de noir et de roux, 9-
Long, tôt, ü'^,-12 — 10 ((r,I8) aux rechùces externes, chez O, 0'‘',10 — 52 aux rectriees médianes et jusqu’ à ()'",00 — 04 au bout des rectriees latcmales redressées, chez cf ad.; aile pliée ()"',223 — 237 9» O"', 2 55— 280 f ; queue 0’",120 — -132 (rect, méd.) à 0"‘,145 (rect. ext.) 9, O"', 145 — 155 (rect.méd.) à 0"',200 — 282 (rect. lat, redressées) cf / tarse O"', 038 — 047 9, O'", 043 —052 ; médian, avec ongle 0'^,049 — 034 Ç, O'", 055 — 005 cf; bec, au, front 0"^,025 — 028 'j, 0'^, O 29— 031 cf.
ÜROOALt.üs MiNOR Biisson ex Gessner, Ornith., I, p. 186, 1760, — U. teïrix Kaup, Nat. Syst., p. ISO, 1829. ,
Tutrao TETRix Linné, Syst. Nat., I, p. 274, 1766. Meisner u. Sch., Vogcl der Schweiz, p. 1.0"), 1815. Temminck, Pig. et Gnll., HT, p. MO, 1815. Man. Ornith., I], p. 460. 1820. Stehimiiller, N. Alpina, II, ]>. 102, 1827. Saii, Ornit. tose., II, p. 1 79, 1829. Nils.ion, Skand. Fauna. Fogl., Il, ji. 60, 1885. Schinz, Fauna lielv., p. 98, 1887. Bailly, Ornith. Savoie, 111, p. 432, 1854. Biva, Omit, tiein., p. 852, 1865. IJegl. et Gerbe, Ornith. tnir., ü, p.47,1867. Frilsch, Vogd Enrop.,Tah. 31, Fig. 3 et 4, 1871. Fridcrich, Deutsche Vôgel, 4® éd., p. 884, Taf. 46, Fig. 4 , 1891. Luhoii, Faune Vert. Belgi(pie, Oiseaux, II, p. 43, 1894. — T. juNirERUM, T. eriaBus Brebm. Vôgel Deutschl., j). 509 et 511, 1831. — T. peregrinüs Brelan, Naumannia, 1855, p. 287.
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Km. 8. Oiieuo. par dessus, de Tiîtrao tf-tujx. niàle. ad.
Noms vulg. S. F. : Coq de bruyère. Petit Tétras, Coq, Petit Coq. Faisan, dans les montagnes de Vand, Valais et Savoie; P'ajnn, Fribourg. — S. A.: Spielluthu et Spielhuhn, Loorhenne, Wildhuhn, Bergfasan. Schildhahn ou Schiltliahn, Laubhulin, Claris; Grigethabn et Grigelhidm, Gudelhuhn, Lucerne;
SARCLBUES
Waldhahn, Grisons. — Chôd sulvedi, Sils, Engadinc. Oall sultadez, CusaccigL. — S. I. : Gall de montagna. Fagiano, Braggio ; Fasan, Loearno.
Mâle adulte: Tète, cou, haut de la poitrine et du dos, ci’oupion et sus-caudales antérieures d’un noir bleu, par places un peu violacé et à brillants reflète; milieu du dos, scapulaires, couvertures alaires et sus-caudales postérieures d’un noir brun, plus ou moins brillant. Bas de la poitrine, flancs, venti'e, jusque près de l'anus, et haut des jambes d’un noir brunâtre, à reflets légèrement jjourprés. Sous-caudales d’un blanc pur. Rémiges secondaires en majeure partie blanches, avec une large bande subterminale noire; rémiges primaires brunes, è baguette plus j)âle, et variées de giûsâtre ou de blanchiUre au bord externe. Rectrices entièrement d’un beau noir brillant. Tarses d’un brun cendré, mouchetés ou non de blanchâtre. Bec noir; doigts et iris bruns. Une large bande rouge, charnue, papilleuse et érectile, au-dessus de l'œil.
Femelle adulte: Passablement plus petite, avec lamelles digitales plus courtes et queue seulement un peu échancrée; les rectrices externes un peu plus longues que les médianes, volontiers légèrement courbées en dehors, à l’extrémité. Tète, dessus et côtés du cou, dos, croupion, sius-caudales et couvertures alaires roux, avec nombreuses raies et taches transversales noii àtres; le roux dominant sur la tête et le cou, le noii'âtre sur le dos, le croupion et les ailes. Le bas du cou, le haut du dos et les sus-caudales extrêmes, suivant l'âge, plus ou moins variés de gris. Un sourcil postérieur plus clair, parfois blanc. Les grandes couvertures et les cubitales plus ou moins blanchâtres vers le bout. F’aces inférieures et latérales plus ou moins rousses et barrées transversalement de brun-noirâtre; la ])oitriue et le haut du ventre, selon l’âge, plus ou moins semés ou variés de gris; bas du ventre par contre plus ou moins rembruni ou mâchuré de noirâtre. La gorge, souvent plus pâle ou moins tacliée. Sous-caudales blanches, bari'ées transversalement de noir, avec quelques taches rousse.s. Rémiges secondaires blanches dans leur moitié basilaire, brunes et plus ou moins vermiculées de roussâtre dans leur moitié extrême, avec bout blanc ou blajichâtre. Rémiges primaires brunes, variées de grisâtre ou de blanchâtre an bord externe. Rectrices noirâtres, avec zigzags transversaux roux et bout blanchâtre. Tarses variés de cendré et de loussâtro. Bec, doigts et iris bruns. Un bandeau sourcilier nu, plus étroit et d’un rouge moins brillant que chez le mâle. — Plus vieilles, les femelles sont aussi plus rousses en dessous.
Jeunes, avant la mue: Ressemblent a.ssez à la femelle adulte, en
TKTRAONIEXS
plus petit, bien que moins roux, soit de couleur i-oussâtre plus pâle, avec bordure des plumes phis grisâtre et jjlus d’espaces blanchâtres sur les couvertures alaires. Ils se distinguent du reste toujours des adultes par leurs lamelles digitales bien plus courtes et par la présence sur la majorité des plumes, eu dessus, de la verge longitudinale médiane, blanchâtre ou jaunâtre, qui cai'actérise le plumage des jeunes, avant la mue, comme chez beaucoup de Gallinacés. Les mâles, très vite un peu plus forts que les femelles, ont les sous-caudales relativement longues et toujours presque entièrement blanches, sans trace de roux, tandis que ces plumes sont déjà variées de roux et plus ou moins barrées de noir chez les dernières.
Jeunes, à la première mue: Les jeunes mâles prennent peu à peu des plumes noires qui se montrent d’abord, par larges taches ou bandes, sur les côtés de la poitrine, les flancs, le ventre et la région crurale, ainsi que sur l’épaule, le poignet et le croupio'n, puis apparaissent ])etit à petit sur tout le corps, le cou et les côtés de la tête, en même temps que les rectrices latérales noires se coui-bent en dehors et s’allongent peu à pou, les médianes étant alors souvent légèrement liserées de blanc vers le bout. — Les jeunes femelles prennent peu à peu plus de roux et plus de brun-noir, et se rapprochent ainsi davantage de leur mère.
La mue terminée, suivant les conditions plus ou moins tôt ou tard dans le courant de septemhre (parfois à la fin août), les jeunes des deux sexes ressemblent déjà assez à leurs parents. Cependant les mâles, avec une queue plus courte et des rectrices relativement plus étroites, se reconnaissent encore facilement à un plumage plus terne, soit moins reflétant, et à quelques restes de la livrée d’enfance, macules ou bordures de plumes giûsâtres ou roussâtres éparses, à la tête et au cou, sur l’aile ou sur le dos, restes que la mue ruptile du prochain printemps fera pi-esque entièrement disparaître. Il est rare que les mâles de seconde année ne portent pas encore, avant leur seconde mue d’automne, quelques légères ti-aces de leur pi'emière livrée, petites plumes grisâtres ou i‘Ous.sâtres, à la tête ou au cou. — hes femelles de l’année, d’un roux ])lus pâle que leur mère, sont encore plus ou moins variées de gris-cendré, pai'ticulièrement aux faces inférieui-es, avec le bas-ventre volontiei's foncé ou brunnoirâtre.
A la naissance: Couverts, jusqu’au bas des tarses, d’uu duvet nuancé de jaunâtre et de roux, varié de brun et de noirâtre en dessus, jaune-roussâtre en dessous; la tête jaunâtre, avec calotte marron bordée de noir et un trait noir sur le lorum, l’œil et l’oreille. Bec brun en dessus; doigts jaunes ou jaunâtres.
SARCLEÜES
Variabilité, Stérilité et Hybrides: On rencontre eliez cette espèce des sujets plus ou moins variés de blanc ou de gris, dans les deux sexes.
Ainsi que celles de TUrogallc, les femelles stériles ou imjrroductives du Tétras lyre ou à queue fourchue acquièrent généi'alement un plumage rappelant jusqu’à un certain point celui du mâle; elles se couvi-ent plus ou moins de taches noires reflétantes et pi'eunent une queue eu lyre souvent noire, plus ou moins allongée. Le Musée de Coire possède une femelle de cette sorte, en ti'ain de prendre la livrée du mâle, tuée dans le Schainserthal, aux Grisons. Meyer, dans son bel ouvrage sur nos Tétras (Unsor Auer-, Rackel- und Birkwild) cité plus haut, représente, PI. V, des livrées exceptionnelles du T. tetrix et, PI. VI et VU, des femelles de cette espèce tendant à la livrée du mâle, les unes encore brunes, les autres en plumage déjà plus foncé.
Un curieux sujet du Tétras à queue fourchue (à la fois variété albine et sujet improductif) tué, en octobre 1889, dans les montagnes de l’Entlebuch, canton de Luceime, présentait une livrée toute bigarrée de roux, de noir et de blanc, et une queue en lyre de moyenne dimension qui ont pu faire croire à première vue à un hybride des Tetrao tetrix et Layopus alpinus, et ont valu à cet oiseau les honneurs d’une description sous ce titre et d’une figure coloriée'. Cependant, l’étude détaillée que j’ai pu faire de cet intéressant sujet, de la taille du Tetnx et à doigts lamelleux complètement nus, m’a démontré qu’il ne s’agissait en réalité que d’un Tetrix mal sexué et atteint d’albinisme concomitant, peut-être d’une femelle frappée de stérilité, quoique relativement jeune encore, comme l’attestaient la présence de certaines plumes dorsales propres au jeune âge. L’empailleur avait constaté, il est vrai, une couleur normale des yeux, mais il n'avait trouvé aucune trace d’ovaire. Je n’ai quant à moi pu reconnaître aucun indice trabissant un mélange quelconque du Tetrix avec le Layopus, tandis que je trouvais, au contraire, tous les caractères du Tetrix,s?a\s, mélange, avec des restes indéniables de la première livrée de cette espèce, ainsi que je l’ai publié dans le journal Diana-, en réponse à l’article précédemment cité.
Le T. tetrix produit, comme je l’ai dit, avec P üroyallus des hybrides dont je parlerai plus loin, sous le titre de Tetrao médius; la
' A. Schwyzer de Buonas; Journal Diana, Organe de la Soc. suisse de chasseurs, n°s des l®' et 15 juillet, Berne, 1890.
^ V. Fatio, Le curieux 'l'étras de V Entlibuch ; Diana, n® du 15 août, Berne,
TÉTIIAOXIENS
plupart étant le résultat de raccouplement du mâle de ITeina: avec la femelle à' ürogallus, un peu plus forte seulement; quelques-uns, beaucoup plus rares, pouvant être attribués à ruuion A' ürogallns mâle avec la femelle de Tetrix, beaucoiq) plus petite. Ou a signalé aussi des bâtards [)roduits de croisements entre T. tetrix et Géliuotte (Boiidsa betulinu), ainsi qu’entre Tetrix et Lagopède (Lagopiisscoticus, L. alljiis et L. alpinm). Je ne sache ])as que des bâtards du Tétras à queue fourchue avec la Gélinotte ou avec notre Lagopède alpin aient été jusqu’ici reconnus d’une manière certaine en Suisse, mais je ci'ois que des sujets affectés |)lus ou moins d’albinisme ont été i)arfois, comme ci-dessus, pris à tort pour bâtards du Tetrix et de notre Lagopède (L. alpinns).
Les bâtards de Tetrao tetrix et Bonasa betulina, plus grands que cette dernière, avec queue un peu échancrée en lyre, présenteraient une livrée tantôt bigarrée, plus ou moins sombre, rappelant celle de la Gélinotte, parfois avec petite huppe, tantôt grisâtre en dessus et barrée de noir et de blanc en dessous (voy. Meyer, 1. c., PI. XVI), raj)pelant alors un peu le Tetrao (Canachites) canadensis. — Pour les hybrides de T. tetrix et Lagopus ulpinus ou mutas, voy. plus haut, à l’article Lagopède alpin '.
C’est ici le lieu de parler de deux formes différentes do certaines femelles de Tetrix dont il est difficile do dire si elles doivent surtout leur a.spect particulier à la variabilité, â la sénilité on à l’hybridité. Croyant utile de les décrire au moins sommairement et séparément, je les distinguerai, pour plus de clarté, par les lettres a et b, comme suit :
a) La première forme (vieilles femelles ou hybrides) est représentée par deux femelles adultes, peut-être vieilles, qui ont été vendues, en 1895 et 189l>, par un naturaliste de Lucerne ^ l’une au Musée de Berne, l’autre à moi, comme devant provenir des Alpes lucernoises (Entlebnch ?).
A pi'emière vue ces deux sujets paraissent notablement plus forts que les femelles ordinaires de Tetrix; mais un examen plus circonstancié montre bientôt que, dans toutes les proportions do détail, bec, ailes, queue, tarses, doigts, etc., ils rentrent pourtant dans les dimensions moyennes de l’espèce, parfois même dans les minima. Ils ont toutefois un faciès particulier qui, .au premier abord, rappelle un peu, dans la coloration des parties antérieures surtout, la femelle d’ Urogallus et par là les descriptions de femelles de 21edins par certains auteurs. Ils ressemblent jusqu’à un certain point à
^ Voyez aussi : Suchetet ; Hybrides à i’état sauvage. Oiseaux, 1897.
^ M. Stauft'er (ils, naturaliste emjjailleur, à Lucerne.
SAUCI-EURS
JJrogallus femelle, par la tête, le cou et la poitrine, avec teinte rousse un peu plus chaude que chez Tetrix et plus de mélange de blanc, particulièrement aux sourcils, mais le plastron est chez eux relativement peu accusé. Le dos est duin roux un peu plus vif que chez la majorité dos femelles de Tetrix ordinaires et le croupion est, chez l'un sui'tout, plus chiné de gris, avec barres plus noires et reflétantes; le ventre diffère peu de ce qui se voit chez beaucoup de ces dernières.
Ces deux femelles ont en outre la queue rousse mai'brée de noir, légèrement en lyre, les sous-caudales blanches, avec quelques petites barres uoii'es seulement, un i)eu de barbe blanche et rousse sous le menton et des plumes jusqu’entre les doigts, ces derniei'S n’ayant pas les squames latérales particulièrement développées. Enfin, elles attirent d’emhlée l’attention par la présence d’un large miroir blanc sur les rémiges secondaires, miroir aussi apparent que chez Tetrix mâle d’un côté, un peu moins de l'autre.
Ce])endant, je conserve des doutes sur l’origine et la provenance de ces individus. Ces oiseaux, comparés à de nombreuses femelles de différents âges, de Suisse et de Savoie, me paraissent plutôt de provenance étrangère, peut-être de contrées de moindre altitude mais plus septentrionales; ils pourraient fort bien, ainsi que d’autres prétendues femelles hybrides, n’être que de très vieilles femelles de Tetrix, peut-être déjà stéi'iles.
b) La seconde forme (variétés ou hybrides), différant beaucoup plus du type, que la précédente, est représentée par trois femelles capturées à différentes époques dans les Alpes savoisiennes où le T. tetrix est encore assez commun, où TJrogallus est devenu par contre assez rare ou très rare, selon les localités, et où l’on a trouvé à deux ou trois reprises le bâtard mâle de nos deux Tétras, le T. médius dans sa livrée foncée à poitrine violacée. Ces femelles .sont assez semblables entre elles pour donner d’emblée l’idée de quelque chose de bien particulier et nécessiter ici une description un peu plus circonstanciée.
La première de ces femelles (n" 1 ), recueillie par mon père et faisant partie de ma collection, a été tuée, en 1839, dans les montagnes qui avoisinent Sallenches, sur la rive gauche de l’Arve, aux doux tiers environ de la distance entre Genève et Chamounix; la seconde (0° 2), capturée dans les mêmes localités, environ vingt ans plus tard, ffu'sait partie de la collection de feu G. Lunel et appartient maintenant à M. Lechthaler, à Genève; la IT (n° 3), propriété de M. Tournier, également à Genève, a été tuée, en juin 1894, dans les montagnes des Bornes, toujours sur la rive gauche de l’Arve, mais plus près de Genève.
TKTRAONIENS
Avec une taille (long, tôt.) plutôt forte, soit un peu au-dessus de la moyenne dans l’espèce, ces trois femelles se distingueut à première vue de la femelle ordinaire de Tetrix : par la couleur d’un brun cendré, légèrement olivâtre et assez uniforme, qu’elles présentent sur le dos, le croupion, les ailes et la queue, où les tacbes et barres transversales noires et rousses sont en très grande majorité effacées; par la présence d’étroites verges médianes roussâtres et de larges triangles terminau.K blanchâtres sur les scapulaires et les couvertui-es alaires, les grandes couvertures ne laissant paraître aucune trace du miroir blanc des rémiges .secondaires; enfin et surtout par le glacis luisant qui recouvre et. sous un certain éclairage, fait briller chez elles toutes les plumes, aus.si bien grises et brunes que noires, des faces supérieures et latérales voisines, depuis le dos jusqu’au bout des l'ectrices à peu près. Le reste de leur livrée, tête, cou et faces inférieures, rappelle plus ou moins ce qui se voit chez T. teb'ix femelle ordinaire. Elles ont avec cela le bas do la jambe blanc ou blanchâtre, la tache axillaire blanche plus ou moins accusée, les lamelles digitales passablement ou médiocrement développées, le bec noirâtre et moyen.
Leur queue ne dépassant pas la moyenne, snbearrée ou faiblement échancrée et sans courbure des rectrices latérales, qui sont à peine égales aux voisines ou sensiblement plus courte.s, et la forme même des rectrices, moins larges et plus arrondies au bout, ou moins évasées au bord externe, semblent, à l’encontre de l’idée de femelles stériles ou très vieilles tendant à prendre le plumage du mâle ; aussi bien du reste que la grande réduction des taches dorsales noires et le défaut de reflets bleus sur celles-ci ', la présence de nombreuses macules noires et rousses aux sous-caudales et l’absence de tache blanche à la gorge.
Leur taille plutôt grande, la tendance à l’uniformisation de la couleur brunâtre sur leurs faces dorsales et surtout le glacis lui- ■sant qui recouvre ces dernières, luisant qui m’a frappé chez plusieurs mâles de T. médius à poitrine violacée (.soit pouvant être considérés comme ayant Tetrix pour père), en feraient plutôt une forme de la femelle si mal connue encore du bâtard de nos deux Tétras (T. tetrix cf et Urogalltts 9).
En tous cas, la quasi-identité des sujets 1 et 2, et la très grande ressemblance du n° 3 sur les principaux points, formes et proportions des rectrices, coloration et luisant de la livrée qui distinguent
'■ Défaut complet de ri'üets l)leuB cliez n»® 1 et 2 ; quelques légères traces sur le croupion de u» 3.
SAKCLEURS
f'rancliement ces trois oiseaux du type ordinaire de l’espèce, feraient de ceux-ci d’intéressants représentants d’une curieuse variété.
Mais, c’est sur le glueis luisant très particulier de tout le plumage dorsal, que je désire attirer plus spécialement l’attention des ornithologistes ' ; car, abstraction faite du brillant propre aux taches noires, il ne se voit pas chez les femelles ordinaires de Tetrix, tandis qu’il se remarque de suite soit chez les mâles dans l’espèce, soit chez T. médius mâle ( forme Tetrix), comme chez les trois femelles en litige. .le me demande, en effet, s’il ne constituerait pas peut-être un caractère particulier, uu héritage paternel des bâtards de Tetrao tetrix, au moins de ceux résultant de l’accouplement du mâle de celui-ci avec ürogalliis femelle, laquelle diffère volontiers de Tetrix femelle ordinaire par plus de brillant sur les taches dorsales noires à reflets bleuâtres, et mêhie par un certain luisant des rcctrices en dessus.
Les trois individus en question ont pour moi, jusqu’à nouvel ordre, des titres aussi sérieux que bien d’autres à la qualification de bâtards des Tetrao tetrix cf et Urogallus $, soit de femelles de Tetrao médius, forme Tetrix.
Le Tétras à queue fourchue ou Petit Tétras est sédentaire et assez répandu dans toutes les Alpes suisses, entre 145Ü et 1850 m. s/m., même 1900 m. quand la grande végétation monte à ce niveau, parfois un peu plus bas, on forêt, dans le haut de la région montagneuse, en hiver et au premier printemps. Son habitat confine à celui du Grand Tétras et, sur quelques points, dans les Alpes de Fribourg et des Grisons en particulier, on peut rencontrer les deux espèces vivaut côte à côte dans le haut des mêmes forêts. Notre Petit Tétras se trouve, en belle saison, non loin du haut clair-semé des forêts de conifères, suivant les circonstances dans les champs de myrtilles et de rhododendrons où il cherche .sa pâture, ou dans les halliers d’aulnes plus ou moins mélangés de bouleaux qui couronnent les forêts ou descendent plus ou moins entre celles-ci; cela depuis les montagnes de Vaud, du Valais et de Savoie, à l’ouest, dans toute la chaîne, jusque dans les Alpes de St-Gall et des Grisons, la H" Engadine y comprise, à l’est, et dans le Tessin, au sud.
‘ J’ai présenté, eu juin 1900, ces trois feniclics au Congrès ornithologique international (le Paris, oùj’aieu le regret de ne rencontrer parmi les assistants aucun spécialiste dans la question. J’ajouterai, eu p, assaut, que la lumière trop voilée par des rideaux blancs dans la grande salle du Congrès, ne permettait guère de juger des reflets, tout particulièrement intéressants, que je signalais chez ces oiseaux femelles, comme chez les mâles de Tetrix et de Médius.
TÉTRAOXIENS
Il ne se montre que tout à fait exceptionnellement dans le Jura suisse et ne s’y reproduit pas', semble-t-il, bien qu’on y ait i-enconti’é, de temps à autre et sur quelques points, des individus de l’espèce égarés et isolés. J’ai vu deux femelles tuées, à quelques années de distance, sur les pentes du Jura, au-dessus de Gimel, et j’ai levé moi-même, sous le Marchairuz, dans la même i-égion, mais sans pouvoir l’atteindre, un mâle adulte au bord de la forêt. Enfiu, tandis que cette feuille est sous presse, j’apprends du D" Larguier, de Lausanne, que M. W. H. a tué, vers le 20 octobre dernier (1901), dans les vignes de St-Sulpice, un Tetrao tetrix mâle, près do l’emboucluire de la Veuoge et sur la rive gauche de celle-ci, soit sur les rives du Léman, côte suisse, entre Morges et Lausanne. Peut-être ces oiseaux s’étaient-ils égarés durant les petites pérégrinations (pi’ils font, parfois au printemps, plus volontiers en automne, eu .septembre ou encore au commencement d’octobre, hors de leur habitat ordinaire, souvent d’uii côté d’une vallée à l’autre, ou bien, pourchassés par quelque rapace, avaient-ils, éperdus, poussé leur vol bien au delà de leurs intentions premières; cela paraît être le cas au moins pour quelques-uns qui sout venus (;à et là se faire tuer en plaine, près de Genève par exemple.
Selon M. P. de Coulon, qui a eu la bonté de m’écrire à ce sujet, un essai d’importation qui a été fait, en 1890, dans le Jura neuchâtelois avec quelques Petits Tétras provenant de Suède n’aurait guère réussi. Trois coqs et six poules furent lâchés à la montagne de Boudry, sous le Champ-du-Moulin,à 1200 m. d’altitude envirou, mais on n’aurait pas eu depuis lors de prouves de multiplicatiou de l’espèce. Quelques individus i.solés, mâles et femelles, ont été rencontrés dans un rayon de 4 à 5 kilomètres, pendant les trois ou quatre premières années qui ont suivi le lâcher, et la plupart ont été tués; mais, nulle part on n’a vu de famille ni même de jeunes individus.
Le Petit Tétras court lestement entre les buissons et perche volontiers sur les arbres soit de nuit, soit dans le milieu du jour, en dehors des heures où il e.st en quête de nourriture sur le sol et depuis la fin de septembre suitout, la mue une fois terminée. Son vol paraît assez lourd et bruyant, quand il part de dessous un buisson, mais devient bien vite excessivement rapide lorsqu’on descendant, entraîné par son poids, l’oiseau file en planant les ailes arrondies.
Sa nourriture consiste principalement en baies de myrtilles ou
' Selon Ogérieii, Ilist. mit. du Jura, III, p. 218, 1863, cette espèce se reproduirait dans le Jura franç.tis entre Clairvaux et St-Claude.
SAKCLEURS
d’airelles, do framboisiers, de fraisiers, de genévriers, de soi'biei’s, de groseilliers, de sureau, etc., en jeunes pousses, chatons et boutons de rhododendrons, de bouleaux, d’aulnes, etc., en graines de diverses plantes, en insectes, en larve.s de fourmis, en vers et petits mollusques. Il creuse volontiers des trous dans la neige, en hiver, pour atteindre, sous les rameaux couchés, les baies desséchées ou les petites feuilles des buissoirs, ou bien il se repaît, le mâle surtout, d’aiguilles de genévriers, de pins ou do sapins.
C’est en général dans la seconde moitié d’avril et la première de mai. quand les arbres commencent à pousser leurs feuilles, que les coqs font entendre leur chant d’amour composé tour à tour d’un roucoulement sonore et prolongé krourouhrouhroxilirouh et de puissants soufflements tschü-lmii. Postés sur quelque éminence, le plus souvent à toi-re, trépignant, relevant et étalant la queue, traînant les ailes, retroussant leurs beaux soui'cils rouges et gonflant les plumes de leur cou, ils appellent à l’envi les femelles et se livrent souvent alors entre eux de terribles combats pour la possession de celles-ci. Polygames et très ardents, ils abandonnent du reste bien vite leur première épouse pour courir après d’autres et ne s’occupent guère de leur futui’e famille.
La poule fécondée établit bientôt sur le sol, entre les buissons, sous une pierre ou sous quelque rameau couché, un nid grossier, ne consistant qu’en un petit creux plus ou moins garni d’herbes sèches ou de radicelles, dans lequel elle pond plus ou moins tôt ou tard, en mai, parfois .seulement au commencement de juin, de 6 à 10, plus rarement douze œufs, qui, après 24 jours d'incubation environ, donnent naissance à de gentils ])etits poussins bientôt trottant après leui' mère, en quête d’insectes, de larves, de graines et de baies, dans les herbes et les buissons. Il est rare, m’a-t-il paru, au moins dans nos montagnes, que le nombre des petits en état de voler égale celui des œufs; les intempéries à l’époque de la multiplication et les nombreux ennemis, caimassiers et rapaces, de ces jjetits êtres sans défense, les déciment plus ou moins dans leur bas âge. Il n’est pas fréquent de rencontrer des familles de plus de 8 ou 9 individus.
Les couvées ou les compagnies recherebent les endroits les plus plantui-eux et y vivent durant la belle saison dans un rayon généralement peu étendu, sous la conduite de la mère qui n’abandonne d’ordinaire ses petits qu’à la dernière et après les avoir prévenus eu partant par un anxieux kock kock. Le mâle, peu soucieux de sa ])rogéniture, vit de préférence à l’écart et plus volontiers dans des localités un peu précipite.uses ou moins aboi'dables: très souvent il
TKTKAOMIENS
recommence à crouler plus ou moins en septembre. Jeunes et vieux ne craignent pas les endroits un peu humides ou marécageux. On reconnaît facilement les places où les Tétras ont passé la nuit aux amas de fientes verdiitres et allongées qu’ils laissent derrière eux. Cinq à .six semaines au plus après leur naissance les petits perchent déjà sur les branches basses ou les arbri.sseaux, et, quand vient la fin de septembre, les jeunes, coqs et poules, qui ont fini la mue, se tiennent volontiers sur les arbres, en dehors des heures consacrées aux repas. Plus tard, en octobre, les oiseaux d’une certaine partie de montagne se réunissent parfois en troupe plus ou moins nombreuse et exécutent alors de petits déplacements.
Comme le Grand Tétras, le Petit Coq fait l’objet d’une cha.sse active dans plusieurs de nos montagnes. Les jeunes tués en automne sont excellents, mais les vieux, les mâles surtout, ont une chair plus coriace qui est bien moins parfumée, au printem])S particulièrement. Il est rare que des adultes dépassent le poids de 1 k. .350, la poule, ou de 2 kilos, le coq. L’accroissement semble se faire à peu près comme suit pour les deux sexes, poids pris au mois de septembre : pour la femelle, P° année 750 — 800 grammes, 2° année 820—900 grammes, S' et 4' année 900 gi-ammes à 1 k. 150—1 k. 300; pour le mâle, P” année, alors qu’il est encore mâchuré, 0 k. 900 — 1 k. 100, 2^ année 1 k. 200 — 1 k. 400, 3" et 4" année 1 k. 400—1 k. 750 (à 2 kilos). Le poids varie du reste beaucoup avec l’époque de la nichée et les conditions plus ou moins favorables '.
Les œufs (fi à 10 ou 12)-, de forme ovale et relativement bien plus forts (|ue ceux de l’Urogalle, sont jaunâtres ou d’un roux jaunâtre et semés de points roux, ainsi que de taches rousses ou d'un brun roux, en général petites, parfois un peu plus grandes. Ils mesurent d’ordinaire 0'“,048— 051 sur 0'", 035— 037.
Le Tetrao tetrix habite l’Europe ainsi que le nord et le centre de l’Asie, toujours plus répandu dans les régions septentrionales que vers le sud. Il .semble, sur notre continent, faire défaut à l’Espagne et au Portugal, ainsi qu’à la Grèce, et ne se montrer guère que dans le nord de l’Italie ; tandis qu’il e.st très abondant en Ecosse, en Scandinavie et en Ru.ssie, se reproduisant jusqu’au 09* degré environ, dans la région des bouleaux. On le trouve communément dans les -Vlpes françaises, suisses et autrichiennes, ainsi que dans les contrées montagneuses et boisées de l’Allemagne, cela à un niveau
’ Des poids m.axima de 2 k., pour la poule, et de 2 k. 500, pour le coq, qui ont été attribués à cette espèce, me paraissent devoir être exceptionnels.
^ Exceptionnellement jusqu’à 16, dit-on.
SARCLEURS
d’autant plus bas qu’on se rapproche davantage du nord, en plaine déjà dans certaines parties de l’Allemagne, et même dans certaines steppes quasi-nues de la Russie.
204x205. — 1x2 : TÉTRAS HYBRIDE
Rackelhuhn — Tetraone mezzano.
TETRAO MEDIUS Meyer.
Bec assez épais et convexe. Doigts forts, avec lamelles latérales très grandes, plumes interdigitales bien développées et ongles robustes, assez longs, tm peu comprimés. Queue moyenne, plus ott moins échancrée, quasi-carrée ou un peu arrondie en éventail; les rectrices latérales assez larges et généralement droites. Tête plutôt grosse ; barbe moyenne; nudités sus-oculaires rouges, relativement étroites.
— Livrée du mâle tirant plus ou moins sur celle de Tetrix ou d’ ürogallus mâle, le plus souvent sur celle du premier, soit volontiers sombre, avec reflets violacés ou pourprés assez généralisés, queue échancrée et sous-caudales d’ordinaire maculées; rappelant plus rarement celle du. second, avec queue subarrondie, tête grise et plastron verdâtre, bleuâtre ou violacé. Femelle peu conn ue, avec livrée rappelant plus ou moins celle des espèces mères et taille xin peu plus forte que celle de Tetrix femelle, ou quasi-égale.
Dimensions de divers mâles: Long. tôt. — 70 — 74; aile
pliée 0“', 290—334 — 300; queue, en lyre ou non, rectrices maximales (latérales ou médianes) O'", 18 — 21 — 24; tarse 0"‘,059—00ô ; médian, avec ongle O'", 005— 072 (0'“,075 hybride inverse); bec, au front 0'",030 — 039 — 044.
Uiio(îAT,LDS MiNOR PiTNOTATUs Bris-'ion, Omith., I, p. 191, 1760.
Tetrao HYBRiDCsimaé, Fauna suec., p. 72,1761. — T.tetrix,vab.7, Ginet., Syst. Nat., I, p. 748, 1 788. — T. médius Meyer, Mag. der Gesellsch. Nat. Freunde zti Berlin, p. 337, 1811. Temminck, Pig. et Gall., III, p. 129, 1815. Man. Ornitli., II, p. 459, 1820. Schim, Fauna helv., p. 97, 1837. Sharpe, Hand-list, I. p. 19, 1899.
— T. iNTERMEDTDS Langsdorff, Mém. Acad. Pétersb., III. p. 286, 1811. — T. ubo- GALLOiDES A07.s«o«, Omith. Sv., I, p. 302, 1817. — T. pseodoürogallus JSrcàw;, Naumaiinia, 1855, p. 287. — T. urooallo-tetrix CoUett, Forh. Vid. Selsk. Christ., 1872, p. 235.
Noms vdlg. S. F. ; Tétras intermédiaire. — S. A . . Minières Wnldhuhn, Baclceîhahn.
TKTRAONIEXS
Meyer, A.-B., dans l’ouvrage cité plus haut, en 1887, planches VIII, IX, X (ît XI, distingue les bâtards mâles de nos deux Tétras dans deux types : RockeUiuhn mit Birlilictlit/ti/pus et Rackelhahn mit Auerhahitypus , sans trancher franchement la question de savoir si le mâle (VUroffallus a pu être le pèi'e dans le second cas, et en attribuant plutôt certaines formes intermédiaires embarrassantes à une intervention du bâtard lui-même, à un accouplement de Médius cf avec UrogaUus 9, bien que la fécondité de l’hybride en question ne soit point encore prouvée jusqu’ici.
Il est im|)ossible de donner une diagnose fixe, ainsi qu’une description très circonstanciée d’un hybride qui, tirant plus ou moins sur l’une ou l’autre des espèces mères, Tetrao tetrix et Tetrao itrogallus, varie constamment tant dans les proportions que dans la coloration. Je décrirai donc le Tetrao médius d’après j)lusieui-s individus de Suisse que j'ai pu voir, en y ajoutant quelques données comparatives puisées dans les auteurs. Le sujet mâle de ma collection, provenant du pays, tient à peu près le milieu dans les mesures fournies en diagnose, sauf pour le doigt médian où il dépasse légèrement le maximum.
Mâles adidtes ; Dans leur forme de beaucoup la plus fréquente, avec queue plus ou moins échanerée, résultant do l'accouplement de Tetrix mâle avec UrogaUus femelle, les mâles de Médius ont généralement: la tête, le cou, la poitrine et souvent le haut du dos et du ventre noirs, avec reflets violacés ou pourprés et comme couverts d’un lustre ou glacis luisant; le dos, ainsi que les couvertures alaires et caudales sont d'un brun foncé, plus on moins vermieulé de roussâtro ou de grisâtre, et également un ])eu luisants. Ils n’ont pas le plus souvent de miroir blanc apparent en travers de l’aile mais bien une tache de cette couleur au pli de l’épaule. L’extrémité des rémiges secondaires, ainsi que des sus-caudales et dos roctrices médianes est généralement étroitement liseiéo do blanc; les rectrices sont noires, à part ce liseré-, et les rémiges noirâtres ou bi’unes. Le ventre et le haut de la jambe sont d’un noir brun, le premier parfois un i)eu moucheté do blanc. Les .sous-caudales, qui demeurent bien en arrière du bout des rectrices médianes, sont en partie blanches et eu partie noires, avec bout blanc. Le. bas de la jambe est varié de blanc. Le tarse e.st d’un brun cendré, plus ou moins vai'ié
‘ La figure que doiuie Fridcricli, dans sa Natiirg. der deutsclien Vdgel, Taf. 40, Fig. .3, du Tetrao hyhridus présente un miroir blanc bien accusé qui me ]iaraît plutôt rare, au moins chez nos sujets suisses.
SARCLEUES
de gris et de blanchâtre. Le bec et les doigts sont bruns. Les pajiilles sourcilières sont rouges.
Avec une qtieue quasi-carrée ou arrondie, ils portent aussi, quoique beaucoup plus rarement, une livrée assez différente qui rappelle davantage celle du mâle A' UrofjuUus. Ils présentent en particulier une tête et un cou plus gris, un dos d’un brun plus clair et, suivant les cas, un plastron violacé, bleuté, ou même vert, avec bec souvent brun, parfois jaunâtre (Meyer, 1. c., Taf. X et XI) do telle sorte que la question se pose de savoii- s’ils représentent de simples exceptions à la règle qui veut que les bâtards (^mâles surtout) ressemblent plutôt à l’espèce de leur père, s’ils ne proviendraient pas peut-être d’un accouplement plus disproportionné entre ürofjallus cT et Tetrix 9, que je crois fort possible, alors surtout qu’un mâle A'Urogallus se trouve accidentellement isolé au milieu de femelles de Tetrix; ou si, enfin, comme le suppose Meyei- (1. c.), le bâtard lui-même, T. médius cf, ne pourrait pas intervenir à son tour, bien que, comme je l’ai dit, la fécondité de cet hybride soit jusqu’ici loin d’être établie. Un bec jaunâtre ne semble, en tous cas, pas |)ouvoir provenir de l’accouplement de deux parents à bec brun.
Qu’il me suffise de rappeler sommairement la description que j’ai donnée en^8C8^ sous le titre de Tetrao médius inverse, d’un Tétras du Musée do Lausanne qui présente en même temps tous les caractères d’un bâtard et bien plus d’analogie avec le mâle d’ Urogallus qu’avec celui de Tetrix ''. — De taille moyenne, avec queue en éveutnil, les pennes médianes, les plus longues, mesurant Ü"’,22.S, bec très fort et doigts très largement pectinés, presque aussi grands que ceux de certains Urogalles mâles, il a : la tête, le cou et le haut du dos noirs, vermiculés de gris en arrière, la première avec quelques petites macules blanches sur les joues ; un large plastron pectoral d’un bleu noirâtre foncé, à refiets violacés; le dos vermiculé de
' En voyant des figures attribuant un l)ec jaunâtre à des individus qui, bien que de taille un peu inférieure, rappellent beaucoup l’fJroÿaZftw mâle, on est en droit de se demander s’il s’agit de véritables bâtards ou peut-être de sujets petite \A\\\e A'Urogallus.
'■* Quelques observations sur deux Tétras des Jlusées de Neuchâtel et de Lausanne, i)ar V. Fatio. Bull. Soc. vaud. des Se. nat., IX, n" 58, 18G8.
^ Cet oiseau, que Meyer (I. c. 1887) croit le produit d’un croisement entre Médius et Urogalkis Ç, alors que rien ne prouve, je le répète, la fécondité de semblable accouplement, avait été trouvé, vers 1860, dans l’étalage d’un marchand de gibier, sur le marché de Lausanne, ))ar feu Bastian, alors préparateur au Musée de cette ville. Il est i)robable qu'il devait ])rovenir des Alpes vaudoises où les denx Tétras se trouvent en contact, car on ne voyait pas encore, à cette époque, venir sur nos marchés des gibiers de toute ])rovenance.
TETRAONIENS
noir, de brun et de gris; le croupion gris, veriniculé de noir; les sus-caudales grisâtres et brunâtres, légèrement Iwrdées de blanc ; les rectrices noires, également liserées de blanchâtre, les épaulettes blanches; les couvertures alaircs et les rémiges secondaires en majeure partie brunes, finement vermiculées de blanc vers le bout; les flancs un i)eu giôsonnants ; le ventre noir, un peu moucheté de blanc; les sous-caudales et les jambes variées de blanc et de noir; le tarse d’un noir de suie, un peu moucheté de blanc; le bec d’un blanc jaunâti'e, avec légères zones grisâtres.
La taille de ce bâtard, moyenne malgré les jjIus grandes dimensions du père ici supposé, peut bien provenir des proportions considérablement moindres de la mère, et la forme de la queue en éventail, ainsi que la force exagérée des doigts, presque aussi grands que ceux de certains sujets d’ Urogalhis mâle, appuient d’un grand poids la supposition do l’intervention de ce dernier dans la formation de cet intéressant sujet
Femelles adultes: Ici la confusion est encore beaucoup pire, car, quand on a parcouru les descriptions de.s différents auteurs et vu de prétendues femelles de Médius de diverses provenances, on est bien embarrassé pour trouver des caractères distinctifs tant soit peu fixes et donner une descrij)tiou satisfaisante de la femelle de ce bâtard’'. Meyer (1. c. PI. XllI) figure deux censées femelles de Médius et deux poussins, l'appelant assez ceux de Tetrix, qui, s’ils sont de jeunes hybrides, ne sont pas cependant descendants des femelles bâtardes reiiroduites sur la même planche. Les femelles do Médius que nous présente i\Ieyer rappellent celles de Tetrix par les formes et proportions, tandis qu’elles se rapprochent davantage de celles à'Urogallus par la coloration.
Des nombreuses descriptions et comparaisons que nous donne à
‘ L’opinion du D'’ Lorenz,' cpii croit que le sujet du Musée de Lausanne ci-dessus décrit doit être une femelle à’ Urogallus prenant la livrée du mâle, doit tomber nécessairement devant les dimensions exagérées des doigts, beaucoup plus forts que ceux de la femelle à' Urogallus, et devant le grand développement des lamelles digitales latérales.
Ogilvie-Grant (Cat. B. Brit. Mus., XX, p. 04, 1898) dit en particulier que les souB-caudales sont beaucou]» iiliie courtes que les rcctrices médianes chez les femelles de Médius. Cette différence de longueur relative, qui est si frappante entre les T. Urogallus et T. letrix, ne provient que de la plus grande longueur des rectrices médianes chez le premier, et doit en etîet se retrouver chez le T. niedius mâle dont les rectrice.s médianes sont aussi plus allongées que chez Tetrix ; mais je ne. vois pas pourquoi ce caractère se retrouverait forcément aussi chez les femelles du Médius qui ont toujours les rectrices beaucoui) ])lu3 courtes.
SAKCLEUIJS
son tour Suchetet (Hybrides à l’état sauvage, I, Oiseaux, Paris, 1897), il ne ressort rien de bien précis ni sui' la taille qui paraît varier beaiicou|), ni sur la coloration. Certaines prétendues lémélles de Médius pourraient bien n’êti'o que de vieilles poules de Tetrix, comme celles de Stautfer dont j’ai parlé plus haut à propos de la variabilité do Tetrix, et peut-être aussi comme celle fournie par Nager à de Selys-Longcbampsqui, avec une taille semblable (i celle de Tetrix 9 me semble rappeler beaucoup celles de Stauffer, censément de rEntlebucb. Quelques-unes pourraient même être des femelles stériles d’ Urogallus en train de prendre le plumage du mâle, comme celle que décrivit Brehni, dans ses Beitrâge zur Yogelkunde, U, p. 63.6, en 1822, et celle que figure Fritscli dans ses Vôgel Europas, Taf. 31, Fig. 6, en 1871.
Une femelle du Musée de Prague, produit de T accouplement en captivité de Tetrix f et d’ Urogallus 9, n’est pas plus grosse qu’une femelle de Tetrix, avec une queue quasi-carrée, un jjlastron roux vif et des tons plus clairs sur les joues et le cou. Une seconde femelle, également obtenue en captivité, se distingue surtout de la précédente par une bordure plus grise des plumes doi'.sales et une plus large bordure blanche du bout des rectrices. Ce sont là des données directrices d’une certaine importance.
J’ai vu à l’exposition de Paris, en 1900, deux exemplaires de Tétras qui m’ont vivement intéressé; l’un, exposé par la Kussie (Sibérie) sons le nom de Tetrix 9, présentait, avec la taille ordinaire de celle-ci, une livrée en tout bien plus rousse et un large plastron d’un roux foncé, comme la femelle A' Urogallus; était-ce peut-être une femelle de Médius méconnue? L’autre, exposé par la Finlande, sous le titre de Tétras lighride. Médius 9, semblait bien mériter la distinction dont il faisait l’objet. Cette femelle, notablement plus forte que celle de Tetrix, avait la queue subarrondie et la rectrice latérale un peu plus courte que la voisine, assez large et sans courbnre; son bec était plus fort et ses doigts plus grands; ses sous-caudales, tachetées de noir sur blanc, ne dépassaient pas les rectrices médianes ; sa livrée, assez semblable à celle de Tetrix 9, aux faces inférieures, était plus régulièrement barrée de noir et de roux dans les parties supérieures ; ses flancs étaient plus variés de blanc; elle ne présentait pas de miroir blanc sur l’aile; ses rectrices étaient plus largement bordées de blanc, comme chez l’une dos femelles hybrides obtenues en ca|)tivité dont j’ai dit deux mots ci-dessus.
La femelle de Tetrao médius du Musée de Zurich, achetée en 1888 sur le marché de cette ville où se trouvaient en même temps
TÉTRAOXIEXS
l)oaucoup de Petiis Tétras du nord, ne me paraît pas devoir être de provenance suisse; mais elle présente par contre, avec une taille sensiblement supérieure à celle de Tetrix 9, (0"‘,510 an milieu de la queue), quelques particularités qui semblent corroborer plus ou moins l’opinion de son origine Imtarde; les lamelles digitales latérales sont chez elle très développées et le l'oux Itarré de noir de la tête et du cou rappelle un peu ces parties chez UrogallusQ. Elle porte une barbe d’un roux clair bien développée; son bec est assez épais, sa queue, un peu écbaucrée, présente dos rectrices latérales peu ou pas courbées ; ses doigts sont bien couverts à la base. Les sous-caudales, blancbes avec quelques taches noires, dépassent chez elle un peu les rectrices médianes. Les rémiges secondaires, assez largement bordées de blanc, présentent un miroir de cette couleur plutôt étroit. A part la tête et le cou, sa livrée rappelle du reste assez celle de Tetrix 9. — Je ii’ai pas l'etrouvé la pi'étendue femelle do T. médius, du Jura, citée par Mallet comme au catalogue du Musée de Genève ( Mém. Soc. pbys. et hist. nat. do Genève, IS.’IT).
Enfin, voyez encore, plus haut, à l’article Variahilité, StéilHé et Hybrides du chapitre Tetrao tetrix, sous les initiales a) et h), les descriptions do deux formes i)articulières de Petîï Tefrcfs que, faute de preuves certaines d’hybridité, j’ai cru devoir ranger, jusqu’à nouvel ordre, comme intéressantes variétés, i)armi les femelles de cette esjjècc.
Voyez surtout la forme b) représentée par trois femelles presque identiques, provenant des Alpes savoisiennes, non loin de Genève, forme qui se distingue entre toutes par plusieurs particularités qu’il est difficile d’attribuer à autre chose qu’à une bâtardise d’origine: la forme qua.si-carrée ou arrondie de la queue, chez laquelle les rectrices latérales sont à la fois droites ou sans courbure latérale et notablement plus courtes que les voisines, et tout particulièi’ement le lu.stre ou luisant qui, comme chez le Tetrao médius cf ayant T. tetrix pour père, fait rctléter d’une manière très frappante, sous une certaine incidence de la lumière, toutes leurs faces supérieures d’un brunâtre cendré à peu près uniforme.
De tout ce qui précède il ressort : 1° que la femelle de Médius peut se présenter sous des tailles et des aspects très différents; 2° que les dimensions des lamelles digitales latérales, les formes et proportions de la queue plus arrondie, avec rectrices latérales droites et plus courtes, ainsi que la teinte du roux plus rougeâtre sur les parties antérieures, la plus grande extension de la bordure extrême blanche des rectrices et parfois (comme je l’ai signalé chez les trois sujets de Savoie encore douteux) le lustre particuliei' du
SARCLEDRS
plumage en dessus peuvent en divers cas fournir des indications utiles de bâtardise; 3° que, si la Suisse a fourni bien des mâles de cet hybride en divers cantons, elle ne peut cependant nous offrir jusqu’ici aucune femelle dont l’origine bâtarde soit de tous points indiscutable.
Jeunes: Un jeune mâle de première année n’ayant pas terminé sa première mue, tné le 25 septembre 1894, dans le lleinzenberg, au canton des Grisons, et propidété du D" Fiscber-Sigwart à Zofingue (Argovie), présente des dimensions qui correspondent aux minima de ma diagnose. Les lamelles digitales latérales sont chez lui très développées. La queue, à rectrices larges, subcarrées avec légère saillie terminale, est quasi-droite ou faiblement creusée, sur la tranche, soit en lyre relativement peu accusée, quand elle est largement étalée (rect. méd. 0'",18, lat. 0''‘,20), les rectrices latérales ne présentant aucune courbure. Sa livrée est la suivante : Tête et majeure ])artie du cou d'un noir luisant, à légers reflets violacés et finement chinés de gris-brun eu arrière, avec taches blanches éparses sur la région maxillaire, ainsi que sur les côtés de la gorge et du cou. Le tour de l’œil, eu arruère de la partie charnue rouge, et la région surcilière postérieure, vaiâés de roux, de brun et de blanc. La nuque, le dos et le croupion d’un noir plus brunâtre, chiné de gris ou de roussâtre et luisant, avec de légei's reflets violacés; les sus-caudales noirâtres, chinées et vermiculées de gris et de roux. La gorge, le devant du cou et le haut de la poitrine d’un noir brillant, à beaux reflets violacés, avec quelques taches blanches sur le devant du cou et un groupe de plumes rousses, bari'ées de noir et de blanc, restes de la pi'emière livrée, de chaque côté vers le bas de celui-ci. Bas de la poitrine, ventre et flancs d’un noir plus sombi'e, avec des restes de plumes du jeune âge sur la ligne médiane, partie rousses barrées de noir et de blanc, partie blanchâtres et noires; les flancs finement chinés de gris. Eégiou anale blanchâtre. Sous-caudales en majeure partie blanches au côté externe et au bout, noires au côté interne et en arrière. Scapulaires et couvertures alaires supérieures d'un brun noirâtre un peu luisant, chiné de roussâtre; les grandes couvertures et les rémiges secondaires brunes, vermiculées de roux et étroitement terminées de blanc; les rémiges primaires bimnes, vermiculées de roussâtre pâle sur le bord externe. Une touffe blanche bien a[)parente vers l’épaule. Çà et là. sur le bord des scapulaires et entre les couvertures, des l)lumcs du jeune âge ron.sses vergées de jaunâtre et barrées de
' Je remercie M. le D>' Fisclier-Sigwart (l’avoir bien voulu me soumettre cet intéressant sujet, ailmirnblement empaillé par M. Zollikofer, de St-Gall.
TÉTRAOXIENS
noir. Eectfices d’un noir brillant à faibles reflets, les médianes finement bordées de blanc à l’extrémité. Tarse d’un brun noirâtre en avant, grisâtre en arrière; bas de la jambe varié de blanchâtre et de noirâtre. Doigts bruns; bec et ongles d’un brun noii-âtre assez foncé.
Le Tétras h3d}ride (Rackclliahn) paraît avoir été rencontré ou signalé pour la première fois eu Suisse, eu 1821, par le D' Lusser qui en reçut deux individus de la montagne d’Arnit, dans le canton d’Uri. Meisner et Schinz n’en parlaient point encore en 1815. Depuis lors, il a été trouvé successivement dans la région montagneuse de la plupart de nos cantons alpestres, le plus souvent là où les deux espèces mères se trouvent plus ou moins en contact, dans les forêts élevées du ^’alais, de Fribourg, de Berne, de Lucerne, de Claris, de St-Gall et des Grisons, en particulier, même tout récemment, en 1892, aux Voirons, montngne près de la frontière genevoise, en Savoie, et, en octobre 1899, dans le Valais. On voit aujourd’hui ce Tétras dans plusieurs collections du pays; mais ce sont toujours des mâles, et la femelle paraît avoir passé à peu près inaperçue jusqu’ici.
Les allures de cet hybride semblent tenir le milieu entre celles du Grand et du Petit Tétras. Le mâle danse et chante tour à tour pour les poules de l’ürogalle ou pour celles du Petit Tétras, tantôt perché sur un arbre, tantôt à terre; toutefois ses phrases, difficiles à traduire, sont toujours plus ou moins incohérentes. Il se bat aussi volontiers au printemps avec les mâles des deux espèces mères, mais jamais on ne l’a vu cocher une poule, et, selon quelques auteurs, Gloger en particulier sa femelle ne porterait que des ovaires plus ou moins atrophiés.
Un excellent chasseur et observateur, M. R. de B., qui a abattu en automne, il y a quelque.s années, un beau Médius mâle, dans les montagnes fribourgeoises, m’a dit, il est vrai, avoir tué, non loin de celui-ci, une poule et quatre ou cinq jeunes Tétras qu’il croit avoir été la couvée de cet hybride. 11 eût été jjrécieux de pouvoir étudier ces intéressants sujets, mais seules les têtes des adultes ont été conservées et les jeunes ont été impitoyablement mangés; de telle sorte qu’on peut se demander si le rapprochement du mâle et do la famille en question n’était pas purement fortuit, si la mère, assez forte, n’était pas l’épouse légitime d’un Urogalle et si les jjetits de celle-ci étaient vraiment do sang mêlé. Comme je l’ai dit, la fécondité du Tetrao hyhridus ou niedhis me semble encore à démontrer.
Gloger; Ilaiidbuch der Niiturg. der Vdgel Europas, p. 512, Breslau, 18,^ !.
SAllCLEURS