‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 208 sur 309 · XII. Ordre des LONGIPENNES · texte numérisé non relu

XII. Ordre des LONGIPENNES

LONGIPENNES

Bec dur, quasi-droit ou un peu arqué, plus ou moins comprimé, à bords tranchants, souvent courbé vers l’e.xtrémité, parfois pointu, et généralement profondément fendu, avec narines tubulaires ou en fente et plus ou moins avancées (voy. fig. comparées, 92, 91, 95, 100, 107, lOS et 110). Ailes grandes, effilées, en général aiguës ou suraiguës, avec avant-bras long et rémiges secondaires relativement courtes. Jambes moyennes, médiocrement reculées ou à l’aplomb du corps, et généralement nues sur un petit espace au-dessus des condyles (assez grand dans la sous-fam. des Procellariens), Tarses moyens ou courts, pi'ésentant des écaillures diff'é-

LONGIPENXES

rentes. Trois doigts antérieurs, reliés par une membrane ou palmiire plus ou moins entière ou échancrée; pouce postérieur, libre et élevé, court ou absent (voy. tig. comp. 93, 96, 101, 111 et 112). Queue déformés variées. Cou relativement court. Plumes généralement plus ou moins dotildées à la lace inférieui-e d'une touffe duveteuse sur tige particulière. Larynx inférieur peu développé. Langue de forme et proportions un peu variables. Généralement pas de jaljot.

Petits naissant, suivant les familles, sans ou avec le marteau de délivrance, mais généralement couverts de duvet, quoique demeurant plus ou moins au nid.

Les Longipenncs, de toutes tailles et abondamment répandus dans les deux hémisplières, sont généralement d'admirables voiliers et d'excellents pécheurs, représentant jusqu’à un certain point, avec les précédents, les rapaces dans les palmipèdes. Us r('cherchent généralement leur nourriture au vol, fondant de haut sur leur proie ou chassant à la surface des mei’s. des lacs ou des grands cours d’eau. La plupart sont incapaldes do plonger; quelques-uns s’enfoncent tout au plus une seconde ou deux, pour liapper dans l'eau l'animal qu'ils n’ont pu saisir à temps ou autrement. Ils volent pour la plupart bien plus qu'ils ne nagent ; quelques-uns même ne nagent pour ainsi diin pas. Leur nourriture consiste, suivant les espèces, en poissons, mollusques, vers ou insectes, au besoin en corps morts et débris divers. Ils nichent généralement à teiTo ou dans les rochers, près de l'eau.

Les croisements entre espèces paraissent excessivement rares.

La plupart dos auteurs ont. jusque dans ces dernières années, réuni, dans un même ordre des Longipenncs, les Procella ridés et les Laridés qui présentent bien des caractères moi'phologiques et biologiques communs ; mais, depuis lors, quelques ornithologistes ont franchement séparé ces Oiseaux dans deux oi-di-os distincts, en leur attribuant des aitinités différentes. Bien que reconnaissant chez les premiers ( Procellcirüdæ) (pielques caractères propres, tirés, par exemple, de la structuis’ du bec et des narines, ou des formes et développements du pied, du pouce en paificuliei'. et, quoique attachant moi-même une grande importance à la coloration, à la forme et au nombre constamment différents do leurs œufs, je me demande encore s'il y a vraiment lieu de séparer dans un ordre à part ces oiseaux pélagitpies. et si leur place n'est pas tout aussi In'en à côté des Laridre que près des Alcid;e.

TUBINAKÉS

Maintenant le rapproelicmcnt. je distinguerai ici. dans l'ordre des Lonfji2>euiies, deux sous-ordres, sous les uonis de Tiihinares, narines en tubes, et de Fissinares, narines en fente'.

Sous-Ordre I, des TUBINARÉS TUBINARES

Narines ouvertes à l’extrémité de tubes saillants, supérieurs ou latéraux. Bec rehaussé et crochu à l’extrémité, avec sutures plus ou moins profondes sur les côtés et en arrière du crochet terminal, aux deux mandibules (voy. fig. 92 et 94). Tarse généralement réticulé, rarement botté. Doigts antérieurs assez longs et entièrement reliés par une membrane; les latéraux plus ou moins largement bordés à l’extérieur. Pouce rudimentaire ou absent (voy. fig. 93)^.

D’ordinaire un œuf seulement, relativement gros, ovale, d’un blanc mat et immaculé, parfois très finement pointillé vei’s le gros bout. — Poussins naissant couverts de duvet, mais demeurant assez longtemps au nid, nourris par leurs parents.

Oiseaux grands, moyens ou petits, exclusivement marins et pélagiques, sociables, ne venant guère à terre que poui' nicher ou chassés par les tempêtes, et généralement sédentaires ou errants, plutôt que migrateurs. Ils sont beaucoup plus sur l’aile que les représentants du sous-ordre suivant, et plongent jusqu’à un certain point, pouvant, au moins quelques-uns, disparaître un court instant sous la surface de l’eau, ce que ne font pas ceux-là.

* Je donne ainsi plus d’importance à ces grands groupes que j’avais taxés de divisions seulement dans mon tableau de classiflcations, p. 14 de la partie I de ce volume. La distinction en ordre ou en sous-ordres a, du reste, ici assez peu d’importance.

^ On pourrait ajouter ici : grandes rémiges rarement échancrées, car, bien que ce caractère souffre çà et là quelques exceptions dans divers Ordres, il a cependant assez de constance pour donner une certaine valeur à la remarque que' les Tuhinares ont généralement les rémiges non échancrées, comme les Fissinares; tandis que les Tolipalmes eu général et une i)artie des Uropodes les ont plus ou moins échancrées.

LONGIPENNES

( )n peut les diviser en deux ou trois familles et diverses sousfamilles, d’après la disposition des narines, les formes du bec, le développement du pouce, etc. Les Diomédéidés, les plus grands, représentés en Europe par les Albatros, Dioniedea exulans L. et D. (Thalassofferon) chlororhynchus Gmel., nous font entièrement défaut. Quelques Pi’ocellariidés, Puftins, Pétrels et Tlialassidromes égarés, se sont, par contre, accidentellement montrés jusque sur nos lacs suisses.

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