‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 242 sur 309 · STER5IEX · texte numérisé non relu

STER5IEX

U'", 143 — lUO (ir/l'SO — 1/Oj, rectr. lat.; tarse 0'^,023 — 027; médian, avec ongle 0"',0243 — 0200; hec, en dessus 0'",030 — 037, ad.

Stersa sandvioknsis Lath., Gen. Syii., suppl., p. 2i)G. 1787. — • St. aebicana, St. cantiaca et St. striata Gmel.. Syst. Nat., I, p. 605, (i06 et 609, 1788. St. caniiac'a l’emminck (ex Gmel.), Man. Oru., 11, p. 7.85, 1820. Savi, Oniit. tosc., III, p. 87, 1831. Schinz, Fauna helv., p. 121, 1837. Bailly, Oinith. Savoie, IV, p. 292, 1854. Degl. et Gerbe, Orn. eur., II, p. 452, 1867. Friderich, Deutsche Vôgel, 4® éd., J). 570, Taf. 28, Fig. 3, 1891. Snimder.f, Cat. B. Brit. Mus., XXV, p. 75, 1896. Sharpe, Iland-list, I, p. 185, 1899. — St. Boysu Lath., Index, II, p. 806, 1790. — St. coeumbina Schranek, Fauna Boica, p. 252, 1798. — St. stub- BEEiOA Bechst; Nat. Dentsclil., IV, p. 679, 1809. — St. canescexs Bleyer u. Wolf, Taschenh., II, p. 4.58, 1810.

Thalasseos OAXTiAcm jBo/e, Isis, 1822, p. 563. FVIiîsc/ijVogel Europ.,Tab. 55, Fig. 2, 1871. — Tii. OAXESCP.NS et Tu. caxdic.axs Isis, 1830, p. 994.

Actocheliiion CANTiACDS Kaup, Nat. Syst., p. 31 et 196, 1829. — Act. sandvicENsis Salvadori, Ucc. Ital., ]). 275, 1887.

Noms vülg. S. F. : Caujek, Genève.

Adultes, en t-fe' ; Dessus de la tête jusiiu'au sillon nasal, yeux y compris, ainsi (pie plumes occipitales, effilées et allongées sur la niupie. d'un noir profond. Derrière du cou, croupion, sns-candales et queue hlanrs, avec l'extrémité des rectrices externe.s plus ou moins cendrée. Dos et couvertures nlaires d'nn cendré hleuâtre assez accentué. Rémiges secondaires et primaires post/'rieures nuancées de cendré pâle et de blanc; les quatre premières grandes d'un cendré argenté, plus on moins mâcliurées do noiràtri' vers le bout et sur le bord c.xternc, blanclies au côté interne, sur la majeure partie de leur largeur, et en ditssotis, avec baguette ou rachis blanc. Tontes faces inférieures blanrlies. Bec noir à pointe jaune; pieds noirs, plus ou moins jatinâtres en dessous; iris brun-noir.

Adultes, en hiver : Parties antérieures de la tête, en do,ssus, blanches, avec un croissant noir devant rndl ; parties po.stérieures et plumes occipitales acuminées noires, variées de lilanc. Quant au reste, à peu près comme en été, i)arfois avec rectrices exteimes moins prolongées.

Jeunes, avant la mue : Dessus de la tête et haut do la mu|ue d'nn blanc légèrement rnnssâti-c, ponctué et tacheté de noir, en arrière surtout. ï’aces supérieures blanchâtres, lavées de. ronssâtre et barrées en travers de macules d'un brun noirâtre, avec, larges espaces bruns sur les .scapulaires et les cubitales. Rémiges d'un cendré noirâtre, bordées de blanc. Ih'ctiâces cendrées, les latérales, moins allongées (pie chez l'adulte, de pins en plus tachées de brun

LOXGII’EXKES

vers le bout, avec l'extréiiiité lilanclio. Faces inférieures Itlanches. Bec notablement plus court et un peu plus convexe en avant que chez l'adulte, brun, avec petite extrémité d’un-jaune roussédre; pieds et iris noirâtres,

Jeunes, ai)rh la mue: Manteau cendré-ldeuâtre. avec quelques macules d'un bi-un noirâtre sur les couvertures, et les cubitales noirâtres variées de blanc. Rémiges encore liserées de blanc au bout. Recti'ices lat. un peu plus longues, plus ou moins lavées de noirâtre avant l'exti-émité. Bec noirâtre, à pointe jaunâtre, plus court que cbez l'adulte; me.surant. en dessus, parfois 0", 039— 044 seulement, avec angle mentonnier au milieu.

A la naissance: Couverts d'un duvet fauve pâle, strié de mèches noires et elïilé en cônes aigus, en de.ssus, lilanc en de.s.sous, avec bec jaune, marbré de lu-un clair; pieds d'un brun roussâtre. jaunes en dessous, avec ongles noirâti’es à pointe jaune {sec. Vian).

La Caujolc, qui se trouve sur presque toutes les côtes d'Pluropo, ne s'avance pas aussi volontiers que quelques autres dans l'intéricur des continents, et ne se montre par le fait qu'assez rarement en Suisse. On en cite une ou deux rencontres sur les lacs de Constance et de Zui'icli. ainsi (pie dans la valb'C du Rhin, à l'est; mais ce n'est guère que dans l'ouest qu'elle est un peu connue, sur le lac de Neuchâtel et surtout sur le Léman, où bien des captures d'individus de divers âg(?s ont (dé faites à différentes épo(pies. soit au printemps et en automne, soit en hiver, en avril surtout, une fois encore le 19 mai. en ISST. On en trouve dans quelques collections, dans la locale du Musée de Genève, entre autres, qui en compte trois exemplaires captui-és non loin de cette ville: un adulte en livrée de noces tué le 11 avril 1878. un autre adulte en livrée d’automne et d'hiver, plus récent, et une femelle portant encore la rohe du jeune âge, après la première mue.

Cette jolie Sterm' est très sociable et vit de préférence près de la mer, bien que. comme nous venons de le voir, elle remonte parfois le long des heuves et jusque sur quelques lacs. Fdle est toujours en mouvement, vole pnesque constamment, nage par contre, fort peu et cri(' b(xaucoup; ses cris, assez variés, peuvent être traduits par Jcrec, kirrek, kerrek ou keikkeik. Sa nourritiiri' consiste principalement en petits poissons (lu'olle prend à la surface de l'eau, en fondant .sur eux comme une flèche, souvent même do très haut.

Fdle se reproduit en nombreuses colonies .sur diviu-ses côtes d’Eul'ope, depuis l'Angleterre (d certaines îles danoises jusqu’en Sardaigne et en Sicile, ainsi qm- sur les rives ih^s mers Noire et Cas-

STEUNIENS

pienne. Elle pond sur le sable, dans une simple petite dépression du sol.

Ses œufs, au nombre de 2 ou 3 et médiocrement gros, sont ovoïdes ou légèrement piriformes, à coquille assez unie, mais sans éclat, et colorés de blanchâtre, do jaunâtre, de roussâtre ou parfois de verdâtre clair, avec taches épai'ses. petites et moyennes ou assez grandes, grises, brunes et noirâtres. Ils mesurent généralement 0'".050— 053 sur 0”.035--038.

Cette espèce, déjà rare dans le sud de la Suède, est assez répandue durant la lielle .saison sur les côtes maritimes des régions occidentales moyennes, et en partie méridionales de l'Europe, ainsi que dans le noi-d-ouest des Indes, le nord et l'est de l’Amérique, et jusque dans le nord de l'Amérique du Sud ('t l’Afi-ique, en hiver.

345. — 2 ; nmONDELLK DE MER DOÜGALL Paradiesschiualbe — RoiulUte cli mare zam2)e-gialle.

STERNW DOÜG.CLLI MontagU.

Bec locjcremeat arqué, allongé, presque égal à la tête et dcmhle du tarse, chez ad., légèrement convexe et imiutu, ainsi que très pincé et atténué depuis les narines, en avant, ces dernières atteignant au plus an quart du hec, deqiuis le front. Tarse très légèrement plus long que le médian, sans ongle on quasi-égal. Falmures assez échancrées, àqieu jirès égales des deux côtés du médian. Ailes demeurant notablement en. arrière des rentrices latérales, souvent d’un tiers environ de celles-ci, chez ad.; cubitale majeure atteignant entre 7° et 8" rémiges ])rimnires. Queue très longue, bifurquée. bien au delà de la moitié de sa longueur, avec rectrices latérales très effilées et pointues (voy. tig. 109). — Dessus de la tête et nuque noirs; faces suq>érieures d’un cendré bleuéitre péde; rémiges primaires bordées de blanc, au côté interne; queue jiresque blanche; bec en majeure partie noir, rouge à la base; pieds rouges, ad., en noces.

Long. tôt. (J“,30ü — tàô, aux rectr. lat., U'", 250 — 285, aux rectr. méd,; aile pdiée 0"',228 — 240; queue 0"',0üS — 080, rectr. méd., ci O'", 185 — 215, rectr. lut.; tarse 0'“,019 — 020; médian, avec ongle 0"‘,022 — 024; bec, en dessus (>'^,0.30 — 041.

Sterna Dougai.li Afo«to.(/M,Oru.Dict. Suppl., fig. 1818. 'Penmincl;'Man. Oru., II, p. 738, 1820. Savi, Omit, tosc., III, p. 93, 1831. Deql. et Gerbe, Orn. eiir., II.

LOXGIPESNES

p. 459, 1867. Saunders, C'at. B. Brit. JIus., XXV, p. 70, 1896. Sharpe, Hancl-list, I, p. 135, 1899. — St. i'ar.vuisba Keys. u. Bios, (nec Brïmn.J, Wirbeltli. Enr. Arten, p. 247, 1840. Brilsch, Vôgpl Europ., Tab. 57, Eig. 1, 1871. Friderkh, Deutsche Vogol, 4® éJ., p. 572, 1891. — Si. Macdougauli Macgill, Man. Xat. Hist. Orn., II, p. 23.3, 1840. — St. bicdpsis Licht., Noinencl. Av., p. 98, 1864. — St. itELAKORHYNCHA Neutoii, Ilù.s, 1863, p. 460. — St. ïkn’üirostris (Licht.) Blasius, Journ. f. Orn., 1366, ]). 80.

Thalassba Dougalli Kaup, Xat. Syst., p. 97. 1829.

IIydrocecropis Dodoallii Boie, Isis, 1844, p. 179.

Adultes, PU été : Dessu.s do la tête, œil y conijiriH, jusqu'au sillon nasal, et nu(|ue d'un noir profond; les plumes noires, subarrondies et un peu prolongées sur le bas du cou. Dessus du corps et couvertures alaires, ainsi que rémiges secondaires et primaires postérieures, d’un cendré bleuâtre clair, bien plus |)âle que chez St.Jiiiviaülis qui suit, les dernières largement bordées do blanc. Eémiges piâmaires antérieures, à baguette blanche, d’un cendré argenté nn peu mâcburé de gris-noirâtre, avec une large bordure blanche an côté interne, parfaitement régulière et enveloppant plus ou moins l’extrémité; la première noire sur les barbes externes, avec une bande d’un gris noirâtiv, plus étroite (|ue chez les trois suivantes, sur la base des barbes intejmes. Su.s-caudales et rectrices blanches ou d’un blanc légèi-ement teinté de cendré-blonâtre. Faces inférieures d'un blanc plus ou moins rosé'. Bec noir, rouge à la base, sur son quart postérieur environ; pieds rouges; iris brun foncé.

Adultes, eu hiver: Front blanc; noir du derrière de la tète et de la nuque varié de l)lanc ; quant au reste, à peu près comme en été.

Jeunes, avant la mue: Front blanchâtre; derrière de la tète noir, avec les plumes un peu frangées de rous.sâtrc; faces dorsales d’un cendré l)leuâtre, avec |)lumes bordées do Itrnnâtre et de jauneroussâtre clair; le bec brun-noirâtre; les pieds plus ou moins jaunâtres ou orangés.

A la unissauce: Couverts d'un duvet fauve, taché de blanc et de gris en dessus, d'un blanc pur on dessous {sec. Seebohm).

La Sterne Dougall, aussi appelée paradisienne, à cause du grand prolongement et de la forme effilée de ses rectrices latérales, est un oiseau de taille moyenne dans le genre et cosmopolite, mais surtout marin, qui n'a fait que quelques apparitions dans la Suisse occidentale. On en cite une capture sur le lac de Neuchâtel et quel-

' Teinte diaijaraissant assez vite en collection.

STEKNIENS

ques-unes sur le Léman. Je trouve dans les notes de mon père que deux sujets de cette espèce, adultes en livrée de noces, avec belle teinte rosée aux faces inférieures, furent tués sur ce dernier lac, du coté de Genève, l'un en mai 1841. l'autre en juillet 1848; le premier avait été vu en compagnie de (luelquos autres individus de sou espèce. Selon Lunel'. un mâle et une femelle ad. en noces de cette belle espèce auraient été tués aussi, le 17 mai ISliO, près do Versoix. non loin de Genève. Enfin, la collection locale du Musée de Genève compte deux exemplaires, aii.ssi adultes eu noces, de la Dougall tués sur le Léman; peut-être l'uu d'eux provient-il des captures signalées ci-dessus par Lunel. Les individus qui se sont égarés jusque sur le Léman, parfois en petite société et le plus souvent (ui mai. étaient tous adultes et eu livrée de noces; cependant. bien (pie l’époipie de leur passage fût un peu tardive, il est peu probable ipi’ils aient niellé dans le pays.

La Dougall est très sociable, et gi-acieiise dans ses mouvements, au vol. Ses imeurs. ses allures, sa reproduction et son alimentation rappellent du reste celles des espèces de même taille dans le genre. Elle niche eu colonies sur les plages maritimes, pondant, tin mai ou au commeuc.('ment ib' juin, dans une petite excavation du sol, parfois parcimonieusement garnie de quelques débris végétaux.

Ses œufs, 2 ou 3'-, .sont de forme ovoïde légèrement allongée, un peu subconiques vers le pi'tit bout, et tointés de jaunâtre, de roussàtre. ou de brun-roiissâtre clair, avec nombreux petits points et dos taches, pi'tites et moyennes, a.ssez ii'régiiliôres, grises, brunes et noirâtres. Ils mesurent d’ordinaire 0"’.040— 043 sur 0”.02y — 031.

L'espèce, quasi cosmopolite, est assc'z iriégulièi’ement répandue sur les C(')tes des divers continents, entre le 57' de, gré de lat. nord et le 40“ do lat. sud, environ. Elle se reproduit sur les côtes occidentales de l'Eui'ope. da-ns les îles de Bretagne en particulier, ainsi que sur celles de l'est de l'Amérique du nord. On l'a trouvée aussi jusqu’au cap de Bonne-Espérance et. sauf dans l’extrême .sud. sur une grande partie du littoral de rAustralle.

‘ Aotc de G. Lunel, sup]il. à 2® éd. de l’ouvrage de Necker sur les Oiseaux des environs de Genève, 1864.

3 ou 4 selon Degland et Gerbe.

L0XC4IPENXES

346. — 3 : HIRONDELLE DE MER PIERRE-GARIX Fiussmeerscli'walbe — Rondhie di mare.

STEKNA Fi.iTVtATii.is ’ N'aumauii.

Bec légèremeid arqué, un ÿeu plus court que la tête et un x)eu moindre cpie le double du tarse, nukliocrement élevé, quoiqu’un j)eu convexe en dessus, bien jiincé et atténué en avant des narines; cellesci n’attek/nant jjas tout à fait le premier tiers du bec au front (voy. fig. 108). Tarse un peu jdus long que le médian sans ongle. Palmures quasi complètes, presque égales ou légèrement plus échancrées cm côté interne du médian; l'ongle de ce dernier arqué et relativement long. Ailes égalant ou dépassant légèrement la queue, ad.; la cubitale qwst. couvrant la 7” rémige primaire ou à peu qrrès, ad. Queue longue, bifurquée sur un ]>eu moins de moitié de sa longueur, chez ad., avec rectrices latérales effilées, plus ou moins ncuuiinées. — Dessus de la tête et nuque noirs; faces sup. d’un cendré bleuâtre assez foncé; queue blanche, grise sur les côtés; faces inf. blanches; bande noirâtre au côté interne de la T" rémige, le long de la baguette, assez large en avant; bec rouge en arrière, noir en avant; pieds rouges, ad., en noces.

Long. tôt. (r',340—390 (0"',4()U), aux rectr. lat, 0'",-J,S()—320, aux redr. méd.; aile pliée 0'^,255 — 275; queue U'“,076 — 090, rectr. méd., à O'",! 38 — 165, rectr. lat.; tarse 0'°,0 19 — 020 (O'^.OIS — 021); médian, avec ongle 0'“,023 — 025; bec, en dessus O"', 0340

Sterna hiründo (pars) Linné, Syst.Kat.,éd. 10, 1768 et éd. 12, 1, p. 227, 17GG. Meisneru. Sc]iing,Yôge\ der Schweiz.p. 261, 1815. Te'Hiwi7«cÆ,Man.,p. 481, 1816, et Man. Orn., II, p. 740, 1820, Savi, Omit, tosc., III, p. 85, 1831. KiUsmi, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 296, 1835. Schim, Fanna liclv,, p. 120, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, LV, p. 294, 1854. Riva, Omit, ticiii., p. 498, 1865. Begl. el Gerbe, Orn. eur., II, p. 456, 1867. FrifscJi, Vôgel Eur., Tab. 54, Fig. 4, 1871. Fridericli, Deutsche Vôgel, 40 éd., p. 572, Taf. 28, Fig. 4 et 5, 1891, — St. major Brisson, Ornith., VI, p. 203, 1760. — St. eluviatilis Faumann, Isis, 1819, p. 1847. Sawtîrfers, Cat. B. Brit., Mus.. XXV, p. 54, 1896. Sharpe, Hand-list, I, p. 135, 1899. — St. po- MARiNA Brehm, Isis, 1830, p. 994. — St. marina Eyion, Cat. Brit. Birds, j). 65, 1836. — St. senegalensis Swainson, Birds IV. Afr., II, p. 250, 1837. — St. Wil-

'■ Sterna Gessner.

STEKNIENS

SONI Bonap., Cotnp. List B., p. 61, 1838. — St, chblidon Licht., Nomencl. Av., p. 97,1854. — St. Blasu Brehm, Naumannia, 1865, p. 295. — St. vdlgaeis C. F. Dubois, PI. col. Ois. Belg., III, p. 266, 1860. — St. suckodactyla et Sï. macro- PTEBA Blasius, Joiirn. fur Orn., 1866, p. 75, 76 et 79.

Hydeocecropis hiründo Boie, Isis, p. 179, 1844.

Noms viilg. S. F. : Hirondelle de imr. Pierre-garin, Genève. — S. A. : Seeschwalbe. Kleiner Gyriz, Zurich. — S. I. : Garigola, Tessin.

Adultes, en été : Dessus de la tête, œil y compris, jusqu'au sillon nasal, et nuque d'un noir profond, avec limite postérieure arrondie. Dos et couvertures alaires, sauf sur le bord de l'avant-bras et de la main qui est lilanc. d’un cendré bleuâtre assez foncé, avec les rémiges secondaires plus ou moins largement bordées do blanc. Grandes rémiges d'un cendré foncé, mûcliurées de noirâtre vers le bout, avec la majeui’C partie des barbes internes et la baguette blanches; la première noire sur les barbes externes, ainsi que sur un assez large e.space à la base des internes. Sus-caudales et rectrices médianes blanches; rectrices latérales cendrées, la première presque noirâtre sur les barbes externes. Faces inférieures blanches, satinées de cendré pâle sur le venti-e et la poitrine. Bec d'un rouge cramoisi, avec le tiers ou les deux cin(|. antérieui's biains ou noirs (un peu plus ou un peu moins selon l'âge et les individus). Pieds rouges. Iris brun.

Adultes, eu hioer : Devant de la tête blanc; occiput et nuque variés de noir et de blanc. Le reste du plumage comme en été. avec des teintes moins pures. Bec moins rouge. Rectrices latérales souvent moins longues.

Jeunes, nvunt la mue: Front et vertex d'un blanc roussâtre, moucheté de brun en arrière; parties postérieures de la tête et haut de la nuque d’un brun noirâtre, sali de gris-roussâtre. Dos et couvertures moyennes d'un cendré bleuâtre, maculés ou comme barrés de brunâtre et de roussâtre; petites couvertures noirâtres, frangées de gris; grandes couvertures et rémiges secondaires cendrées, bordées de blanc; les cubitales mâchurées de bruu-roux. Grandes rémiges antérieures cendrées, avec majeure partie des barbes internes blanche ; la première noire sur les barbes externes et sur un assez large espace au côté interne. Sus-caudales blanches. Rectrices d'un cendré clair; les latérales, Inen plus courtes que chez l’adulte, brunes ou noirâtres au côté externe. Faces inférieures et tour du cou, dans le bas. blancs. Bec d’un brun noirâtre, jaunc-rougeâtro en arrière et en dessous; pieds orangés; iris brun-noir.

G la naissance : Couverts d’un duvet fauve-roussâtre et semé.

LONGIPENNES

sauf .siiP le fi-ont. de taches noires irrégulières, blanchâtre au ventre et à la poitrine, noirâtre sous la gorge; avec bec et pieds rosâtres, le bout du premier noir.

L’Hirondelle de mer Pierre-garin est de beaucoup la plus commune du genre en Suisse. Pille est de passage sur prescpie tous nos lacs, au nord des Alpes surtout, et niche régulièrement sur le.s rives de plusieurs. Selon quelques observateurs, elle passei-ait même de temps à autre l'année entière dans le pays ; toutefois, la grande majorité de ces oiseaux nous arrivent enti'e mi-avril et mi-mai. pour re])artir dès août, en septembia'. parfois encore en octobi-e, exceptionnellement en novembre. On la voit assez souvent, en passage, sur nos principaux cours d’eau, le Kbin, l'Aar, la Limmat et le Ebône entre autres, ou sur nos marais, comme ceux de Waii^vT!. d’Anet et de ^'illencuve ; mais, c’est principalement sur nos lacs flu’on la rencontre le plus communément, par petits groupes ou en sociétés plus ou moins nomlireuses, souvent même assez haut dans le Jura et les Alpes : sur le Doubs et près do La Cbaux-de-P’onds. à l’ouest, par exemple, et sur les lacs de la H"-Engadine. à l’extrême, est, à 1800 m. s/m. Pille a été observée, nichant en colonies plus ou moins foi'tes, en divers lieux: sui- les gi'èves des lacs de Constance, de Zurich, de Bienne, de IS'eucbâtel et Léuian. i)ar exemple, ainsi que çà et là sur les bords du Rhin, du côté de Bâle, et do l’Aar. dans les environs d’Olten. Cependant, l’exploitation des gi-aviers dinunuc chaque année le nombre des idaces favorables à la nichée de cette gracieuse Steriu'. Pour ce qui est du Léman, elle niche encore tous les ans dans le delta des Di'anses. non loin de Tbonon; mais le nombre des paires va dimituiant, et il e.st ])robable que. là comme ailleurs, ces oiseaux disparaîtront bientôt devant les envahissements croissants de la civilisation et la cupidité dos collectionueurs. J’ai appris, avec chagrin, qu'au commencement de juin 1892, un naturaliste commerçant y avait fait, bien à tort, um- razzia de 80 œufs de cette espèce. Aussi, au milieu de juin de l’année suivante, n’y ai-je plus vu qu’une douzaine de paires de ces gracieux oiseaux qui tournoyaient ensemide. en planant et criant beaucoup, à quatre-vingt ou cent mètres au-dessus des graviers où reposaient probablement leurs œufs ou leurs petits. Plnhn. ÛI. P., de Genève, 110 trouvait plus, le 10 juin 1900, que cinq paires de ces oiseaux nichant dans la localité.

A la tin d’avril 1902, j’ai vu, par contre, à l’extrémité est du Léman, .sur la grève, près des marais de Villeneuve, bon nombre de Pierre-garins (pii ont dû nicher, je crois, dans cc's parages.

STERSIESS

Son vol est très léger, souvent accidenté de hi-usques plongeons et parfois très i-apide ; ne niarcdant pas l)eauroup. à cause de la brièveté j-elative de ses pattes, et ne nageant guère, elle est presque toujours sur l’aile, tantôt errant le long des rives, tantôt e.xécutant, en société des voltes gracieuses, jusqu'à d’assez grandes hauteurs. Son cri peut être traduit par cnii-cn ii ou crréc-crréé, parfois Uétié-üé-tié. Sa nourriture pai-aît consister en insectes et larves aciuatiques. en vers, têtards ou grenouilles et petits poissons sur lesquels elle fond verticalement avec la i-apidité d'une flèche, faisant l'ejaillir l’eau autour d’elle, lorsqu’elle arrive à la surface.

Elle niche en colonies sur les grèves des lacs ou des coui-s d’eau et sur les bords des étangs ou des marais, pondant généralement vers la fin de mai ou les premiers joui-s de juin, parfois sur le sol entre les herbes, plus fréquemment sur le sable entre les pierres, dans un simple petit creu.K autour duquel ou près diupiel on voit volontiers quelques brins d’hei'bcs .sèches ou débris de Imis éparpillés. Les nids sont rarement très rajjprochés les uns des autres. L’incubation dure ordinaii-ement seize à dix-sept jours, et bien souvent les parents laissent au soleil le soin de couver ou échauffer leurs œufs. Les petits poussins courent très vite après leur éclosion, pour SC cacher entre les pierres, et volent déjà passablement au bout de trois semaines. Les parents donnent d’abord la nourriture à leurs petits, mais se liornent bien vite à la déposer devant eux.

Les œufs, d’oialinaire au nom! ire di' 3, plus rarement 2, sont médiocrement gros, d’un ovo'ide un peu piriforme et assez ventrus, bien que le petit bout ne soit guère pointu, avec coiiuille assez mince et unie, mais sans véi'itablo éclat, quoique, dans certaines circonstances, légèrement lui.sante. Ils varient passablement dans la forme et les coideurs. Sur un fond Idanchàtre, isabelle, grisroussâtre, gris-olivâtre ou gris-verdâtre clair, ils sont semés de points d’un giàs lilaeé et de taches ii-régulières. petites et moyennes, d’un bi'un violet, d’un brun rougeâtre ou d’un brun olivâti'o, volontiers éparses, parfois plus serrées vei-s le gros bout. Ils mesurent d'ordinaire 0'",03S — 042 sur 0"’,029 — 030, parfois jusqu'à 0"',044 sur 0'",031.

J’ai eu l’occasion d’assister à l’éclosion des œnifs de quelques nids et de constater que .souvent un œuf qui n'avait pas l'air prêt à éclore re.stait .seul dans le nid. tandis que les poussins éclos des deux auti’es, ('daient déjà cachés entre les pierres dans le.s environs.- Il m’a semblé aussi que les œufs près d’éclore étaient, comme les coquilles d’œufs éclos, moins mats que des œufs récemment pondus

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