‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 243 sur 309 · I.OSGIPEXNES · texte numérisé non relu

I.OSGIPEXNES

OU moins avancés, et (in'ils étaient alors un peu luisants. J'ai vu, dans des couvées ditt'érontes, des œufs plus courts, quasi-ovales, et des œufs plus allongés, légèrement piriformes. J’en ai vu aussi de clairs et de foncés, parfois dans un même nid.

L’espèce est très répandue en Europe, eu Asie et sur les côtes de l’Atlantique, en Amérique, durant la belle saison, entre les 38' et 63' degrés de lat. nord environ, d’où elle se répand, pour hiverner, jusque dans les Indes, ainsi que sur les i-ives de l'Atlantique en Afrique et au Brésil, vers le 35' degi-é de lat. sud à peu près.

347. — (?) : HIRONDELLE DE MER ARCTIQUE Küstenseescliwalbe — Roudine di mare coda-limga.

STEliXA MACRUR.V EaumaDn.

Bec presque droit, un 2>eii jdus court que la tête et qilus que le double du tarse, faiblement convexe, subconique et pincé en avant, avec narines dépassant légèrement le premier quart du bec en dessus. Tarse unjieu qdus court que le médian sans ongle. Palmures àqmi qjrès comme chez Rirundo. Ailes n’atteignant d’ordinaire pas tout à fait le bout des rcctrices latérales; cubitale post. cou vrant ou déqyassant le plus sou vent la 7“" rémige primaire. Queue longue, bifurquée d’ordinaire sur moitié au moins de sa longueur, avec rectrices latérales très allongées, effilées et acuminées. — Dessus de la tête et nuque noirs; faces suj). d’un cendré bleuâtre; queue blanche, cendrée latéralement; bande grise, de la première rémige au côté interne, le long de la baguette, relativement étroite; bec etqneds rouges, ad., en noces.

Long. tôt. ü'“,370 — 390, aux rectr. lat.; aile qdiêe (P,272 — 280; queue 0'“,08d — 004, rectr. méd., à O'", 175 — 200, rectr. lat., tarse 0'^,0I3 — 015 (0°',0I2); médian, avec ongle 0"',020 — 022; bec, au front 0'^,031—035.

Sterna pabadisea Brihm., Orn. bor., j)- 12, 1764. Begl. et Gerbe., Orn. eur., II, p. 458, 1867. — St. hirdndo (pars) Linné, Syst, Nat., éd. 10, 1758, et éd. 12, I, p. 227, 1766. Bonap., C. -R. Acad. Sc., XLII. p. 772, 1856. üreMcr, Birds of Eur., VIII, p. 255, 1872. — St. macrüra Namnann, Isis, 1810, p. 1847. Frilsch, VOgel Eur., Tab. 54, Fig. 1, 1871. P'riderich, Deutsche Vôgel,4® éd., p. 574, Taf. 28, Fig. 6, 1891. Saunders, Cat. R. Brit. Mus., XXV, p. 62, 1896. Sharpe, Iland-Iist, I, p. 135, 1899. — Sï. ARUTiCA Temmiuck, Mau. Orn., H, p. 742. 1820. Sa/;/, Omit, tosc., III, p. 86, 1831. Nilxson. Skaud. Faiiiia, Fogl., II, p. 300, 1835. — St. ar-

STERNIENS

GENTATA Brelim, Beitr., III, p. 692, 1822. — Si. Nitzschii Kaiip, Isis, 1824, p. 163. — St. braohytarsa Graba, Tageb. Keise nacb Fiirô, p. 219, 1830. — St. MARINA Eyton, Cat. Brit. Birds, p. 55, 1836. — St. portlanmca Bidgw,, Am. Nat., VIII, p. 433, 1874.

Hydrocecropis machoüra et H. beachypus jBoIe, Isis, 1844, p. 179.

Adultes, en noces : Tête et toutes faces supérieures à peu près comme chez St. hirnndo; faces inférieures lavées d’un cendré hleuâtrc plus foncé, accusé jusque sur le devant et les côtés du cou. Rémiges primaire.s un peu moins mâchui’ées vers le bout; la prendère noire au bord oxt(;rnc, <rnn cendré noirâtre au delà de la baguette, sur un espace passablement plus éti-oit que chez la précédente. Queue d'un blanc grisâtre, avec les barbes externes de la rectrice latérale d'un cendré brunâti-e. Bec entièrement rouge, parfois avec rextrême pointe noirâtre; pieds rouges; iris lirun-noir.

Adultes, en autonme : Front blanc ; dessus de la têti' noir, vai'ié de blanc ; (piant au reste, à peu près comme en été.

Jeunes, avant la mue : Assez semblables à ceux de l’espèce précédente, avec bec lirun, d'un l'ouge ocreux à la base et sur le bord des mandilmles.

A la naissance : Couverts d'un duvet confusément marlu'é de cendré et de noir, en dessus; front et gorge d'un noir enfumé, avec le tour des yeux et un espace entre le front et le vertex d'un cendir uniforme ; blanc en dessous, avec abdomen et de.s.sus des cuisses d'un gris très pâle; bec jaune à la base, brun au delà des narines; pieds jaunâtres (sec. Vian). A.ssez différents par là des pou.ssins de Pierre-garin.

Variétés ou lii/brides : On a supposé, pour expliquer quelques formes à certains égai-ds transitoires entre les St. fiuviatilis et St. niaerura, que ces doux espèces pouvaient peut-être, en se croisant parfois, donner lieu à dès bylirides tenant, par un point ou par un autre, de l'une ou de l’autri' des deux espèces. J’ai eu en mains une Sterne qui lépondait sur la plupart des points à la caractéristique de Macrura et qui semblait bien appartenir à cette espèce, mais qui avait le bec noir sur près d’un tiers, en avant. Je floute que cela puisse être une pi-euve de croisement entre les deux espèces voisines en question, car l’iiybridisme paraît liien rare sinon inconnu chez les Longipennes.

Cette espèce septentrionale, détaebée par Xauniann de la Sterna hirundo de Linné, e.st beauconp plus maritime que celle-ci et ne se montre (pie rarement dans le centre des continents. N’en connais.sant aucune capture certaine en Suisse, je n'en aurais rien dit

losgipï:xxes

ici si fou Rcvou. natui-aliste préparateur à Genève, ne m’avait assuré avoir reçu une fois ou deux cet oiseau tué sur le Léman. Malgré le peu (le précision de cette donnée, j’ai cru devoir décrire succinctement cette jolie Hirondelle de mer. pour la signaler à nos chasseurs et observateurs, en leur permettant de la distinguer plus facilement de, la précédente, avec lacpiello elle peut avoir été pai-fois chez nous co)ifondue.

Ses mœui-s, ses allures et sa nidification rappellent celles de St. Jinciatüis,hK\\ qu’elle se reproduise davantage sur les côtes maritimes.

Ses (Eufs ressemhlent heaucoup à ceux de Piorre-garin, bien ({ue parfois un peu plus foncés.

L’espèce passe la belle saison et se reproduit dans les régions arctiques et tempérées d'Europe et do l'Amérique du Nord, où on l’a rencontrée jusque sous le 80' degré; elle se montre en passage sur divers points des côtes occidentales et méridionales de notre continent, et, en hiver, jusque dans le sud do l'Afrique et de l'Amcrique.

348. — 6 : HIRONDELLE DE MER NAINE Zwerfjmeerschtualhe — Rondi/te di mare minore.

STEHXA MINUTA* Lillllé.

Bec qnasi-droH, an, peu pins conrt (pie la tête, en dessus, et de deux-cinep environ pins long que le tarse, très faiblement convexe, médiocrement élevé en arrière et très acuminé en avant, bien comprimé et gradnellement atténué depuis les narines; ces dernières parvenant an pins ci un ipiart du bec depuis le front. Tarse un peu qilus long que le doigt externe avec ongle. Rieds petits. Palmures passablement échancrées, quasi complètes au côté externe du médian et le long des doigts externes et internes, mais reculées jusqu’à l’extrémité ant. de la seconde phalange, au côté interne du médian, dont l’ongle est effilé et assez long. Ailes égalant ou dépassant légèrement la queue, chez ad.,2)lus chezjuv.; cubitale qwst. couvrant le plus souvent la 8'' rémige primaire. Queue moyenne, bifurcpiôe juscpi’à deux cinip environ de sa longueur, chez ad., bien moins chez jnv., avec rectrices latérales coniques, qilu s ou moins acuminées. —

‘ Larus piscator G(“ssiier.

STBRKIENS

Front blanc; dessus et derrière de h tête ainsi que les lorums noirs; queue blanche; réniiqes prbuaires à baguette brune; bec jaune, noir à la pointe; qiieds orangés, ad., en noces.

Long. tôt. 0°',2I0 — 'J40, aux rectr. lat.; aile pliée Ü'",nO — 180; queue O'^/LIO — 050, rectr. niéd., à 0"',()72 — 082, rectr. lat.; tarse 0’^,0150 — 0155; médian, avec ongle O'^jOlOO — 0170; bec au front 0’^,025^030.

Stehna minok Brisson, ürnith., VI, p. 206, 1760. — St. minuta iM;«é,Syst. Nat., I, p. 228, 1766. Meisner u. Seh., Vôgel (1er Schweiz, p. 265, 1816. TemmineJe, Man. Orii., Il, p. 752, 1820. Savi, Omit. tosc.. III, p. 94, 1831. Kilsson, Skand. Fauna, Fogl.. II, p. 302, 1836. Fauna helv., p. 121, 1837. Begl. et Gerbe,

Orn. eur., II, p. 461, 1867. P'riderkli, Deutseln; V(igel, 4° éd., p. 575, Taf. 28, Fig. 7, Saunders, Cat. B. Brit. Mus., XXV, p. 116, 1896. Sharpe, Iland-list, I, p. 136, 1899. — St. meioi'oleücos; S. G. Gmel., Nov. Comm. Petrop., XV, p. 475, 1771. — St. antarcitca Fursler, Dcscript. Aniin., p. 107, 1844.

Stbrnula minuta I?oie,lsis, 1822, p. 663. Fritsch,\ii%e\ Kur.,Tab. 54,Fig.6, 1871. — St. FissiPEs, St. po.mjVRina et St. panica Brekm, Isis, 1830, ]i. 994 et 995. — St. danuutalis et St. meridionalis Brelim, Naumaiiiiia, 1855, ]). 296.

Noms vülg. S. F. : Sterne mimile. Petite Hirondelle de mer, Genève. — S. A. : Kleine Seescliimlhe. Girilz Schü|)fèn, Diessbach. — S. I. : Marenchin Sgarin, Tessin. (Les noms Giritzet Sgarin sont, je crois, plus souvent appliqués à Hydrochelidon nigrn.)

Adultes, en noces : b'ront blanc, jusqu'au-dessus des yeux sur les côtés. Yertex. occiput, haut de la nuque et un large trait entre l'œil et le sillon na.sal noirs; cette couleur formant angle saillant sur le milieu du front, mais limitée à peu près en ligne droite en arrière. Dos, ci-oupion, couvertures alairos et rémiges, .sauf les deux plu.s grandes, d'un cendré bleuâtre; les rémiges po.stéricures bordées de blanc au côté interne; les deux premières primaires, de chaque côté, d'un brun noirâtre, avec baguette noirâtre, et bordées de blanc sur les barbes intcimes, en ai-rièro du bout; sus-caudales blanches, nuancées de cendix'-hlouâtre pâle; rectrices blanches. Bec jaune avec pointe noire; pieds orangés; iris noir.

Adultes, en automne : Noir de la tête moins pur, plus ou moins varié de blanc; bec et pieds de couleurs moins vives; quant an reste, à peu près comme en été.

Jeunes, avant la mue: Front blanc sale ou jaune-roussâtre pâle; vertex, un espace devant l'œil, occiput et nuque d'un brun noi-, râtre, légèrement vai'ié de gris-roussâtre. Plnmcs donsales, couvertures alaires supérieures, scapulaires et cubitales d'un cendré bleuâtre, par places légèrement nuancées de roussâtre, avec une

LONfilPENNES

bovdiice siibtovminalo brune en U, pins étendue sur les cubitales postérieures bordées de blanc: couvertures grandes et moyennes d’un cendré bleuâtre plus pur et moins maculées. Eémiges secondaires cendrées en dehors, blancluîs en dedans. Eémiges primaires d’un cendré foncé, ti rant de plus en plus sur le brunâtre, avec baguette brune; la première d'un brun noirâtre, largement bordée de blanc sur les barbes internes, en arrière du bout; les postérieures plus ou moins bordées de blanc. Sus-caudales et queue d'un cendré bleuâtre pâle; les rectrices latérales quasi blancbes; les autres avec une petite tache subterminale brune ou d'un giâs brun, plus ou moins allongée sur les barbes externes. Faces inférieures blanches. Bec brun, un peu rougeâtre à la base et sur les bords; pieds d’un orangé terne; iris noirâtre.

A la naissance : Couverts d’un duvet isabelle. avec petites stries noires, en dessus, d'un blanc très légèrement jaunâtre, en dessous ; gorge et front pâles; bec jaune à pointe brune; pieds jaunes.

L’Hirondelle de mer naine ou petite est assez rare en Suisse, de passage plus ou moins régulier, accidentelle, ou hôte d’hiver, suivant les localités, et exceptionnellement nicheuse. Meisner la cite, comme grande rareté, sur le lac de Constance, ainsi que sur le petit lac de Greifcn. au canton de Zurich. Elle a été signalée, en passage, jeune surtout, au printemps et en automiu', volontiers en septembre, sur le Ehin et sur l'Aar, sur le lac de Lucerne, ainsi que près d’Yverdon au bout du lac de Neuchâtel, à diverses reprises sur les bords du Léman, sur le lac i\la,jeur dans le Tessin, au sud des Alpes, et jusque sur les lacs de la H^-Engadine, à 1800 mètres d'altitude. La collection locale du Musée de Genève en compte trois individus capturés sur le Léman, non loin de cette ville : deux adultes et un jeune mâle en livrée de transition tué le 29 septembi-e 1887. Je possède aussi un sujet jeune, en livrée tachetée de brun en dessus, qui a été tué près de Genève, en septembre 1838.

On en cite des nichées exceptionnelles sur les graviers des Dranses, près de Thonon, rive du Léman, et sur les îles du Ehin, à Istein, non loin de Bâle, ainsi que sur les îlots do l'Aar, près d'Aarbourg, en 1882.

Ses allures et ses mœurs rappellent ceEes des Sternes voisines; cependant, elle semble avoir, si possible, un vol plus gracieux encore et plus accidenté, surtout, quand quelques individus s’amusent à se poursuivre en criant. Elle se nourrit, comme, ses congénères plus grandes, de crustacés, d'in.scctcs et de larves aquatiques, ainsi que de petits poi-ssons auxquels, malgré sa taille, elle fait une

STEKNIEXS

chassie acliarnée, fondant verticalement sur eux. souvent d’assez grandes liauteuiN. avec une impétuosité extraordinaire. Gessner lui attribuait tout spécialement le nom do Lnnis piscatur. Elle est assez métiante de nature et un peu moins sociable (pie les autres. Son cri ordinaire peut être traduit pai- kredc, mais, (piand elle joue et vole rapidement, elle dit plutôt kekkereck ou kekcrek.

Elle niche par petits groupes, rarement en colonies très nombreuses, sur les côtes maritimes et sur les grèves des lacs ou dos rivières, volontiers sur des îlots, pondant, en mai ou au commencement de juin, dans une petite dépression sur le sable ou le graviim. Les nids sont volontiers assez éloignés les uns des autres et souvent intercalés entre ceux d’autres oiseaux, de Pluviers par exemple.

Ses œufs, au nombre de 2 ou 3, moyens, ovoïdes, plutôt courts et ventrus, avec petit bout un peu coni(pio, à coquille assez lis.se, mais sans véritable éclat, sont généralement pâles, d'un Idanc jaunâtre, de couleur Isabelle ou d’un verdâtre très clair, semés de points et ornés de petites taches éparses, irrégulières, grises, brunes et noires. Ils mesurent d'ordinaire 0''',030 — 034 sur ()“,023 — 024.

L'espèce est assez répandue entre les régions méridionales de l’Eiuope et le 60" degré nord, ainsi que dans le centre de l’Asie et le nord do la péninsule indienne, jusqu'en Afrique, en hiver. Elle se reproduit en particulier depuis le sud de la Suède et les régions subseptentrionales de la Russie, jusque sur les côtes de la Méditerranée, et aussi bien sur les plages des mers (pie sur les grèves des principaux cours d'eau, dans le continent.

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