‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 255 sur 309 · Genre 1 : GUILLEMOT · texte numérisé non relu

Genre 1 : GUILLEMOT

ÜEIA Brisson.

Bec quasi-droit ou très légèrement arqué, bien plus long que le tarse, en avant des plumes frontales, et fendu presque jusque sous l’œil, pointu et subconique, quoique passablement comprimé en avant des narines; mandibule sup. plus ou moins convexe, depuis les fosses nasales; angle rnentonnier reculé, plus ou moins accusé; boi'ds tranchants, peu rentrants ; narines latérales, assez étroites et recouvertes pur les petites plumes frontales (voy. flg. 118). Tarse court, à peu près de lu longueur du doigt interne avec ongle, médiocrement comprimé, scufellé en avant, plus ou moins largement ré-

, . J , , , , , . Fio. 118. Tel« d’UniA Thoile, ad., en noces.

ticule sur tes cotes el

en arrière. Pas de pouce. Doigts étroitement scutellés et entièrement réunis par des membranes quasi-droites; le médian légèrement plus long que l’externe; ongles assez longs, arqués, un peu comprimés et aigus, celui du médian trunchanl au côté interne. Ailes pliées atteignant à peu près ou dépassant Ici base de la (queue et suraiguës (P^ rémige la plus longue), à rémiges secondaires et scapulaires courtes; tes rémiges primaires généralement sans échancrure'^. Queue très courte et arrondie, composée de P2 rectrices assez rigides. Corps un peu allongé, mais assez épais; cou plutôt ramassé. Tète ovalo-conique, à plumage assez court et velouté; œil moyen ou plutôt petit et assez avancé, le front étant très en arrière de la limite antérieure des plumes sur le bec. Un pli ou sillon oblicque plus ou moins accusé dans le plumage, en arrière de l’orbite^:

' Au moins cliez les quelques espèces que j’ai jm examiner à cet égard, l’as assez accusé sur la figure 118.

UKOPODES

Œuf unique, très gros relativement à la pondeuse, de forme ovoïconique allongée, soit piriforme long, à coquille épaisse, à pores et grain assez apparents, et plus ou moins tacheté.

Ce sont des oiseaux très sociables et exclusivement marins, qui se reproduisent dans le nord et exécutent annuellement des migrations le long des côtes maritimes dp.s régions tempérées, s’égai-ant alors paidois jusque dans l’intérieur des continents. Ils sont grands plongeurs et pre.squc constamment .sur l’eau, en quête d’une nourriture exclusivement animale. Ils volent assez généralement bas et à coups d’ailes précipités. Ils nichent dans les falaises ou les rochers, non loin de la mer, et se tiennent à terre debout, appuyés sur les tarses, mais marchent assez difficilement, souvent en sautillant et paidois en s’aidant des ailes.

Leur mue e.st double. — Le mâle et la femelle se ressemblent ; les jeunes sont assez différents, avant la mue.

Les poussins naissent couverts d’un épais duvet jusque sur les narines, mais demeurent assez longtemps au nid, nourris par leurs parents.

Des deux ou trois espèces qui se trouvent en Europe, une seule, VUria Troile Linné, s’est accidentellement rencontrée en Suisse. Le Guillemot à gros bec, Uria arrns Pallas (Brimuichü Sab.), du nord-pacifique, qui se montre sur les côtes d’Eui'ope, au nord-ouest surtout, et qui se distingue à première vue par son bec plus court, plus haut et plus convexe, nous fait défaut, ainsi que trois autres formes ou sous-espèces dont je dirai un mot plus loin, à propos (VU?'ia Troile.

360. — (1) : GUILLEMOT A CAPUCHON Diimme Liimme — Uria maggiore.

uiUA TROILE Linné.

Bec très faiblement arqué, au moins égal au doigt interne, en dessus, d’un quart environ plus long que le médian avec ongle, à la commissure, etàqieu près deux fois aussi haut que large, devant les narines; mandibules un peu échancrées avant le bout, la sup. légèrement convexe en avant; angle mentonnier assez accusé, reculé bien au delà de la moitié du bec en dessus (voy. fig. 118). — Faces dorsales, ailes et queue comqirises, d'un brun noirâtre; tête et cou

ALCIENS

l(il9

d’iDi uoir-hnDifHligineux, avec un sillon ou revers de plumes dessinant un trait noirâtre en arrière de l’œil; haut des rémiges secondaires blanc. Faces inf., depuis le bas du cou, d’un, blanc pur, avec quelques stries noirâtres sur les Jlancs, ad., en noces. Devant et côtés du cou, gorge et joues blancs, ainsi qu’un espace sur la région auriculaire, au-dessus d’un arc brun partant de de.ssnus l’œil, ad. , en hiver. Bec noir-cendré ou brun de comte. Tarse et doigts d’un brun plus ou moins ja unâtre, sur les doigts prittcipalement; membranes noirâtres ou brunes. Iris brun-roussâtrc.

Long. tôt. 0'^,I2 — 47 ; aile pliée 0”',195 — 330; queue 0'°,053 — 001 ; tarse 0'^,030 — 037 ; médian, avec ongle. 0“/J50 — 053; bec, partie cornée, devant le front 0'^,015 — 048, à la commissure 0'^,070

ÜRiA üRiA Brisson ex Gessner, Oriiitli., VI, p. 70, 1760. — Uria lomvia, U. RiNGviA et U. AL6A Brünn., Orn. bor., p. 27 et 28, 1764. — U. Troile Latham ex lAnné, Incl. orn., II, p. 796, 1790. Meisner et Sch., Vôgel der Schweiz, p. 255, 1815. Tetnmiuck, Miin. Orn., II, p. 921, 1820. Schina, Fauna helv., p. 118, 1837. Degl. et Gerbe, Ocn. eur., II, p. 598, 1867. l&iisch, Vôgel Europ., Ringvia, Tab. 59, Fig. 5, et Lomvia, Tab. 60, Fig. 7, 1871. Friderich, Deutsche Vôgel, éd., p. 715, Taf. .38, Fig. 4, 1891. Ogilvie- Grant, Cat. B. Brit. Mns., XXVI, p. 573, 1898. Sharpe, liand-list, I, p. 130, 1899. — U. LACRiMAN.sZa Pglaie, in Choris, Voy. pitt. aut. dn monde, |>. 23, 1822. — U. leuoophthalmos Faber, Isis, 1824, p. 126. — U. MiNOR Steph., in Shaïc, Gcu. Zool;, XII, 2, p. 246, 1824. — U. leucopsis et U. xORVEGiCA Brehm, lais, 1830, p. 1001. — U. intermedia Nilsson, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 606, 1835.

CoLYMBDS Troile Linné, Syat. Nat., I, p. 220, 1766 (et auct.). — C. mi.nor Gmelin, Syst. Nat., I, p. 586, 1788.

Mergds lomvia et ;\I. lo.mvia minoe Tunst., Orn. brit., p. 3, 1771.

Catarractes Troile et C. ringvia Bryant, Proc. Bost. Soc. N., 1861, p. 136 et 139.

Alca lomvia Schlegel, Mua. P-.-B., Urinatorcs, ]>. 16, 1867.

Lomvia Troile et L. ringvia Coues, Proc. Acad.N. Sc. Pbil., 1868, p. 75.

Adultes des deux sexes, dans leui’s deux livrée.s : voyez la diagnose.

.Jeunes : Rappelant l'adulte en hiver, avec les faces donsales plus ou moins nuancées de hrun-cendré. le lias du cou cendré et les flancs flammés de noir. Bec notablement plus faible et plus pille. Pieds livides, avec palmures bi'unes.

Poussins: Entièrement enveloppés d'un épais duvet; avec bec rappelant celui dos Mouettes, mais à narines recouvertes par ledit duvet. Dessus de la tête et du cou noir, semés de .soies blanches; faces dorsales etlatéinles d'un brun plus ou moins foncé ; côtés de

UROPODES

la tête et du cou cliinés de l)ruii et de blanc; gorge et devant du cou blancs, avec rextréinité du duvet rembrunie; poitrine et ventre blancs; bec brun de corne; pieds noirâtres (sec. Vian).

Variétés ou espèces: Certains individus chez lescpiels le blanc dessine un cercle autour de l’œil et un trait en arrière de celui-ci ont été distingués du Guillemot à capuchon avec lecpiel on les trouve souvent, sous le nom tV Urin rimjvin Briinn. (il. Imrimaus La Pylaie). Le Catarr actes califoridcus de Bryant, du nord-pacifique, serait, pour quelques ornithologistes, une simple race ou sousespèce iVUria Troile, comme le Cejiphus loiiivia de Pallas. du nordatlantique et des mers arctiques.

Le Guillemot à capuchon, dévoyé proliablement par quelque tempête et tout à fait égaré, a fait en Suisse do rares apparitions accidentelles. Il aurait été tué auti'ofois sur le lac de Lucerne, selon Meisner (Voçjel cler Scinveiz) qui, en 1815, ajoute que, trois ans auparavant, au printemps de 1812, un individu de cette espèce avait été captiu-é sur la Broyé pai* des pécheurs, près de Jfoudon, au canton de Vaud. 11 a été. tué aussi, une fois, à Morges sur les hords du Léman (dateV); puis encore piès de A’'evey, sur les rives du même lac. en 188(i. et enfin, selon lo dire de feu Revon, préparateur à Genève, sur le Rhône, à Chancy. non loin de cotte ville, en 1873'. Il est regrettable que les données manquent relativement aux saisons dans lesquelles la majorité de ces captures ont été faites.

J’ai dit que le Guillemot est sociable et vit exclusivement sur mer, où il plonge constamment après les animaux aquatiques qui lui servent de nourriture, poissons, crustacés, mollusques, vers, zoophytes, etc. Son cri rappellerait un peu le bruit d’une crécelle, interrompu de temps à, autre par de brefs miaulements.

Il vole , assez rapidement et marche au besoin, quasi debout et appuyé sur les tarses.

Il niche dans le nord, en nombreuses colonies, dans les rochers au bord de la mer. pondant d’oi'dinaire directement sur le sol. dans quelque cavité ou siu- une corniche.

Son œuf unique, excessivement gros relativement à la taille de l’oiseau, est piri forme allongé, à coquille assez épaisse, un peu réche et très diversement coloré de blanc, Idanc-roussâtre, gris-olivâtre, bleuâtre ou bleu, avec taches de différentes grandeurs, éparses ou plus ou moins en couronne autour du gros bout, noires, biaines ou

‘ Je n’îii niiilhoiireuseinent pas pu voir l’objet de cette iiitéressaute capture.

ALCIENS

d’un brun roux, raélangt^es de macules grises plus profondes et souvent de traits noirs irréguliers. Us mesurent 0"\078 — 088 sur 0“, 048-052, le petit axe très reculé vers le grand pôle.

L’espèce est assez répandue sui" les côtes septentrionales et occidentales de l’Europe, se reproduisant, par exemple, sur celles de Norvège, jusqu’au cap noial. comme sur celles d’Islande, d’Angleterre, de Hollande et du nord de la France, ainsi que, sous des formes un peu différentes, dans l’Amérique du nord ; elle hiverne jusque sur la Méditerranée, ainsi que sur les côtes d’Espagne et de Portugal.

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