‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 27 sur 309 · PERDRIX GRISE Rebkuhn — Starna · texte numérisé non relu

PERDRIX GRISE Rebkuhn — Starna

PERDIX CINEREA BrisSOIl.

Bec moyen, un pett plus large que haut, aux narines. Tarse peu couvert, sensiblement plus court que le médian avec ongle. Grandes rémiges médiocrement larges, sxibarrondies à l’extrémité, chez ad. ; T‘ qdus courte que 6"; 2° un peu plus courte que 5"; 2° à 5° et un peu 6" rétrécies au bord externe, les premières sous les couvertures ant., les suivantes légh'ement en avant (voy. ffg. 12). 18 rectrices. — Parties sup. d’un brun roux, variées de noirâtre et striées longitudinalement de jaunâtre; face et gorge d’un roux jaunéitre; poitrine grise, vermiculêe de noirâtre. Ventre marqué d’une large tache en fer à cheval brune (ou noirât7’e), <f , blanchâtre plus ou moins taché de brtin $. Plumes des flancs grises, variées de jaunâtre

' On voit aussi depuis deux ans chez nos marchands de gibier des sujets, censés du Caucase (?), de la Perdrix d’Asie décrite par Pallas sous le nom de P. daurica et qui, bien caractérisée, se dift'érencie à première vue de la P. cinerea, type du genre, par un bec plus fort, un allongement eu barbe des plumes de la gorge, ainsi que par un grand fer à cheval ventral noir, surmonté d’une bande transversale d’un roux clair, chez le mâle.

SARC LEURS

et de noirâtre, avec une large bande rousse, subterminale. Plumes du menton et de la gorge non prolongées. Nudité post-oculaire rouge; bec gris ou brun; irieds gris, brunâtres ou jaunâtres.

Long. tôt. 0'“,28 — 32 (0"\2fi); aile pliée 0"',I50 — l.ô8; (pieue (>"',073 — 085; tarse 0"',035—038 ; médian, avec ongle 0'",039 — (J42; bec, aU’ front (>'",0140 — 0155.

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Noms vülg. S. F. : Perdrix, Perdrix grise. — S. A. : Eebhuhn, Gemeines Feldhuhn. — S. I. : Starna, Pernis. Pernisetta, Locarr.o; Sternef, Lugano.

Mâle adulte : Des.sus de la tête et derrière du cou d’uii liriin roussâtre, maculés en long de jaunâtre et tachetés de hrun-iioirâtre. Front, un largo sourcil s’étendant du bec aux côtés du cou, lorums, joues, gorge et devant du cou, dans le haut, l'oux, avec un pinceau brunâtre sur l’oreille. Jlas de la nuque gris-roussâtre, verniiculé do noirâtre. Dos, scapulaires, couvertures alaires et cubitales roussâtres, tinement verniiculés de noirâtre et variés de taches transversale, s alternantes d’un brun rouge et noirâtre.s, avec un trait longitudinal jaunâtre pâle bordé de noir sur le rentre des plumes, surtout sur les scapulaires et les couvertures; croupion, sus-caudales et six rectrices médianes d’un gris roussâtre, plus ou

PERDICIEXS

moins régulièrement tachés ou bari'és transversalement de noirâtre, de jaunâtre et de roux, llectrices latérales d’un roux assez foncé, volontiers un peu rembrunies vers le bout, chez les vieux sujets, et plus ou moins liserées de hlancbâtre à l’extrémité. Rémiges brunes barrées de roii.ssâtre. Bas du cou, poitrine et haut du ventre d'un gris cendré chiné ou finement vermiculé de noirâtre. Ventre marqué au centre d’une large tache en fer à cheval, généralement d'un brun marron (parfois pi-esque noire) et plus ou moins encadi'ée de blanc ou de blauc-roussâtre. Sous-caudales roussâtres, légèi-ement vermiculées de brun, avec un trait longitudinal blanchâtre plus ou moins accusé. Plumes des flancs partie grises, partie roussâtres et plus ou moins variées de noirâtre, avec une large bande transversale d’un roux foncé avant le bout et un trait longitudinal médian d’un blanc jaunâtre. Nudité post-oi'bitaire rouge: bec gris-bleuâtre au printemps, brun-olivâtre en automne; pieds gris ou légèrement brunâtres: iris brun-roux.

Femelle adulte : De teintes plus brunes, moins mélangées de roux-mai-ron sur le dos et en dessus, et marquée de petites taches arrondies d’un jaunâtre |)âlo sui- la tète et le derrière du cou. Roux de la face et de la gorge plus pâle et bien moins étendu. Milieu du ventre blanc ou blanchâtre, volontiers avec quelques taches d’un brun roux (parfois noirâtres). Bandes transversales rousses des flancs un peu moins développées. De très vieilles femelles ont souvent une tache en fer à cheval sur le ventre presque aussi accusée ([ue chez les mâles et un peu de. rouge en arrière, de l’ceil.

Jenuea, avaut In lune : D'un brun jaunâtre, avec bandes et raies d’un brun noirâtre, en dessus; d’un gris rous,sâtre, en dessous, particulièrement au cou et à la poitrine. Pas de tache foncée en fer à cheval au ventre. Pas d’espace rouge derrière l'œil. Bec plus pâle. Pieds jaunâtres. — Aiirès la mue; ils ressemblent aux adultes, avec les pieds encore un peu jaunâtres et la première rémige encore pa.ssablement pointue.

A la na'manve : Couverts d'un duvet roussâtre pâle, en dessus, avec calotte rousse maculée de marron et taches marron dessinant plus ou moins une bande irrégulière sur le dos; d’un jaune paille, avec petites macules mai-ron sur les côtés de la tête ; du même jaune aux faces inférieures, avec teinte grisâtre sur la poitrine. Bec brun-rou.ssâtre ; pieds d'un jaune roussâti-e; iris brun clair.

Variétés et Hybrides: Cette espèce varie beaucoup, tant dans les dimensions que dans la coloration.

On rencontre quelquefois en Suisse, comme en Allemagne, en Belgique, en France et en Italie, des bandes plus ou moins nom-

SARCIÆURS

breuses d’une Perdrix voyageuse ou de passage notablement plus petite que celle du pays, mais presque entièrement semblable quant au plumage, avec pieds plus jaunes, qui a reçu le nom de Uoquette ou Raquette. Ces bandes erratiques, do 50 à 100 parfois même 500 individus, qui font de temps à autre des a])paritions chez nous, principalement en automne, volontiers en octobre, se montrent généralement farouches et restent rarement longtemps dans la même localité, fuyant d’ordinaire à de grandes distances à la moindre alerte, d’un vol relativement élevé, très rapide et soutenu. Bien que distinguée par Brisson sous le nom de Perdix dumascena et acceptée comme espèce distincte par divers auteurs, cette Perdrix voyageuse, si semblable, à part la taille, à notre Perdrix grise sédentaire, ne peut guère éti'c considérée que comme ai)pai-tenaut à une race d’humeur plus remuante. Peut-êti'e la réduction dans les dimensions et le besoin de déplacement proviennent-ils également d’une insuffisance des conditions d'alimentation dans leur pays d’origine, probablement septentidoual ou plus ou moins oriental, que ce soit par défaut temporaire de certains éléments do nutrition, graines ou insectes, ou par trop grande multiplication de l’espèce dans une même région.

Après rédaction de ces quelques données sur la Perdrix de pa.ssage, j’ai eu l’occasion de lii’c, dans un journal de Berlin, un intéres.sant article do M. A. Nissen ', suivant lequel les Perdrix grises ne passeraient pas l’hiver dans certaines parties du sud de la Russie, au pays des Cosaques du Don en particulier. Elles émigreraient régulièrement en octobre, par troupes plus ou moins nombreuses, pour revenir au printemps, en suivant une route déterminée, du nord au sud et retour. Elles voyageraient soii' et matin, volant vite, passant parfois au-dessus des villages un peu plus haut que les maisons et s’abattant volontiei's, pour la nuit, dans des champs de roseaux. Abandonnant des localités où restent encore beaucoup de graines, elles semblent aller chercher dans le sud la nourriture animale, insectes, sauterelles, etc., qui leur fait alors défaut dans leurs lieux do re])roduction.

Bien que cela ne nous indique pas l’origine des bandes que nous voyons de temps à autre chez nous, aux époques de passage, cola peut donner cependant une des l’ai.sons pour lesquelles s’opèrent probablement ces déplacements plus ou moins étendus.

Brisson a également décrit, sous le nom de Perdix moniana, une Perdrix qui, bien qu’assez diH'éi'entc quant au plumage de notre Perdix ciuerea, doit être cependant aussi rapportée à l’espèce do

‘ Wandernde Behhühner; VVild und Huiid, 21/1, 189t>.

PEEUICIKXS

cette dernière. Dans sa livrée particulière complète, elle a la tête, la gorge et le cou sur une plus ou moins grande étendue fauves ou roussàtres, et tout le corps, ainsi que la queue, entièrement d’un brun marron ; mais on trouve aussi des sujets, en livrée transitoire, plus ou moins chamarrés de gris ou de noirâtre (parfois même variés de blanc) qui ne peuvent laisser aucun doute sur la parenté de cette variété. Ce n’est certainement pas un produit hybride du croisement de la Perdrix grise avec la Perdrix i-ouge, comme quelques auteurs l’ont supposé, car la dite Montana a tous les caractèi-es de la première et aucun de la seconde. On cite de nomlu’cuses captures de cette jolie Perdrix, particulièrement en France et en Italie. Je ne sache pas qu’elle ait été observée jusqu’ici en Suisse. Un individu, sans indication de provenance, donné au Musée de Genève par fou A. Gindroz, collectionneur en cette ville, a été acheté probablement aux halles, à Pai'is, où cet ornithologiste avait fait beaucoup d’acquisitions.

Les D'- Keichenow et Seoane ont distingué .succe.s.sivemeut, le premier sous le nom de P. hispaniensis, en 1892, le second .sous le titre de P. cinerea cliarreki, en 1894', la Perdidx grise d’Espagne, comme la Perdrix i-ouge du même pays, beaucoup plus sombre en couleurs que le type de l’espèce dans le reste du continent. Cette l’ace locale m’a paru se distinguer surtout par la teinte plus foncée du roux do la tête et de la gorge, par un dos plus brun et plus varié de noir, par le gris de la poitrine plus chargé de traits vermiculés noirâtres, par une plaque ventrale quasi-noire et par les plumes des bancs volontiers plus bigarrées de noirâtre, avec bande transversale plus brune.

J’ai vu au premier printemps, chez des marchands de comestibles, à Genève, quantité de Perdrix, venant censément de Bohème, chez lesquelles le fer à cheval abdominal était entièrement noir.

Enfin, on connaît des variétés accidentelles de notre Perdrix, |)lus ou moins tachées do blanc, entièrement blanches, de couleur Isabelle ou très pâles dans les tons gris et roux'ù

J’ai dit plus haut que le croisement de la Perdix cinerea avec la P. ruhra ou avec la P. saxatilis n’était pas ju.squ’ici parfaitement établi.

La Perdrix grise se trouve plus ou moins dans tout le pays, de

' Voyez ces deux citations dans la synonymie de i’espèce.

® Je ne saclie pas qu’on ait rencontré en Suisse la variété signalée sous le nom de P. palustiis, qui est d’un gris de lin, avec les parties rousses de la tête et de la queue d’un gris blond.

SARCLEl’RS

l’ouest à l’est, connue au sud et au nord, surtout eu plaine et en région montagneuse inférieure, bien qu'elle s’élève çà et lè a.ssez haut, jusqu’à près de 1000 m. dans le Jura neuchâtelois,par exemple, et presque jusqu’au niveau des derniers champs d’orge et d’avoine, dans le Valais, entre 13,50 et 1500 m. environ. Elle est sédemtaire et plus ou moins commune suivant les cantons et les localités; assez abondante là où elle est protégée, dans les chas.ses bien gardées principalement, moins fréquente, même rare ou très rare là où les chasseurs plus nombreux ou moins scrupuleux lui font une guerre trop acharnée. Elle aurait même aujourd’hui complètement disparu de bien des localités, si l'on n’en importait fréquemment un certain nombre de paires de France, d’Autriche ou d’Allemagne, pour multiplier dans le pays.

Chacun .sait (lue cette Perdrix se tient de préférence dans les champs, les pi-airies, les vignes ou les broussailles, que ce n’est guère que poursuivie qu’elle vient se jeter dans les grands bois ou les forêts et qu'elle ne perche généralement pas, comme le font quelquefois les précédentes. Elle consomme beaucoup de graines, de petites herbes et 'd’insectes, ainsi que quantité de sauterelles, de vermis-seaux et d’u-ufs de fourmis pondant l’éducation des petits. On la rencontre d’ordinaire en famille ou en compagnies plus ou moins nombreuses en été, en automne et durant une partie de l’hiver, par couples ou ])ariades dès le mois de février et jus(|u’à la saison d’incubation.

Son poids, chez les adultes, varie d’ordinaire, avec les conditions et les saisons, de 350 à 400, parfois même 450 grammes (rarement 500j.

Les allures et les imeurs de ce gibier sont assez connues. Cependant, je ne veux pas négliger de rappeler ici ce que j’ai dit, plus haut, des Perdrix voi/ar/eKses, très farouches, qui, en bandes généralement très nombreuses, traversent de temps à autre notre pays, aux époques de passage. ( ^’oyez à l’alinéa Variétés, pages 93.3 et 9.34. )

Le cri ou l’appel que nulle et femelle poussent également, volontiers soir et matin, surtout en saison de reproduction, peut être traduit par le mot tittrhnit tittrlmit ou tldrrhnif thirrliuit. La. femelle pond dans les champs ou les prairies, dans un jjetit creux garni de quelques herbes sèches, parfois sous un buisson ou dans (|uelque ba.sse hi’oiissaille, vers la fin d’avril ou en mai et couve d’ordinaire pendant 21 ou 22 jours consécutifs.

Ses œufs, au nombre de 10 à 18, ou même 21, exci’ptionnellement jusqu’à 24, dit-on, relativement petits, un peu ventrus et légèrement piriformes, avc'c coquille assez lisse, sont d’un gris un peu

OOTURNICIENS

1-oussâtre, plus ou moins pâle ou foncé, et sans taches; ils mesurent généralement 0“, 033— 035 sur 0'", 0255— 0270, plus rarement 0”‘,036 sur 0"’.028.

La Perdrix grise est très répandue eu Europe, ainsi que dans l’ouest et le centre de l’Asie, et le nord de l’Afrique. On la trouve, sur notre continent, depuis l’Espagne, l’Italie et la Grèce, jusqu’au 66“ degré de latitude nord environ, en Angletei-re, en Scandinavie, en Finlande, en Russie, etc.

Sous-Famille II, des COTURNICIENS

COTURNICINÆ

Ailes aiguës; queue très courte; toutes rectrices couvertes; tête entièrement emplumée; jamais d’éperons; taille petite.

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