‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 30 sur 309 · VIII. Ordie des ÉCHASSIERS · texte numérisé non relu

VIII. Ordie des ÉCHASSIERS

GRALLAÏORES

Bec plus ou moins souple, enveloppé d’une peau molle, en arrière, et plus ou moins allongé, ne suivant pas d’ordinaire la ligne du front, soit formant un angle plus ou moins accusé avec celle-ci. Jambes et tarses plus ou moins longs, les premières généralement nues sur un assez grand espace dans leur partie inférieure ^ Trois doigts en avant et un ou point en arrière; les antérieurs généralement plus ou moins reliés à la base, du côté de l’externe surtout, parfois franchement palmés on lobés; le pouce volontiers court ou très court, parfois absent. Ailes bien développées, plus ou moins amples ou effilées, à 10 rémiges primaires. Queue assez généralement courte. Plumes doublées à la face inférieure”. Larynx inférieur peu développé. Langue généralement étroite, mais plus ou moins allongée; volontiers proportionnée au bec, comme chez la Bécasse; parfois, au contraire, très courte, comme chez le Courlis. Le plus souvent pas de véritable jabot ; gésier à parois plus ou moins musculeuses.

Petits naissant généralement couverts de duvet, avec ou sans marteau de délivrance, selon les genres, abandonnant très vite leur nid, pour chercher la pâture avec leurs parents*.

‘ Pour les rcpréseutants de cet ordre et suivants, bien que les pattes dépassent souvent beaucoup la queue, la longmur totale de l’oiseau sera toujours coinj)tée, comme ]irécédemmeut, du bout du bec, quelle qu’en soit la longueur, à l’extrémité de la queue.

® La Bécasse (Scolopax) exceptée.

’ Je répète qu’il ne s’agit ici ni des rémiges ni des rectrices.

* A part les Grues dont les jKiussins restent quelques joiu'S dans le nid.

CKLÉRIPKDES

Les Échassiers, grands, moyens ou petits, et pour la plupart riverains ou i)aludéens, sont en généi-al légers à la course et plus on moins bons voiliers, volontiers sociables et presque tous migrateurs. Ils vivent et nichent généralement à terre. La plupart se nourrissent de petits animaux aquatiques; quelques-uns sont herbivores ou plus ou moins carnivores. Les croisements sont aussi rares chez eux qu’ils sont fréquents chez les Gallinacés et les Lamel H rostres.

Ils sont très nombreux et très répandus dans les diverses parties du globe.

Contrairement à l’opinion de beaucoup d’oimithologistes, je fais rentrer, à titre de sous-ordre, dans les Grallatores, les Flammants (Odontoglossæ) qui, avec leur bec eu majeure partie mou et leurs jambes très longues, nues sur une grande étendue, comme chez les Échassiers, me paraissent s’écarter à la fois des Herodioxes (Hérons, Cigognes, etc.), à bec entièi-ement dur et i)Ouce relativement grand, et des LA.MELi.mosTRE8 (Cygnes, Canards, etc.), ù jambes beaucoup plu.s trapues et plus couvertes, malgré les lamelles de leur bec et leur complète palmure qui se retrouvent aussi chez d’autres Échassiers, Macrodacigles et Celeripedes, les unes chez Fcdamedea, l’autre chez Spatnla.

Cet ordre serait ainsi partagé en cinq sous-ordres : Fontogrdli, Celeripedes, Macroductgles, Falamedeides et Odontoglossæ, dont deux, le premier et le quatrième, font entièrement défaut au continent européen.

Sous-Ordre I, des CÉLÉRIPÈDES' CELERIPEDES

Bec tendre vers la base, corné en avant et plus ou moins long, avec narines le plus souvent découvertes et latérales'b plus ou moins avancées dans des fosses nasales prolongées en étroit sillon, ou courtes et évasées. Jambes et tarses plus ou moins allongés. Doigts antérieurs rarement bien longs, libres, bordés ou plus ou moins palmés; pouce court et sur-

‘ Aux jiieds rapides ; de celer, rapide, et pedes, iiied.3.

* Sauf chez Dicholophus, Rhynochetes et Eurypyga, genres étrangers à notre continent qui forment des divisions à part.

ÉCHASSIERS

monté, soit inséré plus haut que les doigts, ou absent; ongles petits ou moyens. Corps plus ou moins arrondi transversalement; cou moyen, rarement très long; front formant avec la ligne du bec un angle toujours plus ou moins accusé.

Les représentants européens de ce groupe peuvent être répartis dans quati’e divisions, Longirostres, Pressiroslres, Utidrostres et Grues, figurant toutes plus ou moins en Suisse.

Division 1, des LONGIllOSTRES LO^'GIROSTRES

Bec corné vers la pointe seulement, généralement mince et allongé, d'ordinaire sans étranglement devant les narines, sans convexité en avant de celles-ci et sans angle mentonnier, avec narines découvertes, en fente, basales ou quasibasales, dans des fosses nasales en sillons latéraux effilés et plus ou moins prolongés en avant (voy. tig. 18, 20, 26, 29, 30, 32, 31 et 35). .Jambes et tarses plus ou moins étroits et allongés. Pouce rarement absent. Doigts plus ou moins libres, boi’dés, reliés, lobés ou palmés (voy. flg. 21, 25, 27, 31 et 33). Ailes assez longues, plus ou moins étroites et échancrées, et généralement suraiguës. Rémiges primaires d’ordinaire sans échancrure au côté interne, ni rétrécissement au côté externe. Formes plus ou moins sveltes.

Les représentants de cette division, de taille petite ou moyenne, avec formes plus ou moins élancées, recherchent généralement le voisinage de l’eau et se nourrissent presque exclusivement de petits animaux, vers, mollusques, insectes, etc. Ils sont plus ou moins sociables et généralement migrateurs. Dn en rencontre de nombreuses espèces dans les diverses parties du globe, dans les régions septentrionales et tempérées surtout.

Leurs œufs, jiondus à terre, peu ou médiocrement nombreux et relativement gros, sont d’ordinaire plus ou moins piriformes et maculés. — Les poussins naissent couverts de duvet et courent très vite après leur éclosion.

Les Echassiers eui'opéens de ce groupe rentrent dans trois fa-

SCOLOPAOIDÉS

milles, Scolopacidæ, Eecurvirostridæ et Fludaropodidæ, plus ou moins i-eprésentées en Suisse.

XXXVIIl. - Famille 1: SCOLOPACIDÉS

SCOLOPACIDÆ

Bec corné vers le bout, sur les côtés ou sur toute la pointe, et creusé latéralement d’un sillon de plus en plus atténué, prolongé jusqu’assez près de son extrémité; avec cela, presque aussi long ou plus long que la tête, plutôt grêle, plus ou moins comprimé, soit généralement plus haut que large à la base, droit, arqué ou retroussé ; la mandibule supérieure dépassant un peu l’inférieure; les narines en fente, vers la base du sillon latéral (voy. flg. 18, 20, 26, 29 et 30). Jambes plus ou moins allongées et nues dans le bas (Scolopaæ except.). Tarses moyens ou allongés, médiocrement pincés, en général étroitement scutellés en avant et plus ou moins scutellés ou réticulés en arrière.

Doigts médiocrement ou assez allongés, entièrement libres ou faiblement palmés, l’externe un peu ou à peine plus long que l’interne (voy. flg.

21, 25 et 27). Pouce surmonté, généralement court, rarement absent, ne portant guère à terre que par son extrémité ou par son petit ongle qui, sauf dans le genre Bécasse, le dépasse légèrement. Ailes assez longues, généralement suraiguës, plus ou mdins étroites, échancrées et étagées. Grandes rémiges sans échancrures; la P®, volontiers la plus grande, appuyée à la base, en dessus, par une petite plume rigide particulière, surrémiffe' ou épiptère, vulgairement pinceau. (Voy. flg. 17 et 21.) Pennes cubitales prolongées, couvrant plus ou moins les grandes rémiges. Queue généralement courte ou assez

‘ Pinceau, Pinsel (Sürrémige) : La petite plume rigide, étroite, pointue et lou-, gue de 28 à 35 millimètres, que porte la Bécasse, appuyée contre la base de la

Fie. 17. i?COLO- PAX RCSTIBOI.A :

a, sürrémige;

b, coüv. ant. ; V, rémige coupée.

ÉCHASSIERS

courte; rectrices en nombres différents. Front plus ou moins aplati en avant.

Oilufs plutôt sros, ordinairement au nombre de trois à cinq, souvent quatre, plus ou moins piri formes, à coquille plus ou moins lisse et généralement tachés ou tachetés.

Poussins naissant vêtus et alertes.

Les Scolopacidés, de taille petite ou assez grande et de formes plutôt élancées, sont, en très grande majorité, côtiers, riverains ou paludéens; quelques-uns seulement sont sylvicoles. Ils nichent à terre et ne perchent généralement pas, mais courent tous lestement et ont un vol facile, |)lus ou moins rapide. Leur nourriture, purement animale, consiste en crustacés, insectes, larves et petits mollusques, ainsi qu’en vers qu’ils recueillent dans la terre ou la vase, eu y enfonçant leur bec allongé, flexible et doué à l’extrémité d’une sensibilité tactile très particulière. Ils sont migrateurs, plus ou moins sociables, selon les genres, et très répandus dans les diverses parties du globe.

La mue est double chez la plupart.

Les nombreuses espèces de cette riche famille peuvent être réparties dans divers groupes, sous-familles et genres, d’après différents caractères tirés surtout du bec et des pattes. Les cinq sous-familles européennes, Scoïopadnæ, Trinfjinæ, Totaninæ, Limosinæ et Numeniinæ sont toutes représentées en Suisse.

première rémige (voy. fig. 17, a), petite plume bien connue des chasseurs sous le nom pinceau (Pinsel), u’est pas une spécialité de cet oiseau, car elle se retrouve, plus ou moins développée, chez la plupart des Échassiers céléripèdes(yoi’.ûg. 24), ainsi que chez bien des représentants d’autres ordres, des iïerodlwws en particulier, tandis qn’ellcparaît par contre faire défaut à nos Palli formes, dans lesil/aorodactyles. Cette petite plume (pinaeauj, implantée chez la Bécasse vers le sommet de la phalange extrême du second doigt, eu avant des rémiges primaires, appartient donc aux pennes digitales antérieures et n’a rien de commun avec les pennes polliciennes, groupe de petites plumes disposées plus eu arrière, sur le pouce de l’oiseau, et qu’on appelle généralement petite aile ou alttla. Elle ne peut être considérée comme l’analogne de la première rémige (rémige bâtarde) de bien des Passereaux, car elle n’est pas disposée, comme chez ceux-ci, à la face inférieure de la première grande rémige, mais bien à la face supérieure de celle-ci. Je ne crois pas non plus qu’on doive la regarder comme une simple couverture antérieure, car sa position avancée, sa forme et la raideur de sa tige semblent lui assigner un rôle tout particulier. C’e.st plutôt une surrémige destinée à appuyer et fortifier la base du fouet de l’aile, qui, étudiée comparativement dans les dif" férents groupes, genres, familles, sous-ordres même, pourrait fournir ])eut-ctre de nouveaux et utiles caractères diflërentiels.

SCOLOPACIENS

Sous-Famille I, des SCOLOPACIENS

SCOLOPACINÆ

Bec corné sur les cotés de la mandibule supérieure, en avant, long, subcylindrique, plus ou moins comprimé, droit ou quasi-droit, un peu rugueux et dilaté vers le bout, avec petit sillon longitudinal médian, en dessus. Jambes et tarses de moyenne longueur; les seconds d’ordinaire étroitement scutellés en avant et en arrière (Scolopaæ except.). Doigts antérieurs minces et assez allongés, généi’alement libres (d/acroramphus except.) ; ongles moyens, plus ou moins arqués, comprimés et subaigus; pouce constant, portant à terre par le bout. Ailes atteignant rarement le bout de la queue; pennes cubitales plus ou moins prolongées, coniques ou arrondies. Queue composée de 12 à 26 rectrices. Oreille au-dessous de l’œil.

Livrées, malgré la double mue, peu différentes en été et en hiver, soit généralement variées, en dessus, de noir et de roux, avec raies ou taches roussâtres ou jaunâtres.

Oiseaux migrateurs, monogames, plus ou moins sociables, seminocturnes ou crépusculaires et voyageant d’ordinaire la nuit. On les rencontre soit dans les bois et les broussailles, soit dans les marais et les prairies humides, très répandus dans les deux mondes. Ils courent fort lestement entre les buissons et les herbes, l'arement it découvert. Leur vol, plus ou moins élevé, est vigoureux, souvent très rapide et parfois assez accidenté; beaucoup se laissent tomber d’aplomb, les ailes quasi-i)liées, pour se poser k terre.

Des trois genres qui figurent sur notre continent, l’im nous fait défaut, représenté par le Macroramphus (jriseus Gmel., de l’Amérique du Nord, qui se montre accidentellement en Europe et se distingue des autres Scolopaciens par la petite palmure qui unit, à la base, ses doigts externe et médian.

ÉCHASSIERS

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