Genre 4 : BÉCASSEAU
TKINGA Linné '.
Bec droit ou un peu arqué, plus ' ou moins allongé et comprimé, lisse et d’ ordinaire légèrement dilaté vers le bout; les deux branches de la mandibule inf .séparées au delà de la moitié de leur longueur: menton plus ou moins emplumé {xo^- lig. 20)’. Jambe moyenne, généralement nue sur un cinq, à un tiers de
J . , Fia. 20. Tète de Trinoa alpina.
sa longueur environ (parfois un peu plus allongée el un peu plus dénudée). Tarse en général étroitement scutellé, en avant et en arrière, et moyen, bien que plus ou moins grêle et allongé, soit à peu près égal au doigt médian ou un peu plus long. Quatre
' Gessner iittribuait le nom de Tringa plutôt aux Chevaliers.
ÉCHASSIERS
doigts généralement à peu près libres, l'externe seulement légèrement relié au médian (voy. lig. 21). Ailes étroites ; la première rémige la plus longue, atteignant généralement le bout de la queue.
Queue courte, à 12 rectrices, les deux ou les quatre médianes, souvent coniques, dépassant ou non les latérales. Cou médiocrement allongé. Tête subarrondie.
Œufs généralement au nombre de quatre, i-elativement gros, piriformes, assez lisses, ponctués et tachetés.
Les Bécasseaux, généralement de petite taille et de formes un peu ramassées, recherfk.. 21. piecuiroiide clieiit jdus OU moius, selon les espèces et les tbinoa ALPiNA, cütd in- circonstauces, les côtes des mers, les rivages des lacs et des rivières, les localités marécageuses et parfois les prairies humides. Ils sont sociables et en général peu farouches. La plupart voyagent en sociétés plus ou moius nombreuses. Ils courent avec agilité, volontiei-s à découvert, même sur les vases les plus liquides et, au besoin, nagent facilement. Ils volent assez vite, rarement bien haut, avec des battements cadencés du bout de l’aile, soit des rémiges de la main principalement, s’entre-rappelant souvent par de petits cris aigus. Ils fouillent du bec le sol, le sable ou la vase, pour en extraire les petits animalcules, vermisseaux, larves, insectes, petits crustacés et mollusques qui leur servent de nourriture. Ils nichent ù terre, sur le sable ou entre les herbes, pondant, d’ordinaire une fois l’an, dans un petit creux à peine garni de quelques débris végétaux.
Mue double. Les deux sexes a.ssez semblables; la femelle volontiers légèrement plus forte que le mâle. Jeunes assez différents. — Duvet des poussins semé de ffocons blancs et ne dessinant pas la queue h Les espèces assez nombreuses de Bécasseaux habitent les régions septentrionales des deux mondes, d’où elles se répandent plus ou moins vei's le sud, pour y passer l’hiver.
Des différents fractionnements opérés dans ce genre qui concernent notre faune, je ne conserverai ici que quatre, à titre de sous-
‘ Vian : Pniissiiis Ois. d’Enr. ; Bull. Son. zool. de Kraiiee, 1886, j). 381.
TRINGIENS
genres, les Tringa Linné, Arquatella Baird, Ancylochilus Kaup et Peüdna Cuvier, qui embrassent les diverses espèces européennes.
Sous-genre 1 : MAUBÈCHE
TRIXGA Linné.
Tarse robuste, volontiers légèrement plus long que le médian avec ongle. Doigts relativement courts et épais.
Bec moyen, droit et passablement dilaté vers l’extrémité. Queue à peu près carrée, sans prolongement des rectrices médianes (voy. fig. 22).
Oiseaux de taille relativement grande dans le genre et de formes un jieu épaisses.
Des deux espèces connues, une seule se tf'ioue- r-"- ‘loss'is,
^ (le J RIN<îA CANUTUS.
rencontre en Europe.
217. — 1 : BÉCASSEAU MAUBÈCHE Nordstrandlaiifer — Biovanello maggiore.
TRiNOA CAXUTUS Linné.
Bec droit, j)assahlement dilaté au bout et un peu plus long que le tarse. Jambe moyenne, nue sur près du tiers de sa longueur. Doigts relativement robustes; le médian, avec ongle, légèrement plus court que le tarse. Queue quasi-carrée, à rectrices assez larges et subarrondies, médianes noü prolongées (voy. fig. 22). — Dos varié de roux et de noir. Côtés de la tête ét toutes faces inf, jusque près de l’anus, d’un roux de rouille (été). Dos gris; faces inf blanches, avec petites macules brunes sur le devant du cou, ainsi que sur les côtés (hiver). Bec et pieds d’un noir verdâtre ou bruns.
Long, tôt.: ()"' ,250 —260 (0''‘245 ,j.) ; aile pliéeO''' , ! 58 — 163; queue <r,058 — 066; tarse O'", 027 — 029; médian, avec ongle O"', 024 — 027; bec, au front 0"',032— 033.
Tringa canütüs, T. calidris Linné, Syst. Nat., éd. 10, 1 768 et éd., 12, 1, p. 25 1 et 253, 1756. — T. calidris, T. calidris nævia, T. gbisea, T. candtus Brisson, Or-
ECHASSIERS
nith., V, p. 226, 230, 233 et 258, 1 760. — T. cinerea, T. perruginea Briinnich, Ornitli. bor., ji. 53, 1764. — T. ciserea, T. nævia, T. orisea,T. islanmoa Gmelin, Syst. A'at., I, p. 673, 681 et 682, 1788. — T. australis Xa/Ziam, Index. II, p. 787, 1790. — T. RüPA Wilson, Amer. Orn. , VII, p. 13, 1813. — T. ferruginea, T. cise- EEA, Meisner u. Sch., Vôgel der Scinreiz, p. 227 et 228, 1815. — T. cinerea J'emininck ex Brünn., Man. Ornith., II, p. 627, 1820. Sad, Omit, tosc., II, p. 294, 1829. Schinz, Fauna helv., p, 109, 1837. Bim, Omit, ticii)., p. 444, 1865. — T. isi.AKDiCAA77swraft«<3w€iTO, Skaiid. Fauna, Fogl., Il, p. 200, 1835. — T. canü- Tüs Bailly ex Linné, Ornitli. Savoie, IV, p. 214, 1854. JJeyl. et Gerbe, Ornith. eur., II, p. 190, 1867. Fritsch, Vôgel Kuro])., Tab. 38, Fig. 9 et Tab. 39, Fig. 2, 1871. Friderich, Deutsche Vôgcl, l® éd., p. 774, Taf. 41, Fig. 2, 1891. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 154, 1894. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 593, 1896. Hand-list, II, ]). 164, 1899. — T. Lomaxina Licht,, Nomencl. Avium, p. 92, 1854.
Canctcs islandicüs, C. cixereüs Brehm, Isis, 1830 et Vôgel Deutschl., p. 654 et 655, 1831.
Calidris canutüs Goulâ, Birds of Eur., IV, p. 324, 1837.
Noms tolg. S. F. : MaubècJie, Mauhcche grise, Maubèche rousse.
Mâle ad,, en été: Dessus de la tête et du cou roux, avec macules noires assez larges sur le vertex etrocciput. Dos et scapulaires variés de noir et de roux ; croupion d’un cendré brun, varié de blanchâtre; sus-caudales blanches, barrées de noir et un peu tachées de roux. Couvertures alaires brimes, liserées de grisâtre; couvertures antérieures et rémiges primaires d'un brun noir, les dernières à baguette blanche. Rectrices brunâtres, liserées de blanchâtre. Sourcils, joues et toutes faces inférieures, jusqu’au bas-ventro, d’un roux de rouille; environs de l’anus et sous-caudales blancs, lavés de roux et un peu tachetés de noir. Bec et pieds d’un noir verdâtre. Iris brun.
Femelle ad., en e7é;Un peu nuancée de cendré sur la nuque, plus noire sur la tête et le dos, plus grise aux ailes et plus tachetée au bas-ventre.
Adultes, en hiver: D’un cendré assez clair, en dessus, avec petites maculas brunes sur la tête et le cou ; plumes dorsales, en général, couvertures supérieures et scapulaires bordées do blanchâtre, avec un trait brun délié sur la tige. Sus-caudales blanches, ornées d’un croissant terminal noir. Faces inférieui'es blanches, avec petites macules allongées brunes sur le cou, sur le haut delà poitrine, sur les daucs et un peu sur les sous-caudales. Bec et pieds bruns.
Jeunes, avant la mue: D’nn cendré plus sombre eu de.ssus ; la tête mouchetée de brun; une tache brunâtre entre le bec et l’œil ; plumes dorsales et scapulaires bordées d’un double trait noirâtre et blanchâtre; sus-caudales variées de blanc et de noirâtre. Couvertures
TEIXGIEXS
anténonres et rémiges eii majorité terminées et liserées de lilancgi'isâtre ; faces inférieures dnm blanc très légèrement teinté do roussâtre, avec petites macules noirâtres au cou, à la poitrine, sur les flancs et un peu sur les sous-caudales. Rappelant eu somme un peu les adultes en hiver.
Durant les mues : Le plumage est, à tout âge, très bariolé ou varié de plumes des deux livrées, passée et future.
La Maubècbe, dite Canut, le plus grand des Bécasseaux d’Europe, est rare en Suisse ; cependant, on la voit de temps à autre en passage sur les bords de nos lacs et de nos cours d’eau ou dans les marais, surtout dans l’ouest et au sud; sur les rives, en particulier, des lacs de Neuchâtel, Bieuue, ilorat et du Léman, ainsi que dans le Bas- Valais et le Tossin, parfois le long de l’Aar ou près de Bâle, au nord, et au lac de Tboune *, au centre, plus rarement du côté de Zurich et de la vallée du Rhin, à l’est. Elle séjourne généralement peu dans le pays et je ne crois pas qu’elle niche dans nos régions. On la rencontre à époques un peu indéterminées, entre tin août et octobre, sous sa livrée gi'ise, plus rarement au printemps avec son plumage roux de noces, quoiqu’elle ait été vue parfois déjà on août et même encore en mai sur les rives du Léman. Bien qu’elle vivo et voyage volontiers en sociétés plus ou moins nombreuses dans les pays de son habitat ordinaire, elle ne se montre guère qu’isolément ou par couples dans nos parages.
Le Canut est d’ordinaire peu sauvage et moins loquace que d’autres Bécasseaux ; cependant il fait entendre quelquefois en volant un petit appel .sifflé qui a été traduit par la syllabe répétée tui, fui. On a remarqué qu’il tient volontiers les ailes ouvertes et droites en l’air quand il s’aventure sur des vases ti’op liquides, pour s’alléger autant que possibleet pouvoir parer de suite au moindre enfoncement, ainsi que le font du l'este quelques autres espèces. Il niche d’ordinaire dans les localités marécageuses et pond, comme tous ses congénères, sur le .sol, dans un petit creux à peine garni de quelques herbes sèches.
Ses œufs, volontiers au nombre de 4, sont gros, piriformes et d’un gris verdâtre pâle, avec nombreuses taches éparses, irrégulièi-es, petites et grandes, d’un gris brunâtre et d’un brun olivâtre, souvent plus serrées vers le gros bout; ils mesurent 0"’, 0.39— 043 sur 0‘",028
L’espèce se reproduit dans les régions septentrionales extrêmes
‘ Une jeune femelle, au Musée de St-Gall, selon E. Bâchler, in lût.
ÉCHASSIERS
de l’ancien et du nouveau monde, d’oii elle se répand assez loin vers le sud, hivernant jusque sur les côtes de l’Amérique du Sud, de l’Afrique, do l’Asie et même de l’Australie. Elle est assez fréquente, à l’époque des migrations, sur les côtes d’Angleterre, d’Allemagne, des Pays-Bas et de France, plus rare dans l’intérieur.
Sous-genre 2 ; ARQUATELLE
ARQUATELLA Baird.
Tarse trapu, un peu plus court que le médian avec ongle, en partie réticulé en arrière; doigts relativement forts. Bec moyen, droit ou très légèrement arqué et faiblement dilaté au bout. Queue subconique; les rectrices médianes les plus longues.
Oiseaux de taille moyenne dans le genre et de formes assez ramas- .sées.
Des trois espèces connues, toutes américaines, une seule se trouve aussi en Europe et en Suisse.
218. — 2 : BÉCASSEAU VIOLET Seestrandlüufer — Piovanello violette.
ïniNGA MAlUTlMA Brünnîch.
Bec droit ou très légèrement arqué, faiblement dilaté au bout et passablement plus long que le tarse. Jambe relativement couiie, nue sur un très petit espace, un cinq, environ. Tarse trapu, en partie réticulé en arnère. Doigts relat. longs; le médian, avec ongle, sensiblement plus grand que le tarse. Queue subconique; les quatre recttices médianes angideuses, les plus longues. — Dos varié de roux et de noirviolacé (été), gris-noirâtre (hiver). Croupion noir, à reflets violets; ventre blanc ou blanchâtie. Base du bec et pieds jaunes ou jaunâtres.
Long. tôt. (r,195—315;aile2>liée0'“,l30—I27 (0"',ll8,j.); queue 0'^, 056— 063; tarse0'“,03 1—033; médian,avec ongleO'^, 0340— 0365 (0"',023,j.); bec, au front 0^,033 — 039.
Tringa jiabitdia, T. undata Brunnich, Ornith. bor., p. 54 et 55, 1764. — T. NiGRioANS Wlontagu, Traus.Linn. Soc., IV, p. 40, 1798. — T. CANADENsisia</iowj,
TRINGIEXS
Index, suppl., ]>. 65, 1802. — T. arijüatblla. Pallas,ZoogT., II, p. 190, 1811. — T. MARiTiMA Temminck ex Briinn, Man. Oruith., II, p. 619, 1820. Sari, Omit, to.sc., II, p. 292, 1829. NiUson, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 184, 1835. Schinz, Fauna lielv.,p. 110, 1837. Bailly, Oruith. Savoie, IV, p. 206, 18ôi. J)egl. et Gerbe,Ovmth. eur., II, p. 192, 1867. Daôow, Faune Vert. Belgique, Oiseaux. II, p. 169, 1894. — T. STRIATA Fleming, Brit. Anim,, p. 110, 1828. — T. littoraus Brehm, Isis, 1830. Vôgel Deutschl., p. 632, 1831.
Totanus maritimüs Stephens, in Shaïc, 6en. Zool., XII, 2, p. 146, 1824.
Arqdatella maeitijia Baird, Bird N.-Amer., 1860. Coues, Proc. Phil. Acad., 1861, p. 183. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 578, 1896. Hand-list, I, p. 164,
Pelidna jiaritima Fritsch, \Qgel Europ., Tab. 83, Fig. 12, 1871. Frülerkh, Deutsche Vogel, 4® éd., p. 778, Taf. 41, Fig. 6, 1891.
XoMs vüLS. S. F. : Bécasseau violet ou maritime.
Mâle et femelle ad., en été: Facet< supérieures noires, à reflets violacés; les plumes dorsales supérieures et les scapulaires largement bordées et tachées transver.salement de roux. Sourcil blanchâtre. Croupion entièrement noir. Sus-caudales médianes noires; latérales blanches, tachées de noirâtre. Ailes noirâtres; couvertures plus pâles sur les bords; réniges à baguette blanchâtre. Rectrices médianes d’un noir brunâtre; latérales blanches, maculées de brun-noirâtre. Devant du cou, poitrine et flancs grisâtres, avec des taches noirâtres, plus allongées et plus foncées sur la poitrine. Milieu du ventre d’un blanc pur. Sous-caudales blanches, avec des stries brunes. Base du bec et pieds jaunes.
Adultes, en hiver : Toutes faces supérieures d’un cendré noirâtre, avec légers reflets pourprés, plus foncées sur le dos et le croupion; les plumes dorsales frangées de gris; les couvertures alaires bordées de blanchâtre; les rectrices médianes d’un brun noir, les latérales d’un gris brun et liserées de blanchâtre. Face, cou, haut de la poitrine et flancs d’un cendré brunâtre; la gorge blanchâtre; les plumes de la poitrine et des flancs frangées de blanchâtre. Ventre et sous-caudales blancs, les dernières un peu striées de brun. Bec rougeâtre à la ba.se; pieds jaunâtres.
Jeunes: Plus petits. Les faces supérieures brunâtres, avec la majorité des plumes céphaliques et dorsales, les scapulaires, les couvertures et en partie les rémiges pins ou moins bordées de roussâtre pâle et de blanchâtre. Faces inférieures blanches ou blanchâtres, mouchetées de brun au cou, à la poitrine et aux flancs, ainsi qu’un pen sur le ventre et les sous-caudales. Base du bec et pieds jaunâtres.
Le Bécasseau violet est très rare en Suisse, de passage irrégulier
ÉCHASSIERS
OU tout à fait exceptionnel, suivant les localités. Il a été cependant tué ipielquefois sur les bords des lacs de Neuchâtel, de Biemie et de Morat, et parfois, quoique plus rarement, sur les rives du Léman, près de Genève et de Lausanne. Bien qu’il soit sociable, comme la plujiart de ses congénères, c’est généralement isolé et sous la livrée du jeune âge qu’on le rencontre dans le pays, plus souvent eu automne qu’au printemps, parfois assez tard dans l'arrière-saison*.
Il court lestement, a un vol gracieux et nage facilement. Sa voix consiste eu petits sifflements, comme celle de la plupart des Bécasseaux. Il se nouri'it, comme eux aussi, de petits animalcules aquatiques. Je ne .sache pas qu’il se .soit jamais reproduit dans le pays.
Ses œufs, d’ordinaire au nombre de 4, sont gros, piriforraes, verdâtres ou olivâtres, avec des taches irrégulières plus ou moins grandes, d’un gi-is brun ou un peu roussâtres et d’un brun foncé entremêlées, volontiers plus fortes et plus serrées vers le gros bout; ils mesurent 0'’',0.*i()— 0.S9 sur 0"’,024 — 026.
L’espèce se reproduit dans les régions septentrionales de l’ancien et du nouveau monde, jusqu’au 70* degré environ, et se répand, dans ses migrations, sur les côtes maritimes d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Angleterre et de France, plus rarement dans l’intérieur des continents, en hiver parfois jusque sur les bords de la Méditerranée.
Sous-genre 3 : COCORLI
ANCVLOCHILUS Kaup.
Tarse et jambe assez allongés; le imemier notablement glus long que le médian avec ongle; doigts relativement courts. Bec assez long, passablement arqué, non dilaté à l'extrémité. Queue subcarrée; les rectrices médianes dépassant un peu les voisines.
Oiseaux de taille moyenne, dans le genre, de formes plus sveltes que les précédents.
Une seule espèce, dans l’ancien monde et en Australie.
‘ Le dernier tué, à ma connaissance, dans les environs de Genève, l’a été le 6 novembre 1882, sous Gentbod, et fait partie de la collection de M. A. Vaucher.
TRINWEX8
219. — 3 : BÉCASSEAU COCORLI Bogensclmahliger Strandlaufer — Piovanello pancia-rossa. TRiiSr.A suu.\iîQUATA Glililenstein.
Bec long et mince, pnssahlement arqué dans sa moitié extrême, avec peau du menton en majeure partie dénudée, sans dilatation en avant et d’un quart environplus grand que le tarse, qui est lui-même d’im quart à peu j)rès plus long que le doigt médian avec ongle. Jambe assez allongée, nue sur près d’un tiers de sa longueur. Queue quasi-carrée, avec les deux rectrices médianes unqmi débordantes. — Dos varié de roux et de noir; faces inf. d’un roux rougeâtre (été). Dos varié de gris et de brun; faces inf. blanches et grises (hiver). Bec et pieds noircdres.
Long. tôt. 0'^,200 — 220; ailepliée 0'“,126 — 130; queue 0'^,048 — 051 ; tarse 0"‘,0280 — 0303; médian, avec ongle O”', 02 2 — 023; bec, au front 0"‘,0330 — 0433.
ScoLOPAX siJiiAit<iDATA (î«HeHs;.,Nov.Comm. Petiop.,XIX,p. 471, 1774-75. — Sc. AFRicANA Gmeliti, Syst. Nat., I., p. 656, 1788.
NüMENins AFRiCANDS Lathcim, Index, II, p. 712, 1790. — N. sdbabquata Bechstein, Orii. Taschenb., II, p. 276, 1803. — N. FEnBüGiNEDS Meyer u. Wolf, Tascbenb.,II, p. 356, 1810. Memier u. Ncb., VCgel der Scbweiz,p.203, 1816.
ÏEiNOA isi.ANDicA Retzius, Fauna snec., p. 192, 1800. — T. subarqdata Temminclc, Man. Oniith., II, p. 609, 1820. Savi, Omit, tosc., Il, ]>. 284, 1820. Nilsson, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 187, 1835. Schim, Fauna lielv., p. 110, 1837. Bailly, Ornitb. Savoie, IV, ji. 198, 1854. Bica, Omit, ticin., p. 436, 1865. Friderich, Deutsche VOgel, 4eéd., p. 775, Taf. 41, Fig. 3, 1891.Z)«6oIs, Faune Vert. Belgnpie, Oiseaux, II, p. 162, 1894. — T. FALciNKLi.A Pallas, Zoogr., II, p. 188, 1811. — T. pïgm,î:a Leach, Syst. Cat. M. a, B. Brit. Mu.s.,p. 30, 1816.
Eeolia varuîgata Vieillot', Analyse, p. 65. 1816. — E. varia Vieillot, Gai. des Ois., II, p. 89, pl. 231 , 1825. — E. pyg.>iæa Brehm, Vogelfang, p. 319, 1866.
Falcixellüs PYGMiEosCMi'ier,Reg.Anim.,I,p.486, 1817. — F.CuviERiUonfyj., Comp. List, p. 50, 1838.
Ancylocheilüs son aequata Kaup, Nat. Syst., p. 50, 1829. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 686, 1896. llaud-list, I, p. 164, 1899.
Pelidxa süBARiiUATA, P. MACRORHYNCHOS R/'c/iWi ex Cuvier, Isis, 1830, p. 991. Vôgel Deutschl., p. 657 et 668, 1831. — P. sübarqüata Begl. et Gerbe, Ornitb.
‘ Les genres Erolia Vieillot et P'alcinellua Cuvier qui suit, ont été créés sur un individu du Cocorli qui manquait accidentellement de pouce.
ÉCHASSIERS
eur., II, p. 195, 1867. Fritsch, Ycige\ Europ., Tab. 38, Fig. 10 et Tab. 39, Fig. 4,
Nom.s vuls. s. F. : Cocorli. — S. I. : Gireu.
Mâle et femelle ad., en été : Dessus de la tête noirâtre, toutes plumes bordées de l'oux et terminée.s de grisâtre; derrière du cou d’un roux marron, très légèrement vai'ié de noirâtre et de grisâtre. Dos et scapulaires variés de roux, de noir et de grisâtre ou blancliâtre ; le noir disposé en taches anguleuses allongées, le roux en taches plus larges ou transver.sales. Croupion gris. Sus-caudales blanches, barrées de noirâtre et plus ou moins lavées de roux. Couvertures alaires d’un gris brunâtre, pâles sur les bords. Couvertures antérieures et rémiges primaires d’un brun noirâtre, les premières et quelques-unes des secondes postérieures finement bordées de blanc ; baguette des rémiges primaires blanche. Rectrices médianes brunes, un peu variées de gris et de roussâtre; latérales d’un gris brun, avec baguette et hue bordure blanchâtres. Le tour du bec en de.ssous, un peu le lorum et un léger sourcil blanchâtres ou légèrement pointillés de rotissâtre. Faces inférieures jusqu’au bas-ventre d’un roux rougeâti‘e; la majorité des plumes finement frangées de blanc, en dehors de la livrée de noces parfaite, quelques-unes avec une petite macule noirâtre, particulièrement sur les côtés de la poitrine. Basventre varié de blanc et de roux ; sous-caudales blanches ou un peu lavées de roussâtre et maculées de brun-noir en travers. Bec et pieds d’un brun noir. — La femelle de teintes un peu moins pures que le mâle.
Adultes, en hiver : Faces supérieures d’un brun cendi’é sur le dos, un peu plus pâles ou d'un cendré brunâtre sur le cou et la nuque, les plumes frangées de grisâtre. Sus-caudales blanches. Rectrices brunâtres, bordées de blanchâtre. Face et -sourcils blancs ou blanchâtres, à l’exception d’une bande d’un gris brun entre le bec et l’œil. Faces inférieures blanches, nuancées do gris an bas du cou et sur le haut de la poitrine.
Jeunes, avant la mue ; Assez semblables aux adtdtes on hiver, mais avec la frange des plumes dor,sales un pou jaunâtre et les suscaudales souvent très tinement boi'dées do noirâtre vers l’extrémité. La poitrine d’un gris plus roussâtre, avec de légères stries brunâtres. Bec et pieds bruns.
Le Cocorli est de passage à peu près régulier dans la plaine suisse, du nord-est au sud-ouest, ainsi que dans la vallée du Rhin à l’est et dans le Tessin au sud, suivant les localités et les années, rare ou
TRINGIENS
presque commun. Il a été tué aussi, en septembre, sur les bords du lac de Thouue, plus au centre du pays. Ou le voit sui- les grèves des lacs et des rivières, ou dans les marais, volontiers en société plus ou moins nombreuse, parfois mélangé avec d’autres Bécasseaux, tantôt en automne, de fin septembre à fin novembre environ, tantôt au printemps, en mars ou qu commencement d'avril, et alors avec sa livrée en bonne partie rousse déjà. Je no crois pas qu’il niche dans le pays.
Ses allures alertes et vives, son alimentation exclusivement composée de petits animalcules aquatiques, ses appels assez aigus ou sifiiés et son mode de nidification sur le sol sont à peu près ceux des différentes espèces du genre. On a remarqué que les bandes de ce gentil Bécasseau obéissent volontiers à un chef, dans leurs migrations, et que ce chef est quelquefois d’un genre différent, une Barge entre auti'es.
Ses œufs, généralement au nombre de 4, sont gros, piriformes, d’un verdâtre pâle, avec taches et points bruns, les premières volontiers plus norabi'euses vers le gros bout; ils mesurent d’ordinaire 0“,036— 038 sur 0“,02C)0— 0265.
Ce Bécasseau se reproduit dans les régions septentrionales des deux mondes et se répand en automne dans le sud de l’Europe et dans le nord de l’Afrique, même jusqu’en Australie, où il hiverne eu plus ou moins grand nombre.
Sous-genre 4 : PÉLIDNE
PELIDNA Cuvier.
Tarse moyen, à imu près de même longueur que le médian avec ongle; doigts relativement grêles et allongés. Bec droit ou légèrement argué, peu ou pas dilaté vers l’extrémité (voy. fig. 20). Queue suhcoiiique, suhearrée ou un peu hi-échuncrée; les rectrices médianes acuminées, dépassant les latérales (voy. fig. 23).
Oiseaux de taille moyenne ou petite et de formes assez dégagées.
Des six e.spèces qui se trouvent plus ou moins en Europe, trois propres à l’Amérique septentrionale, exceptionnelles dans le nord de notre conti- O"»'»’' i'“''
, P . y 1 ATI • . dessus, de Tiunca
nent, nous tout delaut; ce sont les Tnnga minu- tmmmincku.
ÉCHASSIERS
tilla Vieil!., T. maculata Vieil!, (pectoralis Bonap.), et T. melanotos Vicill. [Schinzii Bonap.); la dernière, dont je dirai quelques mots plu.sloin, aurait peut-être, seule, fait une apparition en Suisse.
220. — 4 : BÉCASSEAU VARIABLE Alpenstrandlimfer — Piovanéllo pancia-nera.
TiiiiNGA ALPTNA Linné.
Bec assez haut à la hase, pruduellement atténué, lépèrement ou très légèrement arqué dans son tiers exirème, faiblement dilaté au bout et un peuplas long (pie le tarse, parfois jusipi’ à un cinq (voy. lig. 2(1). Tarse à peu pires égal au doigt médian avec ongle. Jambe mogenne, nue sur un quart à un tiers de sa longueur (xoj. fig. 21). Queue subcarrée, les deux rectrices médianes pointues et un peu prolongées. — Dos varié de roux et de noir; bas de la poitrine et haut du ventre noirs; région anale blanche, ainsi que les sous-caudales (été). Dos varié de gris-cendré et de brun, ventre blanc (hiver). Bec et qneds noirs.
Long. tôt. O'", 185 — 200 (O'", 170 var. b.); aile pliée 0“‘,109 — 118 (O"', 105); queue 0'^,0j8 — 0"\058 (0'^,045); tarse 0'",023-024 (0“',021 ); médian, avec ongle 0'^,028 — 021 ( O'", 021 ); bec, au front O'", 020— 030 (<r,022—025 ).
a) Tkinga ALPiNA Xiwwé, Syst. Nat., lüoéd., I,p. 149, 1758. — T. cinclüs Bn.sson ex GeJismr, Ornith., V, p. 21 1, 1760. Dnhois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 166, 1894. T. ALPINA et T. cixcLua Linné, Syst. Nat., 121= é<l., p. 249 et 251, 1766. T. ALPi.xA Gmelin, Syst. Nat.,I, p. 676, 1788. Savi, Omit, tosc., II, p. 282, 1829. Nilsson, Skand. Fauna, I'ogl.,IL p. 190, 1835. Friderich, Deutsche Vfigel, 4® éd., p. 777, Taf. 41, Fig. 4 et 5, 1891. — T. HumaoLLis Pallus, Voyages, éd. fr., VIII, App..p.47, 1776. — T. variabilis il/eyer m. TFhl/,Tasehenl).,Il,p.397, 1810. Meisner u, Scli., Vogel der Schweiz. p. 221, 1815. Teimninck, Mau. Ornith., II. p. 612, 1820. Schim, Fauuahelv., p. 110, 1837. Bailly, Ornitli. Savoie, IV, ]>. 202, 1854. Æ«ra,Ornit. ticin., p. 438, 1865. — T. süb.vbqüata Steinh., Ibis, 1861, p. 342.
ScoLOPAX GAULiNAfiO AsiîLiCASA Brissou, Oruitli.,V, J). 309, 1760.— Sc. rüSIU.A Gmelin, Syst. Nat., I, ji. 663, 1788. — Sc. alpixa Palkis, Zoogr., II, p. 177, 181 1 .
Numeniüs vARUBiLis Jîeehsfeùi, Nat. Deutsehl., IV, p. 141, 1809.
Pelidna ciNCLüs Cuvier, Reg. Anim., I, p. 490, 1817. Bonap., Birds of Eur., p. 50, 1850. Deyl. et Gerbe, Ornith. eur., II, p. 197, 1867. Fritscli, Vôgel Europ., Tah. 38, Fig. 14 et Tab. 39, Fig. 11, 1871. — P. variabuis Stephens, in Shau; Gen. Zool , .XII, p. 98, 1824. — P. .^lptna Brehm, Vôgel Deutsehl., p. 661, 1831. Shnrpe, Cat. B. Brit. Mus.. XXIV, p. 602, 1896. Hand-list, I, p. 164, 1899. — P.
TRINGIENS
AMERiCANAiJ;‘e7m,Vogelfang, p. 317, 1855. — P. pacifica Goues, Proc. Phil. Acail., 1861, p. 189.
ScHŒNiCLüs ciNCLDS Giai/, List. B. Brit. Mus., III, p. 101, 1844.
b) CiKCLüs MiNOK, C. TORQüATüs Brisson, Oniith., V, p. 215 et 216, 1760.
Tringa py(îm.«a Schim, Thieneich, I, p. 782, 1821. — T. ScmNZiii7re7î/»,Beitrâge, III, p. 355, 1820-21. Schim, Fauna lielv., j). 111, 1837. — ï. cinclus minor Schlegel, Rev. crit., p. 89, 1844. — ï. torquata Begland, Ornith. eiir., II, p. 330,
Pelidna Schiszii Brehm, nec Bonap., Vogel Deutschl., p. 663, 1831 . — P. cin- CLU8 a ScHiNzii Bonap., Cat. Parzud., p. 15, 1856. — P. torqiiata Begl. et Gerbe, Ornith. cur., II, p. 199, 1867 (sub-sp.).
Noms vtjlg.S.F. : Bécasseau, Brunette.Piaute-noire,Grisette. Genève, — S. .4.: Slrandlüufer. — S. I.: Gireii.
Mâle et femelle ad., en été: Faces supérieures variées de roux, de noir et de gri.s, cette dernière teinte sur la nuque principalement. Croupion et sus-caudales médianes bruns, les dernières avec légères bordures rousses ; sus-caudales latérales en majeure partie blanches. Rectrices médianes d’un brun iioii-âtre, latérales grisâtres, frangées de blanchâtre, ou presque blanches chez de vieux sujets. Couvertures alaires d’un gris brun, frangées de grisâtre; couvertures antérieures et rémiges primaires d’un brun noirâtre, les premières et quelques-unes des secondes postérieures bordées de blanc ; baguettes en majorité blanches. Front, .sourcils et une partie de la joue blancs, finement mouchetés de brun. Gorge blanche; devant et côtés du cou et haut de la poitrine, blanchâtres ou blancs, avec de nombreuses mouchetures ou macules un peu allongées d’un brun noirâtre; le reste des faces inférieures et les côtés du corps en paidie blancs, avec de larges taches noires, plus ou moins confiueutes, ou avec grand plastron noi r su r le bas de la poitrine et le haut du ventre, jusqu’aux jambes, même un peu au delà chez de vieux sujets. Les ])lumes de ce plastron noir plus ou moins frangées de hianc, en dehors de l’époque de reproduction ou de la livrée de noces parfaite. Bec et pieds noirs. — Femelle de teintes un peu moins franches, avec le plastron ventral noir volontiers un peu moins étendu.
Adultes, en hiver; Faces supérieures, ainsi que les joues et les lorums d’un cendré brun; la majorité des iilumes plus foncées sur la tige et bordées d’une teinte plus claire. Sourcils et front sur les côtés d’un gris blanchâtre, finement striés de brunâtre. Couvertures alaires brunes, bordées de cendré; rémiges brunes, liserées de grisâtre. Rcctrices médianes d’un biaiu foncé, latérales d’un cendré brunâtre et bordées de blanc. Faces inféiâeures blanches, à l’exception du cou
ÉCHASSIERS
et de la poitrine cpii sont légèrement teintés de cendré, volontiers avec de légères stries brunâtres sur la tige dos plumes.
Jeunes, avant la mue : Dessus et côtés de la tête d’un roux jaunâtre jiâle, variés de petites macules brunâtres ; nuque d'un cendré roussâtre, striée de brunâtre. Les plumes dor.sales d’un brun noir, en majorité bordées de blanchâtre, quelques-unes de grisâtre ou de roussâtre clair. Gorge et ventre blancs; cou et poitrine d’un cendré roussâtre, avec de petites stries d’un brun noirâtre, plus larges sur les côtés. Bec brun, plus court et plus droit. — Avec la mue apparaissent des macules noires sur le ventre.
A la naissance: Couverts d’un duvet roux marbré de noir sur le dos, les ailes et les cuisses, avec petits liocons d’un rous.sâtre pâle. Faces inférieures blanches, teintées de roux â la poitrine et à l’abdomen. Une calotte triangulaire étroite, variée de noir et de roux, sur la tête, et deux traits noirs sur les côtés de celle-ci, le supérieur traversant l’œil. Bec brun. Pieds d’un roux olivâtre.
Var., forme (b) : Brebm (1. c.) a signalé, sous le nom de Tringa Schinzii, une forme de cette espèce très voisine du type (a) ci-dessus décrit, mais qui s’en distingue cependant par une taille notablement moindre, un bec plus droit, un peu plus court et des pieds sensiblement plus petits, avec une livrée généralement plus claire (voir, à la diagnose, les dimensions minimales entre parentlièse.s). Les taches noires sont, chez elle, moins développées sur les faces dorsales; le cou et la poitrine portent, chez ad., des stries noirâtres moins sen-ées, et le noir du ventre est à la fois moins étendu et plus mélangé de blanc. Est-ce à une question d’âge ou d’habitat qu’il faut attribue!' ces différences 'f (Ne ])as confondre, en tout cas, le T. Schinzii de Bi'ehm avec le Schinzii de Bonaparte qui doit être rapjiorté au Melanotns do Vieillotj. Cette petite foimie. septentiûonale surtout, T. cineïus minor pour Scblegel, paraît plus rare que la précédente en Suisse, et je ne crois pas c[ue .sa nichée ait été observée dans le pays.
Le Bécasseau variable ou Grisette n’est pas rare dans les différentes pai'ties du pays, aussi bien en montagne qu’en plaine. Il est même commun au passage, en automne surtout, tant à l’ouest, sur les grèves des lacs Léman, de Neuchâtel, Bieiine, Morat, et dans les localités mai'écageuses des envii'ons, que dans le Rheinthal à l’est. 11 passe généralement en bandes ])lns ou moins nombreu.ses, soit à la fin d’août, en septembi'e et en octobiœ, soit en mai-s ou au commencement d’avril, et travei'se alors souvent les Alpes, par le Lukmanier et la Maloja, à près de 1900 m. s/m. à l’est, pai' exemple, ou
TRINtilENS
par le Gotliard, à 2160 mètres environ, plus au centre. Quelques paires nichent presque tous les ans qà et là dans nos marais ou sur les grèves de nos lacs et rivières, non seulement eu plaine et dans la région montagneuse, mais aussi jusque dans la région alpine. Je ne crois pas qu’il ait jamais hiverné dans le pays, bien qu’on l'ait rencontré quelquefois, jusqu’en novembre et même en décembre, dans la vallée du Rhin, au-dessus du lac de Constance.
Trottant en quête dos petits animalcules qui constituent sa nourriture ou arrêté, il exécute presque constamment un mouvement de la queue de haut en bas. Il vole volontiers au ras de l’eau, en poussant un petit sifflement qui peut être traduit tantôt par la syllabe triiit ou frit, tantôt par le mot drrriid. 11 est d’un naturel très confiant et .se laisse aisément approcher. 11 niche entre les herbes dos localités marécageuses et pond dans un petit enfoncement du sol, généralement vei's la fin de mai ou au commencement de juin, selon les niveaux.
Ses œufs, au nombre de 3 ou 4, gros et piriformes, sont olivâtres ou d’un roux olivâtre clair, avec taches petites et grandes, assez irrégulières, d'un brun j)lus ou moins foncé, souvent plus grandes et plus ou moins continentes vers le gros bout; ils mesurent volontiers 0“,034 -036 sur ü"‘,()24— 02.5.
L’espèce est très répandue en Europe, dans une partie de TAsie, dans l’Amérique du nord et jusque dans l’Afrique septentrionale où elle hiverne volontiers. A part quelques exceptions, comme en Suisse, elle se reproduit surtout dans les régions boréales des deux mondes, jusqu’au 70'"' degré environ. ■
221. — 5 : BÉCASSEAU TEMMIA Teniminck’s Strandlaufer — Piovanello nano.
TlilXfiA TEM.MINCICn Lfâslor.
Bec mince, très légèrement arqué et très faiblement dilaté à l’extrémité, un peu plus court que la tète. Tarse à peu près égal au bec, ou à pleine plus long, égal au médian avec ongle ou légèrement plus court. Jambe moyenne, nue sur un petit esjiace, un cinq, à un quart au plus. Queue moyenne, subcarrée, à rectrices médianes coniques, passablement prolongées; les latérales arrondies et légèrement décroissantes (voy. fig. 23). — Rectrices médianes noirâtres, exteo'ne blanche, intermédiaires plus ou moins nuancées de brunâtre. Baguette de la
ÉCHASSIERS
première rémige seule Nanclie (voy. fig. 24). Dos varié de noir et de roux sombre, poUrine d’un cendré roussâtre, mouchetée de noirâtre (été); dos brun de suie, varié de noirâtre, poitnne cendrée { hiver). Ventre blanc. Bec et pieds noirâtres.
Long. lot. 0'°,135 — 153 é0“',158); aile pliée Ü"',090 — 005; (jueue 0'",045 — 053; tarse O'", 0105 — 0175; médian, avec ongle 0”‘,0170 — 0185; bec, aïi front 0'",0160 — 0175.
Trin’ga pusiLLA Bechstein, Nat. Deutschl., IV, p. 308, 1809. — T. Temminckii Leisler, Nachtr. zu Bechst. Nat. Deutschl., I, p. 65, 1811-15. Meisner u. Sch., Vôgel der Sehweiz, p. 223, 1815. Temminck, Mau. OrnitL., Il, p. 622, 1820. San, Omit, tosc., II, p. 287, 1829. Nilsson, Skand. Faiina, Fogl., II, p. 198, 18.S5. Schim, Fauna helv., p. 111, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 208, 1854. Friderich, Deutsche Vôgel, l^éd., p. 779, Taf. 41, Fig. 7, 1891. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 175, 1894. — T. ciNCi.us Pallas, Zoogr., II, p. 201, 1811-31.
Pelidsa TEMMiNCKir Isis, 1826, p.979. Degl.et Gerbe, Ornith. eur., II, p. 205, 1867. Fritsch, Vôgel Europ., Tah. 38, Fig. 12, 1871.
Leimonites Teumie-ckii Kaup, Nat. S-yst., p. 37, 1829. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 555, 1896. Hand-list, I, p. 163, 1899.
ScHŒNicLus Temminckii Gray, List. B. Brit. Mus., III, p. 106, 1844. Actodromas Temminckii Botiap., Compt. Eend., XLIII, p. 596, 1856.
Fig. 24. Gnnides miges et siirrémige a de Tri no a
TEM MINGKII.
Noms vuls. S. F. : Bécasseau Temminck, Pillette. Temmia, Genève. — S. A. : Zwergs trandlaufer.
Mâle et femelle ad., en été: Plumes des faces supérieures et principales couvertures alaires noires ou d’un brun noir au centre, avec de larges bordures d’un roux sombre et, par places, terminées de blanc-roussâtre. Sus-caudales latérales blanches. Eectrices médianes noirâtres, plus ou moins frangées de roux, voisines immédiates grisâtres, les deux ou trois latérales presque entièrement blanches, l’externe complètement. Eémiges primaires noirâtres; la baguette de la première blanche, celle des suivantes hrune ou d’un roux brunâtre. Bas du front, sourcils, devant et côtés du cou, et poitrine d’un cendré roussâtre, avec de petites macules allongées d’un brun noirâtre. Gorge, ventre et sous-caudales d’un blanc pur. Bec et pieds noirâtres. Iris brun foncé.
Adultes, en hiver : Faces supérieures d’un brun de suie foncé ou
TRINGIENS
d’un cendré noirâtre, avec la tige des i)lumes noirâtre et parfois çà et là des traces grisâtres ou roussâtres sur les couvertures aiaires. Grandes couvertures bordées ou terminées de blanc. Devant du cou et poitrine d’un cendré plus ou moins roussâti'e. Gorge, ventre et sous-caudales blancs.
Jeunes, avant la mue: D’un cendré brun on d’un cendré noirâtre, varié de noirâtre et de roussâtre, en dessus. Sourcils blanchâtres. Kcctrices, sauf l’externe blanche, volontiers plus ou moins terminées de roussâtre. Gorge, ventre et sous-caudales blancs; devant du cou et poitrine d’un cendré l’oussâtre, légèrement mouchetés de brunâtre.
A la naissance: Couverts d’un duvet fauve, marbré de noir sur le dos, les ailes et les cuisses, avec petits flocons blanchâtres. Faces inférieures d’un blanc légèrement lavé de roussâtre. Une large calotte noire et fauve sur le sommet de la tête. Lorums noirs. Bec brun, pâle à la base. Pieds d’un jaune ocreux {sec. Vian).
Le Bécasseau Temmia est de pas.sage assez régulier, quoique généralement peu abondant, sur les grèves des lacs et rivières de la plaine suisse, parfois dans les marais; plus fréquent vers l’ouest du pays, dans la contrée des lacs de Neuchâtel, de Bienue, de Morat et Léman, i)lus rare à l’est et au sud, faisant même défaut, semble-t-il, en Engadine et au Te.ssin. On le rencontre depuis la fin d’août, en septembre et octobre surtout, parfois jusqu’en novembre, tantôt isolé, tantôt en |)etite société, ou avec des individus du Bécasseau variable ou du Minule. Je doute qu’il ait jamais niché dans le pays.
Il court lestement, comme ses congénères, sur le sable ou la vase, s’avançant même souvent jusqu’au ventre dans l’eau, en quête des petits animalcules qui lui servent de nourriture. Son appel sifflé a été traduit pai' ou trrri. Il pond, sur le sol, dans un petit creux à peine garni de quelques herbes .sèches.
Ses œufs, souvent au nombre de 4, gros, piriformes et plutôt courts, sont d’un roussâtre clair, jaunâtres ou d’un olivâtre pâle, avec points et nombreuses petites taches brunes et noirâtres, |)arfois un peu plus serrées vei'S le gros bout. Ils mesurent 0'“,()27— 029
L’espèce e.st assez répandue en Europe, en Asie et jusque dans le nord de l'Afrique où elle hiverne volontiers. Elle se reproduit surtout dans les régions septentrionales; sur notre continent depuis la Norvège et la Finlande, jusque dans le nord de rAllemagnc, la Hollande et l’Angleterre, rarement plus au sud.
ÉCHASSIERS