Genre 9 : CHEVALIER
TOTANUS Bechstein.
Bec latéralement sillonné sur moitié ou auplus deux tiers, droit, quasi-droit ou légèrement retrcnissé, comprimé, assez graduellement atténué en avant et plus long que la tète ; la mandibule sup. un peu dépassante et courbée au bout ; menton bien emplumé. Jambe assez longue, généralement ime sur moitié ou, plus de sa longueur. Tarse étroitement scutelléen avant et en arrière, assez long et grêle, ordinairement beaucoup plus grand que le médian avec ongle, rarement quasi-égal. Doigt externe palmé jusqu'au bout de la i*'® phalange basilaire ou un peu plus; interne quasi-libre ou légèrement relié et bordé (voy. flg. 27). Ailes assez lon-
‘ Ornithol. Beobachtungen vom Jahr 1894, gesammelt und zusaramengestellt V. H. Fischer-Sigwart, in Zofingen, S. 31 ; Separat-Abdruck ans den Ornith. BUittern.
TOTANIENS
gue&, échancrées et étroites; la rémige la plus grande, atteignant à 'peu près le bout de la queue ou le dépassant légèrement ; cubitales plus ou moins effilées et allongées. Queue courte ou plutôt courte, carrée ou subarrondie, à 12 rectrices médiocrement larges, subconiques ou un peu arrondies (voy. flg. 28). Cou assez allongé; tête plutôt petite, ovale ou subarrondie.
Œufs généralement au nombre de quatre, gros, piriformes, à coquille lisse plus ou moins luisante, verdâtres ou inussâtres et tachetés.
Los Chevaliers, de taille petite ou moyenne, sont migrateurs, plus ou moins sociables, vifs, alertes et assez farouches. On les rencontre plus ou moins soit sui- les grèves des mers, des lacs et des rivières, soit dans les marais ou les prairies humides. Leur nourriture consiste en petits êtres, vei's, mollusques, crustacés, insectes et larves, frai de grenouilles ou de poissons et menu fretin qu’ils extraient de la vase ou récoltent dans l’eau. Ils marchent et courent lestement, mais leur démarche est plus compassée que celle des Bécasseaux et, à chaque arrêt, ils se redres-
^ ■ . r iU. i/. i'iuu ttc
sent d’ordinaire, pour faire une sorte de révé- totanus FUSCUS, côté l'cnce ou de plongeon du haut du corps. Ils perclient parfois sur des branches basses et nagent facilement. Leur vol est assez rapide et cadencé. Leurs cris consistent en sifflements plus ou moins aigus. Us nichent d’ordinaire sur le sol ou le sable, dans une petite cavité cà peine garnie de menus débris végétaux. <)uelques-uns (T. glar&dn et T. ochropus principalement) pondraient parfois, selon certains observateurs, dans des nids abandonnés, sur des arbres ou des buissons, près de l’eau'.
Leur mue est double. Les deux sexes sont à peu près semblables; les jeunes sont un peu ditt'érents.
Nos six espèces ont été rangées dans autant de genres qui me paraissent assez supei-flus. Deux espèces américaines, qui ont fait de rares apparitions en Angleterre, les T. flavipes Gmel. et T. solitnrius Wilson, nous font complètement défaut.
‘ Je n’ai jamais fait personnellement semblable observation.
229. — 1 : CHEVALIER SYLVAIN BmchwasserUlufer — Piro-piro hoschereccio.
TOÏANUS Gi.AREO0.\ Linné.
Bec droit, légèrement j)lns long que la tête. Tarse d’un quart environ qdus long que le bec et passablement plus grand que le médian avec ongle. Doigt externe palmé jusqu’à P‘ articulation, interne quasi-libre. Queue carrée,les deux rectrices médianes subconiques et légèrement débordantes. — Faces sup. brunes, variées de noir et de blanchâtre; sus-caudales blanches, barrées de noirâtre vers le bout; rectrices blanches, avec 8 à 12 barres transversales brunes. Baguette de la rémige blanche. Faces inf. blanches, mouchetées de brun au cou, au Imut de la poitrine et sur les sous-caudcdes. Bec noir; pieds verdâtres.
Long. tôt. (>'",195 — 228; aileqjliée (P, 122 — 127 ; queue Q'“,049 — 059; tarse O”', 038— 040; médian, avec ongle 0^,031 — 035; bec, au front 0"',028—030.
Tkisga GLAREOLAimMéjSyat. Nat.jéd. 10, p. 149, V158,Meisneru. Vôgel der Schweiz, p. 221,1815. — T. ochbopüs, (3. glarbola iwwé, Syst. N!it.,éd. 12, I, p. 250, 1766. — T.m"roREAPaWaA’,Zoogr.,II,p. 195, 1811. — T. grallatosis, Mont., Orn. Dict. suppl., A])p., S, 1813.
Totands ggareola Temminck, Jliin., p. 421, 1815, et Man. Ornith., II, p. 654, 1820. Savi, Omit, tosc., II, p. 277, 1829. Nilssov, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 226, 1835. Schinz, Fauna helv., ]). 109, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 1 44, 1854. Begl. et Gerbe, Ornith. cur., II, p. 223, 1867. Fritsch, Y (igel Europ.,Tab. 38, Fig. 5, 1871. Pnderie/j, Deutsche Vôgcl, 4eéd. p. 793, Taf. 42, Fig. 3, 1891. 1)m6o/s, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 207, 1894. — T. grallatoriüs, Stephens, in Shaw, Gen. ZooL, XII, p. 148, 1824. — T.SYLVESTRIS,'r.PALtISTRIS,T.GLAREOLA,T.KÜm.n. Brehm, VOgel Deutschl., p. 638 à 641 , 1831. — T. glareoloides Hodgs., in Gray, ZooI.Misc.,p. 86, 1844.
Rhyaoophilus glareola Kaup, Nat. Syst., p. 140, 1829. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 491, 1896,Hand-list, 1, p. 162, 1899.
Aotitis glareola Blyth, Cat. B. Mus. As. Soc., p. 167. 1849.
Noms vulg. S.F. : Chevalier. Sylvain, Sylvain. — S. A. : Strandldufer. Strudel- Wasserlàufer, Berne. — S. I. : Friul.
Mâle et femelle ad., en été: Faces supérieures, jusqu’au bas du dos, brunes, un peu variées de noirâtre et de blanchâtre ; su.s-caudales lilanclies, Iiarrées de noirâtre sur tiers ou moitié extrême; rectrices
TOTANIENS
blanclies, avec huit à douze barres transversales d’un brun noirâtre. Sourcils et joues blancs, ponctués de brun; un trait brun entre le bec et l’œil. Rémiges primaires d'un brun foncé, la 1™ avec baguette blanche. Couvertures sous-alaires blanches, variées de brun. Faces inférieures l)lanclies, nuancées de gris au cou et à la poitrine, sur les côtés principalement, avec macules brunes, allongées sur le devant du cou, plus larges ou transversales sur les côtés de la poitrine et le haut des flancs, en fines stries ou en croix sur les sous-caudales. Bec noir, un peu verdâtre à la base. Pieds verdâtres. Iris noir.
Adultes, en hiver ; Faces supérieures brunes, variées de roussâtre. Gorge, ventre et sous-caudales d'un blanc pur. Devant du cou, poitrine et flancs salis de grisâtre et mouclietés de brun.
Jeunes, avant la mue : Plus tachés de roussâtre en dessus, plus mâchurés à la poitrine. Bec plus court.
A la naissance : Couverts d'un duvet gris-fauve, en dessus, avec trois larges bandes et des taches diffuses noires sur le dos; blanc, en dessous, avec teinte fauve à rabdomen. Une calotte noire sur le vertex, prolongée en pointe jusqu’au bec et sur le bas de la nuque; un trait de même couleur sur les côtés de la tête, jusqu’à la nuque. Bec noir, jaunâtre à la base de la mandibule inférieure. Pieds d'un gris olivâtre.
Le Chevalier Sylvain passe régulièreimuit par la plaine suisse, entre Alpes et Jura, se montrant, suivant les années et les localités, plus ou moins fréquent, sans être jamais ni nulle part véritablement commun. B no s’élève pas volontiers, comme quelques-uns de ses congénères, dans nos Alpes, et semble faire prescjue complètement defaut à rextrême est et au sud du pays, dans les GT'isons et le Tessin. Il apparaît d'ordinaire en avril, et repasse généralement entre la mi-juillet et la fin de septembre. Quelques paires ont niché çà et là dans les parties marécageuses des bassins de l’Aar, de la Limmat et de la Thour.
On le rencontre quelquefois sur les grèves; cependant il paraît visiter plus volontiers les marais, les prairies inondées et même les bois un peu marécageux. Sa nourriture consiste, comme celle, do la plupart des représentants de la famille, en vers, mollusques, petits crustacés, insectes, larves, etc., qu'il extrait du sol ou de la vase. Il court très vite, exécutant des courbettes à chaque pause. Son appel ordinaire semble dire les syllabes klui-ldui, Idui-Mui.
B niche d'ordinaire dans les marais, pondant généralement en mai, dans un petit creux garni de quelques débris végétaux.
Ses œufs, souvent au nombre de 4, assez gros, piri formes, un peu
ÉCHASSIERS
allongés, avec coquille assez luisante, sont d’un olivâtre pâle, tirant parfois un peu sur le roussâtre, et semés de petites macules et de nombreux points gris et bruns, avec taches plus grandes d’un brun foncé ou noirâtres, volontiers plus serrées vers le gros bout. Ils mesurent 0-”, 037— 040 sur 0“, 026— 028.
L’espèce est assez répandue en Europe et en Asie, ainsi qu'en Afrique où elle hiverne volontiers. Sur notre continent, elle se reproduit surtout dans les contrées septentrionales et moyennes, en Scandinavie, jusqu’en Laponie même, en Finlande, en Angleten’e, en Hollande, en Allemagne, dans le nord de la France et en Autriche-Hongrie.
230. — 2 ; CHEVALIER CUL-BLANC Punktirter Wasserlâufer — Ph'O-ph'O culhianco.
TOTANUS OCHROPÜS Linné.
Bec très légèrement arqué ou fléchi, qmssàblement plus long que la tête. Tarse un peu pilus court que le hec, ou au plus égal, et légèremeni plus long que le médian avec ongle. Doigt externe palmé légèrement au delà de 1" aidiculation, interne quasi-libre. Queue faiblement arrondie.; rectrices médianes peu ou pas débordantes. — Faces siq). d’un brun à reflets et ponctuées de clair; sus-caudales entièrement blanches; rectrices blanches, avec 4 à 6 larges bandes transversales noirâtres, sur les médianes surtout. Baguette des rémiges brune. Faces inf. blanches, mouchetées de brun au eau et sur les côtés de la poitrine. Bec noir-verdâtre. Pieds d’un cendré verdâtre.
Long. tôt. ü'^,215 — 235; aüe pliée 0”^, 137 — 140; queue 0"‘,052 — 062;tarse 0'^,032 — 035; médian, avec ongle 0'^,030 — 031; bec, au front 0'^,035 — 037.
Thinoa OCHROPÜS Linné, Syst. Nat. I, p. 250, 1766. Meisner u. Sch., Vôgel der Schweiz, p. 222, 1815.
Totanüs OCHROPÜS rmmmcÆ, Man., p.420,1815.Man.Ornith.,II,p.651, 1820 Savi, Omit, tosc., II, p. 273, 1829. Nilsson, Skand. Fauna, Fogl., II, p. 223, 1835. Schim, Fauna helv., p. 109, 1837. Bailly, Ornitli. Savoie, IV, p. 148, 1854. Biva, Omit, ticin., p.468, 1865. Degl. et Ger6e, Ornith. eur., II, p. 225, 1867. Fritsch, Vôgel Europ., Tab. 38, Fig. 2, 1871. Friderich, Deutsche Vôgel, 4® éd., p. 791, Taf. 42, Fig. 2, 1891. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 211, 1894. — T. OCHROPÜS, T. RivALis, T. LEüCOüBüs Vôgel Deutecbl., p. 641 à 643, 1831.
— T. PüNCTULATUs Dubois, C., PI. col., Ois. Belg., II, p. 186, 1857.
TOTANIENS
Helodromas ochropus Kaup, Nat. Syst., p. 144, 1829. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 437, 1896. Hand-list, I,p. 160, 1899.
Actitis ochropcs Jerdmi, B. India, III, p. 698, 1863.
Noms vulg. S. F. : Chevalier cul-hlanc. Cul-blanc, Genève; Chevalier, Martigny. — S. A. : Strandlâufer. Buntes Matthiihnli, Berne. — S. I. : Gireiüon, Sculapi, Friul.
Mâle et femelle, ad., eu été : Faces supérieures, jusqu’au bas du dos, d’un brun olivâtre à reflets et finement ponctuées de blanchâtre. Sus-caudales entièrement blanches. Rectrices blanches, avec quatre à six larges bandes transversales noirâtres sur les médianes, moins sur les latérales. Un large sourcil blanc, au-dessus d'un trait brun, sur le lorum. Joue variée de blanc et de brun. Rémiges primaires d’un brun noir à reflets, toutes avec baguette brune. Couvertures sous-alaires brunes, maculées de blanc. Gorge, bas do la poitrine, venti-e et sous-caudales d’un blanc pur. Devant du cou et haut de la poitrine mouchetés do brun, sur fond blanc plus ou moins sali de brunâtre sur les côtés de la dernière. Bec d’un noir verdâtre; pieds d’un cendré verdâtre ; iris brun foncé.
Adultes, eu. hive)- : Faces dorsales à mouchetures un peu roussâtres ; macules brunes un peu fondues en une teinte générale brune sur les côtés du cou et de la poitrine.
Jeunes, avant la mue: D’un brun plus clair, semé de petites macules moins nombreuses et plus roussâtres, en dessus ; volontiers avec des taches noires plus étendues à la queue, et les macules brunes du cou et de la poitrine plus lancéolées. Bec plus court.
A la naissance: Couverts d’un duvet d'un roux-vineux pâle, très mélangé de taches noires, en dessus, avec une large bande noire sur le dos; blanc on dessous. Cinq bandes noires convergeant sur la nuque: trois sur la tête, dont une médiane, pailant du bec, plus une de chaque côté sur les lorums et la région auriculaire. Bec noir, d’un jaune verdâtre à la base; pieds d'un cendré olivâtre.
Le Chevalier cul-blanc est de passage régulier et assez abondant dans les diverses parties du pays, à différents niveaux, dans les régions centrales et occidentales de la plaine suisse surtout. Il arrive d’ordinaire vei's la fin de mars ou en avril, et repasse, souvent isolément, entre la mi-août et le commencement d’octobre, parfois jusque dans le courant de novembre. On le rencontre alors fréquemment, on septembi’o surtout, jusqu’à d’assez grandes hauteurs dans les Alpes, le long des cours d'eau ou au iiord des mares et des petits lacs supérieurs. C’est ainsi qu’il a été vu, par exemple, le 8 .septem-
ÉCHASSIERS
bre, au bord d’une petite mare, sur le col d’Arnon, à 1800 mètres environ, dans l’ouest du pays; le 22 septembre, au roi du Gothard, à 2100 mètres à peu près, au centre, et à diverses reprises en H“- Engadine, entre 1800 et 2200 mètres, à l’extrême est. E suit en les explorant les grèves des lacs et des rivières, cependant il semble, comme le précédent, se plaire surtout dans les marais et les prairies, ou même dans les taillis humides où il niche volontiers. Quelques paires se reproduisent plus ou moins régulièrement dans les localités marécageuses des bassins de la Thour et de la Limmat, à l’est, de l’Aar et do la Reuss, au centre, du Léman, à l’ouest, et du Tessin, au sud. Je ne sache pas qu’il ait jamais passé l’hiver dans le pays.
Ses mœurs, ses allures et son alimentation rappellent beaucoup celles de l’espèce précédente. Son appel, variant un peu avec les circonstances, a été traduit toui- à tour par les syllabes tî-vüit, tîvkit ou dluili, cUitih, ou encore fuüi,fUiii.
Il pond dans les marais ou les prairies, d'ordinaire dans une petite dépression du sol plus ou moins garnie de menus débris végétaux; parfois, selon certains auteurs, dans des nids abandonnés, sur des buissons, ou même sur des arbres, près de l’eau, dans de vieux nids de Grives ou de Tourterelles, entre autres, selon Badecker'. L’incubation durerait 18 jours, suivant Bailly.
Scs œufs, volontiei-s au nombre de 4, gros, piriformes et à coquille lisse, relativement peu luisante, sont roussâtres ou d’un verdâtre pâle, avec des taches éparses, les unes profondes, petites et grises, les autres, plus superficielles et plus grandes, d’un brun jaunâtre ou d’un brun rougeâtre, entremêlées parfois de nombreux points noirâtres ; ils mesurent d’ordinaire 0'“,038 — 041 sur 0"',027 — 028, quelquefois 0'",037 sur 0‘",026 seulement.
L’espèce est très répandue en Europe et en Asie, ainsi qu’en Afrique où elle hiverne volontiers. Pour ce qui concerne notre continent, elle se reproduit dans les régions septentrionales et tempérées, et passe l’hiver dans le sud, dans le midi de la France et en Italie, par exemple.
‘ Die Eier der eiiropaischen Vogel, 1855.
TOTANIENS
231. — 3 : CHEVALIER STAGNATILE Teichwasserkiufer — Piro-piro gambe Imiglie.
TOTANUS STAGNATILIS BecLsteill.
Bec très mince et pointu, quasi-droit ou très légèrement retroussé, beaucoup plus long que la tête. Jambe longue et grêle. Tarse d’uti quart environ qilus long que le bec et de deux cinq, à qjeu qmès pilas grand que le médian avec ongle. Doigt externe palmé légb'ement au delà de P articulation, interne faiblement qialmé à la base. Queue subcarrée, à rectrices médianes subconiques un peu débordantes. — Faces sup. en majeure paitie grises, plus ou moins maculées de noir; moitié inf. du dos blanche; sus-caudales et rectrices blanches, plus ou moins marquées de taches ou raies noirâtres transversales, étroites et assez distantes. Baguette de la l'° rémige blanche. Faces inf. blanches, maculées de noirâtre au cou, sur les côtés du coips et aux sous-caudales. Bec noir. Pieds d’un noir rougeâtre.
Long. tôt. (>'",230 — 250; aüe pliée O"', 135 — 140; queue 0"‘,055 — 065; taise 0'“,049 — 052; médian, avec ongle (>'",030 — 032; bec, au front (>'",039 — 042.
ScoLOPAX TOTASüs Linné, Syst. A'at., I, p. 245, 1766.
Totanüs stagnatllis Nat. Dcutschl., IV, p. 261, 1809. Temminck,
Man. Orn.,II, p. 647, 1820. Saci, Omit, tosc., II, p. 278, 1829. Schinz, Fauna helv., p. 109, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 141, 1854. Miva, Omit, ticin., p. 454, 1865. Beijl. et fferfte, Ornith. eur.ll, p. 221, 1867. F^ritech,VôgelEurop.,Tab. 38, Fig. 3, 1871. 20‘t(fc77ch,Deutsche Vôgel, 4«é(l., p. 799,1891. Faune Vert.,
Belgique, Oiseaux, II, p. 193, 1894. Sharpe, Cat. B.Brit. Mus., XXIV, p. 422, 1896. Hand-list, I, p. 160, 1899.
Glottis st.agsatilis Koch, Baier. Zool., p. 306, 1816.
Tringa guinbtta Paîlas, Zool., .II, p. 196, 1811-31.
Noms vülg. (peu connu) S. F. : Chevalier. — S. A. : Strandlàtifer.
Mâle et femelle ad., en été : Dessus de la tête et du cou blanchâtre, rayé ou maculé en long de noir. Moitié supérieure du dos, scapulaires et pennc.s cubitales diin gri.s cendré à très légers reflets rougeâtres et maculées de noii-. Couvertures alaires supérieures [d’un cendré brunâtre, les plus grandes finement liserées de blanchâtre; couvertures sous-alaires blanches, légèrement maculées do brun vers le bord. Rémiges primaires noirâtres, la pre-
ÉCHASSIERS
iilière avec baguette Iilanclie. Bas du dos et sus-caudales Idanclies, les dernières plus ou moins tachées ou barrées de noirâtre, vers le bout. Rectrices blanches, marquées plus ou moins d’étroites raies transversales noirâtres ; les deux médianes volontiers un peu lavées de grisâtre; les latérales presque entièrement blanches. Front, lorums, sourcils et joues blancs, ponctués de noirâtre. Faces inférieures blanches, avec petites taches noires, ovales sur le cou et le haut de la poitrine, plus élargies on raies transversales sur les flancs et plus allongées en stries sur les sous-caudales. Bec noir. Pieds d'un noir rougeâtre, un peu teintés de verdâtre aux articulations. Iris brun.
Adidte.s, en hiver: Faces supérieures d’un cendi-é clair; les scapulaires et les cubitales bordées de blanchâtre; nuque rayée de brun; les plumes du dessus de la tête et du haut du cou bordées de blanchâtre. Les taches et raies de.s faces inférieures et de la queue en général plus brunes que noires. Bec noirâtre; pieds olivâtres.
Jeunes, avant la mue : Bruns en dessus, avec les plumes bordées de jaunâtre ; pennes cubitales rayées de brun foncé, en travers. Rémiges primaires brunes, terminées de blanchâtre. Faces inférieures blanches, tachetées de brun au cou et à la poitrine. Bec bimn, plus court. Pieds d'un cendré verdâtre.
Le Chevalier stagnatile est assez rare, bien que de passage presque régulier, dans la plaine suisse, dans les marais et les prairies humides, ainsi que sur les bords des étangs et sur les parties vaseuses des grèves des lacs, depuis le bassin du Léman et la région des lacs de Neuchâtel, Biennc et Morat, à l’ouest, jusque dans les cantons de Zurich et de Thurgovie, à l'est, se montrant moins que d’autres dans les montagnes. Il passe isolément, par paires ou on petite société, d'ordinaire en avril, puis en août ou en septembre, s’arrêtant généralement peu dans le pays et n’y nichant jamais, à ma connaissance. Très haut sur jambes, il s’avance assez loin dans l’eau et nage même très volontiers, en quête dos petits animaux qui lui servent de nourriture. Son appel a été traduit tour à tour par les syllabes fli-hu,Jli-bn ou tiia, tiia. Il pond ordinairement sur le sol, dans un petit creux, non loin de l'eau.
Ses œufs, souvent au nombre de 4, sont gros, piriformes et ventrus, dépourvus d’éclat, jaunâtres ou roussâtres, et semés de taches éparses, plus ou moins petites ou grandes, grises et brunes; ils mesurent d'ordinaire 0’“,038 — 042 sur 0'".028 — 0.31.
L’espèce habite l'Europe moyenne et méridionale, les contrées orientales surtout, une partie de l'Asie et l’Afrique septentrionale.
TOTANIENS
Elle se reproduit assez communément en Hongrie et abondamment, dit-on, dans les régions avoisinant la Mer Noire.
232. — 4 : CHEVALIER JAMBETTE GanibeUiuasseiidtifer — Pettegola.
TOT.CNCS C.^LIDHIS Linné.
Bec droit, très faiblement élargi vers le bout, et bien plus long que la tête. Tarse passablement plus long que le bec et de près d’un, tiers plus long que le médian 'avec ongle. Doigt externe palmé presque j usqii’à 2" articulation, interne j usqu’à moitié de P'" phalange et bordé. Queue subcarrée, les redrices médianes subconûques, légèrement débordantes. —
Faces supérieures en majeure qwrtie d’un cendré -brun olivâtre, finement mouchetées de noir; moitié inférieure du dos blanche; sus-caudales et rectrices blanches, tra versées de nombreuses raies noirâtres, assez serrées sur les secondes (voy. fig. 28); grandes couvertures largement terminées de blanc; baguette de P° rémige blanche. Faces inférieures blanches ou blanchâtres, plus ou moins striées ou maculées de noirâtre. Bec rouge à la base, brun en avant. Pieds rouges.
Long. tôt. 0'“,270 — 300; aile pliée O”',! 50 — 164; queue 0'^, 005 — 072; tarse O'", 045 — 0.50 (0'^,042); médian, avec ongle 0'^,030 — 035; bec, au front O"', 037 — 044.
Teinga GAMBETTA Linné, Syst. Nat. éd. 10, p. 148, 1758. — T. variegata Brünnich, Orn. bor., p. 64, 1764. — T. Gambetta, T. striata Gmelin, Syst.Nat., I, p. 671 ct672, 1788. T. Gambetta Meisner u. Sch., Y6ge\ derSchweiz, p. 218, 1815.
ScoLOPAx CALiDRis Linné, Syst. Nat., I, p. 245, 1766.
Totanus striatu8,T. NÆviosi(rm(M»,Ornith.,V,p. 196 et 200, 1760. — T.ca- LiDRis Bechslein, Nat. Deutschl., IV, p. 216, 1809. Temminck, Man. Ornith., II, p. 643, 1820. Savi, Omit, tosc.. H, p. 271, 1829. Nilsson, Skaud. Fauna, Fogl., II, p. 221, 1836. Schinz, Fauiia helv., p. 109, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 137, 1854. B,iva, Omit, ticin., p. 462, 1865. Begl. et Gerbe, Orn ith. enr., II, p. 2 18, 1867. Fritsch, V ôgel Europ., Tab. 34, Fig. 4 et 6, 187 1 . Fhderich, Deutsche Vôgel , l® éd.,p.791,Taf. 42, Fig.4,1891. 7>m6ow, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 202;
ÉCHASSIERS
1894. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p.414, 1896. Hand-list, I, p. 160, 1899. — T.littoralis JSreIim,l8is, 1830, p. 990. Yôgel Deutfichl., p. 636,1831. — T.græ- Cüs, T. MBBiDioNALTs JBre/m, Vogelfang, p. 312, 1855.
Gambetta oalidris Kaup, Nat. Syst., p. 64, 1829.
Noms vulo. S. F. : Chevalier gambette, Chevalier à pieds rouges. Gambette, Sifflet, Sifflasson, Genève. — S. A. : Bolhfüssiger Wasserlâufer. — S. I. : Spinzighetun, Spinzighetta.
Mâle et femelle nd., eu été : Faces supérieures d’un cendré brun un peu olivâtre et légèrement teintées de rougeâtre, avec macules allongées brunes sur la tête, le cou et le haut du dos, et taches ou barres transversales brunes sur les couvertures moyennes et grandes et les pennes cubitales. Poignet d’un brun olivâtre. Grandes couvertures largement bordées et terminées de blanc. Rémiges primaires noirâtres, la l^à baguette blanche; rémiges secondaires en majeure partie blanches. Couvertures sous-alaircs blanches, un peu variées de gris et de brun vers le bout. Moitié inférieure du dos blanche; sus-caudales blanches, barrées de noir en travers. Rectrices blanches, sauf les médianes, plus ou moins lavées de gris-brun et traversées de raies noirâtres nombreuses et serrées. Lorums et joues variés de noirâtre et de blanc; paupière supérieure et un léger trait en arrière de l’œil blancs. Faces inférieures blanches, légèrement teintées de grisâtre sur les côtés de la poitrine, avec des taches d’un brun noii-âtre, allongées sur le centre des plumes, depuis la base du bec jusque sur le ventre où elles sont moins serrées, plus larges et volontiers en barres transversales sur les flancs, les jambes, les environs de l’anus et les sous-caudales. Bec rouge dans la moitié basilaire, noir dans la moitié antérieure. Pieds d’un rouge vermillon ou orangé. Iris brun.
Adidtes, en hiver: Faces supérieures d’un cendré brunâtre, avec une strie brune ou noirâtre sur le centre des plumes et le bord de celles-ci plus clair. Faces inférieures blanches, nuancées de cendré sur les côtés du cou et de la poitrine, avec macules brunes volontiers moins serrées ou plus rares, parfois même, absentes, sur le bas de la poitrine, le ventre et les sous-caudales. Bec rouge et brun ; pieds d’un rouge plus pâle.
Jeunes, avant la mue : Parties supérieures brunâtres, avec les plumes de la tête et du cou un peu bordées de roussâtre pâle. Cou et haut de la poitrine plus ou moins lavés de cendré-roussâtre, avec macules brunes; le reste des faces inférieures blanc, les flancs et les sous-caudales avec des macules noirâtres. Bec plus court, livide à la base, biain au liout; pieds orangés.
TOTANIENS
A la naissance : Couverts d’un duvet gris-roussâtre. en dessus, avec taches noires dessinant deux bandes de chaque côté sur le dos; blanc sur la goi'ge et le ventre, fauve pâle sur le cou, la poitrine et l'abdonien, en dessous. Une étroite calotte rousse encadrée de noir sur le vertex, joignant le bec et l’origine du cou. Un trait noir sur les côtés de la tête, du bec à la nuque. Bec noir, la mandibule inférieure pfile à la base; pieds d’un jaune terne (sec. Vian).
Variétés : Cette espèce varie passablement dans ses différentes livrées, particulièrement quant à la disposition et à l'accentuation des taches brunes ou noires sur les faces inféi'ieures. Bien ([uc l’albinisme parfait soit rare chez les Échassiers, on cite un individu entièrement blanc de ce Chevalier.
Le Jambette n'est pas rare dans le pays, tant au nord qu'au sud des Alpes, dans le Tessin, où il hivernerait parfois. Quelques paires nichent çà et là dans les parties marécageuses des régions inférieures et moyennes; cependant, c’est surtout aux époques des passages, plus particulièrement dans la plaine suisse et dans le Rheinthal, (pie nous le voyons le plus fréquemment. Il nous arrive généralement ffn mars ou en avril, plus ou moins tôt ou tard selon les années, exceptionnellement encore au comméncemeiit de mai, et repart ou i-epasse en août ou en septemlire, parfois déjà en juillet, plus rarement en octobre. On le rencontre, suivant les circonstances, dans les marais, les tourbières et les prairies humides ou sur les grèves de nos lacs et rivières, parfois en été dans la région montagneuse, même à 1450 m. dans le val d’Urseren. sur la route du Gothard, au passage d’automne. Il voyage isolément ou par paires, quelquefois en petites sociétés ; ses longues jambes rouges le. font aisément reconnaître. Ses allures assez vives et son alimentation purement animale sont celles des Chevaliers en général. Son appel ordinaire consiste en un sifflement un peu plaintif et peut être rendu par les mots tu-u-it ou kn-u-it; mais, dans la crainte d'un danger, particulièrement dans la sai.son de re])roduction, il fait entendre quelquefois dos ci-is différents (pie l'on peut traduire par les syllabes répétées kli, kli, kli, kli ou dlüU, dlidl, dlidl, dlidl. La femelle pond en mai, dans une petite dépression du sol, entre les herbes, près de l’eau.
Ses œufs, au nombre ordinaire de 3, quebpiefois 4, gros, piriformes un peu allongés, à coipiille médiocrement lisse et sans éclat, sont d’un blanc jaunâtre, roussâtres, rosâtres, d’un jaune biainâtre ou encore d’un jaune verdâtre, avec nombreuses taches éparses, petites et moyennes, grises, brunes ou noirâtres, selon qu'elles sont
ÉOHASSIEllS
plus OU moins profondes, les noirâtres très irrégulières affectant parfois la forme de traits. Ils mesurent 0’''.044 — 047 sur 0'",030 — 033.
L'espèce est très répandue en Europe, en Asie et jusf|ue dans le nord de l'Afrique; (die se reproduit dans les régions .septentrionales et tempérées des deux premiers continents, hivernant régulièrement déjà dans le midi de la Franco et en Italie.