Genre 12 : COURLIS
NUJIENIÜS Mœliring '.
Bec beaucoup plus long que la tète, parfois deux à t7^ois fois aussi grand, un peu co^npinmé à la base, bien arqué et plus ou moins grêle; mandibule sup. très légèi^ement dilatée et courbée au bout, dépassant wi peu l’inférieui'e; nainties en fente allongée et sub-basales ; menton bien empÀumé (voy. fig.30).
Ja^nbes lo7igues, nues le plus souvent sur un tiers
K J. • ' J Fig. 30. Tète de Numbmus ahquatus, ad.
a 7noitiede
leur longueur. Tarses assez 7'obustes et assez longs, en partie ou en majeure partie étroite'meiit scutellés en avant, réticulés en amnè^'c, sur les cotés et sur un phis ou moins gra^id espace, dans le haut, en avant. Doigts a.nt. moyens, assez 7'obustes et boi'dés; externe et interne plus ou moins palmés à la base. Ongles moyens, un peu ai-qués et épais, le médiaii générale^nent un peu tordu vers le côté exté- 7Heur. Ailes assez étroites et éeha^icrées, la i’’® rémige la plus longue, atleig^iant ou à peu près le bout de la queue.
' Ex Gessner.
Queue courte ou assez courte, carrée ou suharrondie, à 12 rectrices larges, arrondies ou conico-arrondies. Cou assez long. Tète ovale.
Œufs le plus souvent au nombre de quatre, gros, piriformes, plus ou moins ventrus, à coquille un peu terne, volontiers olivâtres et plus ou moins tachés.
Les Couidis, parmi les plus grands représentants do la famille, sont migrateurs et errants, sociables et généralement assez sauvages. Us fréquentent également, suivant les circonstances, les rivages, les marais, les terrains humides ou les champs, en quête d’insectes, de vers, de mollusques, de crustacés ou de frai, même de poissons et de petits reptiles. Ils voyagent d’ordinaire à une assez grande élévation, parfois isolément ou par paires, souvent en famille ou en troupes plus ou moins nombreuses, d’un vol régulier et médiocrement rapide, mais très soutenu. Leur démai'che est gracieuse et compassée; leur voix est assez sonore et plus ou moins flûtée. Ils nichent h terre, dans une petite dépression du sol, à peine garnie de menus débris végétaux.
Des quelques espèces de ce genre, très répandues dans les deux mondes, cinq figurent plus ou moins en Europe, dont deux, américaines, N. hudsonicAis Lath. et N. borealis Lath., qui ont fait quelques rares apparitions dans le nord de notre continent, la seconde jusqu’en Angleterre, nous manquent complètement.
238. — 1 : COURLIS CENDRÉ Grosse)' Braclivogel — Cliiivlo maggiore,
XUME.NICS AKQUATUS Linilé.
Bec hie» arqué, assez robuste, mesura »t gu'ès de h-oisfois la tête, (ad.) et ui/e et demie à deux fois le tarse; mandibule sup. Bès légèrement renflée et échan.n ée vo'S le bout, en. dessous (voy. fig. 30). Jambe nue sur près de moitié de la longueur. Tose seutellé sur moitié inférieure oiviron, en avant, réticulé au-dessus. Médian aves ongle trois cinq, du taj'se, environ. Doigt externe palnié qnesque jusqu’à 2° articulation, into'ue un peu au delà de la T”. Ailes atteignant p)esque, ou déliassant légèrement le bout de la queue. — Manteau vai'ié de brun , de gi'is et de nux ou de roussâtre, en dessus; bas du dos
NUMÉNIENS
blanc, nn^wu onnculê de brun. Dessus de la tête roussâtre, avec nombreuses stries brunes. Ventre blanc, avec tiuclques macules brunes. Queue blanche ou blanchâtre, barrée de brun.
Long. tôt. 0"‘,6Ü0 — (SSO (0"‘,33U — 700J; aüe pliée 0'^,290 — 320; queue 0"‘,113 — 123; tarse 0”‘,078 — 080; médian, avec ongle 0"',048 —032; bec, au front 0”',120—I80 f0'",200).
ScoLOPAx AK(iUATA, Sc. MADASAscAKiENSis Linné, Syst. Nat., éd. 10, 1758 etécl. 12. 1, p. 212, 1766 (arquatarï Gessner).
Numenius xümenius, N. madagascabiensis, Brisson, Orn., V, p, 311 et 321, 1760(NuMENiuse.'e Gmwer).— N. ARQüATA(aliiAEQüATDs)ia</i., Index, II, p. 710, nW.Meisneru.Sch., VôgelderSchweiz.p. 201, 1816. Tenon., Man. Ornith., II, p. 603, 1820. Sali, Omit, tosc., II, p. 320, 1829. Mlsson, Sltand. Fauna, Fogl., II, p. 178, 1835. Schinz, Fauna helv., p. 107, 1837. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 123, 1854. Omit. ticin.,p. 433, ÏBG5. Begl. et Gerie, Ornith. eur., II, p. 169, 1867. Fritsch, VOgel Europ., Tab. 40, Fig. 3, \BTi . Friderich, Deutsche Vôgel, 4® éd., p. 832, Taf. 45, Fig. 2, 1891. Dubois, FauneVert. Belgique, Oiseaux, II, p. 249, 1894. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 341, 1896 ; Hand-Iist, I, p. 157, 1899. — N. MAJOR Stephens, in Shaw, Gen. Zool, XII, p. 26, 1826. — N. virgatus Cuvier, Règ. Anini., I, p. 521, 1829. — N. nasicüs Temminck, Maa. Orn., IV, p. 393, 1840. — N. MBuins Brehni, Isis, 1830; VOgel Deutsehl., p. 009, 1831. — N. assi- MiLis, N. ROPESCENS, N. LONQiROSTRis Brelim, Naumaania, 1855, p. 291.
Noms vülg. S. F. : Couiiy ou Grand Courly. Sifflet, Grand Sifflet, Loui ou Louis, Grand Loui, Genève et Vaud; Bon Imuis, Neuchâtel; Louis, Faoug. — S. A. : Lui, Luischnepf Doppelschnepfe; Brachvogel, Berne, etc. ; Gruser, Griel, lac de Constance {sec. Schinz). — S. I. : Ciou-ciou, Ciurlo (Stellahbrin?).
Mâle adulte: Faces supérieures en majeure partie d'un brun noirâtre, avec les plumes largement liordées de cendré-rous.sâtre. Les petites et moyennes couvertures bordées de gri.sâtre et de blancbâtrc; les grandes couvertures largement liordées et latéralement tachées de blanc. Les scapulaires bordées et tachées de roussâtre ou de roux ; les cubitales bordées et tachées de gris ou de cendré-roussâtre (la pluiiart de ces plumes plus ou moins acuminées ou dentelées par l’usure). La moitié inférieure du dos lilancbe, avec quelques macules allongées d’un brun noirâtre. Sus-caudales blanches, en partie barrées de brun. Rectrices blanches, barrées de bi'un, les médianes plus ou moins nuancées de cendré. Rémiges noirâtres, de plus en plus marbrées de blanc sur les barbes internes, à paitir des premières. Faces inférieures blanches ou blanchâtres, lavées de roussâtre, avec nombreu.ses macules allongées brunes au cou et à la poitrine; plus blanches au ventre et aux sous-caudales, avec des macules brunes lancéolées, plus larges et plus espacées, sur le premier,
ÉCHASSIERS
et quelques Unes stries sur les .secondes. Gorge blanclie ou blanchâtre ; joues et sourcils d'un roussâtre pâle, avec petites stries lirunes. Bec l)run. cendré de.s.sous. Pieds plondiés. Iris brun-fauve. — El! nutonuie: Teintes rousses moins accentuées.
FenipUe adulte : Assez semblable au mâle, bien que légèrement plus petite, avec moins de roux et plus de cendré.
Jeunes, avant la mue : Plus petits, avec bec plus court et moins arqué, et plumage plus cendré.
A la naissance : Couverts d’un duvet d’un roux pâle, varié do taches irrégulières brunes, eu dessus, d’un fauve roussâtre, en dessous; une taclie trapézoïdale sur le vertex. une autre moins accusée sur la région auriculaire et un trait sur les commissures. Bec plus court que la tête, presque droit et noirâtre, la mandibule inférieure jaune en arrière; pieds d'un l)ruu olivâtre.
Variétés : Le N. lineatus de Cuvier {N. nasicus Teiiim.) paraît n’étre qu'une variété moins maculée .sur le bas du dos, avec bec plus allongé, de notre N. arquatns, dans la Sibérie centrale, les Indes et les parties orientales de l’Afrique.
Le Courlis cendré ou Grand Courlis e.st de passage régulier et assez abondant dans tout le pays, un peu plus fréquent peut-être à l’ouest que dans le centre, à l'est et au sud. U se reproduisait assez souvent tm Suisse, dans les marais du Ba.s- Valais. d'Orbe et d’Anet, dans le sud-ouest, ainsi que dans certaines localités du bassin de la Thour et dans le Bheinthal. à Test; mais les ti'avaux de dessèchement opérés depuis (pielqucs années en divers lieux, dans les grands marais d’Orbe et d'Anet en particulier, ont beaucoup diminué la proportion des niellées dans le pays. Il arrive d'ordinaire fin mars ou en avril, exceptionnellement encore les premiers jours de mai, ou déjà en février, le (> de ce mois entre autres en 1889. après un hiver très doux. Il repasse, on sociétés plus ou moins nombreuses, dans le courant do l’été, on août surtout ou en septembre, souvent déjà. Isolément ou par paires, plus ou moins tôt dans le courant de juillet, parfois mémo en juin, plus rarement au commencement d'octobre encore. 11 passe généralement assez haut, de jour comme de nuit (en bandes nombreuses surtout de nuitjy d'un vol ri'lativement lent, répétant à tout instant l'appel assez sonore qui lui a valu .son nom de Coârhj ou Louis, souvent deux fois, hui hui ou houui houui; cri qui, de loin, paraît sifflé ou tiûté, mais qui, de très près, paraît plus gi-ave. un peu guttural, et .semble
* Il y a tantôt 25 ans.
^ Généralement par le vent du snd-oiiest, en été, scion M. H. Poney, à Genève.
NÜMÉNIENS
oxpi'imer plutôt le mot chôui ou tschnui, l’j en apparence lieaucoup moins accusé.
Je ne connais pas (roliservations positives sur la présence ou le passage de cette espèce dans les Alpes, et je ne crois pas qu’elle hiverne dans le pays, bien que des sujets aient été vus parfois jusqu’en décembre.
Le Courlis plane volontiers (|uelques instants avant do se poser et se laisse d'ordinaire tomber d’assez haut, n'étendant les ailes pour ralentir sa chute ([u'au moment de prendre terre. 11 marebo à grands pas. sim le sol comme dans l’eau, et nage même à l'occasion. Sa nourriture consiste en animaux divers qu'il extrait de la vase avec son bec démesurément allongé, ou qu'il recueille sur terre ou dans l’eau, tels que vers, mollusques, crustacés, insectes, oi'tboptèros en particulier, larves, frai, grenouilles, petits reptiles et poissons. 11 absorberait même parfois, selon Brebm, des matières végétales, des liaies entre autres. Doué d’un naturel méfiant et farouche, il se tient généralement à découvert et se laisse diflicilement ajiprocber.
11 niche dans les marais ou les tourbières, pondant on mai, entre les berbes. dans une petite dépression du sol à peine garnie de quelques débris végétaux.
Ses œufs, d’ordinaire au nombre de 4, gros, iiiriformes, plus ou moins ventrus ou ovoïconiques et à coquille peu luisante, sont d’un olivâtre tirant plus ou moins sur le vei’dâti-e ou le brunâtre, avec taches éparses de différentes dimensions, les unes grises plus profondes, les autres plus supei-ficielles d’un brun olivâtre ou d’un brun foncé, parfois assez grandes vers le gros bout ou mélangées de petits traits noirâtres. Ils mesurent O'^jOdO — 07(1 sur 0"‘,045 — 050, souvent O^jOdO— 070 sur 0”,045 — 04d.
L’espèce est très répandue en Europe et en Asie, se reproduisant surtout dans le nord, entre le 53' et le 05' degré, et se répandant vers le sud, après l’époque des nichées, dans ces deux premiers continents et jusque dans l’Afrique septentrionale et orientale.
239. — 2 : COURLIS CORLIFAÎ lîe(/e)ihrachvogel — CJtiurlo piccolo.
.N'U.MENius PH.EOi'US Linné.
Bec bien arqué, assez robuste, mesuraid euvirou deux fois la tête, une fois et demie à une fois et deux tiers le tarse; mandibule supé-
ÉCHASSIERS
Heure égale, sans échancrure vers le haut. Jambe nue sur un tiers à deux cinq, de sa longueur. Tarse scutellé sur les trois quarts environ, en avant. Médian avec ongle au moins deux tiers du tarse. Doigt externe palmé jusqu’entre T" et 2” aHieulation, interne à peu près jusqu’à qrremière. Aües couvraut la, queue ou à peu près. — Manteau varié de brun, de roussâtre et de grisâtre, en dessus; bas du dos blanc, avec ou sans macules bru nés. Dessus de la tête brun, avec une raie longUudinale médiane blanchâtre ou roussâtre. Ventre blanc. Queue eendré-brunâtre, barrée de brun.
Long. tôt. 0'“,4d0 — 480 (0“',520); aileqdiée ü'^,340 — 250; queue 0^,100 — 110; tarse 0,056 — 058; médian, avec ongle 0'^,030 — 041; bec, au front 0'^,078 — 100 (O'",! 10).
SooLOPAx PHÆOPüs Ltunéex Gessner, Syst. Nat.,éd. 10,1758etéd. 12,I,p.245, 1766. — • Sc. LDzoRiENSis GiiieUn, Syst. Nat., I, p. 666, 1788.
Numenius MiNOB Linné CSC Gessner, Syst. Nat,, éd. 6, 1746. Brisson, Ornitli., V, p. 317, 1768. — N. PHÆOPDS, N. luzoniensis Latlmm, Index, II, p. 711, 1790. — N. PHÆOPOS J4(II<is,Zoogr.,II,p, 169, 1811. Meisneru. Sch., Xôgel der Schweiz, p. 202, 1815. Temminek, Man. Ornitli., II, p. 604, 1820. Savi, Omit, tosc., II, p. 322, 1829. NilsHon, Skaiid. Fauna, Fogl., II, p. 181, 1835. Schinz, Fauna helv., p. 107, 1837. Bailly, Ornitli. Savoie, IV, p. 126, 1854. Biva, Omit, ticin., p.434, 1865. Degl. et Gerbe, Ornitli. eur., II, p. 162, 1867. Fritsch, VOgel Europ,, Tab. 40, Fig. 2, 1871 . Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 267, 1894. Sharpe, Cat. B. Brit. Mus., XXIV, p. 356, 1896. Ilanddist, I, p. 168, 1899. — N. atricapiLLus, Vieillot, Nouv. Dict., VIII, p. 303, 1818. — N. tjropvgialis Gould, Proc. Zool. Soc., 1840, p. 175. — N. melanobhyxcuus Bonap., Compt. rend., XLIII, p. 1021, 1856. — N. VARiEGATüsSabaÆoi7,Ann.Mus.CiT.Gen., XVIII, p.330, 1882.
Tantalus variegatus Scop., Del. Fl. Faun. lus., II, p. 92, 1786.
Phæopus phæopüs Cuvier, Règ. anim., I, p. 485, 1817. — Pfl. vulgaris Flem., Phil. zool., II, p. 254, 1822. — Ph. arquatus Stephens, in Shaio, Gen. Zool., XII, p. 36, 1826.
Noms vülg. S. F. : Petit Sifflet, Petit Loui, Demi Loui, Grenet, Genève, Vaud. — S. A . : Kleiner Lui, Hulblouis. Wirgeler, Constance. — S. I.; Ciou- Ciou, Ciurlett.
Mâle et femelle adultes: Faces supérieures rt’un brun un peu cendré, les plumes finement bordées de gris-roussâtre ; les diverses couvertures alaires plus ou moins bordées ou tachées de blanc ou de blanchâtre. Le dessus de la tête brun foncé, avec une bande longitudinale médiane d'un roussâtre très pâle et une large raie sourcilière de chaque côté, de même, couleur claire, ponctuée de brun. Moitié inférieure du dos et sus-caudales blanches, avec quelques stries et des raies transversales brunes, sur les dernières principalement ; le bas du dos assez souvent immaculé, chez de vieux sujets. Rectrices d’un cendré brunâtre, les latérales presque blanchâtres.
KUMÉNIENS
avec des bandes transversales brunes et terminées de blanc ou de blanchâtre. Rémigc.s noirâtres, de plus en plu,s variées de blanc, sur les barbes internes surtout, à partir des premières. Gorge, ventre et sous-caudales rl’iin blanc pui’, avec quebiues bues stries brunes sur le haut du ventre et les sous-caudales ; devant et côtés du cou. poitrine et haut des flancs blanchâtres, teintés d'un cendi-é clair légèrement roussâtre, avec de petites macules allongées brunes et serrées sur le cou et la poitrine, et des taches plus largos et transversales .sur les flancs. Joues blanchâtres, striées de brun. Lorums ponctués de brun plus foncé. Bec noirâtre, rougeâtre on dessous. Pieds d'un gris-plombé bleuâtre. Iris brun. — Feiiirlle assez semblable au mâle, bien que volontiers un pou plus petite.
Jeunes, avant la mue : Plus petits, avec bec plus court et moins arqué, res.semblant déjà à ce qu’ils sei’ont après la première mue, soit de teintes légèrement plus sombi-es et plus ternes, en dessus, un peu plus roussâtres à la poitrine, avec la raie céphalique médiane et les sourcils moins franchement dessinés, ainsi que le bas du dos plus maculé.
A la naissance: Couverts d’un duvet gris-blanchâtre, très légèrement teinté de roux, en dessus, avec taches longitudinales noires sur le dos et les ailes ; presque blanc, en dessous ; une calotte triangulaire noirâtre sur le vertex ; quelques traits de même couleur sur les côtés de la tête ; sourcils blanchâtres. Bec plus court que la tête, presque droit et noirâtre, jaunâtre en arrière, en dessous seulement; pieds plombés.
Variétés : Les représentants de cotte espèce en Asie, plus largement maculés de brun, sur le bas du dos, le croupion et les suscaudales, ont reçu le nom de N. varierjatus Scop.
Le Courlis Corlieu. notablement plus petit que le précédent et un peu moins abondant, est de passage régulier, d’ordinaire moins précoce, tant au sud dos Alpes que dans les différentes parties de la plaine suisse, au nord de cellés-ci. 11 n'a jamais, que je .sache, niché dans le pays; mais on l'a par contre obsei-vé quelquefois en hiver sur les grèves de certains lacs, sur les bords du Léman, à l'oue.st, en particulier. 11 voyage de jour et de nuit, soit isolémoTit ou par paires, soit en famille ou en petites ti'oupes, arrivant vers la fin de mars ou en avril, et repassant généralement entre la fin do juillet ou le commencement d'août et le milieu d’octobi-e. Il vole souvent moins haut que le précédent et s'arrête d’ordinaire moins, soit sur nos rivages, •soit dans nos marais. Comme le Cendré, on le voit plus en été ou en automne qu'au printemps.
ÉCHASSIERS
Scs iiiœiii's, scs allures et son alimentation resseinlilent heaucoup à celles du Courlis cendré. Cependant, ses cris ou appels sont notablement diiléronts; on peut les traduire par la .syllabe hti rapidement réjiétée: hit-]m-lni-hit-hii.
Il se reproduit dans le nord, jusqu'au 70" degré environ, nichant à peu près dans les mômes conditions que le précédent.
Ses unifs, ordinairement 4, gros, piriformes. plus ou moins coniques et relativement peu luisants, sont verdâtres ou olivâtres, avec taches grisâtres et brunes plus ou moins éparses, les dernières parfois assez foncées et un peu .serrées vers le gros bout; ils me.surent 0"', 057— 062 sur 0’",041— 044.
Cette espèce, assez répandue en Europe et en Asie, se montre en hiver jusque sur les côtes d’Afrique, ainsi qu’en Chine, au Japon et dans différentes îles, Sumatra. Bornéo, les Philippines, etc.
240. - 3 : COURLIS A BEC GRÊLE DUiii/scIiiiahlige?- Braclivogel — CldiirlotteUo.
NC.MiiNius TEXUiROSïRis Vieillot.
Bec méiliocremeni nrqaé, grêle et assez atténaé en avant, généralement plus court que (leux fois la tête, et mesurant une fois et un huit, à une fois et un tiers le tarse. Mandibule sup. très légèrement ■renflée et échancrée vers le bout, en dessous. Jambe nue surqn-ès de deux cincp de sa longueur. Tarse presque entièrement scutellé en avant. Médian avec ongle à peu près trois cincp du tarse. Doigt externe prdmé à jieu près jusqu’il T° articulation , interne à moitié de première phalange environ. Ailes atteignant d’ordinaire le bout de la queue. — Manteau varié de brun, de roussdtre et de gris, en. dessus; bas du dos blanc. Dessus de la tête gris-roussatre, avec nombreuses stries brunes. Ventre blanc, maculé de noirâtre. Queue blanche, barrée de noirâtre.
Long. tôt. 0"‘,d30 — 4(M ( 0'^,47ü); aile pliée O"', 245 — 208; queue 0'^,Ü95 — 102; tarse 0“',004 — oOO; médian, avec ongle O"', 035 — 037 ; bec, au front (('^,071 — 090 (O"', 095).
Nrmeniüs tenuirostris Vieillot, Nouv. L>ict., VIII, p. 202, 1817. Savi, Omit, tosc., II, p. 324, 1820. Temininck, Man. Ornith., IV, p. 394, 1840. Bailly, Ornith. Savoie, IV, p. 128, 1864. Begl. et Gerbe, Ornith. eur., II, p. 160, 1867. Fritsch, Vôgel Enrop., Tab. 40, Fig. 1, 1871. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II,
XUJIÉNIEXS
p, 254, 1894. Sharpe, Cat. B. Brit. JIiis., XXIV, p. 348, 1896. Hand-list, I, p. 157, 1899. — N. SYNGENicos Mühh {v. d.), Oru. Griechcnl., p. 111, 1844.
XoMS vüLG., aucun (trop rare).
Mâle aclitUe: Faces supérieures en majeure partie (Fuii brun un poil cendré ; les plumes de la tête et du cou si largement bordées de roussâtre clair et de lilancliâtre, qu'elles semldent plutôt pâles, avec macule centrale brune ; les plumes du haut du dos. les scapulaires et les cubitales avec large bordure cendré-rou.s.sâtre, les plus grandes pennes tachées au.ssi latéralement; les couvertures petites et moyennes largement bordées de blancluitre. les grandes bordées et profondément taebées de blanc. Jloitié inférieure du dos et suscaudales Idanches, les dernières avec quelques .stries et taches brunes. vers le bout. Eectrices blanches, harrées de noirâtre. Eémiges noirâti-es. plus ou moins tachées de blanc, après la quatrième. Faces inférieures blanches, ti-ès faiblement teintées do gri.sâtre au cou et à la poitrine, avec nombreuses macules noii-âtres, taches courtes ou en goutteletti's sur le cou et la poitrine, plus grandes et plus ovales sur le haut du ventre et le flancs ; sous-caudales le iilus souvent immaculées.
Femelle adulte : A.ssez semblable au mâle; mais, selon certains auteurs, de taille légèrement plus forte, avec bec plus long.
Jeunes : Eappelant assez les adultes, avec bec plus court.
Variétés ou croisements : Gerbe croit que les N. si/uyenicos von der Mühle et ÀV. hastatus Contarini sont dus à des croisements du X. tenuirostris avec le N. phæopus, pour le premier, avec le N. arquatus pour le second.
Le Courlis à bec grêle est très rare en Suisse, où il n’a fait jusqu'ici que (luehiues apparitions (piasi exceptionnelles. Il aurait été tué, selon divers rapports : deux fois dans la vallée du Ehin, près de Coire et près de Lüstenau ' ; une fois, en septembre 1878, au bord du lac de Constance ; une fois, à la même date, à Uster, près de Zurich ; une fois dans les environs de Fribourg ; une ou deux fois près de Neuchâtel et trois ou quatre fois dans les environs de Genève, les deux dernières, à ma connaissance h en septembre ISlKî et en mai 1890, près de Corsier. Ses mœurs, ses allures, son alimentation et sa nidification rappellent celles des espèces jirécédentcs.
' Je suppose que le sujet de Lüstenau est le mâle qui a été tué le 4 avril 1865 et qui se trouve, nie dit-ou, au Musée de St-Gall, avec un point de doute de la main de feu le Dr StWker.
^ Jusqu’en août 1895.
ÉCHASSIERS
Deux œufs, reçus do l’Oural par Hardy, ressemblent pour la forme et la couleur à ceux du Courlis cendré; ils mesureraient, selon Gerbe, 0“, 055— 057 sur 0'", 038— 042.
Cette espèce n’est pas septentrionale, comme les deux autres, mais bien, au contraire, méridionale et méditeri-anéenne. Son aire géograpbiquo est beaucoup plus limitée. Elle se reproduit en Grèce et en Asie mineure, du côté de l’orient surtout, tandis cpi’elle ne se monti'e guère qu’en passage plus ou moins régulier dans les pays plus occidentaux, l’Espagne et le Midi de la France, par exemple, et même en Italie. Elle lüvernc volontici's dans le nord do l’Afrique et ne se montre guère qu'accidentellement dans l'Europe moyenne.