Les seconds, dits poissons plats, dont quelques espèces
1 A l’exception des Gadopsidœ.
2 Les intéressantes recherches de Steenstrup sur le développement de quelques espèces de ce second sous-ordre nous ont appris que ces poissons naissent symétriquement conformés, comme les autres, avec un œil de chaque côté de la tête, et que ce n’est que plus tard que l’asymétrie se produit avec le changement de position du corps.
GADIDÉS.
remontent plus ou moins dans les eaux douces de l’Europe, sont entièrement étrangers à notre pays, bien qu’arrivant en grand nombre sur nos marchés, comme la Sole, la Plie , le Turbot , la Barbue , etc.
Impossible de passer ici sous silence une citation d’Ogérien qui, dans son Hist. nat. du Jura, III, p. 371, signale quelques captures accidentelles de la Plie {Pleuronectes plateàsa) dans le Doubs, rivière dont le cours supérieur arrose une partie de la frontière nord de la Suisse; sans toutefois considérer pour cela ce poisson plat comme devant faire partie de notre faune \
Famille I. GADIDÉS
GAD1DÆ
Les Gadidés ont le corps plus ou moins allongé, couvert de petites écailles lisses. Ils portent une, deux ou trois nageoires dorsales occupant parfois presque toute la ligne dorsale, les rayons de la postérieure généralement bien développés. Ils ont une ou deux anales. La caudale est chez eux distincte de la dorsale et de l’anale, ou, si elle leur est réunie, la dorsale présente alors une partie antérieure détachée. Les ventrales sont jugulaires, composées de plusieurs rayons, ou plus ou moins réduites à un fil, et, dans ce dernier cas, la dorsale est alors d'ordinaire divisée.
1 II est fort probable que ce n’est pas dans le cours supérieur du Doubs que ces apparitions accidentelles ont été observées. Il est à remarquer, en outre, qu’en décrivant le Flet ( Pleuronectes flesus L.), Blanchard (Poissons de France, p. 266) dit que la Plie (Pleuronectes platessa) n’entre qu’accidentellement dans les eaiix douces de la France. Du reste, E. Olivier, dans sa Faune du Doubs, en 1883, ne cite nulle part, malgré le dire antérieur d’Ogérien, en 1863, un Pleuronecte dans les eaux de cette rivière.
L’ouverture branchiale est grande, et les membranes branchiostèges ne sont pas attachées à l’isthme. Ils n’ont pas de pseudobranchies, ou celles-ci sont glanduleuses et tout à fait rudimentaires. Ils sont pourvus d’une vessie à air et, le plus souvent, d’appendices pyloriques.
Les représentants de cette riche famille sont en majorité marins et propres aux régions arctiques et tempérées.
Les différents genres qui rentrent dans la famille des Gadidce se distinguent par le nombre de leurs nageoires dorsales et anales, ainsi que par le fait de l’union ou de la séparation de celles-ci avec la caudale et par les développements différents de la première, par la structure particulière de leurs ventrales, et par la présence ou l’absence de dents sur le vomer. Beaucoup sont représentés sur les côtes de l’Europe, soit dans les mers du nord, soit dans la Méditerranée ; un seul, le dit Lofa, exclusivement d’eau douce, figure dans nos lacs et rivières.
Genre 1. LOTTE
LOTA, Cuvier.
Tête large. Bouche grande. Un barbillon au menton. Dents en velours et de dimensions quasi-égales, sur le pourtour de F inter maxillaire, sur la mandibule et sur le vomer ; point sur les palatins. Deux dorsales; la première courte, généralement avec dix à quinze rayons bien développés. Anale longue. Caudale séparée. Ventrales étroites, composées de plusieurs rayons-. Corps assez allongé, dans sa partie caudale surtout, et couvert de très petites écailles. — Sept ou huit rayons branchiostèges.
LOTA VÜLGARIS.
Le genre Lota ne compte jusqu’ici qu’une seule espèce, notre Lotte commune, très répandue dans les eaux douces des régions tempérées de l’hémisphère nord, en Europe et en Amérique
1 LA LOTTE COMMUNE Trische-1 2 3. — Bottatrice.
Lota vülgaris4.
Corps assez allongé, subcylindrique et épais en avant, de plus en plus comprimé et atténué en arrière , Tête large et déprimée; museau largement arrondi, dépassant légèrement la mâchoire inférieure . Mandibule avec un barbillon plus long cpie le diamètre de F œil, au menton. Orifice antérieur des narines bordé d’une valvule prolongée en petit appendice. Les dents vomériennes en large croissant antérieur. Des groupes de petites dents sur les pharyngiens supérieurs et infér ieu rs. Écailles très petites, juxtaposées et marquées de stries concentriques; ligne latérale ri atteignant pas la caudale. Première dorsale naissant un peu en arrière du milieu du tronc et à peu près de meme hauteur que la seconde, trèsvoisine mais beaucoup) plus longue. Caudale libre, ovalaire. Ventrales en avant des pectorales, acuminées, composées de cinq à
1 Si on en sépare, comme Giinther et d’autres, dans un genre à part exclusivement marin, sous le nom de Molva , le Gadus Molva de Linné, Molva vülgaris (Flem.) des mers du nord, et les deux espèces voisines : Molva abyssorum des côtes Scandinaves et M. élongata de la Méditerranée.
2 Ayant précédemment recommencé la numérotation des espèces avec chaque nouvel ordre, je dois attribuer ici le n° 1 à la Lotte , bien qu’elle soit seule représentant de l’ordre des Anacanthini ; elle constitue cependant la 47me espèce de nos Poissons suisses.
3 Aussi Aalrutte ou Quappe, en allemand.
4 Güntlier (Catal. of Fishes, IV, p. 360) indique, comme représentants de la même espèce en Amérique et noms synonymes de Lota vulgaris , les : Gadus Lota (Penn.), G. lacustris (Mit ch.), Lota maculosa et L. compressa (Lesueur), Molva maculosa et M. huntia (Lesueur), Lota inornata (Dekay), et L. brosmiana (Storer).
huit rayons, le ou les prem iers prolongés en fil mou . — Manteau jaunâtre, brunâtre ou olivâtre, avec des taches ou des marbrures brimes ou noires, en-dessus et sur les côtés . — (Taille moyenne d’adultes et de vieux : 0"i,3ô—0n',90, except. lnx.)